Journal d’un confinement – Semaine 7

Je sors du week-end plus fatiguée que je n’y suis entrée. Tempête a jugé bon de se réveiller un peu près 5 fois (ressenti : 1000) dans la nuit de samedi à dimanche, faisant passer mon temps de sommeil espéré au temps de sommeil réel de 8h à 5h. Alors que je m’étais endormie à ses côtés, les jambes repliées (son lit est relativement large mais particulièrement court), sa grande soeur m’a soudainement appelée pour me préciser que la porte de sa chambre était fermée et qu’elle apprécierait que je la réouvre. J’en ai profité pour me recoucher dans un lit digne de ce nom – le mien. Il était 4h. J’aurais dû me douter que la soirée était mal engagée lorsque ma tentative d’épilation de la demi-jambe droite s’est soldée par un échec. Le combo cire + rasoir m’ayant fait perdre un (certes petit) morceau de peau, cela a pris les soins de mon conjoint, et son assurance – je lui ai fait promettre – que je n’allais pas me vider de mon sang durant la nuit, pour que je puisse enfin remarcher. Si j’avais su que j’aurais l’occasion de mettre mon pansement de fortune à l’épreuve quelques heures plus tard…

Humeur : consternée. Je ne suis pas certaine qu’une humeur puisse être consternée mais la consternation m’habite certainement. Nous profitons pleinement de ce huis clos en famille, nous n’avons jamais été aussi sereins, détendus et accomplis – familialement parlant- que ces jours-ci. Nos filles se sont davantage rapprochées, nos projets avancent, nos boulots respectifs nous laissent du temps, la belle saison arrive et nous autorise du temps en extérieur. Malgré tout, je suis consternée par le monde extérieur, cette impression d’immobilisme. J’ai eu vent toute la semaine des protocoles qui allaient être mis en place dans les écoles de ce monde dans les prochaines semaines et moins que la peur de la maladie, c’est la crainte d’un monde anxiogène qui me rattrape désormais. J’accepte volontiers de me plier à toutes les règles en place, à la distanciation, au lavage de mains à répétition de magasin en magasin, au port du masque pour protéger les autres. Découvrir que nos enfants devraient cohabiter en tout temps à X mètres les uns des autres, rester dans la même salle tout le long de la journée durant, qu’ils ne pourraient jouer qu’avec leurs propres jeux, et jamais ensemble, qu’ils n’auraient plus ni cours de musique, ni cours de sport, ni cours d’informatique, fut pour mon humeur une toute autre histoire, dont je peine, je crois, à me remettre.

Organisation : toujours bonne. Nous avions prévu cette semaine une « journée pédagogique », donc une journée de congé puisque j’avais moi-même congé. Je profiterai certainement des prochaines pour proposer quelque chose de spécial à mes filles, un peu à l’image des journées à thèmes de Deborah. Mais en attendant, nous en avons profité pour passer du temps dans le jardin, grâce à une météo particulièrement ensoleillée, et c’était déjà une bonne entrée en matière avec la belle saison.

Couple : uni. Je dois dire que l’on se sent chanceux de pouvoir compter l’un sur l’autre en cette période compliquée.

Point d’orgue : notre commande Décat’ est enfin arrivée, deux semaines après son avis d’expédition. Un panier de basket trône désormais dans notre cours, pour le plus grand plaisir des enfants. Nous y avons ajouté un hula-hoop et une corde à sauter, avons ressorti pour l’occasion les ballons de soccer et les frisbees. Tout pour s’occuper en attendant d’être déconfinés.

A la télé : on a fait découvrir à nos filles le dessin animé Pixar « Là-Haut » (Up). Elles étaient déjà très émues devant l’histoire accélérée du protagoniste et de sa femme. Sans surprise, j’ai enfanté des hypersensibles (comme moi).

