Journal de famille pour mamy esseulée : on a testé Neveo

Quand Simon m’a proposé de tester Neveo, j’étais un peu agacée. Je suis vieille ok, j’ai trente ans, mais la personne dans le fauteuil qui feuillette le petit journal photos de sa famille en radotant sur comment c’était avant…? Bon ok, c’est un peu moi quand même, surtout quand je m’avachis (ma mère dit que je vais finir bossue). Après, j’ai compris que je n’étais pas la clientèle visée. La clientèle, c’était Mamy. Et Mamy, pour le coup, elle allait kiffer le cadeau.

Non, Mamy ne sait pas ce que kiffer veut dire. C’est parce que je suis une jeunesse de 30 ans moi Monsieur. Madame. Vous êtes surtout des dames non?

Avec Neveo, Mamy allait avoir la possibilité de recevoir chaque mois un journal papier, textes et photos (photos légendées disons) de mon quotidien. C’est devenu encore plus sympathique à mes yeux quand j’ai su que je pouvais inclure toute ma famille dans le projet.

La mienne s’est limitée à mes parents et à mon frère, je me suis chargée de faire le lien avec ma cousine qui n’avait qu’un accès modéré à Internet. Quant à nous, il nous a suffi de télécharger la nouvelle application Neveo sur nos téléphones pour pouvoir ajouter directement nos photos.

Les pipelettes dans la neige? Hop, une photo légendée. Les pancakes du samedi matin? Hop, une photo légendée. Ma magnifique robe rouge de Noël? Hop, une photo légendée (chuuut, c’est encore un secret).

Comment ça marche ? Il suffit de télécharger l’application gratuite Neveo, de créer votre compte, de rentrer vos infos et celles de Mamy (Papy ça marche aussi) et c’est parti. Vous n’avez qu’à «peser» (québécois inside) sur le petit plus pour ajouter vos photos, une par une, ou dix par dix si ça vous chante. Vous pouvez aussi aller dans «inviter ma famille» et envoyer le lien à vos 200 cousins. Selon le plan que vous avez choisi, vous êtes limité à 50 ou 100 photos par mois.

Est-ce que c’est cool? Oui, vraiment! Mon frère et moi sommes expatriés, mes parents habitent loin de ma grand-mère, dans une maison où elle n’aura probablement plus jamais la chance de se rendre… Je trouve que c’est vraiment une belle façon de lui faire partager notre quotidien. Souvent j’envoie des photos que ma tante imprime, mais il n’y a pas de textes, ou bien je raconte des choses au téléphone que Mamy ne peut pas voir… C’est un peu le meilleur des deux mondes, et en version papier, ce qui est parfait pour quelqu’un comme ma grand-mère qui est particulièrement hermétique aux nouvelles technologies.

Les inconvénients? Ils viennent de l’application elle-même, qui est toute récente et probablement encore en rodage. Pour faire court, nous nous sommes arrachés les cheveux pour comprendre pourquoi l’application fonctionnait parfaitement pour mon frère et moi, mais pas du tout pour mes parents. Pourtant eux et moi avons le même modèle d’iPhone, et j’ai le même iOs que l’un des deux. À date, nous n’avons pas déjoué le mystère. Il est cependant possible d’utiliser l’interface internet.

Est-ce que je peux essayer? Oui! Et pas n’importe comment ma chère (sérieusement, y a-t-il un gars par ici?). Neveo organise un concours. Chaque participant gagne les deux premiers mois à 0,99 euros (contre 6,99 euros par mois normalement pour un journal de 50 photos). Mais surtout, 10 gagnants remporteront 1 an d’abonnement gratuit à Neveo (un journal de 50 photos pendant 12 mois). Pour participer, il te suffit de suivre le lien : https://goo.gl/pCuqeZ

Et si tu veux voir la réception du journal par une grand-mère en action, c’est par ici : https://drive.google.com/drive/folders/1QVFl4weMXxtfLtofxET1cYe7KfNLggs1?usp=sharing

La mienne, elle, le découvrira demain, le secrétariat de la maison de retraite ayant «oublié» de distribuer le courrier (on en parle, du fonctionnement des maisons de retraite?).

