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CadetteDans quelques jours, Tempête aura 20 mois. 20 mois! C’est presque la maturité, pour un bébé!
Tempête… Elle a des joues de brioche, et toujours une couette sur le haut de la tête. Lorsqu’il pleut dehors, ses petits cheveux de derrière tressautent, insolents, et remontent en des anglaises qui s’étiolent en fonction du temps. Elle a des petits bras musclés, des cuisses rondes et deux pieds bien campés. Dans le bain, le soir, elle regarde attentivement et imite sa sœur. Elle croise maladroitement les bras pour laver ses toutes petites aisselles qui n’ont pas transpiré. Elle sort un pied, puis l’autre, pour les savonner. Elle frotte ses cheveux, elle frotte ses yeux, puis crie au supplice du shampooing-qui-pique et qui ne devrait pas. Tempête, et ses trois sucettes, qu’elle tient dans chaque poing, pour les échanger la nuit venue, en fonction de ses envies et du goût qu’elles n’ont plus. Sucettes qu’elle appelle « sussss » en faisant traîner la fin, à l’affût de ses précieuses dans toute la maison. Et tous ces mots qu’elle dit, ses petites phrases courtes. Ses « papa est pa’ti? » et « il est où Loulou? » La première fois qu’elle a appelé sa sœur, et mon émotion… La première fois qu’elle a répondu « C’est à mééé » quand j’ai voulu lui prendre son ourson…
Tempête mon inépuisable, parfois fatiguée mais jamais rassasiée. Qui court, grimpe, saute en comptant « un, deux ». Son impatience, sa gourmandise, son rire contagieux, son entêtement, ses cris rageurs et son désespoir quand on lui interdit quelque chose qu’elle souhaitait ardemment.

Mon bébé soubresaut, réveillé au moindre souffle, au moindre bruit. Mon bébé que j’ai veillé il y a quelques nuits, quand le sommeil refusait de venir, et qui a attrapé ma main à travers les barreaux du lit, pour y lover sa tête. Mon bébé d’émotion, si plein d’émotions, qui les alignent comme autant de billes dans son quotidien. Si l’amour était en accusation, Tempête serait ma preuve irréfutable qu’il existe. Il vit, il vibre, il crie à pleins poumons, rit à gorge déployée et pleure à chaudes larmes. Il a bientôt 20 mois et une couette sur la tête. Et il s’appelle Tempête.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Cuisiner avec un enfant de dix-huit mois

Les premières années de B., ma grande fille, j’étais dévouée corps et âme à son développement. Je lui faisais faire des puzzles, je m’interrogeais sur la pertinence des légos, je lui faisais réaliser des collages et de la peinture… C’était un plein enthousiasme qui a malheureusement fondu avec l’arrivée de ma deuxième, débarquée en combo gratuit avec fatigue et surmenage.

Preuve en est, lorsque j’ai voulu lui offrir une petite chose pour sa fête (la Saint E.), je n’ai juste pas su quoi lui prendre. A mes yeux, elle a déjà tout, hérité des enfants avant elle, et je ne sais trop vers quoi l’orienter.

Mais voilà, Tempête la malicieuse est aussi bien souvent Tempête l’enfant malade. Et un enfant malade capable de retourner une maison avec 40° de fièvre et une toux à décorner un caribou. Deux jours – non consécutifs, malicieuse je vous dis – de maladie cette semaine m’ont obligée à ressortir mon enthousiasme et mes vieilles idées. Alors après avoir dessiné, collé des gommettes et plié (fait des boules avec) le linge, on est passé aux choses sérieuses.

Tempête est gourmande. Ses joues sont là pour le prouver. Quelques bananes en fin de vie étaient donc le prétexte idéal pour la faire passer en cuisine. Mais ça cuisine-tu vraiment un enfant de dix-huit mois? Impossible de me souvenir à ce stade.

Je l’ai plantée dans sa chaise haute, j’ai mesuré tous les ingrédients et j’ai lancé l’offensive. Je craignais les débordements et la pâte en mottons sur le plancher du salon, mais ma toute petite était bien trop absorbée par ce bol de nourriture odorant pour le pitcher par terre.

Elle a éternué dans la farine, crié quand j’ai voulu mélanger moi-même le beurre et a attaqué goûlument les bananes avec la fourchette destinée à les écraser. Chose étonnante : elle n’a pas voulu – de prime abord, tenez les chevaux, on parle de mon affamée cadette – goûter la pâte. Par contre elle a passé sa langue d’un côté à l’autre du moule fraîchement beurré. Normal. Bref, il n’a pas fallu longtemps pour la convaincre. A la faveur d’un index trempé dans la pâte enfin prête, Tempête a goûté au meilleur : le fond du bol du mélange à gâteau. Un peu plus, et elle y plongeait les deux mains et la tête avec. Je l’ai repêchée quelque temps après avoir enfourné le gâteau, occupée qu’elle était à nettoyer avec les dents la cuillère en bois.

