Petit précis d’un voyage Canada-France en temps de Covid

Il y a quelques jours à peine, nous posions le pied sur le sol canadien (« mais pas avant d’avoir passé la douane » a expliqué l’amoureux à nos deux filles soufflées par cet entre-deux un peu magique dans lequel elles se trouvaient alors, soit la longue longue file d’attente avant les autorités douanières) après 28 journées passées en France. 28 journées… « mais vous êtes fonctionnaires? » s’écrieront les jaloux. Même pas! Mais désormais dépossédés de jours de vacances pour l’année, certainement!

Les vacances en temps de Covid, c’est très 2021. Rien à voir avec 2020 où on n’y croyait plus tout à fait. Et encore moins avec 2019 où l’on ne savait même pas ce que c’était. 2021, ce sont les vacances version vaccin, tests PCR et pass sanitaire, avec copies multiples et QR codes à foison. Petit guide pour voyage dans le Covid en temps de voyage (ou l’inverse, c’est selon).

Les règles sanitaires

Tu vas voir, les règles sanitaires changent plus vite que tes gamines de culottes le jour où t’as bien voulu gonfler la mini-piscine. Tu ne peux rien anticiper, juste faire le maximum en priant pour que le maximum rencontre l’exigence. SPOILER ALERT : parfois ça ne suffit pas. Tu fais un test antigénique de -72h rendu brusquement caduque par un nouveau règlement demandant un test PCR de – 48h. Tu anticipes une quarantaine du 2 au 16 août qui n’est plus demandée pour tous les voyageurs arrivant à compter du 3 mais dont l’annulation n’est pas rétroactive pour les gens arrivés avant le 2… Tu prévois d’aller au ciné en France, fais ton test PCR parce que tu n’es pas vacciné, et apprends que le ciné du coin a coché l’option B « j’accueille moins de 50 personnes et je ne demande pas de pass sanitaire ». Le ciné de la ville voisine a coché l’option A « j’accueille qui je veux tant que je peux flasher du pass sanitaire ». Tu ne sais plus où aller, du coup.

Avant de partir

Désormais, pour aller en France depuis le Canada, tu peux 1) te contenter d’un test antigénique (moins cher et plus rapide), 2) ne pas faire de test si tu es doublement vacciné. Trouver le test pas cher, c’est un peu le Graal. Tu cherches, tu soupèses, tu compares. De notre côté, le choix a été rapide : le rendez-vous avait été pris avant l’annonce concernant l’autorisation des tests antigéniques (forcément) et le délai de 72h tombant un jour férié, nous avons opté pour une visite à domicile d’une infirmière. Le tarif ? 180$ le test PCR. Heureusement, les enfants de moins de 11 ans ne sont pas concernés.

Le vaccin

Au Québec, le choix a été fait par le gouvernement de vacciner la majorité de la population d’une première dose, avant de proposer une deuxième dose. Lorsque la fameuse deuxième dose, Saint-Graal de la mère Liberté, est arrivée sur le marché, nous nous apprêtions à partir et les délais étaient trop longs pour l’obtenir. Forts de notre citoyenneté française, nous avons donc frappé à la porte d’un centre de vaccination en France (après avoir pris rdv via Doctolib, on est bien élevés quand même). Le combo salutations-questionnaire-vaccin a pris moins de quatre minutes. C’est bien simple, nous n’avions pas les fesses posées sur nos chaises que les aiguilles étaient déjà dans nos bras. C’est dire la fébrilité qui habite ces pauvres vaccinateurs. Il faut dire que l’allocution présidentielle concernant les futures restrictions aux non-vaccinés n’avait pas encore eu lieu et que lesdits centres de vaccinations étaient déserts. Mais je disais donc : 4 minutes et nous présentions nos papiers aux tables de sorties. L’occasion pour les responsables de se rendre compte que nous n’étions pas dans le système, et qu’il fallait appeler Monique, à la table 8, et puis finalement Geneviève, à la centrale. Pas de regrets, l’ensemble de l’équipe avait le sourire aux lèvres : un petit challenge matinal, ça renforce l’esprit d’équipe, surtout quand la routine s’installe. Ma gentille interlocutrice m’a donc remis triomphalement mon papier en bonne et due forme 15 minutes plus tard : l’opération avait été menée (et bien menée) et nous étions désormais doublement vaccinés!

La Covid à la française

Il y a la règle et son application. Preuve en est que ceux qui voyagent vers la France arborent un sourire jusqu’aux oreilles et les doigts de pieds bien écartés. On n’a pas légalisé le cannabis mais other than that, on la joue plutôt cool en France. Peu de documents vérifiés, une quarantaine réduite à peau de chagrin, rare télétravail… Il y a le reste du monde qui s’interroge sur la vie d’après et la France qui attend de siffler la fin de la récré, assez rigolé, retour à la vie normale. On a mal à sa liberté apparemment, plus qu’à ses soignants ça a l’air, ou à ses vieux, ses malades qui ne peuvent pas se faire vacciner, etc. En même temps, nous étions donc derrière notre télé (française) au moment de l’allocution présidentielle et le ton employé ne donnait pas envie de donner un coup de collier pour débarder le bois. C’est peu de dire qu’on n’en est pas sorti (du bois). Nulle mention d’un effort au nom des susmentionnés (vieux, soignants, malades, vous ne suivez plus ça se sent), mais de la bonne secouée paternaliste façon Père Fouettard endimanché. À ce régime, j’aurais probablement aussi fait désertion.

