Contraception d’un nouveau genre

Début janvier, j’ai rencontré mon nouveau médecin. Nous avons parlé contraception. J’ai évoqué quelques récentes douleurs. Elle m’a parlé changements. J’ai déploré le fait qu’il n’existe pas beaucoup de possibilités de contraceptions sans hormones. Et là elle a eu ces mots magnifiques:

« Et sinon, en admettant que vous ne vouliez pas d’autres enfants… votre conjoint et vous avez pensé à la vasectomie? »

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. J’ai entendu l’ensemble de mes amis garçons déglutir, depuis mon subconscient.

Il s’agit ici d’une typique différence culturelle. Non pas que les Canadiens tiennent moins à leurs bijoux de famille que leurs cousins européens, loin de là, mais cette technique de contraception a pris une ampleur suffisante, dans les dernières années, pour devenir usuelle, sinon considérée.

Une ancienne collègue m’avait ainsi souligné le fait que, selon elle, plus de la moitié des pères de ses amis, et son père lui-même par ailleurs, avaient eu recours à la vasectomie aux alentours de 45-50 ans. Parfois même plus tôt, lorsque l’homme avait jugé que le nombre de ses enfants était suffisant et qu’il pouvait désormais passer à une autre phase dans sa vie que la reproduction de son être en une version miniature et pleurnicharde.

Lorsque j’ai évoqué cette conversation avec des amies françaises, le débat a été houleux. Il y avait les anti, érigées pour l’occasion en soutien sans faille de la masculinité. Les pro, ayant déjà usé de menaces à l’encontre de leur conjoint récalcitrant. Et les affables, en faveur du concept, mais aussi pour la liberté des hommes de choisir ce qu’il pourrait advenir de leurs capacités reproductives.

Il y a surtout celles qui pensent que la contraception est avant tout une affaire de femmes. Et celles qui pensent que ça devrait être aussi l’affaire des hommes. Que l’on cherche, finalement, à empêcher la venue d’un enfant qu’on ne souhaitait pas, et que les hommes nous font confiance aveuglément (capotes – mal – mises à part).

Et si je ne me verrais jamais menacer qui que ce soit, j’entends l’argument. Pourquoi les femmes devraient-elles rester les gardiennes du temple? N’est-il pas logique et voulu que l’implication des hommes dans la paternité se situe dès le départ ? Que les responsabilités devraient être communes ? Qu’il découle de cette responsabilité unilatérale dans la contraception le fait que la responsabilité reste parfois unilatérale une fois l’enfant venu?

Il y a matière à débattre, et je trouve que c’est un bon débat, pour un vendredi. Les bijoux, considération individuelle ou propriété familiale ?

Vous avez trois heures !

-Lexie Swing-