Et vous savez quoi? Il était délicieux ce cake. Les éternuements et le moule fraîchement léché, sans doute (ah ah je perçois d’ici vos mines dégoûtées). La recette originelle, réalisée sans PLV, avec du beurre végé Becel et du lait d’amande. Il a cuit tellement longtemps que j’ai pu me faire un marathon de séries, pendant ce temps, mais le jeu en valait la chandelle!

Et puis avez-vous déjà eu votre maison embaumée par une odeur de pain aux bananes? Seriously?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Parentalité : ces vérités bien cachées

parent-enfantEn devenant parent, on découvre des choses incroyables. Je pourrais vous parler de l’amour fou – qui pour la moitié du monde n’arrive pas au premier regard malgré ce que la liqueur de certains articles vous déverse dans le gosier – et surtout un peu surréel qui finit par vous lier à cette petite chose que vous avez créée puis mise au monde. Je pourrais… Mais ce dont je voudrais vous parler, c’est du reste, de ces vérités qui persistent une fois le store d’Instagram baissé.

La première d’entre elle, la plus évidente, mais aussi la plus méconnue… C’est que le grand amour filial ne connaît pas de barrières. Pas même celle de la porte des toilettes. LE GRAND AMOUR BAVEUX ET PLEURNICHANT VA VOUS SUIVRE JUSQUE DANS LA SALLE DES BAINS. Et aucune menace, promesse ou gastro ne l’arrêtera.

Vous allez devenir un actionnaire majoritaire de Sopalin. La Société du Papier-Linge – c’est le nom à l’origine du mot Sopalin – ne vous remerciera jamais assez pour la quantité de vos achats. Et vous découvrirez alors avec stupéfaction que cela se vend par paquet de 30… paquet qui ne vous fera qu’une petite semaine. Que deviennent-ils? Le mystère demeure entier (mais il est probable qu’ils aient fondé un club avec les sucettes, également réputées introuvables après deux heures de succion intensive).

Les 8 heures de sommeil réputés indispensables par le comité des médecins bien intentionnés ne sont qu’hérésie. Un parent, ça peut fonctionner avec 4 heures de sommeil dans le cornet dont deux en position assise avec un nouveau-né coincé au creux du bras. CQFD.

Avoir un enfant d’une semaine autorise à se proclamer expert es-bambins difficiles. Tout le monde vous le prouvera. A commencer par votre voisine, votre boulangère et même cette parfaite inconnue croisée au détour d’une crise de terrible two sur le stationnement de Toys’r’us.

On ne comprend pas la moitié de ce que disent les mômes de moins de trois ans. Et on ne les comprend pas mieux lorsque ce sont les nôtres. Souriez, hochez la tête, dites « mais oui bien sûr chéri », sauf si l’enfant se trouve debout sur la commode de l’entrée. Méfiez-vous surtout, l’enfant se vexe vite et il a le lancer – de petites voitures – franc.

Le supermarché est un vrai lieu de villégiature. Pas de cri, pas de réclamation, la solitude, le bonheur total.

Il est physiquement possible d’avoir une conversation avec un autre adulte en présence d’enfants au restaurant si et seulement si trois conditions sont réunies : un parent tiers s’est dévoué pour surveiller la marmaille, il y a des frites au menu, vos voisins de table sont sourds.

Contrairement à l’idée reçue, vos noms de code ne seront pas Papa et Maman, mais Papapapapapapapapapapapa et MamanMamanMamanMamanMamanMamanMamanMamanMaman.

Le multitasking parental n’est que pure légende. On a tous contemplé, émerveillé, un parent occupé à discuter à bâtons rompus avec son aîné au sujet de la forme de crotte la plus répandue chez le chien adulte, tout en dansant la capucine avec fillette-du-milieu, la main droite berçant le cadet, tandis que la gauche débarrasse la table du dîner. ATTENTION – REVELATION. Il ne s’agit pas de multitasking. Il s’agit d’une méthode d’autodéfense du cerveau se déclarant en burn-out après avoir entendu le mot crotte lancé au milieu de Dansons la capucine, scandé pour la 29e fois en 3 minutes montre-en-main. Tel un écran de veille performant, le cerveau parental se met alors en zone grise, chantant du Nina Simone avec un fond de cigales en Provence. La face visible, elle, est parfaitement rodée, elle dialogue, elle essuie, elle évite la chute au petit dernier. Mais posez-lui une question, pour voir, une question TRICKY. Un truc comme « Quel est le prénom de fiston numéro 1 » et vous verrez, vous verrez… Dix contre un qu’il donne le nom du chien.

On donne toujours le nom du chien.

Il y a bien d’autres vérités que vous découvrirez en temps voulu, ou que je vous dévoilerai le moment venu. Ne pas trop en dire, c’est le secret de la perpétuation de l’espèce.

