4 choses à savoir sur les Français du Québec (ou sur moi seulement, à vous de voir)

Humilité. Pour moi, c’est le maître mot à connaître lorsqu’on immigre dans un autre pays, une autre culture. C’est le mot à garder en tête, lorsqu’on arrive au Québec, et que tout le monde parle comme nous, mais pas tout à fait. On est encore trop nombreux à arriver à Pierre-Elliott Trudeau avec notre Bescherelle et notre bon goût sous le bras, convaincus que l’on va sauver cette pauvre nation de sa vilaine orthographe et de son adoration pour les leggings.

./ Photo Mauricio Lima

./ Photo Mauricio Lima

Humilité donc. Nous sommes ici en terrain inconnu. La culture et l’histoire y sont bien différentes de la nôtre. Notre seul point commun, outre la francophonie, c’est que nous sommes des Occidentaux. Nous avons donc accès à des choses assez communes, un niveau de vie général relativement similaire, des études supérieures, principalement des métiers de service, etc. Mais notre géographie n’est pas la même, notre développement social non plus.

Cependant, quelle que soit notre volonté de rester humble, nous restons Français. Nous restons des étrangers, en fait. Nous avons grandi ailleurs, et nous aimons donc des choses différentes. Et ce qui passe pour de l’insolence ou de la condescendance parce qu’il est souvent mal présenté ou dit avec arrogance, n’est en fait que la résultante d’une enfance dans une autre culture. Démonstration.

L’anglais. Au Québec, de nombreux professionnels sont bilingues. Et beaucoup de gens utilisent des anglicismes, parfois sans le savoir. Tout comme en France. Sauf que souvent, ce ne sont pas les mêmes qu’en France. Par contre, on lutte pour maintenir le français. Dans les magasins, dans les services, dans les écoles, dans les conversations, sur les étiquetages, etc.   En France, notre niveau d’anglais est terriblement bas. À ce jour, les méthodes d’enseignement restent encore assez inadaptées au besoin réel de la réalité internationale et du marché du travail. Alors, pour nous, l’anglais c’est presque exotique! C’est l’étranger, l’aventure, les vacances. On est jaloux de constater que beaucoup de gens sont bilingues. Bien sûr, il nous aurait suffit d’aller plus à l’Ouest pour tenter l’immersion totale, mais tsé, mets pas la charrue avant les bœufs cocotte, on n’a pas dit qu’on voulait parler seulement en anglais, parce que le français reste notre langue d’amour. Ce qui nous amène au point deux.

Le français. Récemment, un guide m’a dit que les Français étaient une chance pour le Québec car ils permettaient un maintien de la langue. Je me suis sentie appréciée et importante. Après il a dit qu’il ferait quand même volontairement du mal aux vertueux de la grammaire française qui rabattent le caquet des Québécois à la moindre expression qu’ils jugent mal orthographiée. Un vidéo, écouter un film, une trampoline, à toutes les heures de la semaine… Tout ça n’existe pas en France. De notre côté, on dit une vidéo, regarder un film, un trampoline et le à (mais que vient faire d’ailleurs ce à que les Québécois n’utilisent pas pour autant à l’écrit?) n’a pas droit de cité dans ce cas. On corrige, mais c’est un réflexe. Vous feriez de même si vous veniez en France et que vous entendiez parler d’une vidéo alors que vous l’aviez masculinisé toute votre vie. Vous pensez avoir mal entendu. Puis vous riez. Vous demandez si c’est une joke/une blague. Et s’ensuit alors le débat habituel France/Québec sur l’utilisation des déterminants. La bonne nouvelle, c’est que rapidement on se met à reprendre les autres Français. On cédule, on dîne à midi et on est choqué qu’ils dinent le soir et on se mord la langue en entendant parler d’un job (en tout cas moi car une partie des Québécois l’utilisent aussi). On s’acculture en fait, et on fait de votre chez vous notre chez nous (pis on pille vos maisons, vos femmes et on abreuve nos sillons comme dit notre charmante chanson).

