Rentrée 2023

La rentrée a sonné ! Ce lundi, pendant que les écoliers français faisaient – pour beaucoup si j’en crois mon fil Facebook – leur grande rentrée, les nôtres se la coulaient douce, profitant de la Fête du travail. Chaque année, dans notre commission scolaire, le programme est le même : jeudi de rentrée, vendredi d’organisation, week-end de trois jours pour se remettre.

À l’âge qu’ont les filles, nous sommes des habitués de la rentrée, des vétérans même devrais-je dire, et c’est pour ça que sans surprise, la rentrée a été une épreuve. On s’était pourtant préparé en amont – je suis de ces fanatiques de la rentrée qui en parlent un mois en avance et mettent à jour la page internet de l’école de manière compulsive. Mais le secret des Dieux a été gardé jusqu’au bout et rien n’a filtré : ni l’organisation des classes, ni le nom des professeurs. Tout juste avons-nous reçu un courriel nous demandant de nous présenter dans la cour de l’école le matin du jour J.

Le moment venu, nous étions donc là, pimpants comme un premier jour d’école (enfin moi surtout, histoire de faire forte impression aux professeurs présents – les filles avaient pour leur part opté pour un pratique ensemble short – t-shirt, parées à l’épreuve des récréations caniculaires). Dans la cour, la masse informe s’est rapidement transformée en cohue, alors que les professeurs s’avançaient en tenant dans leurs bras des listes et de maigres panneaux de papier indiquant le niveau. Impossible de distinguer les écriteaux dans la foule, il a donc fallu se résoudre à fendre le groupe, l’enfant arrimé au poignet. Et contrairement à Moïse domptant les eaux, les personnes présentes n’ont eu que dédain pour notre tentative pour traverser de manière civilisée. Quelques épaules démises plus tard (au bas mot), nous avons fini par repérer le niveau de notre cadette, la 3e année, mais c’était sans compter sur l’entêtement de cette dernière à ne pas participer à l’engouement général. « J’aimerais autant rentrer à la maison », a-t-elle annoncé, terrifiée, devant la foule, et cela en dit long sur la bataille qui a dû se livrer ensuite entre le poids de son refus – celui d’un âne obèse face à une falaise – et la volonté de son père.

Deux prises de judo plus tard, on a pu récupérer sa petite étiquette, ainsi que celle de sa grande soeur. À ce stade, on ne connaissait toujours pas le nom des professeurs ni la composition des groupes. C’est que l’équipe-école est joueuse et aime user de son répertoire de mimes et autres devinettes la première matinée pour faire deviner aux élèves encore étourdis par le retour à la réalité le nom de leurs camarades et l’identité de leur instituteur.

Les professeurs se sont ensuite rangés en rang d’oignons et ont salué la foule à l’appel de leur nom – un moment que j’adore car il permet de voir l’ensemble de l’équipe, intervenants inclus. Ovation des enfants à l’appel de la prof de théâtre, on voit tout de suite les préférences de chacun pour l’étude poussée des verbes transitifs. Les profs ont entamé une chanson de rentrée et les gamins étaient en transe, surtout notre cadette, momentanément sortie de son état catatonique, qui a entamé une danse rythmée au milieu de la cour. Et puis on a sifflé la fin du temps, des vacances et du chaos. Les élèves ont été appelés par niveau, et on n’entendait pas tout à fait. Il a fallu pousser notre deuxième née dans le rang, tandis qu’elle jouait ses derniers jetons de résistance, le poids du sac de rentrée sur ses petites épaules. La grande avait disparu de longue date avec ses copines de toujours, prête à l’éternel recommencement des années qui se succèdent.

Alors nous voici, en 3e et 5e année, équivalent du CE2 et du CM2. Il y aura une dernière année du primaire pour notre grande B., celui-ci se terminant avec la 6e année dans le système québécois. Mais cette 5e année sera l’année décisive, celle des notes qui comptent pour le secondaire et des choix à faire. Pour la petite, rien de très compliqué, juste notre quotidien habituel : la gestion des amitiés difficiles qui se nouent et se dénouent au rythme des intrigues journalières. « Plus belle la vie » n’a rien inventé, elle est venue se servir dans le coin de cour des élèves de 8 ans, se susurrant des BFF à l’oreille avant de reprendre leurs bracelets d’amitié à grands cris.

Mais amitiés volages et décisions cruciales ne nous arrêteront pas, année 2023-2024, nous voilà !

Et pour vous, comment s’est passée la rentrée ?

-Lexie Swing-

Photo Sarah Pflug

16 réflexions sur “Rentrée 2023

  1. Nous c’est demain, 6e année. Même école et parents interdits de s’approcher comme au bon vieux temps de la pandémie, donc pas de cérémonial comme tu le décris, c’est assez impersonnel.

