Cuisiner avec un enfant de dix-huit mois

Les premières années de B., ma grande fille, j’étais dévouée corps et âme à son développement. Je lui faisais faire des puzzles, je m’interrogeais sur la pertinence des légos, je lui faisais réaliser des collages et de la peinture… C’était un plein enthousiasme qui a malheureusement fondu avec l’arrivée de ma deuxième, débarquée en combo gratuit avec fatigue et surmenage.

Preuve en est, lorsque j’ai voulu lui offrir une petite chose pour sa fête (la Saint E.), je n’ai juste pas su quoi lui prendre. A mes yeux, elle a déjà tout, hérité des enfants avant elle, et je ne sais trop vers quoi l’orienter.

Mais voilà, Tempête la malicieuse est aussi bien souvent Tempête l’enfant malade. Et un enfant malade capable de retourner une maison avec 40° de fièvre et une toux à décorner un caribou. Deux jours – non consécutifs, malicieuse je vous dis – de maladie cette semaine m’ont obligée à ressortir mon enthousiasme et mes vieilles idées. Alors après avoir dessiné, collé des gommettes et plié (fait des boules avec) le linge, on est passé aux choses sérieuses.

Tempête est gourmande. Ses joues sont là pour le prouver. Quelques bananes en fin de vie étaient donc le prétexte idéal pour la faire passer en cuisine. Mais ça cuisine-tu vraiment un enfant de dix-huit mois? Impossible de me souvenir à ce stade.

Je l’ai plantée dans sa chaise haute, j’ai mesuré tous les ingrédients et j’ai lancé l’offensive. Je craignais les débordements et la pâte en mottons sur le plancher du salon, mais ma toute petite était bien trop absorbée par ce bol de nourriture odorant pour le pitcher par terre.

Elle a éternué dans la farine, crié quand j’ai voulu mélanger moi-même le beurre et a attaqué goûlument les bananes avec la fourchette destinée à les écraser. Chose étonnante : elle n’a pas voulu – de prime abord, tenez les chevaux, on parle de mon affamée cadette – goûter la pâte. Par contre elle a passé sa langue d’un côté à l’autre du moule fraîchement beurré. Normal. Bref, il n’a pas fallu longtemps pour la convaincre. A la faveur d’un index trempé dans la pâte enfin prête, Tempête a goûté au meilleur : le fond du bol du mélange à gâteau. Un peu plus, et elle y plongeait les deux mains et la tête avec. Je l’ai repêchée quelque temps après avoir enfourné le gâteau, occupée qu’elle était à nettoyer avec les dents la cuillère en bois.

Et vous savez quoi? Il était délicieux ce cake. Les éternuements et le moule fraîchement léché, sans doute (ah ah je perçois d’ici vos mines dégoûtées). La recette originelle, réalisée sans PLV, avec du beurre végé Becel et du lait d’amande. Il a cuit tellement longtemps que j’ai pu me faire un marathon de séries, pendant ce temps, mais le jeu en valait la chandelle!

Et puis avez-vous déjà eu votre maison embaumée par une odeur de pain aux bananes? Seriously?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

dsc_0547Avoir quelques muffins ou cookies au congélateur est pour moi un incontournable bonheur. Plusieurs soirs par semaine, je retrousse mes manches et met la main à la pâte pour regarnir les sacs de congélation qui se vident un peu trop vite.

Ces muffins sont une friandise que nous préparons souvent, Miss Swing et moi, le dimanche après-midi des jours de pluie (l’automne nous rend particulièrement prolifiques, de fait!). Nous cuisinons en miroir, son bol, mon bol, et nos deux fournées, pour un total de 24 muffins (moins tous ceux qu’on aura engloutis dès le goûter) à congeler.

Je les ai garnis de noix de coco et de chocolat au lait, mais l’éventail des possibles est aussi large que votre gourmandise (pour ma part il est tellement large qu’il fait nuit chez moi ;))


Pour 12 muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

  • 1 1/4 tasse (250 g – 300 ml) de lait
  • 1 1/4 tasse (115 g) de flocons d’avoine
  • 1 oeuf
  • 1/2 tasse (60 g) de cassonade et quelques pincées pour saupoudrer
  • 1/2 tasse (80 g – 125 ml) d’huile
  • 1/2 tasse de noix de coco râpée non sucrée
  • 1/2 tasse de chocolat en lait en pistoles ou en grosses pépites
  • 1 1/4 tasse (145 g) de farine
  • 1 cuillère à thé (à café) de bicarbonate de soude

Mélangez le lait et les flocons d’avoine dans votre bol de préparation et laissez reposer 15 minutes.