La bouffe. Déjà, on ne dit pas bouffe en France. Du moins, pas dans le langage normal ou soutenu. C’est moche et un peu péjoratif. Je me souviens très bien de la première fois où je l’ai vu écrit au centre Desjardins pour indiquer le niveau des restos. Mais on apprend vite, la preuve! La bouffe québécoise, quand on en parle, c’est souvent pour parler de poutine, de barbecue et de crème molle. Voire de guédilles de homard, qui ne sont pas québécoises d’ailleurs il me semble. De repas arrosés de sirop d’érable, de blé d’inde beurré et grillé… Bien sûr que c’est bien plus que ça, que la nouvelle génération de chefs est inventive et extraordinaire. Mais croyez-vous vraiment que la cuisine française, ce sont seulement des escargots et du foie gras? Que l’on cuisine tous un carré d’agneau le dimanche midi? J’aimerais tellement vous montrer que c’est plus que ça, vous faire goûter les petites rates de mon grand-père, la ficelle picarde, le gâteau au chocolat simplissime du goûter le dimanche. Fait que, c’est correct si vous ne mangez pas tous du pâté chinois. Parce que je ne mange pas de blanquette de veau non plus.

Les États-Unis. États-Unis, yeaaah. Les premières années, on va plus souvent dans le Maine, à Boston et NY que dans la région de Charlevoix. Pas toujours mais quand même, beaucoup d’entre nous. Quand on est en France, on entend finalement peu parler du Québec. Sauf pour dire que vous avez de la poutine pis des caribous (*information sélective*). Par contre, les États (en France on dit USA, ou States, mais avec l’accent français) ça nous fait briller des étoiles dans les yeux. Pas pour y vivre mais pour voyager. Alors sitôt rendu à Montréal, on droppe nos valises et on saute dans une voiture louée, trois copains trop serrés sur les sièges arrières, et on file comme le vent entre les bois bien verts des Adirondacks. A l’approche de la Grosse Pomme, on se colle New-York d’Alicia Keys à fond les enceintes et on s’époumone dans la descente en découvrant les gratte-ciel. Et puis assez vite, l’intérêt s’épuise. On découvre la Mauricie, la région de Charlevoix, on pousse jusqu’au Saguenay, on rêve devant les photos de la Gaspésie. Et puis le temps d’une journée, on prend les sacs à dos et on part dans les Adirondacks, juste pour le fun de passer la frontière.

Et encore tout ça, c’est ma réalité, peut-être la moitié de celle de mes amis et pas du tout encore celle d’autres copains. Le propos du départ, c’est que nous ne sommes pas nés exactement sous le même ciel. Si on le dit humblement, c’est quand même correct qu’on vive les choses différemment, non?

Et vous, comment vous voyez le Québec/Canada à travers vos yeux de Français?

-Lexie Swing-

Le temps de l’insouciance

TrinquerBecky G. Vous connaissez? À la faveur d’une lecture aléatoire de clips sur Youtube, je tombe sur un air que je connais et un rythme entraînant. Une chanson entendue à la radio, captée entre deux annonces dans les grands magasins. Curieuse, j’affiche l’onglet de ma vidéo. Et je déconfis.

Elle a douze ans. Environ. (19 en fait, j’ai vérifié).

Je chantonne un air scandé par un bébé à l’aube de sa vie. Une minette en chandail à bedaine qui mime le grand amour sur fond de piscine et de fête alcoolisée. Pis ça m’agace.

Je regarde la vidéo et j’envie un peu cette insouciance. Je me demande si on en a profité. Profité comme ça. Si on a suffisamment pris la mesure de ce que cela signifiait, grandir, vieillir. On voulait déjà le grand amour, les responsabilités, le premier chèque de paie, la première facture. On débattait politique avec des arguments nés dans la bouche de nos parents, en versant dans nos gorges suffisamment des cocktails de pisang ambon ou de manzana pour oublier qu’on avait pas encore 20 ans. On riait d’avoir encore le temps, autant de temps.

30 ans, ce n’est pas assez grand pour observer la vingtaine avec sérénité. On la regarde avec beaucoup de suffisance, un poil de condescendance et certainement une grosse bâche d’envie. On la regarde avec incrédulité aussi, en découvrant que de bons acteurs de films, les chanteurs en vue du moment et les sportifs les plus médaillés, sont désormais nés bien après nous.

Et puis on se souvient, de la tristesse en filigrane, de l’incompréhension, des hormones qui jouent les troubles-fêtes et des relations sociales difficiles. On se souvient des amours vaines, des amitiés qui s’éparpillent, des trahisons et de l’angoisse latente de finir seul. Pas ses jours, mais sa récréation ou son repas de midi. Et on garde de ces années une vague appréhension à l’idée de dîner seul au restaurant entre deux rendez-vous.

On regarde alors avec plus d’attention. Les corps au bord des piscines et les verres de cocktails qui s’entrechoquent. Et l’on entend que certains rires sonnent faux, que certaines postures sont étudiées, que l’acceptation de soi viendra plus tard.