Sous mes yeux : j’ai fait de la boulimie de lecture cette semaine, en commençant par J’aurais aimé être comme vous, d’Anne Bezon, suivi d’un autre Cecelia Ahern : How to fall in Love. J’ai terminé par un roman retrouvé dans ma bibliothèque et que je n’avais pas encore lu : Loin, d’Alexis Michalik (que j’ai adoré).

Vague à l’âme : tarifs exorbitants, fermetures des frontières… à l’heure du coronavirus, l’immigration prend tout son sens. On est celui qui est loin, et qui ne pourra pas passer « faire un coucou » lorsque le confinement sera terminé.

Point bonus : la météo de cette fin de semaine, qui apporte un peu de douceur à ces moments particuliers.

Les bonnes idées de la semaine : réduire sa consommation de l’actualité au strict minimum.

À l’aube de la semaine 8, nous avons déjà confirmé – via sondage – que notre fille aînée ne retournera pas à l’école le 19 mai. Du même fait, il est probable que sa soeur ne reprendra pas la garderie. Si l’ainée semble avoir adopté ce mode de vie un peu particulier, sa jeune soeur se plaint de plus en plus fréquemment de ne plus voir ses amis. Et si nous tâchons de lui promettre de faire notre possible pour qu’elle les retrouve avant de commencer la maternelle, l’incertitude quant à une date officielle de retour et, plus encore peut-être, l’inquiétude qui entoure les conditions dans lesquelles se feront ce retour, commencent à nous peser.

Je vous souhaite une belle 8ème semaine, puisse-t-elle nous apporter des réponses, des projets, ou quelques fou-rires, à tout le moins.

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 6

Six semaines d’écoulées. Mon chum se demandait justement combien de semaines nous avions déjà passées ainsi confinés… Deux de plus et nous aurons fait l’équivalent des grandes vacances. Si l’on m’avait dit un jour que je travaillerais à la maison, tout en faisant des leçons et en proposant des activités à mes enfants, le tout en restant principalement chez moi, durant deux mois (et plus), j’aurais ri. Le cauchemar s’est avéré réalité et finalement il n’était pas si pire que ça.

Humeur : bonne. Sauf que j’ai pris (encore) un kilo. La faute à toutes ces recettes que je teste, juste pour vous préparer un article récapitulatif. « Juste » pour ça.

Organisation : avec le temps qui s’adoucit (ça arrive tard ici au Québec), les récréations se font désormais dehors. Elles s’allongent à mesure que notre avis de « faire cours » se réduit. Les devoirs à rallonge comme ont à gérer certaines de mes amies en France est une galère sans nom, mais le « pas de devoirs » quand tu veux que ton enfant garde un peu le niveau est difficile aussi. Bref, #jamaiscontents.

Couple : on a réparti aussi la préparation des repas et ça c’est le bonheur.

Point d’orgue : l’un de nos restos préférés – le Charlotte – a rouvert ses portes la semaine dernière pour permettre les commandes à emporter. On a soupé d’un fish & chips (ce n’est pas du tout végé j’en conviens), d’un aligot (oui oui ici au Québec) et d’une poêlée de légumes, et c’était (presque) doux comme une sortie de couple un soir d’été.

À la télé : deux de mes séries ont sorti des nouvelles saisons, soit Brooklyn 99 et After Life. On a commencé avec After Life parce que l’humour anglais m’émeut. On s’en est tenu à « seulement » deux épisodes et la scène entre Ricky Gervais et son amie prostituée autour d’un plat de pâtes (dégueulasse, apparemment) était juste parfaite de spontanéité. Insolemment juste, malgré le contexte improbable. J’ai aimé aussi le film Love the Coopers qui a récemment rejoint Netflix Canada. Le scénario est gentillet, mais ce sont surtout les scènes d’Olivia Wilde, absolument sarcastique, qui sont savoureuses.

Sous mes yeux : j’avais besoin d’une lecture douce, j’ai cherché un bon Cecelia Ahern, une romancière irlandaise (type Chick Lit) que j’aime beaucoup. J’ai donc choisi « Thanks for the memories » – je la lis en VO – et c’était juste parfait.