-Lexie Swing-

Une journée dans mes souliers

J’ai récemment vu une vidéo du genre. Une semaine dans les chaussures de quelqu’un. C’était une vidéo de boulot (au Québec on dit UN vidéo, je vous le dis pour pas que vous soyez mêlés si un jour vous entendez ça) et la personne avait un travail qui s’y prêtait (beaucoup de déplacements) mais j’ai aimé le concept et j’aimerais ça en voir et lire d’autres sur le sujet.

Une journée dans mes souliers ? C’est parti!

Le réveil sonne chez nous à 5h30. Beaucoup trop tôt pour être honnête. 5h30 c’est un peu comme le milieu de la nuit. C’est donc au milieu de la nuit que notre réveil sonne, et comme tout bon humain du 21ème siècle, nous snoozons. Le vrai réveil, c’est 5h50. Toujours le milieu de la nuit, mais déjà l’aube, les prémices de l’histoire. Alors l’un de nous file sous la douche tandis que l’autre se rend à la cuisine préparer le petit-déjeuner. Ça c’est la théorie. En pratique, l’autre plonge la tête sous la couette, se déplace au milieu du lit et se rendort les bras en croix, profitant de la chaleur des draps et de l’espace libéré. #life

Généralement, c’est le moment que choisit Tempête pour se réveiller. En criant. Et réveiller sa soeur. Qui crie aussi. Une bonne journée commence donc. Parfois, comme ce matin, l’une des filles n’est pas à l’endroit indiqué dans le manuel, aka son lit. Elle est dans le nôtre. Comment est-ce arrivé ? On ne sait plus vraiment. J’ai bien rêvé d’elle me disant qu’elle n’était plus fatiguée et voulait monter dans notre lit – youpi, mais je me souviens avoir alors marmonné « noooon, va dans ton liiiit ». Visiblement ce n’était pas un rêve. Et ma fille est sourde.

Time for breakfast. Facile de s’en rappeler, Tempête arpente la maison en grondant « maaaangeeeer ». Souvent c’est pain et beurre et confiture, ou fromage. Rarement pâte à tartiner maison. Des fois c’est gâteaux du Costco. Bref, pour le côté « healthy » on repassera.

Le temps se fait pressant à mesure que les minutes s’égrènent sur l’horloge du four. Bientôt il est 6h53, toujours il est 7h02 et je me sens stressée de voir ainsi une nouvelle heure entamée alors qu’il reste tant à faire!

On jette le chien dehors et les miettes dans l’évier, et on annonce « les vêtements, pipi, les dents, non dans l’autre sens ». Mais en vrai c’est toujours dans ce sens là, parce qu’il est bien connu que c’est toujours plus agréable de baver sur son chandail propre et de dégrapher son pantalon pour faire pipi sitôt après l’avoir enfilé. Des fois je suis maquillée, des fois par encore, mais dans tous les cas j’ai toujours les cheveux moitié secs et pas de temps pour les sécher.

On met les tuques, les mitaines (moufles). On enlève la tuque pour passer le cache-cou. On remet la tuque. Les bottes sont déjà mises depuis dix minutes et ont arpenté plusieurs fois le salon laissant dans leur sillon des cailloux tel le Petit Poucet. On enfile les manteaux, on force pour passer les mitaines de ski dans l’ouverture du poignet. On zippe mais pas jusqu’en haut parce que dedans il fait trop chaud. On ouvre la porte, on trimballe, on bringuebale, on attache dans la voiture, on revient chercher ce qu’on a immanquablement oublié (lunch/peluche du jour/couches pour la garderie) et on s’en va à trois cents mètres de là. On défait les ceintures, on prend les enfants sous le bras et on court dans la garderie. 5 minutes montre en main et on ressort, pour courir à la voiture et prendre la direction de la gare, en bas de la ville. Il est 7h32, 7h33 à l’horloge de la voiture qui a trois minutes de retard, toujours. Faire chaque matin l’addition dans sa tête et se rendre compte qu’on est en retard. On déboule au carrefour en priant pour qu’il soit dégagé. On a une théorie et un chemin bis. La théorie veut que certains jours soient moins achalandés que d’autres, et le chemin bis passe en contrebas. Lorsqu’on le prend, on peut être sûr qu’en arrivant au dit carrefour, il n’y aura personne sur notre route habituelle. Preuve que la théorie ne tient jamais! Mais pourquoi n’y a-t-il soudainement plus de voitures à 7h36 alors qu’il y a un bouchon à 7h38?

Retour à nos moutons. Nous nous engageons sur le chemin de campagne qui mène à la gare. Ne pensez même pas y aller à pied, c’est un vrai no man’s land excentré de tout. On se gare toujours tout au fond, 4 minutes pour arriver sur le quai. À l’horizon le train fume, en se découpant dans les premiers rayons du soleil. C’est une vision magnifique.