Préchauffez le four à 400 degrés F ou 200 degrés C.

Ajoutez l’œuf, puis l’huile et la cassonade.

Puis le chocolat et la noix de coco.

Versez la farine et le bicarbonate préalablement mélangés ensemble, et mélangez grossièrement au reste. On dit que le secret des bons muffins réside dans le fait de mélanger minimalement.

Versez dans vos moules à muffins beurrés ou pourvus de collerettes de papier cuisson (ou parchemin). Saupoudrez quelques pincées de cassonade sur chaque muffin.

Enfournez pour 20 minutes. Poussez encore 5 minutes si le muffin manque de cuisson.


 

J’ai souhaité pouvoir présenter une recette à la fois en tasses et en grammes. J’ai pesé ainsi tous mes ingrédients, sauf le chocolat et la noix de coco que je verse souvent à l’œil. Je vous invite à faire de même, ou à utiliser un mug que vous remplirez pour moitié de noix de coco et pour moitié de chocolat.

Vous pouvez utiliser de nombreux mélanges : chocolat blanc – canneberges, coulis de caramel et pacanes, pommes et érable… Pensez simplement à réduire la quantité de sucre en fonction.

Passez un excellent week-end!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Cake enfantin pour becs sucrés

Profil affaissé./ Photo DR Lexie Swing

Profil affaissé./ Photo DR Lexie Swing

Un reste de yogourt à boire, des pommes flétries, des fruits surgelés… J’ai toujours une excellente excuse pour faire ce gâteau. Chaque semaine ou presque, j’affiche la recette, je mélange le tout et j’enfourne. Ma toute première réalisation date d’il y a un an, lorsque je cherchais des gâteaux à réaliser avec ma fille. Pour elle qui adore les yaourts liquides mais qui ne les finit jamais, c’était parfait! Maintenant je le réalise en dix minutes à peine. Ensuite je m’assois pour regarder un film devant la télé. Avant de me coucher, je le dépose sur ma table, prêt pour le déjeuner…
La recette d’origine est de Marilou. J’ai changé quelques petites choses, à peine. C’est une recette comme on les aime, facile, adaptable, évolutive. Je l’ai réalisée avec du sucre blanc et du sucre roux, avec des pommes, avec des poires, avec de la vanille, avec de la confiture, avec des noix, avec du yogourt à boire parfumé ou un reste de yaourt nature. Celui qui cuit tandis que j’écris ces lignes est une pure création : mûres fraîches, bleuets surgelés, chocolat blanc et amandes effilées. Je le fais traditionnel, au lait de vache, et parfois sans PLV, avec du lait d’amande. Je mets moins de sucre que la recette d’origine (n’hésitez pas à l’ajuster car, selon les ajouts que vous ferez, la quantité de sucre évoluera). La seule vraie différence c’est le temps de cuisson. Chez Marilou, ça prend 25 minutes. Chez moi, et qu’importe le nombre de fois où je l’ai réalisée, c’est 50 minutes au minimum, généralement une heure. C’est un cake de dimanche après-midi, qui gonfle à peine. Un cake carpette, réconfortant à souhait, qui autorise toutes les folies créatrices.

 

Un cake pommes-framboise qui se prend pour un cake au jambon./ Photo DR Lexie Swing

Un cake pommes-framboise qui se prend pour un cake au jambon./ Photo DR Lexie Swing

 

Pour un cake pommes – framboise :
1/3 de tasse (85 ml) de yogourt (à boire ou normal) ou de lait végétal
2 œufs
2/3 de tasse de farine (115g)
1/3 de tasse de sucre (blanc cela donne une croûte plus solide, mais le roux est meilleur au goût je trouve) (60g)
1 cuillère à thé de levure
2 pommes
1 cuillère à soupe bombée de confiture de framboise

Mélangez tout, dans l’idéal dans l’ordre yogourt, oeufs, farine et levure ensemble, sucre et vos ajouts tels pommes, framboises ou autres. Beurrez le moule de Mamie G. (ah non ça, c’est chez moi… Un jour je vous raconterai l’histoire extraordinaire de ce moule dans lequel rien n’accroche jamais et qui a traversé les années et un océan, et qui vit sa 108e vie dans mon placard pour mon plus grand bonheur) (des fois je me dis qu’il doit y avoir de l’amiante ou un truc du genre dedans).

Enfournez à 350°F ou 180°C pendant… longtemps! De 30 à 55 minutes donc.