Vague à l’âme : j’ai lu un titre du Monde qui disait quelque chose comme « Foie, reins, etc. que touche la Covid-19? » et j’ai fermé l’ordinateur pour ne pas savoir.

Point bonus : j’ai une journée de congé cette semaine… je pense partir en voyage dans mon jardin, bien au fond. Là où je ne suis jamais allée.

Les bonnes idées de la semaine : mon futur article sur les bonnes recettes à tester, qui s’en vient, bientôt!

Au Québec, une reprise des écoles à compter du 11 mai, pour les régions, et du 19 mai pour la grande région de Montréal, vient d’être annoncée. Base volontaire, par petits groupes. On attend d’en savoir plus pour décider ce que l’on fera. Et de votre côté, qu’est-ce qui est prévu? Et que prévoyez-vous faire?

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 5

Cinquième semaine et ils sont encore 4! Personne n’a été éliminé! Les votes du public sont unanimes et nous sommes dus pour rester. Impossible de savoir combien de temps cela durera, c’est le jeu le plus long de l’histoire de la télé.

Humeur : top shape! On a trouvé une vitesse de croisière. Plus rien n’est en vue : ni la Terre de départ, ni le lieu d’arrivée. En pleine mer, nous profitons du voyage. La houle est forte par moment mais puisqu’il n’y a pas d’issue, nous apprenons à composer avec le moment. J’ai du mal à m’imaginer reprendre là, demain. Je ne suis plus sûre de comment je faisais avant et pas certaine de comment je vais faire après. J’ai enfin atteint l’état d’acceptation (avant la tempête bien sûr, celle où l’on m’annoncera que je suis coincée avec les mouflets jusqu’en septembre).

Organisation : peaufinée. Désormais, je fais avec les enfants le shift 8h30 – 10h et mon chum le 11h-12h30 (repas inclus). Entre les deux, elles font du sport et jouent. Un appel? On lance une comptine éducative (et un peu neuneu) type « Petit Ours Brun apprend à faire ses lacets ». L’après-midi, on a convaincu notre cadette que la sieste était bonne pour elle, elle fait donc semblant, dans l’espoir de pouvoir regarder « un petit dessin animé en fin de journée ». Je m’en occupe le temps d’un bricolage ou d’une recette, elles sortent avec leur père pour un match de basket ou un entrainement des chiens (occuper les enfants en les faisant s’occuper des chiens, c’est vraiment le concept gagnant-gagnant chez nous), et le soir, quand il fait beau, on enfourche les vélos.

Couple : à l’unisson.

Point d’orgue : on parle peu de l’effet que ce confinement a chez nos enfants. Ils n’ont pas d’autre choix que de subir – comme nous, mais avec encore moins de contrôle sur la situation – et il est clair que ça ne se passe pas au mieux chez tout le monde, si j’en crois les interventions sur certains groupes que je suis. La grande gagnante de ce confinement est sans conteste ma fille aînée. L’anxiété a été divisée par trois, sa gestion des émotions est excellente et elle trouve beaucoup d’apaisement à la présence de ses chiens en permanence autour d’elle. Elle s’occupe de la nourriture des animaux, met la table du petit déjeuner, fait ses devoirs sans rechigner, s’occupe de sa petite soeur et fait des kilomètres à vélo sans se plaindre. Elle fait aussi le pitre et rit à l’unisson avec la famille. Bref, ce n’est plus le même enfant!

À la télé : c’est la dèche! J’ai épuisé ma liste de films pour enfants hypersensibles. Des idées?

Sous mes yeux : Le discours, de Fabrice Caro

Vague à l’âme : comment va -t-on faire pour reprendre une vie normale après tout ça?

Point bonus : les gozlems que j’ai cuisinés hier soir et pour lesquels ma fille a dit « Maman fait les meilleurs du monde ». Elle n’a pas de point de comparaison bien entendu, mais j’aime l’idée que mes enfants pensent qu’il y a des choses que leur mère fait mieux que personne.