Et que l’insouciance, quelque part, c’est nous qui l’avons. L’insouciance d’être nous-mêmes. Nous ne nous devons qu’à nous-mêmes, nous n’avons plus de compte à rendre à une mère qui attend le sommeil fébrile que l’on passe la porte de la maison ou à un père à l’affût de bonnes notes ou de bons résultats. Nous savons mieux ce que nous valons. Nos corps sont épuisés mais nous les connaissons par coeur. Nous disons plus haut et plus fort ce que nous pensons. Nous avons appris à nous en foutre, à laisser tomber, à accepter, à compter sur nous et sur nous uniquement. Nous vivons toujours la peur au ventre. Nous sommes désormais ces parents qui attendent l’oreille aux aguets toute la nuit durant. Ces adultes qui craignent pour leur emploi, leurs impôts ou les dégâts dans leur maison.

Mais lorsque nos verres s’entrechoquent, ils le font sans arrière-pensée. Ils n’ont plus rien à prouver. Ils n’ont plus qu’à nous faire profiter.

Et ce n’est plus du pisang ambon dégueulasse.

-Lexie Swing-

 

 

Des corps de toutes formes

Elle est passée devant moi, le mini-short aventureux et la bretelle de débardeur un peu trop fine. Ses cuisses étaient larges, son dos aussi. Je sirotais un café assise sur l’escalier et ma mesquinerie intérieure s’est mise en route. Quelle idée de porter de telles fringues quand on est comme ça. Comme ça. Les mots sont restés en suspens dans ma tête. Et puis ils ont percuté ma pleine conscience.

Putain t’es qui pour dire ça.

J’ai le souvenir très net d’avoir entendu ma voix résonner dans ma tête. Mon intelligence et mon empathie prenaient à partie ma mesquinerie.

Et puis ça veut dire quoi? Au nom de quoi? Tu juges en fonction de quoi? C’est quoi tes critères? C’est quoi être grosse? C’est quoi être maigre? C’est quoi la bonne shape? Le bon vêtement? Et ça change quoi pour toi? Ça t’abime l’œil qu’elle ne s’habille pas comme tu le ferai à sa place.

Ma peur du regard des autres venait d’entrer en scène.

Mon engueulade intérieure a duré de nombreuses minutes tandis que je restais là à contempler la rue passante et mon café froid. Ce n’était pas la première fois que j’amendais un réflexe de critique d’autrui. Mais ce jour-là, c’est comme s’il avait été déconstruit.

Depuis, j’ai l’impression de repartir de zéro. Je juge encore la qualité d’un short, l’agencement entre deux fringues, et la nécessité qu’ont certaines de porter du clinquant. Mais c’est affaire de goût, plus de poids ou de forme.

C’est enivrant, ce reboot. C’est comme si ça ouvrait un champ des possibles, un champ de beauté bien au delà du préformé.

Le #allwomenproject est un produit du genre et c’est fascinant. Deux mannequins ont initié une séance photo avec tous types de femmes. Pas seulement les mannequins des podiums, pas seulement les mannequins taile + telles qu’elles ont la cote aujourd’hui, mais la femme lambda. La pas très grosse, la ronde, la rousse, la blonde, la noire, la métissée, celle avec des tâches de rousseur, celle avec un long nez, avec de petits pieds, avec des jambes démesurées. Toutes ne sont pas représentées mais l’ensemble donne un bel esprit de diversité. On s’y reconnait sans y être. On pourrait être l’une d’elles puisque rien ne semble avoir restreint le choix. A l’exception de la bonne humeur et d’une forme d’acceptation. C’est ce qui ressort de ces photos : la sérénité, la fierté, la joie de vivre. Ce ne sont pas des rondeurs, des pâleurs, des tâches de rousseur. Ce sont des vies, des formes, des existences qui dansent. Loin de tout schéma de pensée, de case et de produits types. De mannequins façonnés, d’identités stéréotypées, de shapes contrôlées.

Et c’est beau à voir.

-Lexie Swing-

Le (manque de) sommeil

./Photo Dagon

./Photo Dagon

6 heures. C’est mon nombre moyen d’heures de sommeil depuis un an. Elles sont souvent entrecoupées, parfois sauvagement, aux dix minutes pendant deux heures, parfois savamment, avec une régularité de métronome. Des réveils brutaux, des réveils difficiles, des réveils à-peine-endormie, des réveils à l’orée du jour, des réveils dix-minutes-avant-la-sonnerie-du-cellulaire. Et, alors qu’on engueulait frère, parents et jours venteux quand le réveil venait frapper à notre porte avant 11 heures le samedi, on se lève avec (plus ou moins bonne) grâce, pour nourrir , réconforter, apaiser (ou disputer, ça arrive aussi).