– Lexie Swing-

Tortilla fondante

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

J’avais promis de travailler sur les photos. J’ai pas dit que j’allais le faire là, maintenant. Et puis vous avez déjà essayé de prendre en photo quelque chose d’aussi désespérément plat qu’une tortilla?
Sous cette platitude se cache heureusement une recette à réaliser en un claquement de doigts, parfaite pour accompagner la soupe et les giboulées de mars. On peut en faire un repas principal, accompagné d’une petite salade, ou en faire seulement une, coupée en pointes et proposée au partage familial.

La recette de base est simplissime : deux belles tortillas, de la crème épaisse (au Québec, privilégiez la crème sûre, sa légère acidité se marie à merveille avec la tortilla), du fromage râpé, de l’huile d’olive.

Une idée de préparation parmi d’autres : poulet – champignons.

Prenez une tortilla. Déposez-la à plat. Répartissez tous vos ingrédients finement émincés. Puis quelques généreuses cuillères à soupe de crème. Déposez la seconde tortilla par dessus. Versez deux cuillerées d’huile d’olive dans votre poêle, faites chauffer puis déposez votre sandwich de tortilla. Appuyez doucement pour qu’elle dore. Retournez pour faire saisir l’autre côté. Et servez.

Si vous avez été généreux en crème et fromage, le retournement de la bête ne devrait pas vous poser de problème. J’ai à peine retrouvé quelques champignons par terre, vite englouti par mon aide-cuisine-poubelle (le chien) (Dieu merci la petite ne mange pas le champignon tombé par terre).

Tentez, vous m’en donnerez des nouvelles!

-Lexie Swing-

On a adopté Culiniste

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, c’est le gars qui te prépare ton épicerie et te dit quoi en faire. En gros. Sauf qu’ils sont probablement plusieurs gars. Et filles. Et que c’est un peu plus fancy que ça.

Il y a quelques mois, mes blogs québécois préférés se relayaient pour annoncer la bonne nouvelle : une nouvelle tendance venait de voir le jour, celle de proposer à messieurs-dames tout le monde de devenir d’excellents cuisiniers d’un jour, à domicile, dans sa propre cuisine. Grâce à mon amie A., j’ai bénéficié d’une offre pour tester l’un d’entre eux : Culiniste. J’aurais pu vous en parler d’entrée de jeu. Donner ma première impression. J’ai voulu faire un peu plus que ça : vous annoncer que ça y’est, nous étions conquis! Car nous avons déjà commandé de nouveau, par deux fois. C’est une preuve non?

Comment ça marche?

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, pour notre famille, c’est trois repas pour deux-trois personnes par semaine, pour 59 dollars. La livraison se fait le mardi, directement sur notre perron. Les aliments sont emballés par recette, avec un sac particulier pour les viandes et poissons, dans un grand carton réfrigéré prévu pour conserver ainsi les produits pendant 24h. Ceci dit, avec le temps qu’il fait depuis lundi, un trou dans le jardin aurait suffi.

Chaque semaine, avant le mercredi, un choix de six recettes est proposé sur le site. Trois sont présélectionnées, en fonction du profil que vous aurez enregistré au moment de votre inscription (viande, poisson, végétarien, envie de tester des recettes exotiques, etc.). Mais vous pouvez les changer comme bon vous semble.

Attention, il faut penser à « sauter la semaine » si vous ne souhaitez pas en bénéficier, sinon vous serez prélevés et recevrez les trois repas présélectionnés.

Chacune des recettes est présentée sur une fiche de papier cartonné, avec les étapes à suivre et des photos pour les accompagner. Il n’y a plus qu’à retrousser ses manches et à s’y mettre.

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Est-ce que c’est cool?

C’est awesome! Si le carton arrive suffisamment tôt le mardi, on remonte nos manches et c’est parti! Miss Swing sort méticuleusement chaque ingrédient tandis que son père et moi découpons. Elle a le droit de mélanger et d’ajouter les épices. Une vraie team!

On aime particulièrement le fait que chaque ingrédient soit dans une quantité précise, tout comme les épices ou encore les crèmes. Aucune perte! Autre point intéressant : on a pu tester quelques recettes d’ailleurs, qui nécessitent des ingrédients que l’on trouve parfois difficilement. Pas de gros sac d’épices que l’on ne réutilisera pas, pas de temps perdu à arpenter Montréal à la recherche de l’ingrédient magique : il est dans le carton, dans son mini-sac, pesé au gramme près.