Les bonnes idées de la semaine : le site éducatif ortholud.com, qui regorge d’idées d’exercices et l’utilisation des Smart Games pour le cours de maths.

Partout, la vie semble être entrée dans une certaine routine. Les initiatives éclosent moins, pour laisser la place à une sorte de normalité temporaire. C’est à la fois dommage et rassurant.

En France, certains ont pris la décision de suivre le calendrier scolaire et ainsi de passer en mode « vacances ». Il n’y a pas de vacances prévues ici entre mars et l’été, et je ne me sens pas prête à laisser aller notre précieuse routine. Nos week-ends sont pour moi les plus déroutants, et me demandent déjà à chaque fois une sorte d’ajustement. Et vous, qu’avez-vous prévu sous votre toit?

-Lexie Swing-

Parentalité : et parfois se choisir

Semaine 4 – la semaine dernière donc – j’ai commencé à éprouver physiquement les plaisirs du confinement : chaise mal ajustée et rares sorties. Mes muscles se dérobaient à mesure que mon dos se courbait. Laissez-moi enfermée un mois de plus et j’aurais pris dix ans.

A ceci s’est ajouté un ras-le-bol général de la maisonnée alors que mes filles ont commencé à se taper sur le ciboulot (littéralement), que la météo était maussade et les informations inquiétantes.

Est arrivé ce jour particulier où j’ai commencé à ne plus pouvoir maîtriser le volume de ma voix. J’ai lu quelque part que la rage maternelle existe, et je peux vous confirmer que c’est le cas. À chaque nouvelle bêtise, mes lèvres se mettaient à trembler et mes ongles à empaler mes paumes. Éducation bienveillante? Quel est ce mot? Il n’était même plus question d’éducation mais de contention. De mon énervement latent. Prêt à exploser.

Il y a dû y avoir un sifflement de trop car tout à coup, mon amoureux a réuni la petite troupe et il a poussé tout le monde vers la voiture. « Allons faire un tour », a-t-il dit. Et puis : « Maman a besoin d’être seule ». Les enfants se sont accrochés à moi, dans une confusion toute enfantine dans laquelle se mêlaient les « Excuse-moi maman », les « Mais je veux rester avec Maman », et les « Maman je ne veux pas partir sans toi ».

La culpabilité a embarqué. Je les mettais de côté, je leur refusais mes bras, je me choisissais moi.

Et puis, profitant du calme retrouvé, je me suis rendue compte que j’avais le droit, de me choisir parfois. Que leur avoir donné la vie me rendait responsable, mais pas redevable. Que notre génération de parents a bien compris que les enfants devaient être traités comme des individus, mais que la génération de nos enfants semble oublier que nous sommes, nous aussi, des individus, avec nos occupations, nos envies et nos humeurs. Que ce ne sont « que des enfants », mais qu’il n’y a pas d’âge pour inculquer le respect de l’autre. Et qu’il est inacceptable de déclarer « t’es méchante tu veux jamais rien faire avec moi » à sa mère qui se lève pour vérifier un courriel après avoir passé 45 minutes à découper des coeurs, coller des étoiles et gérer la colle scintillante. On a le droit d’être déçu mais pas désagréable, ni impoli. Et ça, c’est un apprentissage qui leur servira toute leur vie car on sait – ô combien le sait-on – que ça manque encore à certains.

Les profs sont unanimes : « Pas besoin de faire trop de travail scolaire, les petites choses de votre quotidien seront déjà une belle forme d’apprentissage ». C’est bien noté, je vais aller prendre un bouquin, faire couler un bain, fermer la porte à clé et les laisser apprécier cette leçon : « Dans la vie, il faut aussi savoir se choisir quand le besoin s’en fait sentir ».

-Lexie Swing-

Crédit photo : Sarah Pflug

L’âge de raison

img_4058Il y a un instant à peine, nous t’accueillions parmi nous. Dans mes souvenirs, se mêlent les chuchotements des sage-femmes, la tendresse de ton père, et puis tes pleurs, soudains, qui déchirent le silence.

