Jours de grève

Le réveil a sonné à 7h et c’était bien plus tard que d’habitude. Mais si ce n’est pas ça, le (seul) plaisir d’une semaine à devoir garder les enfants en même temps que l’on travaille, alors quoi ?

On s’est levé en retard, trop tard pour pouvoir vraiment ranger avant de travailler. J’ai ouvert mon ordinateur en même temps que le paquet de céréales et constaté avec ravissement qu’il y a des gens qui travaillent dès 7h30. Des gens sans enfants, sûrement.

Après ça, il a fallu jongler. Entre les dessins animés qui hurlaient et la wifi qui peinait. Entre les appels téléphoniques et les interpellations derrière la porte close. Les Maman sur tous les tons qui font s’interroger les bienveillants au bout du fil. “Vous êtes sûrs qu’ils sont corrects ?” demandent-ils, inquiets, alors que l’enfant numéro 1 tente d’attenter aux jours de sa cadette, armé d’un poney en plastique pie modèle Shetland. On dit que oui, en refermant la porte du bout du pied, chargeant la chienne apeurée de départager la bataille.

Entre deux révisions de dossiers, on tente de prendre de l’avance sur le lunch en épluchant les patates. Trois patates épluchées contre un paragraphe corrigé. L’heure tourne et on passe le relais. Le mardi, c’est sortie course. Beau temps, mauvais temps, enfants à plein temps. 45 minutes, étirements compris, avant de manger, de se doucher, d’y retourner. Pas de café, pas de câlins, pas de temps, ni à prendre ni à perdre, car il est déjà l’heure de reprendre.

L’après-midi s’installe, on vend aux enfants les mérites d’un dessin, d’un bricolage, espérant que les 4h de télé matinales ne nuiront pas au développement du lobe frontal. Deux appels et une recette que l’on entame, laissant aux bons soins des petites mains graciles le cassage des œufs et la pesée du sucre. Troisième relecture du courriel et il manque toujours la pièce jointe. Attends, c’était quoi déjà la quantité de farine ?

Les cellules du cerveau n’en peuvent plus de se diviser et les sens en alerte sont en pleine rébellion. Cinq heures sonnent enfin dans l’imaginaire collectif. La fin des classes et le travail que l’on remet à plus tard, à demain, à un jour où nos yeux ne seront plus les témoins d’un pas de deux chaotique. Mon téléphone vibre. “J’ai survécu”, m’annonce, triomphante, mon amie.

Jour par jour, heure par heure, et puis on recommence.

-Lexie Swing-

4 réflexions sur “Jours de grève

  1. Si à 7 h, tu es en retard, je crois que je n’ai plus qu’à me retirer de la vie active :lol:

    Est-ce que les réflexes pandémie reviennent avec les filles à la maison?

  2. Hello Lexie,
    J’ai souri et en même temps ça m’a rappelé quelques souvenirs pas très réjouissants!!
    Travailler à la maison avec de jeunes enfants, c’est un vrai challenge. Et généralement j’en sors rincée…
    Vivement la fin de la grève!

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