Cookies véganes faciles

Voici une petite recette spéciale confinement, quand il faut occuper les mouflets alors que la moitié du pays a décidé d’acheter des oeufs et du beurre en même temps. J’ai découvert cette recette de la célèbre blogueuse cuisinière végane d’ Au vert avec Lili alors que le rayon d’oeufs bios de mon supermarché peinait à se réapprovisionner.

Je l’ai adaptée au contenu de mes placards et au talent de mes enfants. Et à J18 aujourd’hui, nous l’avons fait 5 fois. Vous retrouverez l’original sur la page de Lili. Je vous mets pour ma part notre version préférée : les cookies véganes à l’amande, deux chocolats et caramel. Ma fille de 7 ans l’a réalisée de A à Z, pesées comprises.

Côté ingrédients, nous avons utilisé:

  • 2 CàS de poudre d’amandes
  • 1 CàS de cacao
  • 3 CàS d’eau
  • 5 CàS de lait
  • 1 CàS de vinaigre de cidre ou blanc
  • 60 grammes d’huile
  • Quelques gouttes de vanille liquide
  • 100 grammes de sucre
  • Une demi cuillère à café de levure
  • 200 grammes de farine
  • Des pépites de chocolat blanc, noir et de caramel

Cette recette est très maléable. Dans la version originale, Lili utilise ainsi de la fécule de maïs, que je n’avais pas, et que j’ai donc remplacée par de la poudre d’amandes et du cacao. J’ai aussi mis plus de lait, car je trouvais la pâte trop friable. N’hésitez pas à ajuster en fonction de la farine que vous utilisez. Enfin, notez que le vinaigre peut-être remplacé par du jus de citron, et l’huile par un poids équivalent de beurre.

La recette :

– Préchauffez le four à 180 degrés Celsius ou 350 degrés Fahrenheit.

– Mélangez l’eau, la poudre d’amandes et le cacao.

– Ajoutez l’huile, le lait, le vinaigre et la vanille. Mélangez, puis ajoutez le sucre et battez une bonne minute.

– Ajoutez la farine et la levure. Mélangez de nouveau avant d’ajouter les pépites de chocolat et de caramel.

– À l’aide d’une cuillère à glace, ou à la main, façonnez 10 cookies environ que vous déposez sur une plaque recouverte de papier sulfurisé (parchemin). Notez que les cookies ne s’étaleront pas trop.

– Enfournez pour 15 minutes. Sortez-les du four même s’ils ne vous paraissent pas complètement cuits, les cookies ont cette particularité de finir de prendre à l’air ambiant.

Nous avons essayé différentes versions de ces cookies, dont amandes et pépites de chocolat (sans cacao), tout caramel ou framboises et noix de coco. La version donnée est notre préférée mais vous avez des possibilités infinies de déclinaisons… et il semblerait que l’on ait quelques semaines devant nous pour en tester un bon nombre. Alors à vos fourneaux!

-Lexie Swing-

 

 

Poppy

Poppy. Ça fait deux mois, déjà, que tu as rejoint notre famille. On dit que ça prend trois mois, pour un chien comme toi, pour trouver son chez soi. Au nombre de chaussettes que t’as mangées, on dirait que t’es bien installée pourtant.

Poppy, je t’ai cherchée longtemps, sur tous les sites de ce monde. Je m’étais mise en tête d’avoir un deuxième chien, un chien sauvé, un chien qui ne l’avait pas eu facile. Je ne voulais pas entrer dans le système, contribuer à une business quelconque quand tant de chiens croupissaient derrière des barreaux. Aux bons soins de soignants, toujours et heureusement, mais en attente d’autre chose. Un foyer, un coussin chaud et le silence apaisant d’une maison endormie.

Ce n’était pas facile, comme recherches. Au Québec, on ne confie pas tant ces chiens là à de familles avec de jeunes enfants comme la nôtre. Alors j’ai commencé à sonder ailleurs, dans la province voisine. Je suis tombée sur une association qui sauvait des chiens errants des îles. Des chiens d’une race que je n’avais jamais entendue, moi qui baigne pourtant depuis ma prime enfance dans les connaissances canines.