La suite de notre aventure est un enchevêtrement d’instants et de ponctualité photographiée. Notre retour à la maison avec Led Zep en fond sonore. Notre aller retour à Bordeaux pour la visite médicale qui allait te permettre de partir au Canada – déjà. Mes tentatives pour te faire asseoir, alors que tu te retenais maladroitement sur tes poings. Nos premières vacances. Notre vol Toulouse-Montréal, en tête à tête, et ton calme olympien.

Ton histoire est celle du premier enfant, de la première née. Celle pour laquelle je posais tant de questions et souffrais de comparaison. Étais-tu en retard pour la marche ? Que penser de ta dextérité précoce avec les puzzles ? Aurais-tu dû connaître ton alphabet à 3 ans ? Est-ce tous les enfants qui comprennent si vite les calculs ?

Je me souviens du bébé que tu fus, de la petite fille que tu es devenue. De ce temps où l’orage grondait tellement dans ton cœur que je pensais que jamais plus je ne nous retrouverais, ensemble.

Je me suis trompée mon ange.

À tes maux, nous avons offert nos bras, et d’autres t’ont ouvert leur porte. Tu y as déposé ton bagage, tu y as livré tes douleurs. Pour repartir plus légère. Alors, nous t’avons retrouvée.

Tu as 7 ans et tu es incroyable. Ton intelligence est vive, ton sens du sarcasme infini. Ta sensibilité est à fleur de peau, tellement connectée aux autres que tu te fermes parfois à leur présence, comme pour te protéger. Je te l’ai dit hier, je me sens chanceuse de t’accompagner dans cette aventure. Ça ne sera pas la plus facile, nous le savons toutes les deux.

Il y aura des obstacles, il y aura des cris. On se plantera de chemin. C’est certain, tu le sais. Tu me le dis souvent. « Maman, tu t’es trompée de route ». Et tu sais ce que je te réponds toujours ? « Mais non, je sais où je vais ».

Je sais où je vais. Je ne sais pas encore comment. Mais je suis avec toi. Nous sommes avec toi.

-Lexie Swing-

Faire voyager son enfant par avion

airplane-195062_1920Cet été, pour la seconde fois, B. prendra l’avion pour aller passer ses vacances en France. Nous sommes très chanceux que ses grands-parents et sa tante puissent ainsi la recevoir et lui offrir de vraies vacances. L’an dernier, plage et piscine étaient au programme. Un été riche en souvenirs pour elle, qui a pu partager des jeux avec ses cousins et apprendre les prémices de la nage.

L’an prochain, c’est avec sa soeur que nous espérons l’envoyer, pour leur éviter ainsi quelques semaines de camps d’été et nous offrir une pause bien méritée. Être parent lorsque l’on est immigré ou expatrié représente souvent une job à temps plein et les pauses sont rares! À nous les restos, le cinéma et surtout la débauche ultime : aucun lunch à préparer pour le camp d’été ou l’école.

Reste que la procédure peut paraître floue. À 7 ans, B. ne peut guère voyager seule. Pas même avec l’assistance offerte par les compagnies aériennes, service offert généralement à partir de 8 ans. Comme nous n’allons pas en France cet été, il nous a donc fallu trouver des accompagnants. Sa grand-mère viendra ainsi nous rendre visite deux semaines en juillet, puis repartira avec notre grande. Trois semaines plus tard, ce sont mes parents qui l’embarqueront dans leurs bagages, direction Montréal d’où ils partiront ensuite visiter la Gaspésie avant de passer du temps avec nous.

Un seul enfant mais des accompagnants différents, c’est là où le casse-tête commence. Nous aurons désormais fait le test avec Air Transat puis cette année avec Air Canada. Grâce à Delphine, j’avais pu commencer à démêler l’écheveau l’an dernier. Forte de ces dernières expériences, dont une réservation toute récente, voici un bref pas-à-pas.