Embarquement. 25 minutes de trajet. Le temps d’un bouquin, d’un échange de messages textes, de quelques courriels ou d’un texte à écrire. Le temps de regarder dehors aussi, et de profiter de la traversée magique du Saint-Laurent, avec les buildings en arrière-plan.

Nous sortons sur le quai, à la gare Bonaventure. Le monde est endormi et il y a peu de portes. Alors en file, nous progressons doucement, tranquillement, péniblement même, les mauvais jours. Comme quoi tout dépend toujours de comment l’on voit les choses.

Je travaille juste au dessus, à un souffle et quelques marches à peine. La journée s’enligne, je profite de la pause de midi pour avancer mes MOOC du moment et lire la presse en ligne. Quand j’ai le temps, je sors. Une petite marche, même au milieu des boutiques, est toujours utile pour se sortir la tête du seau.

Les heures de l’après-midi filent en un clin d’œil. Certains soirs, je reste tard, histoire de coordonner un événement, ou une soirée. Mais le plus souvent, à 16h31 je suis dans l’ascenseur. Je traine un peu dans la gare, maintenant que je suis à deux escalators du train, et c’est comme une invitation au voyage.

Un jour, un jour… Je monterai dans le train pour Toronto, pour Chicago. Mais ce soir, je pars pour Saint-Bruno. Je monte dans le premier wagon, et je m’assois en haut, à gauche, pour avoir une vue sur les quais. Je suis une fille d’habitude, immuable. Tellement que l’amoureux n’a plus besoin de me texter pour savoir où je me trouve. Je suis là, première porte, en haut de l’escalier. Le retour est tranquille, jamais trop long. C’est une vraie bulle d’oxygène, une pause nécessaire entre deux vies qui se marchent sur les pieds.

Voiture (tout au fond du stationnement, une gageure les jours de tempête de neige), garderie, maison. Le chien fait la fête, Tempête réclame « de l’eau » (du lait en fait) et Miss Swing tente prendre le dessus sur la mêlée générale en criant plus fort que les autres.

Les jours bénis, le repas a été cuit la veille au soir et attend sagement sous son cellophane. Souvent ce sont alors des lasagnes et dans le train qui me ramène chez moi je pense à elles avec la même intensité qu’à un nouvel amour à la fin de l’été. Les autres jours, c’est préparation rapide, un riz aux champignons, des pâtes aux légumes ou un quinoa touski. Les filles crient à l’inanition, en se lançant un ballon à travers la pièce. À intervalles réguliers, Tempête se roule par terre et Miss Swing lui dit qu’elle ne l’aime plus.

Heureusement, la nourriture arrive finalement sur la table. La plus petite engouffre son assiette avec tous les outils que la Providence a pu lui fournir (fourchette, cuillère, main droite grande ouverte) tandis que la grande chipote cet avocat dont elle jurait la veille que c’était son légume préféré pour toute sa vie durant.

L’heure du bain donne le signal de fin. Un peu de barbotage, des dents lavés et hop, en pyjama. On lit l’histoire, on se fait les lettres de l’alphabet au complet, on dit quels prénoms d’amis commencent par quelle lettre, quel nom de chose commence par quelle lettre, quels animaux commencent par quelle lettre. On essaye de sauter des pages mais ce n’est pas possible car Miss Swing connaît son alphabet sur le bout des doigts et de son entêtement. On arrive à s’arracher au livre, on éteint la lumière, on fait un dernier câlin et on sort de la chambre.

On revient sur nos pas. On dit « oui tu peux faire pipi ». On rallume la lumière. On attend. On attend encore parce que c’était plus-que-pipi. On essuie. On tient fermement par l’épaule son aînée qui se découvre soudainement un amour démesuré pour le rangement du salon. On reconduit au lit. Et on demande de bien-vouloir-se-coucher-vite-sinon-je-te-previens-je-ferme-la-porte-attention-je-compte-jusqu’à-3.

Et puis vient le moment de débauche, la pure, la vraie. On s’octroie cinq minutes pour lire une page de livre ou regarder le début d’une série. Ensuite la vie nous rappelle à l’ordre, il y a des lasagnes à préparer, une table à débarrasser, un lave vaisselle à remplir et une machine à faire tourner. Les souliers deviennent un peu pesants, un peu étroits. Un instant on se voit loin, pieds nus, sur une plage désertée de tout enfant, de tout travail, de toute contrainte et de tout lave-vaisselle à remplir.

Et puis on remet ses souliers. La vie n’attend pas.

Et vous, quelle est votre journée ?

-Lexie Swing-

 

Credit photo : Lexie Swing

Sus au pouce

This is the end… Entendez-vous la musique lorsque je vous écris ça? This is the end of the thumb. On Saturday, we decided we had had enough.

Rendu à ce stade de sa vie, le pouce de Miss Swing a probablement passé la moitié de son existence à végéter entre des dents, une langue et des mâchoires roses. Il en est ressorti un peu abimé, un peu aplati. Ce n’est pas une vie pour un pouce.