Potcake. C’est un drôle de nom pour une race de chien. Un nom qui symbolise je crois le fond du bol d’une préparation locale dont la communauté autour de laquelle vous évoluez vous gratifie parfois, vous les chiens errants.

Poppy, tu viens d’Antigua. Je ne sais rien de comment tu es née. Je ne sais pas pourquoi tu errais, et comment on t’a attrapée. Je sais seulement que tu as été recueillie à trois mois par une aidante locale, que tu as vécue en troupeau avec d’autres potcakes comme toi. Et puis que, grâce à la gentillesse d’un passager quelconque, tu as été expatriée au Canada, tout près d’Ottawa.

C’est là que nous sommes allés te chercher. Tu avais 9 mois et l’air joyeux. Mes enfants piétinaient, tu étais impressionnée mais tu agitais la queue. Quand un gros chien a aboyé en direction de ma plus jeune, tu t’es placée en écran, l’échine dressée et les dents découvertes.

La première nuit, l’amoureux l’a passé dans le salon avec toi. Tu étais terrifiée à l’idée de faire tes besoins dehors. Et une fois lâchée, nous ne pouvions plus te rattraper. Jamais encore je n’avais été confrontée à cet état sauvage. Nous n’étions rien pour toi. Pire que des étrangers : une espèce que tu craignais. Il a  fallu te piéger pour te rattraper ce soir-là.

Les jours ont passé. Tu mangeais toujours en regardant par dessus ton épaule. Très tôt, nous nous sommes tenus proches de ta gamelle, dont nous prenions avec patience quelques croquettes. Les chiens comme toi n’aiment guère qu’on leur vole leur nourriture et la faim est telle parmi les tiens qu’elle fait presque partie de ta génétique; nous ne voulions risquer qu’un enfant mal avisé reçoive un coup de dent bien placé.

Eleven est devenu ton guide fidèle. Lui qui m’avait toujours semblé d’une maladresse enfantine, qui n’osait rien et s’entêtait pour tout, s’est découvert du plaisir à jouer les professeurs. Il a dissimulé sa peur de l’extérieur derrière un pas flegmatique, a retrouvé une énergie de jeune chien à batailler avec toi dans la neige de février. En fin stratège, il sait désormais que tu cours plus vite mais qu’il est plus patient, et après tes dix tours de jardin à fond de train, il profite de ta baisse de régime pour te saisir au vol d’une foulée et te faire rouler sur le sol. Tu le pervertis, lui qui vole maintenant les tuteurs de mes plantations comme tu lui as appris.

Poppy, ça fait deux mois que tu vis avec nous. Tu as mangé mes murs, quelques jouets et beaucoup, beaucoup de chaussettes. Tu as fait pipi dans le salon, caca dans ma chambre. Tu as refusé obstinément mille fois de passer la porte du jardin. Tu as couiné pour sortir, tu as chassé les écureuils, tu as sauté dans mes plates-bandes. Tu m’as obligée toutes les balades à m’arrêter pour sortir de ta gueule le morceau de plastique que tu réussis toujours à trouver sur la route.

Tu as égayé chaque heure de la vie de mes enfants depuis deux mois, tu as été d’une patience infinie et d’une résilience sans bornes, dans leur apprentissage de maîtresses d’un chien. Tu acceptes qu’elles prennent tes pattes et t’enserrent, en attendant qu’on te délivre et leur fasse répéter dix fois au coin « je n’attraperai plus Poppy par le cou ». Tu regardes encore souvent par dessus ton épaule, mais tu t’enfuis un peu moins vite lorsque tu entends nos pas derrière toi. Tu viens quand on t’appelle, tu agites la queue quand tu nous vois et lances des coups de pattes depuis le haut de l’escalier pour montrer ton impatience.