Le test PCR en France

Pour revenir au Canada, il est nécessaire de dégainer un test PCR de -72h, que tu sois vacciné, sympathisant, ou sans avis. Le labo du coin fera l’affaire et les délais semblent rapides : 10h dans notre cas. Les enfants de 5 ans et + sont aussi concernés, des fois que ça vous dirait d’en abandonner un sur le tarmac : un oubli de test PCR peut suffire, attention qu’on ne vous oblige pas à débarquer aussi. Le test est théoriquement payant pour les Français non résidents, et il le deviendra bientôt pour tous, mais la seule présentation de notre passeport français nous a donné accès au test gratuit. Seule la mini, fière titulaire d’un passeport canadien, a dû débourser une somme insensée (elle ne voulait pas rester sur le tarmac) (insensée dans son sens premier : 63 euros, alors que le test coûte autour de 45 euros normalement. Comme on nous octroyait gratuitement les autres tests, je n’ai pas cherché à argumenter. On se démène pour 20 euros et on se retrouve à en payer 200, je connais la comptine).

Au retour

Voyager vers le Canada en ce moment ressemble à une partie de Fort Boyard avec le Père Fouras improvisant des haïkus sous amphet’. On ne comprend rien et on est sûrs d’en louper la moitié. La preuve, notre avion a été retardé d’1h45 car les papiers relatifs au contexte sanitaire n’ont été vérifiés qu’à l’embarquement. Résultat : des gens qui avaient un test antigénique au lieu d’un PCR (non valable pour un vol pour le Canada), d’autres qui étaient vaccinés et pensaient pouvoir se passer du test (nope) et des étudiants qui n’avaient pas reçu LE sésame, celui qui te dit que tu peux atterrir au Canada (la lettre d’acceptation de l’Université ne suffit pas, il y a une temporalité à respecter). Des gens ont donc été refoulés, il a fallu aller récupérer leurs bagages dans la soute. Bref, on était bien partis. À l’arrivée, c’est la débandade. Il y a plus de compatriotes autour de nous que pour une finale de Coupe du Monde et les arbitres n’ont pas l’air de rigoler. On patiente, on patiente encore, on enjambe des enfants assis par terre, on passe des bornes électroniques, puis des douaniers, puis nos bagages, puis de nouvelles vérifications. Nous sommes avant le 9 août et le test à l’arrivée n’est pas encore aléatoire alors nous nous dirigeons docilement vers un nouveau grattage de nez. On nous tend deux tests à faire faire aux enfants à leur 8e jour de quarantaine et puis ça y’est, nous sortons. Nous revenons enfin, c’est la fin de 28 jours incroyables, malgré la Covid, malgré la réglementation. Le bonheur se fout des contraintes.

-Lexie Swing-

Séjourner dans les Zoobox du Vertendre

Il y a un peu plus d’un an, les hasards d’Internet m’avaient menée sur une page aux photos bucoliques : le site web du Vertendre, un domaine des Cantons-de-l’Est abritant une poignée de chalets et une dizaine de « Zoobox ».

Ces Zoobox, sortes de maisons-cabanes nichées dans la forêt, ont été pensées comme un lieu d’observation privilégié de la nature environnante et de sa faune. Nos vacances en France ayant été annulées ce printemps, nous avons réorienté nos congés vers une destination locale. À une heure de chez nous, c’est donc au Vertendre que nous avons pris nos quartiers pour quelques jours.

Sitôt garés dans le stationnement prévu à cet effet,  nous avons été accueillis par une employée du Vertendre qui a pris en charge nos bagages (gratuit et sur simple demande). Tandis qu’elle rejoignait notre demeure temporaire en voiture, nous avons pris en marchant la direction du Sentier des Courageux, chemin facile sillonnant la forêt et menant aux Zoobox.

Après une bonne vingtaine de minutes de marches – notre Zoobox faisait partie des plus éloignées – nous avons découvert un cube, surplombant le lac des Castors dont on pouvait distinguer le flot, en contrebas. Côté forêt, une immense baie vitrée rétractable. Côté chemin, un mur solide et quelques fenêtres pourvues de rideaux occultants.

À l’intérieur, tout a été également soigneusement pensé: lits mezzanines (4 personnes), lit king suspendu au plafond, table et baignoire sur roulettes – pour les déplacer à l’envie. Côté surprises, on découvre le vélo stationnaire – parce qu’il faut pédaler pour réalimenter ces logements autonomes en énergie, autrement pourvus de panneaux solaires – le mur d’escalade, ou encore la barre de pompiers, qui permet de descendre rapidement de la mezzanine.

Nous avions acheté toute notre nourriture à notre épicerie locale avant de rejoindre le Vertendre. Si nous sommes arrivés fort chargés, cela nous a néanmoins permis de ne pas quitter le domaine durant les presque 5 jours passés sur place. La cuisinette est bien équipée et l’emplacement de feu de camp extérieur nous a permis de faire griller patates, poivrons, Babybels et surtout guimauves, pour le très grand plaisir de nos enfants.

Côté activités, nous avons profité des sentiers aménagés autant que possible, et d’un temps clément malgré les menaces d’orages qui ponctuaient régulièrement les mises à jour de notre application météo. Les propriétaires du Vertendre mentionnent que le domaine possède presque son propre microclimat, et si j’en crois notre expérience, c’est probablement vrai.

Entre sorties baignades au lac « La Source », balades dans les sentiers aménagés et grimpette jusqu’au Mont Sylvio-Lacharité – 10 km dans les pattes de nos filles, elles ont bien dormi cette nuit-là – nous avons complètement déconnecté de la vie quotidienne.

