La violence faite aux femmes devrait avant tout être le problème des hommes

J’ai écrit deux articles, j’ai lu, coupé puis laissé de côté. Les hashtag d’expériences d’harcèlement ou d’agressions sexuelles sont une déferlante à laquelle je m’identifie sans souhaiter y prendre part afin de ne pas altérer la puissance de certains témoignages par les miens.

Si j’avais deux choses à dire, la première serait que j’ai été étonnée de constater, en en discutant avec des amies ou connaissances, combien de femmes ont intégré des comportements de défense comme s’ils étaient gravés dans leur ADN. Nous savons toutes comment feindre l’indifférence, hâter le pas, esquiver, ignorer les avances à peine dissimulées, se cacher sous de grands capuchons et des hauts informes le soir venu, et dissimuler dans nos sacs nos hauts talons. Nous avons appris à repérer les ruelles problématiques, les groupes arrogants, les pervers gouailleurs. Nous avons l’instinct sûr mais nous sommes parfois en mal de force, en mal de mots et en mal de possibilités pour éviter l’impensable. L’impensable se produit tout le temps, partout, dans toutes les sphères de la vie, dans tous les domaines de métiers. Nous subissons, nous ironisons, nous plaisantons, nous crions, nous pleurons, nous nous plaignons, nous partageons, mais à la fin nous sommes seules.

La deuxième chose que je voudrais souligner c’est que nous ne voulons plus être seules. Vous le savez, je crois fermement à l’égalité. Je crois qu’on ne peut changer le monde que si tous les acteurs de celui-ci marchent ensemble. Je crois que le harcèlement, les agressions, sont avant tout la résultante d’abus de pouvoir, d’un problème de limites sociétales et de complaisance dans l’éducation donnée aux garçons pendant trop longtemps. Je crois aussi que les hommes devraient en avoir marre. Parce que ceux et celles qui vous excusent vous disent que vous êtes trop cons pour connaître les limites, trop bestiaux pour retenir vos bas instincts. Ils vous privent de vos capacités humaines de conscience et d’empathie.

J’ai déniché cette vidéo dans les Ted Talks et elle m’a fait le plus grand bien. Elle était la lettre manquante à mon équation compliquée. Elle a répondu à la question « quels rôles peuvent jouer les hommes ? »

Cette vidéo vous dit notamment ceci (de mémoire):

  • La violence faite aux femmes est en premier lieu un problème d’hommes. Pas de femmes. D’hommes. L’agresseur est responsable de ses actes. Pas la victime, pas ce qu’elle portait, ni la couleur de son rouge à lèvres.
  • Fermer les yeux, hurler avec les loups, et rire avec les hyènes, c’est faire preuve de complicité. Lorsque vous laissez votre ami mettre une main aux fesses de la serveuse sans intervenir, vous êtes complice. Ne faites pas semblant que le harcèlement et les agressions ne sont pas votre problème parce que vous n’avez jamais harcelé ou agressé quelqu’un.
  • Vous pouvez changer les choses. C’est parce que des hommes s’opposeront à d’autres hommes que les choses changeront. Nous ne pouvons changer les choses et la société seules. Nous avons besoin qu’au quotidien, en notre absence, dans la communauté masculine, vous refusiez que les femmes et n’importe quelle autre personne, soient maltraitées. Vous vous offusqueriez d’un commentaire raciste, vous interpelleriez une personne extrémiste, alors prenez votre place d’homme et refusez le sexisme ordinaire.

Ça fera de vous des leaders. Et si vous ne me croyez pas, regardez ceci :

Je mets volontairement l’accent ici sur une opposition : violence sur les femmes perpétrées par des hommes. Nous savons tous que les agressions sexuelles ne sont pas perpétrées seulement par des hommes, ni seulement sur les femmes. Cela n’enlève rien aux victimes, quelles que soient leur âge ou leur sexe. Cependant, cela n’enlève rien au problème non plus. Merci de ne pas vous insurger dans les commentaires que l’ensemble de la planète ne soit pas mentionnée, soupesée et accentuée ici, dans l’ensemble de ces possibilités, états et sexualités.

-Lexie Swing-