Le premier soir du premier jour, j’ai dit à mon amoureux « je n’y arriverai jamais ». Je l’ai repensé plusieurs fois par la suite. Pire que les murs que tu mangeais ou les portes que tu refusais de passer, c’était l’absence de lien, la distance que tu gardais toujours, qui était difficile. Personne ne vous prépare jamais à ce que votre compagnon de vie vous traite toujours comme un étranger.

Je ne suis peut-être pas encore ta maîtresse, mais peu à peu j’oublie que tu n’as pas toujours été ici. Et toi aussi. Je le sais quand tu m’attends, pour partir en balade. Quand tu m’accueilles au matin, en te trémoussant. Je le sais quand tu t’enroules autour de mes pieds, quand je travaille, et quand tu accordes ton pas au mien, sur le chemin.

On dit que les potcakes baissent vraiment la garde le jour où ils comprennent que quelqu’un d’autre est prêt à se battre pour eux. Sache que nous sommes prêts à toutes les batailles, Poppy.

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 2

Le confinement se poursuit. Même si ici, au Québec, il n’est toujours pas acté comme tel, mais plutôt comme une forte incitation à rester à son domicile. Les accès à de nombreux magasins sont devenus restrictifs, on se lave les mains à des lavabos temporaires à l’entrée des supermarchés et les caissiers sont désormais protégés par des parois en plexiglass. Le monde continue de tourner,  lentement, mais sans certitude aucune quant au moment où la vie reprendra son cours normal.

Et c’est probablement ce qui a rendu cette deuxième semaine si compliquée. L’incertitude, le travail, les cours à donner, la pluie qui s’invite, les enfants qui tournent… comme un mardi d’automne finalement.

Humeur : changeante. Les demandes répétées des enfants, conjuguées à un pic d’activité dans mon travail à distance, cumulés à un temps incertain, ont rendu les choses… conflictuelles!

Organisation : fluctuante. Mais une chose est certaine, le lâcher prise ne fonctionne pas chez nous. Nos enfants de 4 et 7 ans nécessitent un minimum de routine pour que les journées se passent au mieux. Même elles préfèrent finalement enchaîner des cours de français et de maths plutôt que de s’entendre répéter « mais trouve de quoi jouer » toutes les dix minutes.

On en parle d’ailleurs de ce concept de « il faut laisser les enfants s’ennuyer », et puis « les enfants, de mon temps… », parce qu’il y a deux types d’enfants : ceux qui savent s’ennuyer et ceux qui savent VOUS ennuyer. Question d’âge ou de personnalité, difficile à dire, mais une chose est certaine : ma fille de 4 ans est revenue me dire 6 fois qu’elle ne « savait pas quoi faire » depuis le début de cet article.

Couple : toujours ok. C’est intéressant de voir que nous sommes finalement capables de passer tant de temps côte-à-côte sans s’étriper.

Point d’orgue : j’ai fait découvrir à B. le principe du poème, à lire, comprendre et mémoriser. Un type d’apprentissage qui n’existe pas, a priori, dans notre système scolaire. Au programme : La page d’écriture, de Prévert. Alors que B. commençait à réciter le poème, sa jeune soeur a comblé son hésitation. Par acquis de conscience, je lui ai proposé de le réciter à son tour… Et ça m’a ravie, je dois être honnête, de m’apercevoir que cette petite boule d’énergie, bien qu’occupée dans tout un tas d’extravagantes aventures, avait retenu chaque strophe du poème déclamé par sa soeur…

À la télé : on a découvert Le Parc des Merveilles, fait voir Monstres et Cie à nos filles, et puis suivi Top Chef, bien sûr…

Vague à l’âme : l’inquiétude quant à tout ce qu’on apprend aujourd’hui qu’on ne savait pas hier. Et pour tout ce que l’on apprendra demain.

Point bonus : la maison qui se range petit à petit, et les « il faudra que » enfin cochés.

Les bonnes idées de la semaine : l’application Slice Fractions et la page Facebook de Pandacraft qui propose des nouvelles activités tous les jours.