À noter la présence d’une souris qui nous a tenus éveillés la première nuit – la regarder lécher les assiettes qu’on avait eu la flemme de nettoyer était cependant assez fascinant (j’aime les rongeurs et elle était minuscule). Nous avons pris la peine de tout garder propre et enfermé les nuits suivantes et nous n’avons plus eu de visites. Nous avons pu aussi observer à loisir de très jeunes écureuils, des suisses, des geais bleus et même un renard (seulement moi, je suis choyée).

Nous avions emmené avec nous notre chienne Poppy – les chiens sont bienvenus dans plusieurs Zoobox – qui a pu nous suivre dans toutes nos pérégrinations et se baigner pour la première fois sous les cris ravis des enfants.

En pratique : 

Localisation : le domaine du Vertendre est situé à Eastman, en Estrie (Cantons-de-l’Est), à environ 1h15 de Montréal et 2h40 de Québec.

Fréquentation : à l’année

Tarif : 239$ à 298,75$ la nuit selon les tarifs affichés présentement pour l’été, escomptes spéciaux (3 à 4 nuits, 5 nuits et +).

Chiens : acceptés dans certaines Zoobox et sur l’ensemble du domaine (tenus en laisse).

Réservations : Site internet du Vertendre

-Lexie Swing-

 

 

 

Découvrez : les terrariums de l’Atelier Eyssard à Toulouse

Tout a commencé par une publication de Baptiste Beaulieu, médecin et écrivain que vous ne manquez certainement pas de connaître. Résident de Toulouse, il n’a pas hésité à partager un jour son coup de coeur pour une jolie boutique du centre-ville, l’Atelier Eyssart. En dépit de sa spontanéité sans fards, un tel partage était suffisamment rare de sa part pour retenir mon attention, et je suis bien certaine que malgré lui, il a entraîné une vague de visites vers la boutique.

Je n’étais pas sur place et rien n’indiquait sur le site que je pouvais faire un achat à distance. J’ai pris la liberté de contacter le propriétaire, Pierre, par Instagram, prête à essuyer un refus ou, au mieux, du détachement. La réponse a été rapide, et elle était positive. Quel que soit mon souhait, il allait être possible de m’accommoder à distance.


Le terrarium est le cadeau parfait pour ceux qui ne savent jamais quoi faire de leurs plantes et les arrosent comme on noie son chagrin dans une mauvaise bouteille – moi par exemple. Ainsi mises sous verre les plantes se suffisent partiellement à elles-mêmes, aidées en cela par la lumière quotidienne et un arrosage ponctuel restreint. C’est à la fois fascinant et poétique.

Au fil des semaines – j’avais du temps devant moi – nous avons évoqué les différentes possibilités de plantes, échangé sur les modèles de terrariums et la verrerie disponible. Il y avait des modèles incroyables, des plantes qui illuminent un intérieur par leur seule présence. Il y avait des arbres rois en leur domaine, et des forêts miniatures, comme autant de mondes sous verre.

J’en ai choisi un petit, arrondi, «avec un arbuste au milieu» ai-je dit. Pierre s’est chargé du reste. Il a immortalisé le terrarium fini, dressé au milieu de la terre éparpillée et c’est un peu comme si j’étais là, malgré tout.

Je n’avais pas dit à ma mère ce qu’elle devait aller chercher ni ce qu’elle était susceptible de trouver à l’adresse indiquée, et elle a joué le jeu.

Si j’avais été présente à Toulouse et non pas assise dans mon bureau de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un atelier que je lui aurais offert. Pierre en propose chaque vendredi à 19h30 et permet ainsi de réaliser de bout en bout son propre terrarium.

J’en profite pour glisser que, pour le remercier, je lui ai transmis une carte achetée ici-même, au Québec. Une carte réalisée… par une Française, et que je savais spéciale : faite de papier compostable et de graines de tournesol, elle se plante une fois reçue (et lue). Quoi de mieux pour quelqu’un qui nourrit un vrai amour pour les plantes?

Ces cartes-ci, de la compagnie FlowerInk, sont distribuées dans différents endroits au Québec dont vous trouverez la liste ici.

Quant aux terrariums de Pierre, vous les trouverez au 52 Rue de Résumat, non loin de la place du Capitole, à Toulouse. Et pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de l’Atelier Eyssard.

-Lexie Swing-

Photos : Atelier Eyssart et Lexie Swing

Rive-Sud : la Halte 24-7, pour co-worker et trinquer

Endroit cosy, bar fourni et gens amènes, que demander de mieux pour un jeudi soir? C’est ce que mon amie et moi nous sommes demandées, alors que nous devisions au dessus d’un verre de blanc, trempant généreusement nos pitas dans un hummus à rendre fou, chillant à la Halte 24-7, nouvellement installée à Longueuil.

Quelques tables, un sofa, des miroirs anciens, l’endroit est épuré, accueillant comme un salon d’ami, et la bouffe y est, de fait, délicieuse. Venus tout droit du Tricot principal, du chef Martin Juneau, les bouchées servies méritent à elles seules le détour. Le hummus précité est incontournable (honnêtement), le Muhammara est vraiment à découvrir et la burrata a tenu ses promesses en coulant tranquillement dans l’assiette tel un chat paresseux un matin d’été (la faim me rend lyrique).