Depuis qu’on utilise Culiniste, je me rends compte que notre façon de cuisinier a un peu évolué. On pense au fond de viande pour faire une sauce, on réutilise la même poêle entre nos préparations pour un même plat, on met plus d’échalotes et d’oignons, et aussi plus de moutarde. On a découvert des aliments, ou de nouvelles façons de les préparer, et on refait maintenant certaines des recettes qui nous ont vraiment plu.

Des points négatifs?

Il n’est pas noté l’origine des produits sur les contenants. Je voulais leur poser la question mais j’oublie à chaque fois. Est-ce de la viande issue de l’élevage du coin ou est-elle importée d’ailleurs? J’avoue que j’aimerais savoir. En tout cas, les produits sont frais.

Autre petit défaut : selon le secteur où l’on se trouve, le livreur (mais cela ne dépend pas de Culiniste en vérité) ne peut passer qu’en toute fin d’après-midi. Pas facile de préparer une des recettes le soir même lorsque le carton est livré à 18h30.

Le principe du site fait que, si l’on oublie de « sauter la semaine », il n’est plus possible de faire marche arrière et les recettes sont alors livrées, et notre compte débité. Parfois, cela tombe bien. D’autres fois, les recettes qui débarquent ainsi ne sont pas du tout à notre palais et tendent à nous dégoûter un peu du système (mais c’est le jeu ma pauvre Lucette!).

Dans l’ensemble, sur trois commandes, nous avons été conquis! A tester donc

-Lexie Swing-

Faire des biscuits de Noël avec ses enfants

Miss Swing aime cuisiner. Miss Swing aime Noël (mais pas le Père Noël). Il était donc certain que réaliser des biscuits de Noël était une activité qui allait la botter. Mon amie A. avait fait une petite session du genre quelques jours avant, elle m’a donc orienté vers ce site riche en gâteaux en tout genre pour trouver mon bonheur : les Gourmandes d’Isa dont j’ai tiré cette recette : les biscuits de Noël glacés au sucre.

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Le matin, un peu avant le repas de midi, nous avons donc préparé la pâte. C’est la partie « cuisine ». J’utilise un robot, j’ai donc assis Miss Swing à côté afin que – sous ma surveillance toujours – elle verse à mesure les ingrédients préparés dans des petits bols à l’avance. Comme proposé par Isa, nous avons ensuite réfrigéré la pâte pour deux heures (4 en fait pour nous, le temps d’aller faire les courses, de dîner, de faire un temps calme) (qui n’a pas duré).

J’ai sorti la pâte du frigo un peu avant la fin dudit temps calme. Puis, le moment venu, j’ai prélevé juste un morceau. Les enfants ont le chic pour placer les empreintes de moules au beau milieu de la pâte soigneusement étalée, avec seulement un petit morceau, on évite de devoir étaler 50 fois une pâte longue d’un mètre! De plus, j’ai montré à la Miss – deux ans et demi – comment placer son morceau de pâte sur un côté du papier parchemin (cuisson), puis replier par dessus l’autre côté du papier pour passer ensuite le rouleau dessus. Nounou-la-débrouille a rapidement maîtrisé le concept, à sa grande joie! Ensemble, nous avons donc découpé nos biscuits dans des formes de sapin, anges et autres classiques du genre. Avec le recul, j’ai préféré lorsque la pâte était étalée sur une épaisseur d’1 cm (plutôt que plus fine, comme préconisé par la recette) : plus facile à manipuler pour Miss Swing, plus moelleuse à la sortie du four.

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Sitôt découpés, sitôt enfournés (à 340°F, 11 minutes, pour nous). Une fois la première fournée refroidie, nous avons pu commencer la décoration. J’avais choisi deux options : le glaçage royal d’Isa (dans la même recette) et des petits tubes de déco pour gâteaux dénichés à l’épicerie. J’ai donc trempé mes gâteaux tandis que Miss Swing tartinait les siens de rouge, jaune, vert et bleu. Le glaçage royal apporte beaucoup de moelleux, ceux de Miss Swing étaient donc un peu secs après dégustation. A refaire, je les tremperais tous dans le glaçage royal avant de lui faire réaliser une décoration colorée avec ces petits tubes bien pratiques!

L’activité était parfaite : cuisine, découpage, gribouillage. Ma toute petite a pu s’en mettre absolument partout (elle avait même les cheveux bleus) et c’était sans danger! Les biscuits sont très bons, ils ont disparu en deux jours à peine. D’ici janvier, nous investirons dans des moules différents, histoire de recommencer souvent!

Et voilà le résultat:

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Le goût chez l’enfant : et la diversification?