Comme beaucoup, j’étais du genre à penser qu’un bon parent a un enfant au sommeil complet et discret. Je n’ai pas failli entre mes deux enfants mais visiblement ma bonne parentalité a pris le bord. Car si le sommeil de Miss Swing reste agréable et lourd, celui de sa soeur est équivalent à celui d’un pois sauteur endormi sur le dos d’un hérisson remuant. Chaque soubresaut, chaque souffle de vent, sont autant de bonnes raisons de vagir en pleine nuit. Avec force et détermination. Quitte à se rendormir en catimini quand tout le monde est fermement réveillé. Il n’y a pas de petits plaisirs.

Et puis il y a les heures. Tous les réveils ne sont pas équivalents. Ceux de beuverie ou de somnifère sont bien plus pesants que les autres. Ceux des journées de dure labeur et de retour de vacances aussi. Il y a les narquois, qui te guettent à une heure du matin lorsque tu as traîné devant une énième série jusqu’à minuit. Et les roublards, qui anticipent la sonnerie du réveil de quelques minutes à peine, te laissant échevelée et de mauvaise humeur. Il y a les ponctuels, toutes les nuits à deux heures, sauf le jeudi. Et les économiquement durables, un réveil équivalant à une heure de pleurs, histoire de ne pas s’être levé pour rien. Il y a les brefs, le pied à peine posé hors du lit, l’enfant s’est rendormi. Et les brefs-mais-fourbes, qui attendent que tu te sois cogné contre trois pieds de lit et une commode pour rejeter le bébé dans les bras de ce bon vieux Morphée. Il y a même les doux, quand tu n’es pas encore couché et que l’enfant se réveille, les yeux pleins de sommeil et le sourire aux lèvres, juste le temps de sniffer ton pli du cou et de se rendormir béat.

Il y a mille réveils et parfois pas un seul. Mais les jours passent, l’année s’allonge et tu ne sais plus très bien comment c’était avant, sans pleurs, sans réveils. Comment c’était de s’endormir au coeur de la nuit et de se réveiller à peine avant midi. Et tu te surprends à avancer, jour après jour, avec dans ta besace quelques heures rares de sommeil et la conviction inébranlable et nécessaire que ce soir, c’est la bonne. Tu dormiras.

-Lexie Swing-

Etiquettes mignonnettes

L’an dernier, à la même époque, B. poussait la porte de sa nouvelle garderie. Une vraie rentrée pour ma deux ans et demi, avec tout ce qui va bien : nouveaux vêtements, nouvelles chaussures et nouvelles fournitures. La veille du jour J (je suis le genre de personne qui s’y prend à l’avance vous remarquerez), j’ai convoqué Facebook pour une réunion au sommet : «où pouvais-je trouver de belles petites étiquettes faciles à poser pour mes deux mains gauches et mon fer à repasser?».

Etiquettes Ludilabel./ Photo DR Lexie Swing

Etiquettes Ludilabel./ Photo DR Lexie Swing

Comme la team Française a été plus rapide à répondre que la gang Canadienne, c’est une entreprise toulousaine qui a gagné le droit de me fournir mes belles étiquettes (et de supporter mes dix-huit changements d’avis): Ludilabel. Reçues en quelques jours à peine, elles m’ont permis d’identifier les vêtements de Miss Swing avec à peine une quinzaine de jours de retard (non, je n’ai pas eu le goût de sauter sur mon fer à repasser dès le colis reçu, ça m’a pris quelques jours de négociation avec moi-même). Comme je n’avais pas beaucoup de choses à identifier, j’ai choisi un petit kit d’étiquettes thermocollantes pour vêtements mais il existe aussi des packs incluant des étiquettes pour objet (j’imagine que mon fer à repasser n’est pas le bienvenu à ce stade) comme le pack crèche (entendez garderie pour les Québécois) ou maternelle et école.

Le procédé est ludique : tapez le nom, choisissez une police, une couleur de police, une couleur de fond et une petite illustration pour aller avec. «À mon époque», une seule illustration était possible (ou alors je suis passée à côté de quelque chose, comme ma clairvoyance, ce qui n’est pas exclu) mais désormais c’est par gang de trois qu’elles s’ajoutent à vos étiquettes (à tour de rôle, pas de jalouses).

