S’improviser blogueuse beauté

Il y a des sujets de blogues qui m’ont toujours échappé. Certains parce que je n’y connais rien (le cinéma), et d’autres parce que je les trouve réduits au point de me demander comment les gens qui les rédigent arrivent encore à se renouveler et à trouver un intérêt à leurs articles.
La beauté fait partie de ce domaine. Je m’excuse d’avance auprès des blogueurs/blogueuses concerné(e)s.

Je sais que les enfants/la famille, sont aussi un sujet mortellement ennuyeux pour nombre de personnes. Surtout ceux qui n’en ont pas, ou ont refermé joyeusement la porte lorsque le petit dernier de 31 ans s’est enfin décidé à quitter les pénates familiales. Mais les enfants, lorsqu’on en a, prennent une place si importante dans nos vies, et de manière si particulière et inattendue, chamboulant tout à la fois nos conceptions, notre quotidien et ce que nous croyons savoir de nous-mêmes, qu’un seul article ne pourrait suffire à tout dire.

Mais les produits de beauté?

J’ai toujours eu un rapport assez distancié à la beauté. Je suis affreusement rapiat lorsqu’il s’agit de dépenser plus de 15 dollars pour une crème et plus de 10 pour un mascara. Je me maquille de la même façon depuis 15 ans et j’ai découvert le fond de teint sur le tard. Je manque tourner de l’œil quand je lis (parce que des fois j’en lis, certaines blogueuses ont un vrai talent d’écriture et de l’humour, même pour faire la promotion d’un fer à lisser) des articles intitulés «routine minimaliste» ou «routine relaxe du dimanche matin» et que ladite routine comprend 5 fois plus de produits que ma propre «routine» quotidienne visant un ravalement intégral pour circonstances professionnelles.

Pourtant j’ai une peau terrible. J’ai hérité de mon père problèmes cutanés et brillance disco. Le terme «peau mixte à tendance grasse» a été inventé pour moi. J’ai toujours fait avec, aidée par la pilule dès l’âge de 15 ans, et par quelques dermatos, sans jamais beaucoup de succès. Il y a quelques années, dix peut-être, j’ai commencé à utiliser une crème de jour pourvue d’un écran solaire. Et comme je crains le soleil, le cancer de la peau et les rides bien plus que l’acné, je l’ai adoptée. Ma loyauté est à la hauteur de mon désintérêt, je ne me suis jamais dit qu’elle pouvait contribuer au problème.

Et puis j’ai eu deux enfants et j’ai basculé vers une contraception sans hormones. Mon cycle est redevenu joyeusement naturel, et le naturel n’est pas toujours synonyme de bonne santé, quoique mon côté grano en pense. Vicelard comme pas deux, changeant d’idée comme d’ovaires à secouer, distribuant maux divers et éruptions variées. Quatre saisons en 28 jours. 24 les mois impairs. Sauf si c’est un dimanche.

Ma peau y est donc allée de son propre discours. Vivant la vie rêvée des peaux libérées d’hormones et luisant comme un ver sous la nuit étoilée. N’ayant plus de défis à relever, ma vie professionnelle étant bien réglée, mes enfants s’élevant désormais presque seuls (mais criant toujours à 22h34 alertés par le chuchotement du drap sur lequel je viens généralement de m’allonger), et les repas se contentant de crudités pitchés dans un plat commun (#teamvégé), je me suis réveillée de mes quinze ans de coma esthétique pour m’intéresser à ce que le monde de la beauté avait à m’offrir : une crème matifiante.

Matifiante. Oui ça existe. Avec ou sans protection solaire. Avec hydratation légère. Tenue 6-heures-efficacité-prouvée-panel-représentatif. Avec fragrance ou sans odeurs. Avec ou sans produits chimiques.

C’est bien connu que les produits chimiques sont à la beauté ce que la bombe nucléaire a été à la guerre. Tu te félicites de la disparition soudaine de tes problèmes avant de te demander deux jours plus tard pourquoi tout tombe en ruines.

J’ai donc retourné le web à la recherche de la perle rare. À date je la cherche encore, mais plusieurs sont sur ma liste : Neostrata et Caudalie en tête. Depuis, mon intérêt se réveille. Je tape des mots inconnus dans ma barre de recherche Google : « peau neuve », « cache cernes », « exfoliant ». 

Pire: au hasard d’un passage chez Winners (S. je fais comme toi ;)), farfouillant dans les produits bios, j’ai déniché un antirides Avalon Organics. Le mot Q10 y était inscrit en gros. Comme j’ai 31 ans et que je ne dors pas, j’ai décidé que j’allais me rajeunir la face. 

À ce propos, on m’a toujours dit que les problèmes de puberté terminaient… après la puberté. Certains avaient connu le pire : des boutons jusqu’à – oulala – 25 ans. Ce qu’on avait bien sûr omis de me dire, c’est que les hormones de grossesse, elles-mêmes déréglées par des années de pilule, prendraient la relève. Que l’absence de contraception hormonale mènerait ma peau à une rébellion. Et que oui, je me réveillerais un matin avec des boutons ET des rides. Plus Benjamin Button que Beyoncé, pour selon que j’ai eu un jour l’espoir de ressembler à Beyoncé.

Alors voilà, depuis quelques semaines je redensifie, exfolie, hydrate, et soigne. Je conjugue des verbes et emploie des termes que j’ai longtemps ignoré dans les magazines féminins, incapable de lire un article de 3000 signes sur la pertinence de l’emploi du chou rouge dans les nouvelles crèmes à la mode. 

Je suis une autre femme. 

Enfin pas tant que ça. Il y a une semaine j’ai retiré le vernis de mon gros orteil gauche. Ça partait mal. J’ai plié devant l’effort et remis le boulot au lendemain pour les 9 orteils restants. Ça fait une semaine, et je cache ma paresse dans des chaussures fermées malgré les 28 degrés de cet automne exceptionnel.

Une flemme authentique, toujours.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Possible interdiction des concours de mini-miss en France

Jeudi. 8h04 heure locale (comment ça j’étais en retard?), je tourne une nouvelle page de mon journal tout en faisant un pas de côté pour esquiver le rétroviseur du bus qui tente de me mettre une baffe. Je vais trébucher lorsque j’aperçois un article titré (en substance) : « France: les concours de mini-miss interdits« .

Wow.

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Je pense à toutes ces princesses qui vont devoir replier leur jupon et ranger leurs couronnes. Je songe à toutes ces Belle au bois dormant qui vont devenir un peu plus Rebelle. Je me rappelle ce procès civil à Auch, lorsque la mairie, recevant les foudres du Planning familial local, avait refusé de prêter sa salle municipal à un concours de mini-miss. Je me dis « on est capable finalement ».

Capable de conjurer les mauvais sorts, de se battre pour des causes évidentes, de faire un pied de nez aux coutumes américaines qui s’abattent sur nous comme une chape de plomb dont on peine à se défaire.

Au Sénat – et avec tout mon respect – j’ai envie de dire… Bien joué les gars!

-Lexie Swing-