J’espère que vous allez bien et que vous avez du plaisir à être ensemble malgré tout. Je me dis que ça pourrait être pire, on pourrait être enfermés avec des inconnus. Là, au moins, il s’agit de gens qui ont l’habitude de nous côtoyer, en pyjama et avec une haleine douteuse. Ça ne peut pas aller foncièrement mal.

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 1

Nous sommes à la maison depuis une semaine aujourd’hui. De nombreuses écoles au Québec ont été fermées vendredi dernier « le temps de s’organiser », organisation qui a conduit à tout fermer dès le lundi suivant. Restés à la maison pour gérer les moutards, « le temps de nous organiser » nous aussi, nous n’avons pas remis les pieds au bureau depuis.

Humeur : bonne. Miraculeusement bonne. Qui aurait crû que de ne plus être pris dans une course effrénée consistant à jeter ses enfants à l’école puis à courir jusqu’au boulot nous apporterait l’apaisement nécessaire. Hein? Qui l’aurait crû?

Organisation : militaire et tripartite. Une heure de cours donnés par Papa, une heure de cours donnés par Maman, une heure d’activités décidées par les mouflet(te)s et on recommence l’après-midi.

Couple : solide. L’amabilité est de mise. On se refile le mouflet à heure fixe et on s’arroge du temps de travail efficace musique vissée aux oreilles. Les parents que nous sommes se découvrent des trésors de pédagogie dans leur matière respective, et même dans d’autres matières inusitées (la physique des solides niveau CP). Faudrait pas que ça dure trop non plus quand même.

Point d’orgue : le replay de Top Chef, lancé dès 19h, pour la première fois visionné en famille. Depuis mon mini-chef de 4 ans me demande des Gyozis, « regarde comme ils ont l’air contents les enfants quand on leur fait de la bonne nourriture ».

Vague à l’âme : l’incertitude. C’est le fun, mais c’est parce que c’est anormal. Une nouvelle normalité? Au secours!

Point bonus : l’écologie. Savoir que les eaux de Venise sont plus propres ou que la pollution de l’air en Chine s’améliore, ça me met le coeur en joie!

Les bonnes idées de la semaine : les histoires en musique d’Elodie Fondacci et la page Youtube de Force4, pour faire bouger les enfants. À compter de la semaine prochaine, l’équipe proposera tous les matins à 10h (heure du Québec) une petite séance d’exercices sur la page Facebook du Défi Pierre Lavoie.

Le Québec se prépare à perpétuer les recommandations du confinement encore quelques semaines, comme la France. À la différence de la France, cependant, il s’agit de recommandations et non d’obligations, qui semblent malgré tout être bien suivies par la population.

Bon week-end les amis, on rejoue en semaine 2!

-Lexie Swing-

Découvrez : les terrariums de l’Atelier Eyssard à Toulouse

Tout a commencé par une publication de Baptiste Beaulieu, médecin et écrivain que vous ne manquez certainement pas de connaître. Résident de Toulouse, il n’a pas hésité à partager un jour son coup de coeur pour une jolie boutique du centre-ville, l’Atelier Eyssart. En dépit de sa spontanéité sans fards, un tel partage était suffisamment rare de sa part pour retenir mon attention, et je suis bien certaine que malgré lui, il a entraîné une vague de visites vers la boutique.

Je n’étais pas sur place et rien n’indiquait sur le site que je pouvais faire un achat à distance. J’ai pris la liberté de contacter le propriétaire, Pierre, par Instagram, prête à essuyer un refus ou, au mieux, du détachement. La réponse a été rapide, et elle était positive. Quel que soit mon souhait, il allait être possible de m’accommoder à distance.


Le terrarium est le cadeau parfait pour ceux qui ne savent jamais quoi faire de leurs plantes et les arrosent comme on noie son chagrin dans une mauvaise bouteille – moi par exemple. Ainsi mises sous verre les plantes se suffisent partiellement à elles-mêmes, aidées en cela par la lumière quotidienne et un arrosage ponctuel restreint. C’est à la fois fascinant et poétique.