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Il y autant de modèles de diversification que de cultures, de tendances ou encore de pays. Quand nous avons commencé la diversification, nous étions encore en France. C’était l’été et nous avions fait goûter à la miss ses toutes premières cuillères : des carottes en purée. Arrivés un mois et demi plus tard au Canada, nous avions quelques aliments de retard, n’en déplaise aux médecins canadiens qui recommandent les céréales en premier lieu.

Chacun fait finalement comme bon lui semble, en accord avec ses propres idées. De notre côté, nous avons choisi de :

  1. Ne pas commencer par les céréales. Les céréales sont plutôt pauvres en goût et ont souvent pour mission de rassasier les petits gloutons. A moins que la petite mandarine ne se révèle un enfant soudainement affamé, nous nous en tiendrons au « plan initial ».
  2. Commencer vers 5 mois. Selon les guides français et canadien, la diversification devrait commencer entre 4 mois révolus (l’enfant fête donc son 5e mois) et 6 mois révolus. Pour miss Swing, nous avions coupé la poire en deux. Elle n’était pas spécialement intéressée par la nourriture, mais en bons parents-pour-la-première-fois, nous avions hâte de lui faire goûter toutes sortes de légumes. Si la petite mandarine montre de l’intérêt pour la nourriture avant cela, nul doute que nous testerons quelques légumes et fruits. Après tout, c’est LE premier signe que l’enfant est prêt.
  3. Lui faire boire l’eau de cuisson des légumes. Cela peut sembler scabreux de prime abord, et pourtant. A partir du 5e mois (un mois avant de commencer la diversification donc), nous avons acheté des légumes bios que nous faisions cuire à l’eau. Avec cette eau, nous préparions nos biberons (et nous mangions nos légumes cuits à l’eau donc ;)) (ceci dit, ça peut-être l’occasion de préparer et congeler quelques purées). L’idée est de préparer le corps du bébé à recevoir les nutriments lors de la future diversification. Elle vient de l’homéopathe de mon amie A., si mon souvenir est bon, et elle se tient.
  4. Faire « trois jours ». Donner le même aliment plusieurs jours de suite, c’est s’assurer que l’enfant n’y est pas allergique. Car si certaines allergies interviennent immédiatement, d’autres peuvent mettre plus de temps à se déclarer. Et quid alors de l’aliment à incriminer?
  5. Oublier les patates. L’amidon de la pomme de terre est dur à digérer pour un nouveau-né. Pourtant, les médecins français recommandent volontiers de proposer des purées « légumes et patates ». Nous avons donc dit « oui oui » à notre médecin tout en pensant le contraire. Et nous avons effectivement fait le contraire.
  6. Tout tester. Au Canada, on recommande aujourd’hui d’introduire le plus tôt possible des aliments qui, hier, étaient introduits très tard car réputés très allergènes. Comme la plupart des pays occidentaux sont en train de rejoindre le Canada sur ce point, nous suivrons la tendance en introduisant arachides et autres fruits tropicaux dès les premiers mois de la diversification.
  7. Donner des purées. Je me suis intéressée à la diversification autonome, durant laquelle l’enfant découvre les aliments, en morceaux, par lui-même, et j’ai trouvé le principe très pertinent. De nombreux exemples montrent aujourd’hui qu’il s’agit d’une excellente façon de faire découvrir de nouveaux goûts à l’enfant. Pour autant, c’est un principe que nous n’appliquerons pas car il ne convient pas à notre mode de vie, ni d’ailleurs à notre degré de patience. Nous sommes tous deux des obsessionnels des miettes sur la table, nous peinons à garder notre calme lorsque la miss échappe des morceaux saucés, nous avons une peur bleue de l’étouffement (nous avons attendu les un an et de nombreuses dents de Miss Swing pour lui donner un morceau de pain), la garderie où elle commencera à 8 mois donne les repas à la cuillère… bref, les conditions ne sont pas vraiment réunies pour tester la diversification autonome de notre côté (même s’il y a une évidente mauvaise volonté parentale de notre bord).

Je crois qu’il est indispensable de donner la chance à l’enfant de découvrir le vrai goût des choses : une carotte sans sel, une compote sans sucre (ajouté), un yogourt sans arômes. On a trop tendance à adapter nos propres goûts et à les reproduire sur notre enfant, au motif qu’il ne pourra aimer les sardines ou le yaourt sans sucre puisque nous-mêmes sommes bien incapables d’en manger. C’est comme le couvrir systématiquement sous prétexte que l’on porte toujours un pull ou bien le faire dormir avec une veilleuse parce que les enfants ont peur du noir. Il y a toutes sortes d’enfants. Et certains n’aiment pas le chocolat.