Ma belle et féroce E. a ainsi hérité d’un lion a-do-rable parce que je me suis sentie obligée de lui faire aussi des étiquettes même si elle n’avait que 10 jours à l’époque (mais j’étais ravie d’écrire son nom entier quelque part et encore plus de le voir apparaître sous mes yeux par retour de colis quelques jours plus tard!).

Les copines françaises m’avaient également recommandé c-monetiquette.fr à l’époque, sur le même principe.

Côté Québec (go achat local), je sais que Colle ton nom à la cote, tout comme C’est à moi. Personnellement j’ai une petite préférence pour Colle à moi que je testerai sûrement à une prochaine rentrée, j’ai un vrai faible pour leurs jolies illustrations.

Et vous, vous identifiez? Je sais qu’il y a des réfractaires à l’identification qui font fi des sourcils froncés de la directrice et des mots trois fois soulignés dans le carnet. Mais pour les autres? Envoyez vos bonnes adresses!

-Lexie Swing-

Immigration : les petites habitudes 

./ Photo Hugo Chisholm

./ Photo Hugo Chisholm

Quand elle sera grande, Miss Swing dira peut-être que « chez (elle), on mangeait toujours à 18h ». Elle ajoutera qu’on allait souvent faire un tour de vélo les soirs de fin de semaine, l’été venu, et que ses grands-parents venaient plusieurs fois par année. Elle précisera que pour Papi et Mamie, c’était toujours aux alentours de fin septembre, proche du marathon de Montréal, et qu’elle loupait alors la garderie, et peut-être l’école, pour une journée ou deux, histoire de profiter d’eux. Elle se souviendra que chez elle on mangeait beaucoup de légumes, souvent du tofu et presque pas de viande. Que les dimanches d’hiver sentaient le gâteau maison et ceux d’été le barbecue. Et qu’il y avait souvent des amis pour le partager. Elle se rappellera du train de banlieue que ses parents prenaient le matin, et par lequel ils rentraient le soir. Celui qu’elle guettait parfois, à la gare, quand son papa rentrait un peu plus tard. Elle dira dans un rire que ses vacances, c’était souvent la France. Et à ceux que ça fera rêver elle rappellera que pour elle c’était plutôt les vacances en famille que la côte et son sable fin. Mais elle saura aussi que ses voyages à elle, c’était les Etats-Unis, le Québec, et le reste aussi.

Si la nouveauté devient routine, alors elle se souviendra aussi des vacances en Floride, chez son oncle, du potager de légumes dans le jardin, et des paysages de la région de Charlevoix, qui ont tant séduit son père.

Ce qu’elle ne saura pas, c’est l’avant, l’avant elle, les premiers nous. Le frigo plein de croque-monsieur Herta, et de pâtes farcies. Les repas à 20h. Les 4h de route pour rejoindre Clermont-Ferrand. Les vacances dans les capitales européennes. Le jambon sous vide et le foie gras un peu trop souvent. Le vin qu’on débouchait généreusement. La neige inexistante. Elle ne connaîtra pas certains visages, elle ne saura rien de ce que furent nos habitudes et notre quotidien. La télé qui tournait sans cesse, les séries dont on se gavait, la musique omniprésente. Le travail qui finissait à 19h et les week-ends de permanence. Elle devra faire un effort pour compter en euros, et ne pas rajouter de taxe. Elle sera très généreuse avec les serveurs, distribuant des pourboires avec obligeance et obligation. Elle aura l’accent chantant de ceux qui vivent de l’autre côté de l’Atlantique. Elle aura ses propres habitudes, les nôtres, bien loin de ce qu’elles furent alors.

-Lexie Swing-

{ Photos} Des vacances au Québec

Cette année, nous sommes partis en vacances au Québec. Une évidence? Pas forcément! Depuis notre arrivée, nous étions plutôt abonnés aux vacances en France (un classique) et aux Etats-Unis. Avec nos amis fraîchement débarqués de l’Hexagone, nous avons donc pris quelques jours pour visiter la belle Province. Les photos ont été prises par l’amoureux.

Après leur journée de visite à Québec, nous avons rejoint nos amis pour deux jours jours entre île d’Orléans (nous cherchions encore une carte SD) et chute Montmorency.