Au fil des semaines – j’avais du temps devant moi – nous avons évoqué les différentes possibilités de plantes, échangé sur les modèles de terrariums et la verrerie disponible. Il y avait des modèles incroyables, des plantes qui illuminent un intérieur par leur seule présence. Il y avait des arbres rois en leur domaine, et des forêts miniatures, comme autant de mondes sous verre.

J’en ai choisi un petit, arrondi, «avec un arbuste au milieu» ai-je dit. Pierre s’est chargé du reste. Il a immortalisé le terrarium fini, dressé au milieu de la terre éparpillée et c’est un peu comme si j’étais là, malgré tout.

Je n’avais pas dit à ma mère ce qu’elle devait aller chercher ni ce qu’elle était susceptible de trouver à l’adresse indiquée, et elle a joué le jeu.

Si j’avais été présente à Toulouse et non pas assise dans mon bureau de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un atelier que je lui aurais offert. Pierre en propose chaque vendredi à 19h30 et permet ainsi de réaliser de bout en bout son propre terrarium.

J’en profite pour glisser que, pour le remercier, je lui ai transmis une carte achetée ici-même, au Québec. Une carte réalisée… par une Française, et que je savais spéciale : faite de papier compostable et de graines de tournesol, elle se plante une fois reçue (et lue). Quoi de mieux pour quelqu’un qui nourrit un vrai amour pour les plantes?

Ces cartes-ci, de la compagnie FlowerInk, sont distribuées dans différents endroits au Québec dont vous trouverez la liste ici.

Quant aux terrariums de Pierre, vous les trouverez au 52 Rue de Résumat, non loin de la place du Capitole, à Toulouse. Et pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de l’Atelier Eyssard.

-Lexie Swing-

Photos : Atelier Eyssart et Lexie Swing

Quel genre de famille est-on?

image_3b13e643-317a-4ea1-8a3d-8b235d0c0355.img_2058Toutes les familles ont des spécificités, et pas seulement dans leurs modèles – de plus en plus diversifiés aujourd’hui – mais aussi dans leurs goûts, leur quotidien, leurs façons de vivre. On peut avoir les moyens de se faire dorer la pilule tous les hivers à St-Barth, et préférer les road-trip dans l’ouest américain. On peut avoir de toutes petites économies, et les mettre toutes dans des sorties familiales au cinéma – parce qu’on adore ça. On peut aimer les beaux restaurants, ou préférer les sorties fast-food; ne jurer que par les musées, ou par les balades en pleine nature; faire des jeux de société tous les vendredis, ou se replier chacun dans sa chambre, pour savourer un peu de solitude.

On a tous nos petites habitudes, qui ne sont pas meilleures que celles des voisins. Ce sont de petites traditions, un quotidien qu’on se créé, et qui au-delà du nom peut-être, de l’adresse commune et du compte en banque partagé parfois, font de nous une famille particulière. Si vous avez envie, je vous propose donc de reprendre l’idée à votre compte et de raconter ce qui fait de vous cette famille-ci, celle que vous aimez et que vous avez créée.

Six à la maison

On est une «famille de six» selon mes enfants. Pour deviner pourquoi, on se met en forme avec une petite équation. Si X est le nombre de mes enfants, Y le nombre de mes chiens et Z le nombre de parents dans la maison, et que X=Y=Z, et que X+Y+Z = 6, combien ai-je d’enfants et de chiens? Bref, on est six et dans notre petite maison, ça fait du monde!

Immigrants toujours

Nous sommes une famille d’ailleurs. Ou partie ailleurs, selon l’endroit d’où l’on se place. Et qu’importe les copains, les évolutions de langage, les impôts que l’on paye et le temps qui passe, nous serons toujours une famille immigrée. Ce n’est ni un défaut, ni une qualité, mais une spécificité. Nous n’avons pas forcément les mêmes habitudes, notre nom sonne différemment, nous sommes perdus par rapport à certaines spécificités administratives et les grands noms québécois nous sont encore parfois étrangers. C’est désormais une composante à part entière de notre identité, autant ici au Québec, qu’en France.

