Une grande fille

En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing
En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing

Deux grands yeux. Des cheveux volages. Des lèvres charnues. Un nez retroussé. Une voix haut perchée. Elle n’est plus un bébé. Et j’ai parfois bien du mal à me souvenir que cette petite fille là est la mienne, la mienne à moi.
C’est plus évident avec un bébé, que l’on promène souvent accroché à soi. Il y a ce lien visible, omniprésent et palpable. Mais à deux ans et demi, elle a déjà pris son envol. Elle existe en dehors de nous. Elle passe des journées dont je ne sais pas tout. Parfois je l’observe derrière les portes vitrées, et je souris de cette existence, de cette minuscule vie où je n’ai pas ma place. Des histoires qu’elle invente, des mots chuchotés à l’oreille des amis, de son air pensif, de ses cheveux qu’elle repousse en arrière. Je souris de ses mimiques, je m’agace devant l’enfant qui lui arrache un jouet des mains pour le jeter au loin. La vitre dissimule ses cris mais je sais qu’elle dit « non je n’aime pas ça » comme on lui a appris.
Elle a un peu de lui, un peu de moi. Beaucoup d’elle-même. Quelque chose d’indéfinissable, qui la rend unique, indépendante, détachable. Elle n’est plus mon extension, mon bébé baveux que je promenais partout, solidement arrimé dans mon dos, et qui faute de posséder les mots, se contentait souvent de sourire. Désormais elle marche à mes côtés. Elle rit aussi fort qu’elle pleure. Elle tempête, elle tourbillonne. Elle remet en question, nous jetant à la face ses « pourquoi » sans fin.

Elle est une fille. La mienne. Mais plus seulement. Et je suis fière d’avoir contribué à mettre au monde et éduqué une petite personne douée de paroles et d’émotions. Capable de réciter l’alphabet jusqu’à G. De pleurer jusqu’à en rire. De nous imiter. De dire que le Père noël est une personne bizarre qui ne devrait pas exister. De répéter chaque mot pour l’assimiler. Et d’avoir compris que pour tout obtenir il suffit de commencer une phrase par … « mon petit papa chéri ».

-Lexie Swing-

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Loreleï dit :

    c’est beau de voir ces petits grandir ;) on aimerait les garder tout petits contre soi mais c’est aussi émouvant de les voir évoluer, découvrir, avancer…
    très bel article ;)
    bizzz <3

    1. lexieswing dit :

      C’est beau et puis déconcertant aussi. On commence peu à peu à se rendre compte qu’ils ne nous appartiennent pas tout à fait :)

      1. Loreleï dit :

        tout à fait ;)

  2. Marianne dit :

    «mon petit papa chéri» lol, pas folle la guêpe !
    Ça marche vraiment ? :-)

    1. Marianne dit :

      Pour rebondir sur le fond, j’ai le résumé de la journée de mon grand bonhomme par mamie mais lui ne veut pas me raconter. Souvent, quand je lui demande, il me dit qu’il ne sait plus, qu’il a trop bu. Puis il ajoute «j’ai trop bu de jus de fruit».

  3. C’est émouvant de les observer en plein devenir!
    Ha ha!! Mon petit papa chéri… Bravo!! Infaillible!

  4. Zhu dit :

    Même si je sais que grandir est logique et tout, je m’extasie quand même sur les métamorphoses des enfants de mes amies (que j’ai vu nouveaux-nés) et sur celle de Mark. Je comprends ton émerveillement!

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