Découvrez : les terrariums de l’Atelier Eyssard à Toulouse

Tout a commencé par une publication de Baptiste Beaulieu, médecin et écrivain que vous ne manquez certainement pas de connaître. Résident de Toulouse, il n’a pas hésité à partager un jour son coup de coeur pour une jolie boutique du centre-ville, l’Atelier Eyssart. En dépit de sa spontanéité sans fards, un tel partage était suffisamment rare de sa part pour retenir mon attention, et je suis bien certaine que malgré lui, il a entraîné une vague de visites vers la boutique.

Je n’étais pas sur place et rien n’indiquait sur le site que je pouvais faire un achat à distance. J’ai pris la liberté de contacter le propriétaire, Pierre, par Instagram, prête à essuyer un refus ou, au mieux, du détachement. La réponse a été rapide, et elle était positive. Quel que soit mon souhait, il allait être possible de m’accommoder à distance.


Le terrarium est le cadeau parfait pour ceux qui ne savent jamais quoi faire de leurs plantes et les arrosent comme on noie son chagrin dans une mauvaise bouteille – moi par exemple. Ainsi mises sous verre les plantes se suffisent partiellement à elles-mêmes, aidées en cela par la lumière quotidienne et un arrosage ponctuel restreint. C’est à la fois fascinant et poétique.

Au fil des semaines – j’avais du temps devant moi – nous avons évoqué les différentes possibilités de plantes, échangé sur les modèles de terrariums et la verrerie disponible. Il y avait des modèles incroyables, des plantes qui illuminent un intérieur par leur seule présence. Il y avait des arbres rois en leur domaine, et des forêts miniatures, comme autant de mondes sous verre.

J’en ai choisi un petit, arrondi, «avec un arbuste au milieu» ai-je dit. Pierre s’est chargé du reste. Il a immortalisé le terrarium fini, dressé au milieu de la terre éparpillée et c’est un peu comme si j’étais là, malgré tout.

Je n’avais pas dit à ma mère ce qu’elle devait aller chercher ni ce qu’elle était susceptible de trouver à l’adresse indiquée, et elle a joué le jeu.

Si j’avais été présente à Toulouse et non pas assise dans mon bureau de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un atelier que je lui aurais offert. Pierre en propose chaque vendredi à 19h30 et permet ainsi de réaliser de bout en bout son propre terrarium.

J’en profite pour glisser que, pour le remercier, je lui ai transmis une carte achetée ici-même, au Québec. Une carte réalisée… par une Française, et que je savais spéciale : faite de papier compostable et de graines de tournesol, elle se plante une fois reçue (et lue). Quoi de mieux pour quelqu’un qui nourrit un vrai amour pour les plantes?

Ces cartes-ci, de la compagnie FlowerInk, sont distribuées dans différents endroits au Québec dont vous trouverez la liste ici.

Quant aux terrariums de Pierre, vous les trouverez au 52 Rue de Résumat, non loin de la place du Capitole, à Toulouse. Et pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de l’Atelier Eyssard.

-Lexie Swing-

Photos : Atelier Eyssart et Lexie Swing

Plaidoyer en faveur des jouets pour tous

Noël d’entreprise. Cadeau spécial 3 ans. Pâte à modeler. Un gros succès auprès de Tempête. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle pâte à modeler. Celle-ci vient en kit avec des princesses en robe longue et des diamants colorés. De la pâte à modeler “spécial fille” dois-je rapidement en conclure, en lorgnant du côté des garçons de trois ans dont la pâte à modeler est d’une couleur résolument différente. “C’est quoi ça?”, demande ma douce et décidée Tempête en enfonçant vigoureusement les faux diamants dans la pâte molle. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
La société a fait son oeuvre. Ma grande fille choisit les Kinder Surprise rouges en se targuant de préférer «Les Kinder de garcons». Là où hier nous répétions inlassablement «il n’y a pas de couleur de filles et de couleur de garcons, et il n’y a pas non plus de jouets de filles et de jouets de garcons», nous sommes passés à une autre étape. Les menaces. (Non, je plaisante). Nous sommes passés aux interrogations. Pourquoi le rose est-il une couleur de fille? Tu en penses quoi, toi, d’un garcon qui joue à la Barbie? Est-ce qu’on peut aimer Spiderman quand on est une fille? On fait remarquer l’évidence. Tu utilises quoi, toi, pour jouer à la poupée? Tes mains? Ok. Est-ce qu’un garcon ça a des mains? («La plupart du temps mais pas toujours», parfait :)) Est-ce qu’un garcon ça a des bras pour faire un câlin à la poupée? Est-ce que tu penses qu’un garcon ça peut pousser une poussette? Est-ce que, quand tu vois un papa avec son bébé tu te dis qu’il devrait le laisser car les bébés ce n’est pas fait pour les papas ? («Non mais c’est la maman qui porte le bébé dans son ventre») («On s’égare, Jacqueline»). 
Ensuite, on enfonce le clou. T’aimerais ça, toi, qu’on te dise que t’as pas le droit d’avoir les jouets cools du Kinder rouge parce que tu es une fille? Voudrais-tu qu’on t’empêche de monter sur la balançoire parce que tu es une fille? («C’est pour tout le monde, la balançoire»). Tout est pour tout le monde, ma chérie. Il suffit d’avoir des doigts pour jouer aux billes, des poings pour tirer un cerf-volant, des bras pour bercer une poupée, des pieds pour taper dans un ballon. Il faut des mains pour conduire, des mains pour cuisiner, des mains pour dessiner. Notre envie, ma chérie, c’est la seule variable valable. 
Cette leçon, je la voudrais universelle. Je voudrais que les cadeaux spécifiques soient offerts dans l’intimité d’un foyer, qu’ils soient le fruit de l’amour parental qui connait ses enfants et leur goût et cherchent à les satisfaire. Je voudrais que la société ne s’en mêle pas, qu’elle ne dise pas à mes filles qu’elles doivent porter du rose et bercer des bébés, qu’elles ne cherchent pas à les convaincre que jouer à la guerre et construire des tours incroyables sont des affaires de garcons. Je voudrais que les petits garcons qui m’entourent se sentent autorisés à empoigner une poupée ou une casserole. Je voudrais qu’ils arborent – aussi – du rose, des paillettes, des licornes et des volants, parce que si c’est pimpant, si ça rend heureux, alors ça devrait être le cas pour tous. Qui a dit qu’un garcon devait se coltiner des teintes marronnasses et des chandails dinos?
Ma petite fille, ma toute petite, aime le rose. Je suis fière de pouvoir dire qu’elle aime vraiment le rose. Pas parce que sa garde-robe en est garnie, pas parce que ses poussettes et poupées et Barbies l’ont aveuglée, pas non plus parce que l’ensemble du monde cherche à lui faire voir la vie en rose pailletté. Je suis fière de dire qu’elle aime le rose, pour des raisons qui lui sont propres. Parce qu’il est lumineux à son regard, parce qu’il est invitant, parce qu’il est chatoyant. 
Et je suis contente d’ajouter qu’elle aime cette couleur qui fut il y a longtemps réservée aux élites masculines, même si elle est une fille…
-Lexie Swing-