La carte est joliment fournie en vins, y compris pour ceux qui auraient une préférence pour le vin biologique ou cultivé en biodynamie. Côté cocktails, on nous a gratifié du mélange signature de la maison, délicieusement surprenant : Double dose d’espresso, vodka – kahlúa au shaker.

La Halte 24-7 est l’endroit qui manquait, dans le paysage longueillois. Une place où travailler, se restaurer mais aussi se retrouver pour un 5@7, le jeudi soir. Pour des gens qui, comme moi, travaillent à la journée longue en entreprise, c’est un lieu idéal de rencontres. Pour ceux qui, comme mon amie, travaillent de la maison, c’est un endroit approprié pour une rencontre professionnelle, un cocktail de réseautage, etc.

En arrivant, nous avons eu la surprise de découvrir la Halte à un endroit de Longueuil où les cafés et restos se font rares. Olivier Berthiaume et Philippe Tremblay, les co-fondateurs, font ici un pari. Un beau pari, pour ce lieu qui a beaucoup à offrir. Son homologue montréalais, installé depuis 5 ans, a déjà convaincu les professionnels des environs. À noter que la Halte 24-7 offre un format café-salon de thé en journée, avec sandwichs et viennoiseries servis sur fond de jazz.

Copains de la Rive-Sud, parents en besoin intense de décompression, foodies avisés, si vous ne savez pas quoi faire le jeudi… pensez à moi ;)

L’adresse à noter : Halte 24-7 Longueuil, 1490 Chemin de Chambly, Longueuil, QC J4J 3X3, 450-332-1411; http://haltecafe.com/.

-Lexie Swing-

Le temps des pommes à l’Ile Saint-Bernard

On ne m’offre pas des pommes pour vous parler encore de l’Ile Saint-Bernard mais force est de constater que quand on aime, on ne compte pas. Et moi j’aime cet endroit. Il m’a suffi de descendre le long du chemin et d’apercevoir le fleuve pour m’en souvenir.

C’est le temps des pommes, ici au Québec. Cette période tellement agréable – quoique courte – où les Québécois profitent de la fin de semaine pour rejoindre leurs places d’autocueillette préférées. Le principe est simple : on paie une certaine somme pour récupérer un sac fourni par la ferme, et on parcourt ensuite les champs pour cueillir soi-même les fruits que l’on souhaite, et remplir ainsi le sac.

Il y a deux ans, alors que mes parents nous rendaient visite, j’avais déniché l’adresse de l’Ile Saint-Bernard dans la liste des vergers biologiques certifiés par Ecocert. Ils avaient aimé l’endroit, le lieu à taille humaine, le caractère bucolique et les jolis paysages. Après avoir découvert moi-même l’Ile Saint-Bernard cet été, il m’a semblé tout naturel d’y retourner.

Les sacs de pommes se vendent au prix de 7, 13 ou 22 dollars, selon la quantité de pommes que l’on souhaite ramasser. Armés d’un sac de dix livres – on a souvent les yeux plus grands que notre capacité à cuisiner nos pommes et j’ai désormais le recul de quelques années à tenter de refiler mes fruits flétris à tout le voisinage faute de temps – nous avons pris connaissance du plan à l’entrée puis arpenté le verger à la recherche des meilleures variétés de «pommes pour compote».

Notre récolte faite, nous avons traversé le petit cimetière qui abrite les Soeurs décédées de la communauté, dans lequel B. a découvert une coccinelle, puis nous avons tranquillement descendu le chemin vers le fleuve. Entendant des cris d’excitation en contrebas, mes filles ont choisi de suivre le mouvement enfantin générale et de se lancer dans la pente en roulé-boulé, récoltant au passage leur lot de feuilles mortes et branchages. Qui n’a jamais vu un tel attirail s’accrocher dans un chignon ignore à quel point cela peut-être seyant!

Après un détour par le café de l’île, ses produits délicieux, ses lourdes tasses et ses jeux de société à partager, nous avons pris le chemin du retour, non sans avoir dû user de quelques serviettes en papier et d’une serpillère après qu’un enchainement malheureux entre une bêtise enfantine et une montée de stress parentale ait conduit à la chute d’une tasse semi-pleine de café sur la table en bois.

Le verger est encore ouvert pour une semaine, peut-être plus selon ce qui restera sur les pommiers. Ne manquez pas d’y faire un tour cette semaine!

-Lexie Swing-

 

6 années au Canada

Mon titre laisse peu de place au suspens : cela fait six années que j’ai validé mon visa de résidente permanente et traversé la porte automatique de l’aéroport. Ce souvenir vif, encore frais, que je vous ai déjà raconté mille fois, de mon arrivée très chargée, avec mon bébé et mon chien. Mon amoureux, bloqué par l’impossibilité de traverser la porte pour venir m’aider. Et finalement cet agent des douanes, grommelant mais foncièrement gentil, qui avait poussé mon deuxième chariot jusqu’à la fameuse porte.

Notre premier véritable appartement, dans le quartier anglophone de NDG, à Montréal. Et puis notre déménagement sur la Rive-Sud, un an et demi plus tard, alors que j’étais enceinte de notre deuxième fille.

Une thérapeute nous a récemment demandé comment nous nous sentions, à l’époque, à l’aube du grand départ. «Excités», ai-je répondu sans réfléchir. «Oui, enthousiastes», a appuyé mon conjoint. S’il y avait de l’inquiétude, de l’anxiété, de la tristesse, elles se sont dissoutes dans cette envie trépidante de partir vivre cette aventure.

