Education : le principe de la balance

En équilibre./ Photo Michel Curi

En équilibre./ Photo Michel Curi

« Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » est une phrase très populaire chez les parents. Ils écoutent en ricanant intérieurement des nullipares leur certifier que oui, eux, quand ils auront des enfants, ceux-ci dormiront dans leur lit epicétou. « Tu verras, susurrent-ils, la cerne basse au creux de la joue. Tu verras… »

Moi je veux rassurer les futurs parents : oui vous respecterez des principes, simplement vous ferez un choix. Certains vous apparaîtront moins importants que d’autres. Et oui, vous devrez prendre en compte dans cette équation parfaite une inconnue : le caractère de votre enfant. Un individu à part entière avec ses propres envies et ses propres peurs. Il sera peut-être super dépendant ou très autonome, il adorera la musique, ne s’endormira que dans vos bras… ou jamais ailleurs que dans son lit. Il tombera en amour pour un vieux lange beige, quand vous tenterez de lui refourguer sans cesse ce magnifique ours en peluche soigneusement choisi 8 mois avant sa naissance. Bref, il aura ses propres goûts, souvent différents des vôtres, et il faudra composer avec cela.

Pour nous, le seul principe qui a finalement vraiment compté – et compte toujours –  c’est celui de la balance. Nous oscillons toujours entre le besoin et l’apprentissage. « Tu as besoin de moi pour t’endormir  mais est-ce que je te rends vraiment service si je t’endors dans mes bras avant de te coucher? », « Le repas ira plus vite et tu mangeras plus si je te donne à manger moi-même mais comment apprendras-tu si je fais toujours pour toi? »… Bref, nous oscillons, nous jouons les funambules en gardant les pieds dans le présent et les yeux dans le futur. Nous avons fait par exemple le choix – et celui là était pour nous un principe très fort – de ne jamais, sauf grosse fièvre bien entendu, la faire dormir dans notre lit, quitte à rester longtemps la câliner penchés au dessus du berceau. On y gagné une fillette qui adoooore son lit, le réclame et s’y jette le soir avec un plaisir évident, n’hésitant pas à nous tourner le dos si nous faisons un peu trop durer le plaisir des bisous… Ses peluches la réclament, voyez-vous…

A quoi avons-nous renoncé? A rien de bien sérieux… A quelques brossages de dents, à des s’il te plaît et des mercis qui ne veulent pas toujours sortir, à un visage toujours parfaitement débarbouillé, à des repas entiers au resto sans crier, à tous ces endroits où l’on aimerait qu’elle reste assise sans bouger quand elle préfère rebondir sur ses deux pieds. On a accordé nos violons, elle et nous, et pour le moment, je crois qu’on s’en sort sans – trop de – fausses notes.

– Lexie Swing –

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4 réflexions sur “Education : le principe de la balance

  1. My Chuchotis dit :

    C’est bien ça l’éducation, osciller entre ses principes et la réalité, celle propre au caractère de son enfant! Ce qui est important finalement c’est de ne pas lâcher sur ce qui compte vraiment pour soi. Nous le cododo n’a jamais été une tentation, notre fils adore dormir et adore son lit. Un juste retour des choses pour l’énergie qu’il dépense la journée j’imagine ;-) par contre je ne pensais pas que je céderais de temps en temps en lui prêtant mon téléphone, mais finalement ça ne me semble plus si grave que ça…comme quoi! :-)

  2. lexieswing dit :

    Nous on le lui laisse de temps en temps aussi, pour quelques minutes je dirais. Mais c’est aussi parce qu’elle s’en désintéresse vite et qu’elle est soigneuse. Si elle était en mode geek et qu’elle le balançait à la fin, je crois que je le cacherai lol ;)

  3. Mum_issime (@mum_issime) dit :

    Effectivement, c’est une belle vision des choses… Et on adore quand même se « moquer » gentillement des nullipares, car on est toutes passées par cette case là aussi… Mais il est vrai que lorsque l’on dit « la vie change avec des enfants », c’est surtout ta vision de la vie avec des enfants qui change et évolue, car avant d’en avoir, tu ne peux pas savoir de façon certaine, ce que tu feras, voudras, aimeras… ni ce que lui/elle voudra, aimera, fera… Une composition à faire dans la futur, car ils sont là nos chers bambins !

  4. petiteyaye dit :

    Bravo ! C’est très bien expliqué. Avoir les yeux tournés sur l’avenir m’aide beaucoup à « garder le cap ». Mettre en place de petites stratégies sur ce qui est vraiment important à mes yeux pour accompagner mon fiston dans son évolution, laisser couler sur le reste, être en accord avec soi-même : et bien ça donne de super résultats chez nous aussi ! Et bien sûr : continuer à toucher du bois pour que ça dure ;-)

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