Trois romans français à (re)découvrir

Je lis follement ces jours-ci. Mon conjoint me regarde faire avec circonspection, alors que j’ouvre un livre le matin pour ne le refermer complètement que le soir venu.

Je lis assise, debout, en cuisinant, en rangeant, dans le bain (et parfois même dans la douche, tendant le bras qui tient le livre par la porte entrouverte), sur le canapé, dans le lit, sur la terrasse pas finie, dans l’herbe du jardin, au bord du trampoline, et même en marchant, souvent.

À cette allure-là, j’ai donc dévoré ces derniers jours trois livres qui m’ont vraiment plu. J’ai commandé le premier à ma librairie montréalaise préférée, la librairie Monet; le second est arrivé par la Poste, cadeau maternel; quant au dernier, il a été lu sur ma Kobo, choisi via la page des livres recommandés (deux clics et je l’avais sous les yeux).

La femme révélée, de Gaëlle Nohant : la claque magistrale

La femme révélée par Nohant

J’avais lu que l’histoire avait pour personnage principal une femme qui abandonnait derrière elle son fils et j’avais craint de retrouver un roman du type de « La femme qui fuit », d’Anaïs Barbeau-Lavalette, un livre nécessaire mais dérangeant. Cette héroïne-ci est différente, elle n’est pas complètement libre, attachée à l’enfant qu’elle a laissée. On suit alors Eliza, américaine immigrée dans le Paris des années 50, qu’elle parcourt Rolleiflex (un appareil photo) en mains. Résolument tournée vers l’autre, elle noue des amitiés improbables, en tout cas singulières. Née d’un père militant qui l’emmenait enfant dans les banlieues de Chicago, elle porte en elle l’éclosion d’un monde différent. C’est un roman social, où l’on noue fiction et événements militants, où l’on découvre une Amérique qui n’en finit plus d’évoluer, et qui, quelque part, n’en finit plus de stagner. Une très jolie découverte.

La ballade de l’enfant gris, de Baptiste Beaulieu : l’histoire poétique

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Je n’avais jamais lu ce roman, pourtant souvent plébiscité dans mon fil Instagram. Arrivé jusqu’à moi par la grâce de ma mère qui m’en a fait cadeau, j’en ai lu les premières lignes au parc, entre deux « Maman, regarde-moi » et trois « je veux de l’eau ». Dès les premières lignes, j’ai retrouvé ce sens de l’humain et cette poésie propre à Baptiste Beaulieu qui manie les mots comme peu d’auteurs, je trouve, savent réellement le faire. « La ballade de l’enfant gris » est l’histoire d’une rencontre entre Jo’ et No’. Jo’ est interne dans le service pédiatrique d’un hôpital, No’ est un petit garçon de 7 ans atteint d’une maladie incurable qui lui donne le teint grisâtre. C’est aussi l’histoire de Maria, la mère souvent absente du petit No’. C’est l’histoire d’une fuite, et d’une quête, de plusieurs quêtes. Les personnages sont magnifiquement attachants et parfaitement croqués. Et surtout, surtout, il y a cette poésie et ce sens de la formule qui m’ont fait ouvrir le livre en plein milieu pour lire un passage au hasard à mon chum et lui prouver que l’auteur avait une maîtrise incroyable des mots, même dans ses descriptions les plus rudimentaires.

Les étincelles, de Julien Sandrel : le roman d’actu

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C’est l’un des livres que j’ai choisis sur ma Kobo en suivant les recommandations d’autres lecteurs. De Julien Sandrel, j’avais déjà lu « La chambre des merveilles » et « La vie qui m’attendait ». J’aime son imagination et la richesse de ses histoires, mais je suis parfois moins sensible à sa plume. Dans ce roman-ci, elle devient plus précise et plus juste (je trouve) à mesure que le roman progresse. L’histoire, elle, s’inscrit parfaitement dans les actualités de ces dernières années. À 20 ans, Phoenix perd son père dans un tragique accident. Trois ans plus tard, encore marquée par le drame, elle navigue entre ses études de biologie et son petit boulot d’agente d’entretien. Elle a tourné le dos à sa vie d’avant, à son amour pour le piano, et surtout aux souvenirs de son père, qu’elle soupçonne d’avoir trompé sa mère et de s’être tué dans un accident alors qu’il partait pour rejoindre sa maîtresse. Sous la pression de sa grand-mère, Phoenix accepte de dépoussiérer ses souvenirs et le vieux Walkman que son père trimballait sans cesse. Mais lorsqu’elle l’ouvre, elle y découvre un nom – celui d’une femme – et un code secret. Avec son jeune frère, qu’elle a mis dans la confidence, elle part sur les traces des recherches de son père, des secrets qu’il avait découverts, et de son accident de voiture, peut-être pas si accidentel que ça.

Et vous, avez-vous quelques recommandations à me faire de votre côté?

-Lexie Swing-