
Il est tout pour moi. Un ami, un amant, un partenaire, de jeux et d’aventure. Il est mon contact récurrent, dix appels à la suite dans mon téléphone, douze messages et trois photos transmises dans la dernière heure. Il est mon interlocuteur privilégié, celui des petites et grandes décisions, la personne à qui je demande ce que je devrais prendre comme plat au restaurant ou quoi faire de ma vie.
Nous avons toujours été sur le même pas, la même longueur, partants pour tout : la vie à deux, les enfants, la maison, l’immigration. Nous avons été en désaccord sur le futile, temporisant nos achats, minimisant les dissonances. Nous avons fait individuellement face à des illusions qui nous ont abîmés, à des difficultés qui nous ont entravés, mais toujours l’autre a tendu la main, le bras, l’épaule nécessaire pour surmonter, pour avancer, dans les couloirs carrelés comme dans les méandres assombris des esprits qui ne voient que la nuit. Nous avons vécu sur deux continents et arpenté le Canada d’un océan à l’autre, ensemble.
J’aime bien les histoires d’amour. Elles sont aussi différentes que les coeurs qui les portent. Il y a celles qui n’auront duré qu’un instant, celles qui dureront toute une vie, et puis entre les deux, des destins qui s’unissent et se séparent au gré de l’amour qui se faufile entre les doigts désunis. J’aime les premières rencontres, les premiers élans, les premières évidences, celles qui font qu’on ne réfléchit plus et qu’on danse, comme si demain ne comptait pas. L’amour n’est pas une vérité et il n’a pas toujours raison, il unit des âmes soeurs comme des solitudes dissemblables, qui finiront par se briser, au contact l’une de l’autre.
L’amour n’est pas une vérité en soi, mais notre amour a toujours été une évidence. Du premier éclat des retrouvailles à nos voeux sur le bois mouillé d’une ferme des Combrailles. Il n’y a jamais eu de peut-être, il n’y a jamais eu de si, il n’y a eu que des foulées altières, le pied sûr parce que guidé par la certitude de cheminer avec la meilleure compagnie possible.
Quels que soient les hasards de nos routes, il m’était destiné.
Que cet anniversaire qu’il fête dans quelques jours soit aussi heureux, plus peut-être encore, que les 17 autres que nous avons passés ensemble, honorant le tout premier, lorsqu’il n’était alors question que d’amitié, il y a 23 ans à peine.
-Lexie Swing-