Les écrans de la fin de semaine

Je planque ça un peu au milieu, comme ça, pas pour donner du grain à moudre au débat « pour ou contre les écrans en bas de dix ans » mais plutôt parce que ça fait partie des spécificités de toutes les familles. De tout temps il y a eu les amis qui regardaient la télé avant l’école, ceux qui n’y avaient droit qu’au retour, ceux chez qui elle était allumée en continu, telle une toile de fond mouvante, et puis ceux chez qui elle était juste proscrite, quoi qu’il arrive. Chez nous, aujourd’hui, elle est au sous-sol, ce qui limite son utilisation. L’une de nos filles est relativement indifférente aux écrans, la seconde pourrait rester devant des heures durant, et nous en réclamer encore «juste un épisode de plus, promis après j’arrête». Du plaisir à la décadence, il n’y a qu’un pas, nous avons donc décidé de limiter la télévision aux week-ends. Point de console, pas de tablette, mais des livres en abondance, en espérant repousser les écueils de la surconsommation d’écrans.

L’absence de télécommande

Il y a quelques années, le fils d’une amie a brisé la télécommande de l’Apple TV. En attendant d’en racheter une, nous avions téléchargé des applications «Remote» sur nos téléphones. Cet «en attendant» dure depuis plusieurs années. Un coup on se dit que ça rendrait les filles plus autonomes (et nos samedis matins plus tranquilles), un coup on se console en se disant qu’on garde le contrôle de la télévision (cf point précédent). On est en tout cas passé maître dans l’art de changer de dessin animé sans être dans la pièce «Maman, à gauche, en bas, encore en bas, à droite maintenant, à droite j’ai dit, non t’es allée trop loin!, moins vite, reviens…».

Manger «maison», et de la pizza le vendredi

Ce n’est plus un secret pour personne : j’adore cuisiner! Après une première année de couple passée entre les croq’ je ne sais quoi du supermarché et les légumes déjà coupés, mon amoureux et moi avons commencé à cuisiner nos propres plats. C’était une activité agréable, conviviale, et qui servait l’un de nos plaisirs premiers : manger! Après avoir eu des enfants, nous avons graduellement changé nos habitudes de consommation. De l’agriculture raisonnée, nous sommes passées au bio, puis au bio et local-au-maximum. Nous avons délaissé les plats tout faits, qui bios ou pas sont surchargés en sel, sucre et additifs, pour le fait maison, impliquant au passage nos enfants pour qui manger est devenue synonyme de cuisiner d’abord. Je suis aussi devenue végétarienne, emportant partiellement ma famille dans mon sillage, même si tout ceci reste encore au choix de chacun. La semaine dernière, ma fille aînée a ainsi demandé «un sandwich au jambon». Ai-je dit oui? Absolument! Ai-je légérement triomphé intérieurement lorsqu’elle a dit que décidément, ce n’était vraiment pas bon? À peine! Comme toutes les familles, nous avons aussi nos jours, nos habitudes, comme la soupe plusieurs soirs par semaine, la pizza maison du vendredi, les crêpes du samedi et le brunch – quand on peut – le dimanche.

Les amis à domicile

Ce n’est pas encore complètement vrai mais ça le devient. Avoir grandi dans des maisons où les amis étaient les bienvenus nous a rendus heureux. Et voir les amis de mes enfants (ou les enfants de mes amis, ça marche aussi) prendre leurs marques chez nous me rend heureuse à nouveau. J’aime l’idée d’avoir été moi-même tellement intégrée au sein des familles de certains de mes amis que leurs parents sont aujourd’hui des personnes dont je suis restée proche. Par ailleurs, la distance avec la France nous a poussé à créer des liens familiaux avec des amis proches, et si leurs enfants ne sont pas mes neveux et nièces au sens propre du terme, j’aime à penser que l’on invente (nous, immigrés) une réalité différente du schéma traditionnel.