Pique-Nique sur l'Ile d'Orléans./ Photo DR Lexie Swing

Pique-Nique sur l’Ile d’Orléans./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Chute Montmorency et vue sur le pont de l’Ile d’Orléans./ Photo DR Lexie Swing

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Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing

Après une traversée rapide du parc de la Jacques-Cartier, nous avons passé la nuit à Saguenay. Le lendemain, après s’être équipés de blousons imperméables au Parc National des Monts-Valin (la boutique est super, à découvrir!), nous avons fait une petite randonnée dans un cadre magnifique. L’heure de la sieste a été l’occasion de découvrir Sainte-Rose-du-Nord, et à la faveur d’un arrêt d’urgence sur un stationnement pour retrouver mon cellulaire perdu sous le siège, nos amis, partis en exploration de la ferme toute proche, ont découvert la splendide Ferme Cinq Etoiles avec tous ses animaux rescapés : ratons-laveurs, loups, lynx, daim, cerf du Canada, poules, lapins… Un passage de ferry plus tard, nous rejoignions Baie-Sainte-Catherine où nous avons passé la nuit.

Equipés de jumelles pour enfant dénichés par mon amie à la boutiqye./ Photo DR Lexie Swing

Equipés de jumelles pour enfant dénichés par mon amie à la boutique./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Sur la route de Tadoussac./ Photo DR Lexie Swing

Sur la route de Tadoussac./ Photo DR Lexie Swing

Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing

Sainte-Rose-du-Nord./ Photo DR Lexie Swing

Depuis le ferry./ Photo DR Lexie Swing

Depuis le ferry./ Photo DR Lexie Swing

Après une superbe nuit au Gite de la Chute et un incroyable petit déjeuner, nous avons rejoint l’embarcadère AML pour l’incontournable croisière aux baleines. Jeunes enfants obligent, nous avions opté pour le grand bateau. Des grilled-cheese et une soupe de la Bête à lunch sur le domaine Sagnah, que nous avons digérés sur l’itinéraire découverte avoisinant avant de s’arrêter à l’incroyable Baie des Rochers.

Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing

Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing

Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing

Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing

Croisière aux baleines avec AML./ Photo Dr Lexie Swing

Croisière aux baleines avec AML./ Photo Dr Lexie Swing

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./ Photo Dr Lexie Swing

./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing

Pour notre avant dernier jour, nous avons pris notre temps : plage près de notre maison de Saint-Irénée, spa privé et visite de Baie-Saint-Paul. Quelques heures dans la région de Charlevoix qui nous ont convaincus de revenir très vite…

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Baie Saint-Paul./ Photo DR Lexie Swing

Baie Saint-Paul./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Région de Charlevoix./ Photo DR Lexie Swing

Et vous, de belles vacances?

-Lexie Swing-

Un tour de Montréal une bière à la main

À l'Amère à Boire./ Photo Montreal Craft Beer Tours

À l’Amère à Boire./ Photo Montreal Craft Beer Tours

Avec 6 en fait, et principalement dans le quartier Latin. C’est ce que mon père, féru de bières, et moi, toujours prête à picoler à 13h un samedi, avons fait il y a quelques semaines, pour célébrer son anniversaire.

Pour ce faire nous avons rejoint l’organisation des Montreal Craft Beer Tours ou Visite des brasseries artisanales de Montréal, que je lorgnais depuis mon arrivée au pays de l’érable. Notre point de rencontre, le pub Le Saint-Bock, sur Saint-Denis.

Au menu, une famille québécoise, un guide diplômé en philo et en fin goût pour la bière et des tas de bonnes choses. La première étape a été l’occasion de découvrir deux bières artisanales et de les accompagner d’une poutine savoureuse avec sauce à la bière.

Après un arrêt devant la fresque dédiée au poète Borduas, et un autre au coeur de la Grande Bibliothèque pour évoquer la Révolution tranquille, nous avons repris la route pour étancher notre soif un peu plus haut sur Saint-Denis, à l’Amère à Boire.

Le gravlax de boeuf y accompagnait une Hefeweizen, puis le fromage s’est trouvé à l’honneur en compagnie d’une bière dont le secret et la levure ont été importés directement de la belle République Tchèque.

