Ta mère!

Aujourd’hui, c’est la Fête des mères au Canada, aux Etats-Unis et en Belgique, et ce sera le mois prochain en France.

Les mères – les parents en général – n’ont jamais été autant exposées que durant ce confinement. Les enfants ne sont plus « l’autre partie de notre vie », celle que l’on retrouve lorsque la journée de travail se termine. Ils sont désormais partie intégrante et physiquement présente de nos réunions de boulot et de nos appels clients, prenant la sonnerie du téléphone pour le signal suprême: celui qui indique que le temps est venu de s’écharper en lançant des « maman » à tout bout de champ et en injuriant son prochain comme le vieil oncle alcoolo à 14h25 une journée de mariage.

Aujourd’hui, ici, c’est notre fête. Et d’ailleurs c’est un peu notre fête tous les jours mais pas que pour des bonnes raisons. C’est notre fête quand c’est le jour des courses, quand c’est samedi et qu’il y a du linge en retard, quand il est 11h28 et que l’école appelle parce que le petit a le nez qui coule. C’est notre fête quand les nuits sont courtes et les journées trop longues. Heureusement c’est aussi notre fête aujourd’hui donc, et les filles ont prévu que je resterais dans mon lit pendant qu’elles dévastent la cuisine et me préparent un déjeuner-pas-au-lit (je ne sais pas comment on peut aimer ça, c’est comme laisser le chien coucher sur le lit pour moi) (dire que certains choisissent de prendre le petit déjeuner au lit AVEC le chien) (je ne sais pas s’il y a que moi qui fait une fixette sur le fait que mes chiens s’essuient les fesses avec leur langue).

C’est notre fête donc. A nous les mères de ce monde. A celles qui font du télétravail-trois-enfants-inclus, à celles qui ont perdu leur job, à celles qui font partie des métiers essentiels et qui déposent chaque matin depuis deux mois leurs enfants à l’école pour aller s’occuper des autres. A celles qui sont seules pour tout faire, et à celles qui aimeraient bien l’être, parfois. À celles qui en ont trop sur les bras. A celles qui ont des enfants étoiles à qui elles auraient tellement aimé pouvoir chuchoter à l’oreille que « tout ira bien » et qu’elles se retrouvent à implorer de protéger les siens, les yeux levés au ciel. A celles qui créent des parcours dans la cuisine et des glissades dans le salon, qui cuisinent matin, midi et soir, en chantant des chansons. Qui assurent les devoirs, qui racontent des histoires et effacent des cauchemars. Et à toutes celles qui n’en peuvent plus, qui n’ont plus envie, qui n’ont plus le goût, qui se demandent de quoi demain sera fait et comment septembre sera, pour nos tout petits.

À toutes celles qui sont mères, depuis dix minutes ou quarante ans, je vous souhaite une belle fête en ce temps de confinement. Puissiez-vous vous gâter de pancakes plein de levure et de fleurs écrabouillés. On ne l’aura jamais autant entendu que ces jours-ci mais : prenez soin de vous.

-Lexie Swing-