Le double nom

Nous ne sommes pas mariés et quand ne le serons, chacun gardera son nom. Aucun de nous ne souhaitait imposer son nom, alors aucun des deux n’y a renoncé. Nos enfants portent désormais les deux noms et ont ainsi donné à notre famille, officieusement, ce double nom, qui commence d’ailleurs par le mien.

Le plein air

Il fut un temps où je vivais terrée dans ma chambre. J’aimais lire… et puis lire, et puis c’est à peu près tout, et j’engloutissais des romans à la tonne. J’ai d’ailleurs souvent été fascinée par les possesseurs de « piles de livres » qui en faisaient l’énumération sur les réseaux sociaux. Chez moi, point de pile, que des lignes ingurgitées sitôt le livre acheté ou emprunté. Et puis j’ai eu des enfants, les livres sont restés mais le temps s’est amoindri. Mes besoins personnels sont devenus secondaires et j’ai affronté des matinées de week-ends et de vacances en me disant «il faut vraiment que je leur fasse faire quelque chose». Le besoin d’extérieur est né de cette inquiétude là. Désormais, pas un week-end sans sortie, sans projet. Je ne conçois plus de laisser le temps filer entre mes doigts, lovée sur mon canapé. J’ai le sentiment urgent d’avoir besoin de rendre ces journées-là significatives. Je les veux dans les bois, dans la neige ou sous le soleil d’automne. Je les projette à la patinoire, au milieu des jeux d’eaux ou dans la cour des amis. Rien ne me donne autant le sentiment d’une journée accomplie que celle qui a été ponctuée de sorties. La paresse de la vingtaine a laissé place aussi à un besoin fort de faire du sport, besoin dans lequel nous entrainons nos enfants. J’aurais ri si l’on m’avait dit que nous serions un jour de ces familles à participer à des X-kilomètres. Et pourtant… la prochaine course a lieu en juin.

Les road-trips

On a grandi dans des familles avides de découvertes, qui ne passaient jamais deux années de vacances au même endroit. On a reproduit le schéma. Nous sommes ainsi partis deux fois en road-trips depuis la naissance de Tempête et avons beaucoup, vraiment beaucoup de projets de voyages pour la suite. Seulement 18 étés à vraiment profiter – comme disait mon amie Déborah – et avec un peu de chance quelques-uns de plus. Même si pour être honnête, je n’aurais pas assez d’une vie pour leur faire partager tous les endroits que je rêve de leur faire découvrir.

Et vous, qu’est-ce qui fait que votre famille est spéciale?

-Lexie Swing-

La petite histoire du sac oublié sur un banc d’autobus

img_4664Deux heures à perdre pour rentrer chez soi… c’est l’histoire d’une drôle d’aventure. Vendredi soir, au 3e jour à jongler avec l’absence de train, je me suis glissée dans la ligne de bus express recommandée par une amie. Partie tôt du bureau, je suis arrivée sur le fil, suffisamment en avance pour faire partie de la soixantaine de chanceux à embarquer. Décontraction musculaire et abandon de mes multiples sacs sur le sol du véhicule – le vendredi est de ces jours où la pression retombe comme un soufflé mal cuit.

17 minutes plus tard – le trajet a été rapide et la soirée s’annonce prometteuse – je texte mon amoureux qui m’attend déjà au stationnement de l’arrêt du bus, une étape rendue obligatoire par la situation exceptionnelle des derniers jours. L’arrêt s’annonce, la personne à côté de moi fait mine d’ignorer mes signes, pour finalement se jeter dehors sitôt l’autobus arrêté. Je la suis cahin-caha en la maudissant quelque peu, traverse le carrefour hyper achalandé et rejoint la voiture familiale. Je m’échoue plus que je ne m’assoie sur le siège passager, aussitôt apostrophée par les exclamations et questions de mes enfants. Pourtant dans mon esprit c’est le silence qui se fait : qu’ai-je fait de mon sac de magasin, rempli de cadeaux, matériel d’art et dans lequel j’ai aussi fourré au dernier moment des papiers personnels confidentiels?