Alors nous voilà, six ans plus tard. L’aventure a laissé la place au réel, au quotidien. Êtes-vous prêts à partir? Installés depuis peu? Peut-être vous êtes-vous déjà demandés comment et où vous seriez, cinq ou six ans plus tard. Notre réalité à nous, je dirais que c’est… :

  • Une vie recréée entièrement. Quand on quitte son pays, on vend souvent jusqu’à sa dernière petite cuillère. On fait venir quelques essentiels, des choses sentimentales ou particulièrement dispendieuses, mais on se débarrasse de l’utilitaire. On ne connaît jamais ça, dans le cheminement logique (si je puis dire) de la vie. On quitte ses parents, on s’installe, on récupère des choses de ci de là, on emménage avec quelqu’un, on assemble alors les morceaux de nos puzzles respectifs avant de faire quelques achats communs. Quand on immigre, on repart de zéro. Et par zéro, je veux dire : de la toute première cuillère. De cuillère en cuillère, on meuble sa maison, et puis on fait des achats moins utiles, enfermés dans les habitudes de consommation.
  • De nouvelles contrées à découvrir. C’est un changement complet de paysages et de perpectives que l’on fait en traversant l’Atlantique. Tout semble une aventure, à commencer par le quotidien. Le supermarché à lui seul devient une destination exotique. Bientôt, tout devient pourtant coutumier. Les week-ends et road-trips peuvent alors commencer, dans des régions que l’on n’aurait jamais – ou presque – eu la chance d’explorer.
  • Une bande d’amis. Entre les amis français, expats comme nous, et les amis parents rencontrés au gré des fêtes de la garderie et du quotidien de l’école, nous avons une solide bande d’amis, autant à Saint-Bruno que dans le reste du Québec. Quand on est immigré, les amis deviennent notre deuxième famille. Ils sont les contacts d’urgence, les gardiens d’un soir, nos week-ends et nos vacances. Ils sont ceux avec qui l’on partage les matins de Noël et les soupers d’anniversaire. Les coutumes familiales se confrontent alors à ce qu’il y a de plus beau : le partage. Et les traditions s’inventent au rythme où les amitiés se mêlent.
  • Une carrière qui a décollé. Il y a des histoires moins jolies que d’autres et des gens qui repartent faute d’avoir trouvé un travail qui leur correspondait ou une vie qui leur plaisait. Pour ceux qui parviennent à rester, le terme des 6 années reflète généralement une évolution, voire un aboutissement. Pour nous, le Canada a été synonyme de changement de carrière. Aujourd’hui, nous sommes épanouis dans nos domaines respectifs et soulagés de savoir que l’on aurait encore la possibilité d’évoluer.
  • Une famille. Arrivés avec une première fille, nous en avons eu une deuxième quelques années plus tard. Une petite Franco-Canadienne qui n’a de français que l’accent. Le temps passe, et je réalise que c’est dans cette culture qu’elle s’ancre, faisant fi de ses origines malgré elle. Ses expressions, ses références, ses préférences, reflètent son appartenance.
  • Un futur. L’avenir, c’est ici que nous le voyons. Nous qui avions tant déménagé avons su trouver ici une place pour nous, au point d’avoir même de la difficulté à m’imaginer dans une autre ville que la mienne. L’instable est devenue sédentaire… ça doit être le bon air canadien qui fait ça.

 

Et vous, quel bilan tirez-vous de ces six dernières années, où que vous soyez?

-Lexie Swing-

Photo : Matthew Henry

Le camp d’été

La rentrée se profile mais l’été joue les prolongations… avec cette dernière semaine de vacances que nous n’avions pas, et qui se résume à trouver de quoi occuper à nos bureaux respectifs notre fille aînée.

Le camp d’été s’est terminé la semaine dernière. Une aventure en soi, lorsqu’on est un expatrié. C’est un peu comme le centre aéré, mais pas tout à fait. Ça ressemble à la colo, mais pas vraiment non plus. C’est un camp d’été, un point c’est tout.

C’est surtout une institution, dans mon entourage. Tout le monde ou presque est passé par le camp d’été (avec plus ou moins de plaisir), tout le monde, à de rares exceptions, y a été moniteur. C’est la première job, juste après le babysitting. C’est comme du babysitting d’ailleurs, sauf que t’as dix enfants au lieu de 2, une semaine entière à tirer et un nom de code à porter. Oui, un nom d’emprunt, un surnom plutôt. Et c’est un véritable apprentissage parental que de formuler sans sourire la phrase : «Gaufrette, peux-tu me dire comment s’est passée la journée de mon enfant ?».

Lesdits noms – il faut que j’en parle encore, ça a fait mon été – sont parfois en rapport avec le thème du camp, comme Grenouille ou Héron, pour les animateurs du camp Nature, Samourai côté Arts Martiaux, ou Basilic et Ciboulette au camp Cuisine. Et ils collent à la peau de leurs propriétaires. «Tu ne changes pas de nom comme ça, m’a prévenu une amie passée par cette épreuve. Tu ne peux pas faire ça aux enfants, ça ne se fait pas…» Elle a laissé sa phrase en suspens et son regard s’est perdu vers le souvenir douloureux d’un ancien camarade dont on dit qu’il aurait disparu après avoir changé de nom…

Je plaisante. Les enfants ne sont pas si méchants quand même, n’est-ce pas? (Qui a répondu «Si»?). Thème me fait penser que… les camps sont à thèmes. Plus ou moins restreints, selon les organismes, mais volontairement orientés. Dans notre ville, il y avait des sujets vagues, comme le Multiactivités, et d’autres très précis, comme le camp Agility (oui, les petits parcours pour les petits chiens). Il y avait aussi les camps privés, comme celui du Mont-Saint-Bruno, où notre fille a passé une très belle semaine.