La suite de la balade permet de digérer ce petit plat de résistance. Place des Arts, le festival Juste pour Rire bat son plein et le soleil est écrasant. Et si on se faisait une petite bière? Ce n’est pas une, mais bien deux bières que l’on nous propose alors au Bénélux : une IPA et une Imperial Stout. Le (gros) plus, c’est l’accompagnement : des pistoles de chocolat Valrhona. Les Français apprécieront… J’ai ainsi pu saisir la saveur (me rouler par terre) du chocolat «blond». J’ai dû être suffisamment convaincante (me rouler par terre, encore) dans mon appréciation de ladite pistole car les autres convives m’ont laissé le dernier morceau.

Je n’attendais rien de particulier de ce tour, à part l’espoir que mon père, buveur de bières averti, apprécie. Non seulement ce fut un carton plein de ce côté mais j’ai moi aussi apprécié chacune des bières proposées, les explications et les histoires. Je n’aime rien tant que les anecdotes et mélanger Histoire, bières, poutine et chocolat blond restera pour moi une expérience mémorable.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Montreal Craft Beer Tour.

-Lexie Swing-

 

Interférences : les irritants de la technologie

./ Photo FirmBee

./ Photo FirmBee

On parle souvent de la tartine tombée côté beurre, ce cliché qu’on pense hasard répété et qui n’est dû qu’à un calcul physique simple et établi. Le beurre pèse, c’est un fait. Mes hanches le savent. La tartine aussi, c’est pour ça qu’elle s’écrase de ce côté.

Mais il y a une foule d’autres choses qui sont au moins aussi irritantes qu’une tartine qui s’évertue à s’échouer toujours côté beurre. Le fait qu’elle tombe systématiquement le lendemain du jour de grand ménage par exemple (hasard de probabilités), ou toujours du fait de mon aînée (non hasard)(main gauche en double emploi).

La vie 2.0 a apporté son lot de complexités à un monde déjà bien rempli. Avec beaucoup de bonheur, et quelques artifices pénibles.

Parmi elles, je noterais :

  • la correction automatique de l’orthographe sur l’iPhone. Vous écrivez «schruk» au lieu de «sucre» (vous avez bien vu que c’était mal engagé mais vous avez tenté votre chance quand même en espérant que le cellulaire corrige seul). Vous effacez. Vous écrivez «sucre». L’iPhone corrige en «schruk». Trois fois.
  • les pop-ups. Par nature, c’est pénible un pop-up. Mais un pop-up qui s’affiche alors que t’essaies de visionner avec une loupe une page internet non adaptée au visionnage sur cellulaire, c’est quasiment un combat de pouces. Tu tentes naïvement de trouver la petite croix. La fenêtre se déplace en même temps que ton doigt. T’appuies enfin et… rien. Le pop-up te rit au nez.
  • les fautes. Juste, les fautes. Pas les trucs en passant, le conditionnel qui devient un futur, l’hésitation devant un accord grammatical complexe. Non, le jemenfoutisme. Pire : le désintérêt de gens supposément instruits, comme les personnalités publiques, pour cet empêcheur de tourner en rond qu’est l’orthographe.
  • le pas d’réseau. J’ai un fluide négatif avec les trucs électroniques. Avec moi, les appareils photos tombent en morceaux, le laptop bogue et, alors que tous les passagers du train semblent absorbés par leur téléphone, à commencer par mon chum qui a exactement le même cellulaire que moi, le mien reste désespérement en recherche de réseau, tournant avec mépris son rond de chargement dans un suspense haletant.
  • le pas d’charge. Je suis la fille connue pour son téléphone toujours en «low battery». Mr Swing ne compte plus le nombre de messages reçus en fin de journée qui disaient «N’essaie pas de m’appeler, je n’ai presque plus de charge…» La mienne est proportionnelle au risque : plus je cours de danger (haute montagne, heure indue…), moins j’en ai.
  • les commentaires. Les réseaux sociaux ont amené dans leur sillage le bon et le moins bon de l’être humain. Les commentaires en sont un bon exemple. 15 ans après mes débuts sur la Toile, je peux dire deux choses : je ne pensais pas que nous étions aussi joyeux, empathiques et généreux; je ne pensais pas que l’on était aussi bouchés, vils et cons. Le meilleur et le pire de l’homme peut être condensé en deux commentaires. L’un soutenant une personne dans sa différence, son courage, son combat; l’autre soulignant l’exposition de son intimité (ces parents qui partagent le quotidien de la maladie de leur enfant), ses choix (une professionnelle qui reprend le travail rapidement après un accouchement, une jeune femme qui fait une prise de judo à son agresseur), voire sa vie, juste (hétéro, homo, avec enfants, trop d’enfants, un seul enfant, pas d’enfants, adoptés, créés sur un coin de divan, conçus dans une éprouvette, avec un inconnu, avec un amoureux de trop longue date, mariés trop jeunes, pas encore mariés, mariés à une personne de même sexe, d’une couleau de peau différente, d’une religion différente, trop religieux, athées, féministes, sexistes, qui étalent leur richesse, qui étalent leur pauvreté, qui demandent de l’aide, qui veulent vivre en toute indépendance, qui parlent de leurs vacances, de leurs bêtes, de leurs amants, qui refusent de parler de quoi que ce soit, des snobs, des intellos, des fans de Marc Levy). Chacun en prend pour son grade, et son choix ne sera jamais le bon puisqu’il ne peut-être universel. Mais au lieu de s’en tenir au fait que chacun fait ses choix relativement à sa vie, sa culture et ses envies, et qu’il est normal que chacun fasse différemment, on critique ardemment les choix des autres, bien-pensants devant l’Eternel!