L’amoureux met les gaz et j’enclenche l’application de suivi des transports qui permet de géolocaliser les trajets en cours. L’autobus se trouve déjà à une dizaine de kilomètres. Tandis que mon conjoint se lance à sa poursuite, je tente de trouver un numéro de téléphone actif, une aiguille dans une botte de foin bien serrée un vendredi soir. Une dame me répond que si mon sac est retrouvé il sera probablement aux objets perdus lundi matin. Je sais ce que ce « si » signifie, j’ai un paquet de choses qui ont trouvé meilleur acquéreur après les avoir oubliées dans des endroits publics. Je ne peux pas prendre la chance de laisser mes documents et les cadeaux sont pour un anniversaire qui a lieu le lendemain. Au bord de l’apoplexie, je tente un nouvel appel. « Les autobus reviennent au terminus ensuite s’ils ont fini leurs parcours ». Un seul autobus de la ligne reste encore à partir, quelque 20 minutes plus tard, soit le minimum pour nous pour rejoindre ledit terminus.

Demi-tour serré et pied au plancher, l’amoureux met le cap vers la ville d’où j’ai embarqué. « Ça va Maman? », demande ma grande fille à l’arrière devant mon teint livide. « J’ai encore espoir », je lui promets.

Au terminus, il reste une minute avant le départ du dernier bus. Je me jette hors de la voiture, pense à féliciter le hasard qui a passé le feu piéton au vert quelques secondes avant mon arrivée, et me jette sur le chauffeur. Ce n’est pas lui.

Il ne peut pas entrer en contact avec les autres chauffeurs, il ne sait même pas qui était dans les autres autobus ce soir là. « Il peut avoir fini ou avoir changé de ligne », m’explique-t-il. Le désespoir commence à me gagner. « Adressez-vous à l’agent ici », me propose-t-il en désignant un homme sur le quai.

Cet homme – je rompts le suspense ici – sera celui de la Providence. Devant mon air déconfit, il appelle « le terminal », m’indiquant au passage qu’une partie des autobus de cette ligne sont ramenés dans une autre ville. Ils ont l’heure du départ mais pas le numéro du bus. Il me fait saisir un numéro de téléphone – celui de son chef, qui pourra me contacter lundi matin pour me remettre mes affaires si elles ont été retrouvées. Je trépigne. J’insiste. Ne rien lâcher surtout. Il me dévisage. « Je rentre au terminal bientôt de toute façon. Si quelque chose a été retrouvé, je vous appelle ce soir. Sans faute. Donnez-moi une heure. »

54 minutes plus tard, mon téléphone sonne. « J’ai une bonne nouvelle », dit-il. Il a le sac en sa possession, je pourrais le récupérer en début de semaine puisque le terminal est désormais fermé. Mais je ne peux lâcher si prêt du but. « Je peux être là dans dix minutes ». Je n’y serais jamais en si peu de temps. « 15 plutôt », je me corrige. « Ok, je vous attend dans la ville voisine, j’aurais ma voiture privée, attendez-moi sur les quais de débarquement ».

Lorsque je descends de ma voiture, 15 minutes plus tard, j’ai dans mes mains une boîte de chocolats, récupéré à l’épicerie un peu plus tôt. J’ai surtout, au bout des lèvres, une reconnaissance énorme. Il dit « je pars en vacances la semaine prochaine », et puis « fallait pas pour les chocolats ». Et même si je me sens coupable de lui avoir fait faire tout ça, je garde en tête qu’on se sent toujours un peu plus heureux après un beau geste ou une bonne action.

Alors j’espère qu’il est parti aujourd’hui en congés le cœur plus léger parce que de mon côté, c’est un sacré poids qu’il a enlevé de mes épaules ce soir là.

-Lexie Swing-