Avant qu’elle naisse, j’avais pourtant cette vision fort clairvoyante de l’éducation : mes enfants n’auraient pas de sucette, ce machin dégueulasse provoquant des mots mi-mâchouillés mi-bavés, et rendus totalement inintelligibles par l’entrave du bouchon de plastique. Le pouce me semblait une option tellement romantique. Et c’est vrai que c’est cute à souhait, un poupon de quelques mois, son petit poing fiché tout contre ses lèvres.

Toujours surprenant comme les perspectives sont différentes lorsqu’on ajoute quelques années au compteur et des heures à dire « enlève ton pouce de ta bouche ».

By the way, « enlève ton pouce de ta bouche », phrase numéro 1 chez nous, concourt carrément hors compétition pour cause de surabondance et de concurrence déloyale, loin devant « range ta chambre », « ne crie pas » et « arrête de taper ta sœur ».

Mais il est impossible de forcer son enfant à cesser de sucer son pouce (même si je fais des rêves la nuit dans lesquels scotch épais et mitaines de four jouent un rôle de premier ordre). On a essayé la menace, on a essayé la carotte, on a essayé l’explication, on a essayé la peur, on a essayé de lui faire confiance, on a essayé de se faire confiance. Sans succès. Alors il y a quelques semaines, lorsque son pouce est devenu un truc suintant dégueulasse parce qu’il est bien connu que doigt mouillé et froid polaire ne font pas bon ménage, nous avons crémé et bandé le tout. La situation nous l’imposait et elle l’a bien supporté. Mais voilà que, loin de se cantonner au repos du soir, le pouce a retrouvé sa place habituelle dans sa petite bouche… Hier, nous l’avons donc pansé de nouveau. Après avoir menacé de tout enlever – l’enfant de 4 ans aime imposer sa volonté – elle a oublié qu’elle avait un pouce.

Les mitaines ne sont pas très pratiques, ceci dit, quand on a le pouce bandé. Alors on verra, le printemps vraiment venu, si l’on peut opérer une vraie transition et faire revenir le pouce de Miss Swing a son usage normal pour un pouce de 4 ans.

Reste que, c’était une idée de merde, on peut le dire, de penser que sucer ses doigts était une solution préférable à la sucette.

Enfin on verra, je vous redis ça quand il faudra retirer son bouchon à Tempête, la fille aux mille sucettes (perdues).

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : France Soir

Le coup de fil de la garderie

Vendredi après-midi. L’heure est à la détente, les courriels ont été mis à jour huit fois et les collègues ont pris d’assaut la machine à café sans que personne ne daigne regagner son poste après les trois minutes d’ordinaire small talk. Ça fait dix fois que j’entends qu’il fera -15 samedi – la chance d’avoir un bureau si près de la salle des repas – et personne ne semble être à court d’adjectifs pour qualifier cette température peu ordinaire alors même que chacun avait remisé son manteau après le 11 degrés du début de semaine.

De notre côté, la soirée s’annonce douce : la pâte à pizza est au frais, les légumes ne demandent qu’à être coupés et Netflix a récemment mis à jour sa banque de films. Tempête se gratte les oreilles depuis quelques jours et l’on s’interroge sur la pertinence de l’amener ou non chez le médecin samedi matin, mais rien que de très ordinaire finalement …

Il est 15h33 et le téléphone sonne. Je n’ai pas le temps de prendre l’appel mais c’est la garderie. Ce n’est jamais bon que la garderie appelle en après-midi. Ce n’est jamais bon que la garderie appelle tout court. Je rappelle mais le téléphone sonne occupé. Le numéro suivant, sur la liste des personnes à contacter, c’est celui du papa. J’enfile mon manteau et préviens que je pars. Je ne sais pas ce que c’est mais c’est forcément urgent. La garderie appelle rarement pour parler du temps, elle.

Dans l’escalator, le téléphone sonne de nouveau. Mr Swing a pris l’appel, il n’est pas inquiet, le pied de Miss Swing est seulement un peu enflé.
J’enrage un peu d’être partie si vite, pour un coup ou une foulure peut être, mais je n’ai guère le temps de m’interroger plus : le train démarre.

Quand j’arrive à la garderie, ma grande fille est debout, le pied droit nu. Elle claudique mais à peine. Le pied est gonflé, un peu dur, un peu bleu. Mais juste un peu.

Je la porte sur une chaise, l’habille, la laisse. Au signal, l’éducatrice de la cadette ouvre la porte du fauve, qui s’ébroue comme un petit cheval en courant pour ne pas mettre son manteau. Une Miss Swing sous le bras, une Tempête par la main – pas exactement le schéma habituel – nous rejoignons la voiture.