1) Soyez sûr de vos dates. La partie la plus longue est certainement celle qui consiste à constituer le calendrier de l’été en jonglant entre vos vacances, les camps d’été et les disponibilités des accompagnants. Vérifiez les dates des camps, synchronisez-vous avec les parents des amis de vos enfants, vérifiez les disponibilités de la famille ou des proches qui accueilleront vos enfants, ainsi que leurs projets pour l’été à venir. Solliciter ainsi les gens en décembre pour l’été suivant parait un peu contre nature mais à l’ouverture des camps – dès janvier ici pour certains – tout le monde sera content d’avoir anticipé.

2) Demandez aux accompagnants de prendre leurs billets. C’est la base de tout. Si vous n’avez pas les billets des personnes qui accompagneront votre enfant, vous ne pouvez pas prendre son propre billet, puisqu’un enfant ne peut voyager seul. Assurez-vous qu’ils voyageront tous avec la même compagnie (ça aide!).

3) Une fois que les accompagnants vous ont transmis leurs billets, appelez la compagnie aérienne. Choisissez le service de réservation simple et expliquez que vous appelez pour réserver le billet d’un enfant. Vous aurez besoin du nom des personnes avec qui votre enfant va voyager, de leurs numéros de réservation, des dates et heures de vol des segments sur lesquels ils accompagneront votre enfant; ainsi que de leurs numéros de siège, s’ils les ont choisis. Si vous voyagez avec Air Transat, pensez à indiquer que votre enfant fait partie du Club Air Transat (ou inscrivez-le au Club si vous ne l’avez pas encore fait, c’est gratuit!).

4) Demandez à recevoir par courriel la confirmation avant de raccrocher. Et soyez vigilant! Si vous pouvez faire relire une tierce personne en même temps que vous c’est l’idéal. À titre personnel, j’ai toujours connu des erreurs dans les premières versions des réservations. Notre enfant à un nom de famille difficile à écrire, un prénom un peu original, et il est normal – en tout cas pas du tout inconcevable – que l’agent qui saisit le nom puisse faire des erreurs. Quant aux dates, heures de vol… elles devraient être préservées des incohérences, l’agent jumelant le vol de votre enfant avec une réservation déjà existante, mais si l’accompagnant est quelqu’un qui confond souvent les dates (moi par exemple), prenez soin de bien tout vérifier deux fois.

5) Vérifiez les passeports, demandez éventuellement des visas et rédigez des autorisations de sorties du territoire. Selon le pays dont partira votre enfant, celui dont il est originaire, celui à travers lequel il transite, etc, vous pourriez avoir besoin de fournir des documents supplémentaires. N’hésitez pas à vous y prendre tôt!

C’est fait? Respirez… appréciez… Dans quelques mois, votre enfant partira vivre des vacances bien méritées… pendant que vous profiterez des vôtres (si si, le boulot aussi ça peut être des vacances, surtout quand on peut prendre son temps pour rentrer le soir). Vous avez peur de sa réaction? Vous ne savez pas comment bien le préparer au voyage? On s’en reparle bientôt!

-Lexie Swing-

Christmas Craziness

Décembre touche à sa fin et les vacances de Noël sont bientôt là. On croit (à tort) que décembre sera une promenade de santé sur la côte basque : aérée et sans un chat à l’horizon. C’était compter sans la masse de travailleurs tout aussi à la ramasse que moi qui ont vu arriver le 15 décembre avec l’inquiétude d’une biche traquée. On aurait dû savoir pourtant… la folie de Noël avait commencé tôt, dès les premières requêtes grand-parentales «pour savoir c’est quoi qu’il veut le petit». Je parle pour les autres bien entendu, mes parents ne parlent pas comme ça, ils font des phrases construites et complètes. T’inquiète pas Papa, tu peux fermer l’article c’est bon, l’honneur est sauf. (Je sais déjà que mon père s’apprête à répondre : « De toute façon tu sais bien que ce n’est pas moi qui m’occupe des cadeaux»).