Et chez vous, quelle diversification? A la cuillère? Autonome? A partir de quel âge? Qu’avez-vous introduit plus tard?

-Lexie Swing-

Cours de cuisine pour enfants

Petit chef./

Petit chef./

Lorsqu’on a un enfant, on aspire à passer du temps seul avec lui. A fortiori encore plus lorsqu’il est au coeur d’une fratrie et que tous les pedopsys de la terre recommandent de passer du temps de qualité avec chacun d’eux. Pas évident, en effet, de passer de bons moments lorsqu’il faut jongler tous les jours avec le rangement, le ménage, les devoirs, les cris du premier, les pleurs du deuxième. On voudrait bien faire mais rapidement l’attention dérape. Et puis, ce n’est pas toujours drôle pour un parent de jouer à la poupée ou de faire des puzzles niveau 3+.

Je suis d’avis que, si l’on veut partager une activité avec son enfant, il est important d’en choisir une qui plaise aux deux, et pas seulement chercher quelque chose qui plaira à sa progéniture en se pliant à ses desiderata. Faire quelque chose pour son gamin, c’est bien, faire quelque chose pour vous deux, c’est encore mieux.

Chez nous, faire la cuisine est un plaisir. C’était déjà quelque chose qui nous plaisait en tant que couple, et nous l’avons transmis, je crois, à notre fille. J’aime peut-être ça un peu plus que Mr Swing, en tout cas je m’y plie plus volontiers. C’est pourquoi j’ai pensé que partager un cours de cuisine mère-fille serait sûrement une bonne idée. Pour le moment nous cuisinons ensemble à la maison, car à deux ans et demi elle n’a pas encore l’âge requis. Mais j’ai découvert avec plaisir que l’école culinaire du Provigo de Saint-Bruno proposait des cours dès 3 ans. Il y a fort à parier que les chefs nous verrons débarquer dès février!

En attendant, voici quelques adresses pour les parents qui aimeraient apprendre à cuisiner avec leurs enfants. J’en ai trouvé beaucoup plus en France qu’au Québec. J’ignore si seul le référencement de Google en est la cause, ou si l’offre est définitivement moins importante.

Au Québec :

En France :

Listes non exhaustives, n’hésitez pas à communiquer vos bonnes adresses!

 

-Lexie Swing-

Le goût chez l’enfant : comment lui faire manger de tout?

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Je pose la question mais je n’ai pas la réponse. Je n’ai que des pistes de réponses. Le goût de chaque individu lui est propre, et les enfants habitués à manger exactement les mêmes plats développeront parfois des goûts diamétralement opposés, l’un préférant le sucré, quand le second ne jurera que par la charcuterie. Il s’agit moins d’une habitude que d’une conséquence physiologique.

Mais comment faire en sorte que, sans prétendre lui faire « aimer » tout, on le pousse à manger le plus de choses possibles. Je ne prétends à aucune expertise, si ce n’est celle-ci : je suis l’enfant qui n’aimait rien. Votre pire cauchemar de parents. Celui avec qui chaque dîner est une foire, et chaque sortie au restaurant une crise de nerfs. L’enfant avec qui vous n’irez jamais en Asie parce qu’il ne mange ni le riz, ni les sauces, ni le « mélangé ». L’enfant qui fait une crise quand la sauce de la viande a touché la purée mousseline. Pour qui il faut demander un hamburger « nature » dans les fast-food avec l’échange surprenant que l’on sait (« Nature s’il-vous-plaît. », « Nature? Sans rien? », « Sans rien », « Sans le steak? », « Non avec le steak quand même »). Ou renvoyer une énième fois un plat de pâtes parce que « pâtes nature » pour les Italiens impliquent forcément des herbes dessus, et que l’enfant difficile ne mange pas les pâtes avec des herbes dessus (il les mange avec du Pavé d’Affinois).

Je pourrais continuer sur des lignes et des lignes ainsi. J’ai commencé à manger des tomates vers 12 ans, des oeufs sur le plat vers 14 (j’aimais les oeufs, mais pas sur le plat. Pourquoi? Mystère), le fromage de chèvre à peu près au même moment… Vers 20 ans, j’ai commencé à ajouter de la sauce dans la salade verte, puis enfin passé l’étape du riz à 22 avant d’accepter de manger des pâtes à la sauce tomate quelques années plus tard. Votre pire cauchemar, je dis.