En attendant à la gare le train de l’amoureux, je me contorsionne depuis le siège avant en levant plus haut le pantalon de ma belle assise dans mon dos. Tandis que je la manipule, elle déclare soudain : « mon autre jambe pique maman ». Alors je soulève la jambe du pantalon. Dix tâches. Peut être plus. Je n’ose pas compter. Je bloque ma respiration. Déclare d’une voix que je veux enjouée qu’on va attendre Papa.

A la maison, on déshabille l’enfant et on compte les points. Un pour le pied enflé, deux pour l’hématome, cinq pour les tâches qui s’étendent de minute en minute. Dix sur dix pour l’angoisse.

Rapidement, la question des urgences n’est plus un « si » mais un « où ». La balance penche en faveur du Children’s. Neuf, dédié aux enfants, qualifié pour reconnaître les maladies purement infantiles, parmi les plus étranges. Je tremble beaucoup alors Papa se dévoue. En embrassant ma toute petite de 4 ans, je la regarde droit dans les yeux en m’imprégnant de la profondeur des siens. Je lui dis que tout va aller pour le mieux en faisant taire ma trouille qui me dit « et si tu te trompais? »

C’est la tempête dehors et ma cadette n’y est pour rien. Samedi sera bientôt là, la machine à café avait raison et le baromètre flirte déjà avec les -10. Coincé devant la pont Champlain, l’amoureux angoisse. A l’arrière, notre fille répond tout doucement, si doucement, qu’il se demande même parfois si elle répond vraiment.

Stationnement au Children’s, 20 dollars en moins sur le compte en banque – après une heure et demi, mais reste-t-on vraiment moins d’une heure et demi aux urgences ? Le sas, le premier guichet, le bracelet de l’hôpital – y compris pour le Loup – le deuxième guichet, le pré-triage. Rappel au pré triage, on l’envoie en zone jaune.

Ce sont les mots qui s’affichent de mon côté, sur le texto qu’il parvient à m’envoyer. Je suis déjà allée au Children’s, je suis toujours pognée dans la zone verte. Le jaune, c’est la chambre directe. Un monde jusqu’ici inconnu (sauf la fois où je me suis trompée dans la dose d’un médicament alors qu’elle était bébé). Aux urgences, ce soir-là, il est le seul papa « tout seul ».

De mon côté, je capote. Ces boutons, tous ces boutons. Une araignée ? Une colonie de fourmis? Les bibittes ont le don de me rendre dingue. Armée de l’aspirateur, et de javel, je passe au peigne fin la maison, et nettoie à fond sa chambre, sans succès.

Méningite, maladie de Lyme, l’interne égrène les possibilités et raye ses conclusions. Maladie de Schoenlein-Henoch. Ding ding ding, nous avons un gagnant.

Quelques examens plus tard et Schoenlein est désigné grand vainqueur. Entre temps, les membres inférieurs de Miss Swing ont viré au pourpre. Ça tombe bien, purpura rumathoide, c’est son deuxième nom, à cette maladie. Une réaction auto-immune du corps à la suite d’une maladie type otite, d’un vaccin, d’une prise d’antibiotiques.

A la maison, le cellulaire vibre au gré des amis prévenus qui s’inquiètent. A quelques rues de là, une amie maman me propose de poser Tempête. Une heure plus tard, elle me promet finalement de venir la garder à la maison si je décide de rejoindre le Children’s sur un coup de tête. Un soutien précieux, à cette heure et en ce lieu, quand la famille est à 6000 km de là et que l’angoisse nous étreint.

Un pipi dans le pot (et sur les doigts de Papa) et une prise de sang plus tard, Miss Swing s’est endormie. Il est plus de minuit. Ibuprofène sera son seul traitement, ainsi qu’une surveillance des reins et des selles pendant quelques mois.

Le lendemain, elle marche à peine. Quelques heures plus tard, elle claudique jusqu’au canapé, puis annonce après le dîner (de midi) son envie d’aller se promener. Elle aura gagné un chocolat chaud en tête à tête et un Rocky dont elle est ravie. Et son père toute ma fierté, pour être un roc aussi fort et avoir gardé le cap avec elle toute la nuit, même avec un début de grippe.

Je ne verrais plus jamais les vendredis soirs de la même façon…

Et vous, avez-vous passé un bon week end?

-Lexie Swing-

 

Credit photo : Lexie Swing

J’ai un enfant préféré

monteregieJ’ai un enfant préféré. J’ai vu le sujet passer sur un blogue boutique et je me suis dit « pince moi dont ben fort si c’est pas vrai ». Un truc comme ça. Parce que c’est la vérité, j’ai un enfant préféré.

Là, tout de suite (20h), je les préfère pareil. Les deux. Parce qu’elles dorment. Les deux dorment, oui. Mais d’habitude, à c’t’heure, mon enfant préféré c’est le chien. Parce que quand je crie « MAIS VA TE COUCHER, BORDEL » c’est le seul qui m’obéit.