Et vous, qu’est-ce qui vous insupporte avec la technologie? Et les tartines?

-Lexie Swing-

PS Je n’aime guère Marc Levy je plaide coupable. Ceci dit je n’aime pas non plus les vidéos de chats. Mais je zappe, dans ce cas, je n’écris pas, sous anonymat «MAIS VOUS EN AVEZ PAS MARRE DE VOS VIDEOS À LA CON. Je respecte le manque de goût des autres, c’est tout😉 (en écoutant Taylor Swift)

PS again L’été est bien rempli, je me tiens donc loin de mes posts habituels. Mais j’en ai plusieurs sous la main, je reviens bientôt! Bon mois d’août!

{Photos} Escapade à Villeray – Montréal

Mardi, entrevue avec une nouvelle propriétaire d’un café tout neuf. Pour cela, direction Villeray, à une bonne demi-heure en métro de ma job et l’occasion d’avancer un peu dans mon bouquin du moment. A peine descendue du métro, je ploie sous les assauts du soleil, la main en visière parce que j’ai – as usual – oublié mes lunettes.

Ma première étape, à cinq minutes de la station Jarry, c’est donc le café Perko, un nouveau (bien)venu créé par une ex-avocate reconvertie en heureuse entrepreneure. Mamans, étudiants, travailleurs autonomes, gens du quartier, le monde se côtoie avec facilité dans ce petit café.

Le café Perko./ Photo Lexie Swing

Le café Perko./ Photo Lexie Swing

J’ai repris la route en direction de la station Jean-Talon, non loin du marché du même nom. Villeray, c’est ce quartier voisin de Rosemont  et pas trop loin du Plateau Mont-Royal. C’est le même genre, en moins cher et moins chic, mais en plein développement.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

C’est un quartier situé au nord-est de Montréal. Jusqu’en 1905 il s’agissait d’un village à part entière qui a ensuite été annexé à la ville de Montréal.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Je marchais sur l’avenue de Chateaubriand et j’ai tourné rue Dufour, attirée par quelques jardinets prometteurs. Mais finalement, c’est en hauteur que mon regard s’est accroché.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Comme à Rosemont, le quartier Villeray se caractérise notamment par des triplex, des escaliers extérieurs et ces fameuses ruelles où les enfants jouent. J’ai lu que les escaliers avaient été construits à l’extérieur lorsque la population est allée grandissante et qu’il a fallu créer plus de logements sans perdre sur la surface habitable.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Je trouve jolis et typiques les triplex à escaliers mais j’ai toujours une préférence pour les « joliment refaits » avec belles briquettes et escaliers modernes. De la poudre aux yeux peut-être, si je vois avec quelle facilité un revêtement extérieur bien choisi donne un coup de peps à un logement (oui je suis fascinée par les bâtisses :))

./ Photo Dr Lexie Swing

./ Photo Dr Lexie Swing

Avenue de Chateaubriand j’ai aussi croisé un drôle de portail. C’est toute la richesse de ces quartiers là, ces rencontres improbables.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Fut un temps, sur Lajeunesse, où filles et garçons étaient séparés. Même bâtiment mais deux portes d’entrée. Aujourd’hui, c’est un centre pour la jeunesse, justement.

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

A l’approche de la rue Jean-Talon, j’ai vu un édifice religieux au discours inspirant. En ces temps, voir tous ces symboles affichés ensemble a quelque chose d’émouvant. La photo n’est pas belle mais je me devais d’immortaliser quand même le moment.

Vous connaissez Villeray? On repart en balade bientôt?

-Lexie Swing-