Avec le recul, je me rends compte de la galère que ça a été pour mes parents, pour mon grand frère qui ne pouvait jamais choisir un restaurant, pour la famille qui me gardait en vacances, et pour moi-même, terrifiée de devoir dîner chez des gens que je connaissais pas, et devoir faire honneur à du foie de veau, des brocolis ou encore du boudin. J’ai voulu épargner à ma fille (celle qui mange autre chose que du lait) mes difficultés. Alors très tôt, je me suis plongée dans le petit guide du « tout faire manger à votre enfant », et j’ai su qu’il n’y avait pas de solution.

Mais qu’il y avait des possibilités.

  1. De deuxième plat jamais tu ne feras. C’est un principe établi. A moins d’avoir un enfant dont le goût est déjà bien marqué et qui mange presque de tout. On peut alors lui proposer un plat qu’il aime le jour où ses parents ont décidé de s’offrir des petites douceurs pour le repas du soir (généralement : des huîtres). Pour tous les autres, on oublie le deuxième plat. On goûte une bouchée, une seule. Il n’aime pas? Ce n’est pas grave. Il mangera au repas suivant. Non il ne mourra pas de faim.
  2. Dix fois tu reproposeras. Le goût d’un enfant se développe lentement. Des choses qu’il mangeait bien (exemple : les carottes) peuvent devenir son pire ennemi, quand il se mettra soudainement à aimer les champignons. Les spécialistes estiment qu’une dizaine de tentatives peuvent être nécessaires avant que l’enfant décide que « finalement, c’est bon ». Et quelque chose qu’il n’aimait pas à 5 ans peut soudainement devenir agréable à son palais à 10 (j’en suis la preuve).
  3. De dessert tu ne priveras pas. Il est mieux de ne jamais faire de la nourriture un enjeu, pour éviter des dérapages à l’adolescence vers les troubles alimentaires. L’enfant ne veut pas manger son plat, même après avoir goûté une bouchée? Il attend à table et prend ensuite son yogourt avec tout le monde. On ne menace pas « si tu ne manges pas tu seras privé de dessert ». Par contre on ne lui file pas deux petits suisses et la moitié du brie au motif que « le pauvre petit va avoir faim ». La dose normale. Il se rattrapera au prochain repas on a dit.
  4. Resservir tu oublieras. On ne ressert pas le même plat au goûter à son enfant, ni le soir. Et d’ailleurs on ne le laisse pas des heures devant en espérant qu’il finisse. Qu’espérez-vous en réalité?
  5. Décorer le plat tu feras. Il y a mille façons d’appâter l’enfant, en dessinant un bonhomme dans ses asperges ou des avions dans ses saucisses. On peut aussi dissimuler les légumes maudits dans une panure légère, noyer le poisson dans de la purée (ça fait de la brandade) (je déteste toujours ça)… Il y a  plein d’idées!
  6. Cuisiner avec lui tu essaieras. Faire cuisiner l’enfant est l’un des actes positifs à faire pour l’aider à apprécier la nourriture. Il sera plus enclin à goûter le plat qu’il a lui-même préparé. Il appréhendera aussi différemment la nourriture, les repas, etc. Et puis vous créerez peut-être une vocation.
  7. Un plat spécial tu ne commanderas pas. J’ai lu il y a quelques années le témoignage d’un chef français qui disait que, selon lui, on faisait une erreur en commandant des menus pour enfants dans les restos. Souvent, ceux-ci sont en effet des plats « faciles » : pâtes, poulet, etc. Les enfants ne font donc pas l’expérience culinaire que l’on réserve souvent à un moment au restaurant. Je trouve cependant sympa que les enfants puissent manger ce dont ils ont envie au restaurant, histoire que ce soit un moment agréable pour tous. Ceci dit, l’avis de ce chef est intéressant. Comme Miss Swing mange des petites quantités, nous avons renoncé à lui commander des menus enfants pour le moment. Nous demandons plutôt une petite assiette supplémentaire, dans laquelle nous lui mettons ce qu’elle désire de nos propres plats. C’est ainsi qu’elle a découvert les crevettes (son grand-père n’a pas pu y goûter lui), la moutarde, le poulet curry, etc. A tester donc, au moins de temps en temps. Ledit chef suggérait aussi, pour un enfant plus grand qui aime la gastronomie, de lui faire faire une assiette spéciale (par là entendez « plus petite ») avec un plat de la carte.