Bon en vrai je ne dis pas bordel devant mes enfants. Pas que je sois précieuse, non, mais si tu crois que c’est pas grave de dire des gros mots devant tes enfants, c’est que ta fille a jamais crié « hey maman, fais pas chien! » devant les autres parents de la garderie. Non pas chier, CHIEN. Moi non plus je sais pas d’où ça vient mais soit un de ces petits amis de la garderie est dyslexique, soit une des éducatrices a tenté de rattraper malencontreusement un gros mot qui lui avait échappé.

Fin de la parenthèse éducationnelle.

Je les aime donc autant, à défaut de les aimer pareil (vu qu’elles ne sont pas pareilles), mais je préfère l’une de mes filles à l’autre.

Pas toujours la même d’ailleurs.

Les jours de brunch, je préfère Miss Swing, parce qu’à quelques dérapages près – le verre de lait inexplicablement attiré par le tapis – elle sait se tenir convenablement pendant une heure 10. Tempête non. Tempête préfère prélever quelques fruits dans l’assiette de la petite vieille de la table à côté, pendant la diversion offerte par la serveuse. Avant de s’extirper avec force grognements de sa chaise haute et de filer à l’anglaise. Elle se ramasse généralement contre la vitre donnant sur l’exterieur, vitre qu’elle nettoie de part en part armée de sa seule langue. C’est aussi dégoûtant en vrai que dans le texte.

Les jours de gym, je préfère Tempête. Parce que Tempête est un vrai bonheur d’enfant toujours prête à voltiger et escalader le moindre obstacle. A l’entrée de la salle, elle est comme un cheval fou dont il faudrait bien tenir la bride. Heureusement, depuis qu’elle sait que le cours commence par une chanson avec des maracas à l’aide desquels on peut assommer sa mère, elle est nettement plus calme en entrant.

Miss Swing, elle, aime la gym. En théorie. Et lorsqu’elle en sort. C’est elle qui a choisi d’en faire d’ailleurs. Et elle a souvent envie d’en faire. Mais un autre jour. Pas aujourd’hui, voyez-vous? Pas le jour J de la gym. Non ce jour là, le short est trop petit, la culotte mal mise, il fait froid, les chaussettes grattent. Dans la voiture, elle tressaute d’impatience, raconte comme elle a été la première la dernière fois et tout ce qu’elle y fera. Et puis on arrive devant la salle et elle se contorsionne, suspendue à mon cou, pour que ses pieds ne touchent pas le sol. Les tapis lui font tout à coup nettement moins envie, et si l’on pouvait repartir là, maintenant, tout de suite, elle serait sage pour toute la journée elle le promet. Constance est son deuxième prénom.

Elles sont mes enfants préférées. Les miennes. Celles que j’aime plus que tout. Parfois je les préfère ensemble. Parfois à tour de rôle.

Souvent, quand même, mon enfant préféré reste le chien. Comprenez-moi… Il ne parle pas!

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Lexie Swing

Regrets

imageDe la neige douce sous les pieds, un sac à dos rempli de courses et un bébé solidement arrimé sur ma poitrine. C’était moi, hier, quand Tempête s’est levée fiévreuse et qu’il a fallu agiter le drapeau blanc le temps de la requinquer. Parce que justement, elle se remonte en un tour de clé et que la musique est vite repartie, j’ai profité de cette journée off pour la sortir un peu. Fièvre oblige – oui, E. est de ces enfants que rien n’arrête, même 40 de fièvre – je l’ai transportée dans le porte bébé afin de lui épargner le chemin plein de la neige qui s’était amoncelée la veille (25 cm si j’en crois la météo).

Nous sommes parties, cahin caha, moi titubant un peu dans la neige, elle, la tête renversée en arrière, bouche ouverte, tentant d’attraper au vol les quelques flocons qui flottaient encore dans l’air. J’ai déambulé dans les différentes boutiques de Saint-Bruno auxquelles je projetais de me rendre. À l’épicerie, la caissière m’a écartée d’un geste et a rempli avec bienveillance mon sac à dos, le transportant jusqu’à mes épaules pour m’éviter une rotation compliquée. Ainsi chargée, je me suis alors dirigée vers ce petit café dont j’avais entendu parler sans jamais y mettre les pieds. J’y ai croisé la vie de Saint-Bruno, des clients visiblement fidèles, sinon habitués, qui sirotaient leur dose quotidienne. Des gens plongés dans leur journal, dans leur livre, sur leur cellulaire ou dans leur conversation. J’ai aimé ce monde là – et le café était délicieux, ce qui ne gâche rien. Je suis repartie mon gobelet à la main, les yeux perdus dans le ciel bleu.

Je ne suis pas fille à avoir des regrets. Pas même de la nostalgie. Comme si le temps s’évanouissait dès lors qu’il se conjugue au passé. Mais les pieds dans la neige et le cœur léger, j’ai regretté. Regretter les premiers mois de ma deuxième née où mon esprit fugitif avait pris la décision de saborder ma vie de mère. Où j’aurais tout donné pour sortir de cette routine, de cette ville, de cet hiver là, et me retrouver entre les quatre murs d’un bureau. Un bureau que j’ai détesté, sitôt retrouvé, parce que je n’avais toujours pas fait la paix, et que mon esprit, mon cœur et mon corps se livraient une lutte sans merci.