Bref, il a donc fallu faire une liste fissa. Sans catalogues – le Dieu du zéro-déchet et de la parentalité avisée remerciera ici les autorités locales qui interdisent la distribution desdits catalogues : moins de jouets visualisés signifie moins de jouets non-nécessaires (communément appelés «p***** ta mère et ses idées à la con» chez tous les couples de ce monde) (ma famille n’est pas visée ici, celle de la femme que j’ai entendue se morfondre à ce sujet dans le train oui par contre). Sans catalogues disais-je, nous avons fait une liste rapide basée sur les jouets des amis + les jouets entraperçus au magasin + les dessins animés récemment visionnés – l’obligatoire amendement parental + les ajouts réputés pédagogiques (aka, les puzzles), et nous avons divisé le tout par le nombre de membres de la famille.

En parallèle, les bureaux ont commencé à se remplir de décorations à moindre sou et de chocolats Ferrero. Les courriels saisonniers sont arrivés, ponctués d’exclamations retentissantes et de souhaits en tout genre, visant à soutirer la moitié de ton treizième mois pour une aubaine dont tu ne savais même pas avoir besoin. Les repas de Fêtes du boulot se sont enchainés, les échanges de cadeaux ont été orchestrés, et les chandails hideux portés.

Le calendrier de l’école est arrivé sur ces entrefaites. Lundi, accessoires de Noël, mardi, échange de livre, mercredi spectacle, jeudi pique nique… Celui de la garderie y a fait immédiatement écho : Pyjama, père Noël, dessins animés, re-pyjamas, petit déjeuner…

Le dimanche venu je harcelais déjà mes copines : c’est quoi déjà demain? Et mercredi? Non mais pour l’école ok, mais pour la garderie? Attends, la petite dit qu’ils se sont trompés, que la peluche, c’est mercredi qu’il faut l’amener?

La perspective de la dernière semaine avant les congés m’a rappelé que nous n’avions pas témoigné de notre gratitude à toutes les profs et éducatrices qui s’occupent de nos chères filles. Je passe outre le débat «faut-il faire un cadeau aux maîtresses?» ici, parce que vous faites bien comme vous voulez honnêtement, mais mon âme à moi ne se sent légère qu’une fois son éternelle reconnaissance envers les susmentionnées établie. Ainsi, les filles et moi avons pris soin – avec le soin dont sait faire preuve un enfant de 4 ans on s’entend – de réaliser des tablettes de chocolat maison qu’elles ont ensuite distribuées à leurs destinataires. Moins l’une d’elle, qui n’en verra probablement jamais la couleur parce que tu comprends : elle est entourée d’autres enfants, je vais pas la déranger, je l’ai oublié dans mon casier, etc.

À quelques jours de Noël, je me sens désormais encore plus épuisée que durant mes mois de travail les plus occupés. Les cadeaux sont presque bouclés, la liste d’épicerie bien engagée, restera donc – je l’espère – à seulement profiter.

Alors, à tous ceux qui courent encore, à ceux qui devront se taper les magasins de jouets le 24 au matin, à ceux qui ne savent pas s’ils auront un train, à ceux qui seront bientôt dans l’avion, à ceux qui reçoivent et à ceux qui apportent, à ceux qui cuisineront, à ceux qui emballeront, à ceux qui soutiendront, à ceux qui supporteront (le vieil oncle raciste, macho et goguenard), à ceux qui dormiront peu et stresseront beaucoup, n’oubliez pas de prendre un instant pour vous arrêter. Posez vos appareils photos, saisissez votre verre de vin (oui c’est le matin, mais il faut bien fêter la naissance de ce môme dans sa grange), et prenez le temps d’embrasser la scène. Respirez profondément, notez mentalement chaque détail, car c’est de ça dont vos souvenirs, loin des objets depuis longtemps remisés, seront faits.

Bonnes Fêtes à tous!

-Lexie Swing-

 

Photo : Nicole De Khors