    En attendant, je flippe comme si c’était MA rentrée :lol:

    • Ils nous toujours pas dépassés le stade post pandémie ? Mon dieu … de notre côté c’était la première rentrée de ce type là depuis quatre ans au moins (Covid ou pluie abondante selon les années)

      • Nan, toujours pas. Enfin, on verra demain… ça me tue, sans jouer au « parent hélicoptère » j’aimerais juste être quand même un minimum invitée dans l’espace où il passe des années.

      • Je crois pas, mais bonne question! Rien reçu dans ce sens. M’enfin c’est une école qui va jusqu’à la 9 année… il me semble.

        On dirait que je m’en fous à lire mes commentaires, mais en fait, c’est que le système est super opaque pour Feng et moi. On y met de la bonne volonté et tout, ce conseil scolaire est juste…

      • Je comprends ! C’était assez opaque pour moi aussi au niveau du secondaire, il a fallu que d’autres mamans prennent le temps de m’expliquer le fonctionnement. Finalement ici on va faire les portes ouvertes ce mois ci des secondaires qui nous intéressent. L’inscription se fera dans un an, à l’entrée de la 6 et dernière année du primaire, et l’admission est fonction des notes de 5e année

  2. Ah oui, c’est folklorique par chez vous Lexie!
    De notre côté, loulou avait hâte, il comptait les heures avant de retrouver ses copains ,sa classe et sa nouvelle maitresse. Nous, à part une grosses foule dans le sas d’entrée, les parents inquiets et les enfants beaucoup moins, ça devient une routine mais c’est normal c’est le CM2 et c’est quand même moins troublant que la première rentrée où on doit partir en laissant notre bambin le visage couvert de larmes pendant les 7 prochaines heures!!

  3. Salut Lexie, il y a longtemps, que je n’ai pas écrit sur ton blogue. Tu es une vraie combattante, bien des blogues sont tombés au combat depuis…

    À notre école, depuis 2 ans, nous avons le groupe de notre enfant avant la rentrée avec la liste scolaire à acheter. Ensuite, juste à zieuter sur le site de l’école pour avoir le nom de l’enseignante ;-)

    Ma grande est maintenant au secondaire, la petite en 5e. Toujours la cohue de notre côté, mais maintenant que nous sommes sur la fin, disons qu’on est franchement plus relax le jour de la rentrée.

    Au public, pour le secondaire, les inscriptions se font au début de la 6e année. Mais, pour le privé, certaines écoles acceptent déjà les demandes d’inscription pour dans 2 ans avec le bulletin de 4e année. Je viens de passer à travers le processus avec ma grande, ce n’est pas si simple cette transition…

    Bonne idée la visite des écoles, c’est long, mais on voit vraiment la différence entre chaque option. C’est surtout flagrant entre le privé et le public. À bientôt et surtout bonne recherche !

    • Merci Steph, il faudra que tu me dises ce que vous avez choisi finalement pour ta grande ! De mon côté, j’ai bien regardé tous les publics (et ultimement, le choix est faible), mais j’ai eu la surprise de découvrir qu’effectivement si le privé nous intéresse il faut qu’on fasse la pré inscription maintenant. C’est fou quand même, deux ans en avance !

      • Nous avons choisi le privé sur la montagne. En résumé, celle qui coûte la peau des fesses, mais qui offre un environnement scolaire enrichissant pour notre fille. Après une visite au privé et au public, même mon français d’homme ;-) qui n’a jamais voulu envoyer nos filles au privé, à compris pourquoi l’option privé était si populaire…

        C’est scandaleux, mais l’état de nos écoles publiques est lamentable et quand ton enfant réussi bien à l’école, tu n’as pas trop envie de la lâcher lousse dans l’arène… Mais bon, certaines écoles publics, plus loin et plus sélectives, sont quand même très bonne, mais pas dans notre ville ;-)

        Tu peux faire la demande au début de la 6e année au privé, mais comme nous tu risques d’être mise sur une liste d’attente et l’attente est stressante… Donc, vaut mieux si prendre le plus tôt possible. Je vais faire la demande pour la petite dans les jours à venir.

  4. Plus de rentrée pour moi depuis longtemps ! Mais un séjour au Québec depuis 5 jours et encore pour 15. Actuellement en haut de Tremblant que je découvre. Puis je descend jusqu’à Tadoussac par le chemin des écoliers ( sans rentrée ! ).
    Bon courage à vous pour toute cette année scolaire.

  5. Ici, rentrée en CE2 qui s’est très bien passée. L’enfant, heureuse de retrouver ses copines et fière de m’annoncer le soir qu’elle avait résisté à l’envie de papoter avec sa voisine de classe toute la journée #Exploit #PourvuQueCadure #MaisJyCroisPas

    • Hahaha ce n’est pas facile de ne pas bavarder, moi je parlais tout le temps 😅 Tempête n’est pas avec ses amies cette année et elle est revenue en disant « le point positif c’est que je suis obligée d’écouter » haha

Répondre à lexieswing Annuler la réponse.