J’ai regretté parce que j’aurais pu profiter. Les conditions étaient réunies et la neige était bonne. On aurait pu s’en donner à cœur joie, elle et moi. On aurait marché dans la neige un café à la main. On aurait fait l’épicerie, en s’appuyant sur la bienveillance du genre humain. On aurait eu du fun.

Bien sûr, ce n’est pas mon tout petit bébé que je traînais hier. Ce bébé ci fait presque 10 kilos et il parle. Il m’invective et me poursuit dans la maison en criant « Papeauuu » ma tuque à la main lorsque j’oublie de me coiffer pour sortir. Il dit bye d’une voix caverneuse à la sortie de tous les magasins. Il me pince le nez quand je le porte dans le porte bébé, quand il n’essaie pas de visiter une de mes narines. Il tient debout devant la porte, tandis que je me déharnache. Et une fois à l’intérieur, il envoie valser ses bottes et court vite se jeter sur le sofa du salon.

C’est un autre hiver, un nouvel hiver. Et qu’importe le temps qu’il fait dehors, il fera toujours moins froid dans mon cœur que l’hiver dernier. Je regrette d’être passée à côté de ces moments mais je ne voudrais pas y revenir. Le présent est bien plus beau. Mon bébé est devenu lourd à porter mais mon cœur est tellement plus léger que mon corps à trouver son équilibre.

Et puis je n’oublie plus de mettre ma tuque en sortant.

-Lexie Swing-

Et de quatre!

imageIl y a 4 ans je chantais. C’était The Voice à la télé, l’amoureux avait sorti sa guitare et on a braillé des chansons bien après que les candidats d’un soir aient quitté le plateau. Je me souviens surtout de Skinny Love, de Bon Iver, remis au goût du jour par Birdy, et qu’on a entonné une nouvelle fois ce soir-là.
J’ai toujours pensé que la détente de mon corps, provoquée par les mélodies et le bonheur tranquille de cette nuit de février, avait précipité sa venue.

Elle est née dans la matinée, à l’heure de la collation, quand le soleil est suffisamment haut pour qu’on se dise qu’on a fait une bonne grasse matinée. Je n’en ai guère eu, ce 10 février là, de grasse matinée. Et plus jamais depuis.

Par contre cela fait 4 ans que la vie a pris un chemin différent, 4 ans que, où qu’elle soit, près ou loin de moi, je me lève en étant maman, que l’on se lève en étant parents.

Et oui, c’est parfait. Et oui, c’est difficile. Et non, il n’y a pas de réalité toute lisse et parfaite comme un salon Pinterest. Il y a beaucoup d’amour, beaucoup de rires, beaucoup de cris, et pas toujours des cris de joie. Il y a aussi des pleurs, des poings rageurs, des crises sans fin. Il y a de l’admiration, des définitions sans cesse revues, des contours que l’on croit avoir apprivoisés, mais qui ondoient au gré des chutes et des accomplissements. Il y a tout ce qu’on sait désormais d’elle, et tout ce qu’on sait aussi de nous, maintenant.

On connaît désormais la résilience. On a appris à épeler très vite les noms interdits, les noms croches, les noms des aliments qu’elle n’aime pas mais qu’on a caché dans la purée et le nom des surprises qu’on aimerait garder encore un peu. On sait quand la crise va arriver, on sait quand elle ne va pas vouloir, on sait quand elle va dire non, on ne sait pas toujours éviter l’affrontement, cependant. On a ressorti nos vieilles chansons d’enfant, on est traumatisé de comprendre désormais les paroles, et de l’entendre scander « pour savoir qui qui qui serait manger », sous prétexte que c’est sa chanson préférée. On connaît par cœur l’enfilade du pantalon de neige, même si une fois sur deux on enfile les bottes avant de se rendre compte qu’on l’a oublié. On sait qu’il faut mettre les gants avant le manteau, sinon ils ne vont pas bien comme il faut.

On a appris notre job de parents. Avec amour, avec patience, avec emportement, avec fatigue et avec obstination. On a lu des bouquins, consulté des sites, on a posé des questions, oublié d’écouter les réponses, on s’est planté souvent, on s’est excusé parfois mais on l’a aimé tellement que ce n’est pas si grave. C’est peut être même ce qu’on a appris de mieux, en quatre ans. Qu’on pouvait aimer quelqu’un pour la vie, avec certitude. Ce n’est pas un contrat, ce n’est pas une option, juste un état de fait.

Demain c’est ton anniversaire ma croquette. Je t’aime pour toujours, et chaque jour plus qu’avant.

-Maman-