De manière générale, on trouve des camps dans tous les domaines, par tous les organismes, qu’ils soient publics ou privés. En vrac, j’avais repéré le camp du Musée des Beaux-Arts, le camp karaté du club que nous fréquentons, le camp immersion anglaise d’un organisme spécialisé dans les cours de langue, le camp Sciences à Polytechnique, etc. Les prix varient en fonction de l’organisme et du matériel utilisé. Certaines inscriptions se font longtemps à l’avance, comme aux Beaux-Arts où tout semblait complet dès le mois de mars.

C’était une première expérience pour nous, comme pour notre fille aînée. J’avais hâte de lui faire découvrir ça, moi qui partais tous les étés en camp équitation et passais toujours quelques semaines au centre aéré de l’entreprise qui employait mes parents. J’en garde un souvenir vif et heureux, et des paroles de chansons que je n’ai jamais pu oublier.

L’expérience a été incertaine pour notre fille, tantôt plaisante, tantôt difficile. Le camp du Mont-Saint-Bruno a eu sa préférence et il est certain que nous la réinscrirons là-bas l’an prochain. Les autres camps qu’elle fera seront à déterminer, et je les liste déjà!

-Lexie Swing-

Photo : Matthew Henry

 

Laisser son enfant partir pour les vacances (+ liste pour les bagages)

Samedi dernier, ce sont trois personnes que j’ai conduit à l’aéroport : mes parents, ainsi que ma fille de 6 ans. Pour la première fois, elle allait prendre l’avion sans nous, direction la France, où elle allait passer deux semaines de vacances, avant qu’on l’y rejoigne.

On parle de la grande école, du premier coup de pédales sans roulettes, mais mettez un peu votre enfant tout neuf dans l’avion sans vous! Elle aura 18 ans demain alors qu’elle est née hier, c’est à n’y rien comprendre.

Mon grand enfant m’a donc quittée à la porte des contrôles, celle où vous ne pouvez aller plus loin sans billet sous peine de se voir courser par deux trois douaniers peu rieurs et un chien habilement denté. Je l’ai regardée avancer dans la file, poser ses affaires, passer sous le portique. J’ai attendu jusqu’à ce que mon père la soulève une toute dernière fois et qu’elle me lance un signe, par-dessus les têtes des voyageurs affairés, et puis elle est partie.

J’ai retrouvé une maison étrangement silencieuse, curieusement tranquille. Ma cadette a beau être un lapin Energyzer® dopé au Guronsan®, elle n’a pas la puissance vocale et l’agacement rapide de sa grande sœur. J’ai découvert les repas à un seul enfant, l’attention unique, le temps pour soi. J’ai vu ma petite lionne tourner dans sa cage de désarroi, inhabituée à se retrouver seule pour jouer. Jusqu’à ce que nous prenions nos marques, notre rythme, nos nouvelles places à table, pour ne laisser personne sur le côté.

De son côté, mon aînée s’amuse follement. Elle est, par la force des choses, devenue une cadette. Et je croise les doigts pour que cette place lui apporte quelque chose de nouveau et de positif dans ses difficultés passagères à être une grande sœur. Mais l’heure est surtout aux découvertes et aux apprentissages, elle qui dit désormais préférer la mer à la piscine et qui se laisse porter par les flots, son corps en étoile, quettant les rayons du soleil du sud Méditerranéen.

Dans sa valise, j’ai glissé peu de choses. L’essentiel. 8 kilos sur la balance de l’aéroport. J’ai googlé «liste pour bagages de colonies» et je me suis adaptée. J’en ai fait une liste «pour 15 jours sans parents, vol en avion inclus».

Les vêtements et accessoires

·         Autant de culottes que de jours passés sans pouvoir faire une machine

·         Quelques paires de chaussettes, dépendamment de la météo (+ de 20 paires s’il s’agit de la Bretagne à l’automne ou de l’Asie en pleine mousson)

·         Autant de chandails/ T-shirts que de culottes, et quelques rechanges pour les jours de bataille d’eau

·         Quelques vêtements intégraux, type robes ou combinaisons, pour éviter les mix&match improbables

·         Des gilets ou des sweat-shirts (pas trop, ils remettent le même jusqu’à ce qu’il se jette dans la machine par lui-même)

·         Un ou deux pantalons confortables pour les soirées moustiques au coin du feu

·         Deux maillots de bain – minimum – avec t-shirt anti UV

·         Trois ou quatre pyjamas (pour une semaine)

·         Une casquette (et une deuxième de rechange si vous avez un enfant qui perd tout) (qui a dit «il tient ça de sa mère»?)

·         Un imperméable (deux en Bretagne, le temps que le premier sèche).

·         Trois paires de chaussures (déjà utilisées pour éviter les mauvaises surprises des chaussures neuves) : des baskets, des sandales et des tongs/gougounes pour la plage (ou des sandales usées, aussi appelées «sandales de garderie»)

·         Une serviette de bain et une serviette de plage 

·         Des lunettes de soleil (pas besoin en Bre… bon ok j’arrête. Pas besoin dans le Nord de la France?)

·         Un sac à linge sale

 La trousse de toilettes

Pour savoir quoi mettre dans la trousse, j’ai observé sa routine du matin et du soir. Nul besoin d’un peigne, elle n’en utilise pas. On oublie l’après-shampooing, pas le temps quand on joue dans le bain avec les cousins.