-Lexie Swing-

Cet article a été réalisé en partenariat avec Neveo

FaceTime family

FaceTime expat enfantsQuand j’étais enfant, mes grands-parents appelaient chaque mardi, le soir venu. «Que fais-tu cette semaine?» et « C’est tout ce que tu me racontes?» étaient probablement des questions rituelles. Avec les années, mon envie de leur confier mon quotidien a connu quelques avaries, mais la constance de leur appel, elle, a demeuré.

C’est avec la quasi même constance que nous appelons les grands-parents de nos filles, chaque semaine. Il y a quelques oublis et des semaines aussi plus prolifiques, mais la répétition est là, généralement la fin de semaine, décalage horaire oblige. La différence est que Miss Swing n’a jamais su porter un téléphone à son oreille. Dans le monde de ma grande, le téléphone a un visage et on le regarde avec ses yeux.

Nos relations sont des «FaceTime ones». Comme beaucoup d’expatriés ou d’immigrés, mais aussi finalement comme des millions de parents dans le monde. Parce que Clermont-Ferrand est à 4 heures de Paris, et que ça prend autant de temps de faire Montréal-Vancouver que de traverser l’Atlantique. Nous sommes tous des parents au bout du monde, au bout d’un monde. Combien d’entre nous ont encore la chance d’avoir leurs parents, les grands-parents de ses enfants, à distance de marche?

Alors à défaut d’être à distance de marche, ils sont à portée de voix. Il n’y a rien comme un tout-petit du XXIe siècle pour déverrouiller un téléphone ou une tablette et reconnaître le nom de ses grands-parents dans la liste des derniers appels vidéos. Plus ils grandissent, plus les choses racontées s’étoffent et plus les appels durent.

On les trimballe dans la maison, et les visages virevoltent au gré des idées de l’enfant qui les transporte. Il devrait y avoir un nom pour cette nausée qui gagne la personne ainsi bringuebalée. Ils ne voient souvent de leur petit-enfant que le haut des yeux, le front et la pointe des cheveux. Beaucoup de plafond aussi. Ils sont retournés à demi, vers le jeu qu’on voulait leur montrer ou le dernier dessin créé. Et ils essayent de deviner. Ponctuent de « oh c’est joli » et de « ah oui vraiment » les réflexions de leurs petits-enfants, qui comme tous les enfants ont le verbiage aléatoire et les histoires un peu trop longues.

Parfois, ils sont juste posés là, en travers de la table du petit déjeuner, appuyés sur le pot de confiture, entre deux tartines beurrées. Ils partagent un peu de notre quotidien, tentant de comprendre entre les bouchées et les postillons. Sans parler de cette fichue tablette qui s’affale sans cesse, le pot de confiture glissant imperceptiblement sous le poids de l’écran. Personne ne connaît aussi bien le plafonnier de la cuisine que les grands-parents.

Reste alors le perpétuel questionnement. Tempête reconnaît-elle ces grands-parents nés de l’autre côté de la grande flaque? Qu’y a-t-il de similaire entre ces faces un peu pixellisées et les visages de chair et d’os qu’elle malaxe entre ses petites mains potelées, lors des retrouvailles.

La voix.

J’ai mis longtemps à deviner à quoi mes filles reconnaissaient leurs grands-parents, et j’ai fini par comprendre. Leur voix est unique. A peu près inchangée entre l’appareil et la réalité. La voix de mon père a créé le souvenir nécessaire à B., lorsqu’à 18 mois elle s’est retrouvée face à lui, qui l’attendait sur le perron de notre maison. La voix de ma mère est imprimée dans la mémoire de Tempête, qui galope à travers la maison lorsque je l’appelle en catimini depuis ma chambre. Celle de ma belle-sœur, leur tante, est inimitable. Tout comme les rires de leurs cousins, «venus dîner chez Mamie».

Au Québec, on dit souvent que ça prend un village pour élever un enfant. Désormais, ça prendra un peu plus que ça. Quelques états, un océan, des milliers de kilomètres, des trajets en avion, et des grands-parents à portée de voix. FaceTime en plus.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing