Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon

Mon amoureux l’a sorti de son sac comme un diamant précieux. Car si j’aurais aimé certainement un bijou, je préférais indubitablement un bon livre. L’une de mes proches dit souvent qu’offrir un livre est pour elle un acte intime. On transmet un morceau de soi, en offrant un livre qu’on a aimé; on cherche à faire plaisir, en fouillant pour trouver la perle rare, couverture après couverture, résumé après résumé.

C’est avec Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon, ou du moins sa version anglophone The curious incident of the dog in the night-time, que mon chum est donc revenu d’Ottawa. L’histoire d’un adolescent qui découvre dans le jardin de sa voisine un chien assassiné. Qui est le meurtrier ? Inspiré par Sherlock Holmes dont il a dévoré les enquêtes, il se lance à la recherche du coupable. Le petit twist du personnage principal: « Il ne comprend pas les émotions humaines, il ne supporte pas qu’on le touche et il déteste la couleur jaune ».

Ce garçon, par ailleurs génie des mathématiques, nous entraine alors dans son enquête méthodique, ses digressions, son quotidien de jeune autiste. Le ton est factuel, les métaphores et les sentiments y sont absents, puisque le héros de l’histoire ne les discerne pas. Des dessins et graphiques ponctuent certaines pages, et des références culturelles sont disséminées ici et là. À nous pauvres lecteurs, Christopher – c’est son nom – explique comment identifier les nombres premiers et apprend que Sherlock Holmes, sous la plume de Sir Arthur Conan Doyle, ne portait pas de couvre-chef et n’a jamais dit « Elementary, my dear Watson ».

J’ai beaucoup aimé ce livre, assez court, que j’ai dévoré en quelques trajets de train. Chaque fois que j’imaginais Christopher, il prenait les traits du personnage de la série Atypical, dont j’avais binge-watch la première saison. Le ton détaché et sans fioritures en fait un livre facile à lire en anglais. Je recommande!

L’avez-vous lu?

-Lexie Swing-

Mon petit bled au Canada {livres}

Il y a fort fort longtemps que je veux vous parler de ce livre. Je l’ai lu à la fin de l’hiver, après l’avoir emprunté à la bibliothèque via ma liseuse. Je l’ai tellement aimé que j’ai fait des résumés à tous les amoureux des livres que je croisais. J’enjoignais les Anglophones à se procurer la version originale, je notais tout ce que j’avais appris ou retenu sur le sujet.

Mon petit bled au Canada, ou « Laughing all the way to the mosque », selon son titre original est un bijou, dont je vous livre ici le pitch, de mémoire.

L’auteure, Zarqa, est d’origine pakistanaise. Arrivée au Canada enfant, elle raconte avec beaucoup d’amour comment se côtoient alors sa culture et religion musulmane, et sa vie dans un pays occidental libéral. On y découvre la pratique, la place de la foi au quotidien, l’évolution, les traditions. On s’étonne devant les différences entre les pays ou peuples de confession musulmane, on sourit lorsqu’elle souligne les clichés et les absurdités.

J’ai découvert avec elle la pratique du ramadan (autrement que dans les articles de journaux), la séparation des hommes et des femmes (ou non) à la mosquée, la place et le poids de l’Arabie Saoudite. Je l’ai accompagnée dans son pélerinage jusqu’à la Mecque, tentent de voir à travers ses yeux un monde auquel je ne connaissais absolument rien.

Ce livre est une pépite, le rire et l’humour y sont prépondérants. La tolérance y est absolue. Certains dialogues sont, si ma mémoire est bonne, fictionnels, mais le cheminement est autobiographique.

Zarqa Nawaz est auteure, journaliste, scénariste et productrice. Elle est notamment à l’origine d’une série télévisée appellée « La petite mosquée dans la prairie ». La dernière fois que j’ai regardé des infos à son sujet, des femmes musulmanes de Regina, Saskatchewan, avaient, sous son impulsion, rejoint la Gay Pride pour la première fois. Tout un symbole, n’est ce pas ?

La couverture de la version francophone est bien moins cool que la version anglophone. À refaire, je lirais plutôt cette deuxième. À vous d’essayer! Vous me raconterez !

-Lexie Swing-

Photo : Regina Leader-Post