·         Gel douche et shampooing, si possible dans des petits contenants

·         Du démélant en pshit pour les tignasses rebelles

·         Dentifrice Bubble Gum pour rendre les copains jaloux et brosse à dents avec tête protectrice

·         Un gant de toilette ou des débarbouillettes, pour se laver la frimousse

·         Une brosse à cheveux, des élastiques et des barrettes

·         Un gros tube de crème solaire

·         De l’anti moustiques

·         Des médicaments si nécessaire. Ici, après avoir hésité, j’ai finalement décidé de ne rien mettre. Je craignais qu’elle ait mal quelque part pendant le voyage mais j’ai préféré ne pas l’exposer au risque de prendre un médicament en trop grande quantité ou par inadvertance. Ce que j’aurais pu faire : un flacon avec juste une dose d’acétaminophène/paracétamol. Sur place, sa tante avait tout le nécessaire.

·         Le carnet de santé et la carte médicale (oubliés, pour le coup)

Les petits plus

·  Le dernier J’aime Lire qu’elle avait reçu

·         Un casque adapté aux enfants (taille et puissance sonore) pour écouter les dessins animés que ma mère avait téléchargé sur Netflix, ainsi que ceux disponibles sur l’écran de l’avion.

·         Un livre d’apprentissage du dessin ainsi qu’un bloc de dessins, acheté au magasin du dollar, et un nouveau set de feutres. Ma fille est férue de dessins, et s’est – aux dires de mes parents – pratiquée un bon moment pendant le vol.

·         Un cadre recto verso avec deux photos de notre famille, pour poser sur sa table de chevet ou garder dans son sac

·         Un cahier de vacances (acheté directement par ma belle-sœur qui la réceptionnait pour les vacances)

·         Des petits cadeaux à offrir aux cousins

·         Un calendrier plastifié de ses vacances

·         Sa gourde d’eau

·         Une lettre de consentement, mentionnant que nous étions d’accord pour qu’elle quitte le pays sans nous, ses parents.

J’avais plusieurs autres idées, mais pas forcément le temps nécessaire. Voici que j’aurais aimé ou pu faire en plus :

·         Des enveloppes avec les adresses de ses amis pour y glisser des cartes postales. À la place, j’ai envoyé les adresses à ma belle-sœur.

·         Un petit carnet de photos souples ou une photo sur un porte-clé, pour les plus grands qui ne veulent pas s’afficher avec la photo de leur famille, même si elle leur manque quand même.

·         Un baladeur MP3

·         Une console portative

·         Une lettre à lire pour les jours de cafard

·         Un petit message enregistré, à écouter sur un baladeur

·         Un stock de petits gâteaux secs, pour les fringales (surtout en colo!)

·         Un appareil photo qui va sous l’eau

·         Une lampe de poches

·         Un Lunii pour écouter des histoires

·         Des jeux de voyages

 

 Avez-vous d’autres idées à rajouter?

– Lexie Swing-

 

PS : y’a rien de plus chouette que la Bretagne. Il pleut parfois, certes, mais on y trouve le meilleur caramel au monde.

Découvrez l’ambiance apaisante de l’Ile Saint-Bernard

Avant la bucket list, relativement inatteignable selon les cas, il y a la to-do list. Celle des bons plans pas loin de chez toi, celle des endroits qui feraient comme des vacances pour quelques heures. Tu les notes précieusement et tu les rends réalité de temps en temps.

C’est comme ça que nous avons atterri à l’Ile Saint-Bernard.

J’avais découvert l’endroit il y a deux ans, à la faveur d’une recherche de «vergers bios sur la Rive-Sud». Mes parents s’y étaient alors rendus avec les deux mouflettes. «A peine le temps de ramasser une pomme qu’on retrouvait Tempête juchée en haut de l’échelle» m’a confié mon père. La bougresse avait deux ans. Imaginez ce dont elle est capable deux ans plus tard…

C’est sous un soleil tonitruant que nous y sommes allés le week-end dernier. L’île Saint-Bernard, nichée au bord du Saint-Laurent, non loin de Châteauguay, est un havre. De paix, de tranquillité, et de joie aussi. On a pique-niqué au bord de l’eau, l’air chaud rendu respirable par une douce brise venue du fleuve. Les moustiques n’étaient pas légion, malgré la proximité de l’eau, et je n’ai presque pas eu à bondir sur mes pieds pour éviter les vilains insectes dont j’ai la phobie (tout ce qui vole et surtout vrombit).

La recherche des toilettes publiques m’a ramenée au pavillon d’accueil, où j’ai découvert un joli espace où se sustenter. Des tartes sucrées et salées de chez Carrément tarte, des sandwichs gourmets, de délicieux cookies (oui j’ai testé, il le fallait bien), des sorbets aux mélanges surprenants : le meilleur du repas sur le pouce de la région semblait réuni derrière la petite vitre réfrigérante. Mieux : pour s’inscrire dans le zéro-déchet, l’endroit ne propose plus de bouteilles d’eau en plastique. Mais une fontaine permet de remplir sa gourde, ou de boire sur place, grâce aux verres offerts à côté. Notez qu’il est également possible de manger au Bistro La Traite, également sur l’Ile.

Après un café – offert dans de gros mugs comme à la maison – et plusieurs jeux de société (une grande bibliothèque en est remplie), nous avons repris le chemin de l’eau, pour explorer un peu plus l’île.