Le point 4 m’inspire d’ailleurs quelque chose. Demandez-vous ce que vous attendez de l’apprentissage du goût. Voulez-vous que votre enfant mange? Aime? Goûte? Vous obéisse? Un enfant que l’on laisse des heures devant son plat avec les pires menaces n’apprendra pas pour autant à aimer un plat. Il ne l’aimera toujours pas la fois suivante, même si vous lui mettez de force dans la bouche, et il y a fort à parier que le plat le dégoûtera encore plus. La nourriture doit se découvrir et s’apprécier, car elle est un élément important de notre vie. Pour notre propre survie, bien sûr mais aussi pour tout ce qu’elle véhicule : le plaisir, le partage, les moments entre amis ou en famille.

-Lexie Swing-

 

Goût, enfants et cuisine : le gâteau à 4 mains

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Je lance ma semaine cuisine, goût et enfants. Parce que développer le goût, c’est important. La vache, j’aurais pu bosser pour mangerbouger.fr…

Dimanche, Miss Swing, vêtue de son plus beau tablier (à découvrir vendredi!!), a retroussé ses manches pour nous concocter un dessert. En vérité, il était « pour papa » mais celui-ci ne goûtant rien du tout à cause d’un rhume carabiné, je me suis sacrifiée de bonne grâce pour le tester. Le gâteau du jour : noix de coco – chocolat. D’une simplicité enfantine donc. Et une super idée pour un moment de cuisine parents – enfants. La recette d’origine est issue de ce site. Je voulais que nous réalisions ensemble un gâteau qui soit bon (ça va de soi), mais aussi présentable pour un repas un peu chic, facile à réaliser pour un enfant, et avec une partie réservée à l’adulte (pour la touche « à 4 mains »). Le voici.

Ingrédients :

  •  2 œufs
  • une tasse de sucre
  • une tasse de farine
  • 1/2 tasse de lait
  • 1/4 de cuillère à thé de vanille liquide
  • 15 ml de beurre
  • 1/2 cuillère à thé de poudre à pâte (levure)
  • Une tasse de grosses pépites de chocolat ou de pistoles

Glaçage

  • 1/2 tasse de cassonnade
  • 1/2 tasse de noix de coco rapée
  • 45 ml de beurre
  • 60 ml de lait

Couvrez l’enfant. Couvrez la table. Couvrez le sol. Couvrez le chien.

Armez l’enfant d’un fouet à sa taille, et c’est parti.

Préchauffez votre four à 340° F ou 170°C.

Cassez les œufs dans un cul-de-poule, et laissez votre petit ajoutez le sucre. Battez la préparation. Lui d’abord, pour mélanger. Vous ensuite, pour obtenir un mélange mousseux.

Faites chauffer le beurre 30 secondes par 30 secondes au micro-ondes dans un bol. Ajoutez le lait et la vanille, et aidez votre enfant à verser précautionneusement le tout dans le cul-de-poule. Laissez-le mélanger. Ajoutez « plus vite » quand il faiblit (au bout de 4 secondes généralement).

Incorporez progressivement le mélange farine-levure au mélange liquide. Le deal? Au début, vous versez, l’enfant mélange. Ensuite vous échangez. La tendance voudra que votre tout petit verse d’un coup la fin malgré les « doucement » que vous répétez, vous serez alors bien avisé de fouetter nerveusement votre préparation afin d’éviter les grumeaux.

Laissez-le ajouter les pépites de chocolat, veillez à ce qu’il n’ait pas déjà mangé la moitié du paquet et anticipez en lui proposant quelques morceaux au préalable. Versez la préparation dans un moule à gâteau beurré (ou recouvert de papier sulfurisé pour ma part). Rendez le cul-de-poule à votre cuisinier en herbe afin qu’il fasse ce que tout cuistot qui se respecte devrait faire : lécher le plat.

Enfournez pour 35 minutes. Un peu plus si nécessaire.

Au bout de 25 minutes de cuisson, enfilez votre tablier, c’est votre tour de cuisiner! Saisissez une casserole et faites fondre le beurre pour le glaçage. Ajoutez-y la cassonade, le lait et la noix de coco, et portez à ébullition. Versez ce mélange chaud sur votre gâteau tout juste sorti du four et démoulé.

Laissez solidifier le glaçage au moins une heure à l’air libre.

Ce gâteau est excellent légèrement tiède. Pour cette raison, il est idéal à congeler. Coupez-le en parts puis congelez-le. Vous n’aurez qu’à le décongeler une minute et demi environ avec le mode adapté du micro-ondes. Chocolat fondant garanti :)

-Lexie Swing-