Au gré du chemin, vous découvrirez cette partie que l’on appelle le Tertre de l’île, qui fut la propriété des Sœurs grises durant plus de deux siècles, avant d’être racheté par la Ville de Chateauguay en 2011.

La majeure partie de l’Île, que nous n’avons pas encore eu le temps de découvrir, correspond au refuge faunique Marguerite-d’Youville, paradis des oiseaux. On dit que de nombreux animaux y sont également visibles, à commencer par le cerf de Virginie. Le refuge abrite 8 km de sentiers pédestres, serpentant entre marais, friches, chênaies et même érablières.

De multiples activités sont proposées tout au long de l’année, comme des visites guidées, du yoga, un éco-marché, une vente annuelle de plants bios, l’autocueillette à l’automne, la location de matériel nautique l’été, le ski de fond l’hiver, etc.

À noter qu’une navette fluviale est en service de fin juin à mi-septembre, et rallie Lachine à l’Ile Saint-Bernard.

Je reviendrai bientôt, pour tout ce que je n’ai pas vu encore. Pour le refuge, pour les paddle-boards, pour les bateaux, pour la petite tortue dont j’ai dû attendre la traversée avant de pouvoir repartir, et pour l’impression irréelle d’être un peu hors du temps.

-Lexie Swing-

Île Saint-Bernard, Châteaugay. Accès gratuit au tertre de l’île. Refuge faunique, 5$ adulte, 3,5$ enfant, 13.30$ pour les familles.

Crédit photo : Lexie Swing

Découvrir les trains à Saint-Constant

Quand on immigre dans un nouveau pays, tout commence par un voyage. Les premiers mois sont ceux de la découverte et l’on parcourt nos nouvelles villes la curiosité en baluchon. On en vient à connaître ces endroits mieux que les endroits d’où nous provenons. C’est tout l’intérêt d’immigrer : on avance les yeux et le coeur grand ouverts.

Pour beaucoup, ces mois de découverte sont suivis de mois d’installation. Le quotidien plus si nouveau devient la normalité. On use alors d’habitudes locales sans sourciller, et l’on s’enterre dans un rythme travail-maison sans arrière-pensées. Les sorties deviennent moins fréquentes, et les week-ends se passent à jouer dans la cour arrière. On se surprend à revenir dans des endroits déjà découverts, on écume les mêmes bars et les mêmes restaurants, on se construit des repères. C’est le temps de la banalisation.

Et puis, les envies reviennent. On s’entête à voyager à l’intérieur du pays quand les citoyens de longue date rêvent d’en traverser la frontière. On fait d’une aventure le moindre trajet, chanceux parce que conscients de ce qui nous entoure. On s’enthousiasme, surtout, ce qui se trouve à côté, des petites activités familiales et des endroits insolites dont les visites rythmeront notre été.

Dimanche dernier, rejoignant nos amis de Québec en week-end dans la région de Montréal, nous avons ainsi découvert le musée ferroviaire de Saint-Constant, également appelé Exporail, sur la Rive-Sud.

Le choix s’est fait au regard de deux critères : nous voulions un endroit agréable à visiter pour de jeunes enfants et qui permette de passer un peu de temps en extérieur considérant les températures estivales que nous avions alors.

Le musée ferroviaire est l’endroit parfait pour qui recherche ces deux critères. Très ludique, il se fait pour moitié en intérieur et pour moitié en extérieur. La partie intérieure permet un accès à de nombreux trains tels qu’ils ont été mis en circulation à compter des années 1830. Le long des trains, des pancartes racontent les petits et grands succès, accompagnant les textes de photos d’époque.

Certains wagons proposent des jeux aux plus petits, quand d’autres – accessibles seulement à l’extérieur – laissent entrevoir la vie d’alors. L’occasion de découvrir que certains trains étaient mêmes pourvus… de salles de classe !

La visite intérieure se termine sur une salle entière dédiée à des trains miniatures qui parcourent une vallée reproduite de toutes pièces. L’un des trains est même pourvue d’une caméra, elle-même reliée à un écran qui projette l’image en tout temps et permet de voir en temps réel les images du parcours effectué.

À l’extérieur, et après quelques errances, faute d’indications suffisamment précises, nous nous dirigeons vers le petit train. Ainsi juchés, nous traversons tunnels et ponts de fortune. L’expérience arrache des cris de joie aux enfants, les parents gardant les lèvres closes et les genoux fermement serrés considérant l’étroitesse du support sous la largeur de leur fessier d’adultes.

Trajet en sens inverse, passage devant l’entrée du musée, direction cette fois l’autre partie du site, dédiée aux trains en taille réelle. Une balade en tramway d’époque, ainsi qu’en train de passagers est possible. Malheureusement, compte tenu de l’heure avancée, l’activité était déjà arrêtée. Si vous optez pour une visite en après-midi, n’hésitez pas à commencer par la visite extérieure afin de mettre toutes les chances de votre côté.

Côté repas, c’est vers un brunch dominical que nous avons orienté notre choix. Rendez-vous donc au restaurant Œuf Xceptionnel, situé à quelques centaines de mètres de la gare. Le rapport quantité/qualité/prix y est idéal et le personnel agréable.

Et vous, quels sont vos plans de la fin de semaine ?

-Lexie Swing-

Exporail, 110 Rang Saint Pierre, Saint-Constant, QC J5A 1G7

Tarif journalier : 20,80$ pour un adulte, 10,40$ pour un enfant, 54,10$ pour une famille. Gratuit le premier dimanche de chaque mois.