Vie de parents : la planification des repas

Ça m’étonne toujours un peu moi-même, d’évoquer des techniques d’organisation et de planification, quand on voit l’état de mes tiroirs, mais j’ai cette dualité particulière en moi. J’aime l’organisation, j’en parle facilement, je connais les bonnes techniques, mais il m’est difficile des les appliquer à mon propre compte.

Cependant, je suis l’exemple parfait de la personne chez qui ce n’était pas inné (j’entends ma mère penser «c’est rien de le dire!), mais qui a fini par en faire son métier. Normal.

Je crois aussi qu’on parle avec parfois plus de justesse des choses qu’on a acquises que celles qu’on a d’instinct. Je prendrais pour exemple ici l’orthographe : je fais globalement peu de fautes, je n’en ai jamais vraiment fait. Facilité ou apprentissage à travers la lecture? Difficile à dire mais : je suis incapable d’expliquer clairement des règles d’orthographe. Pire, je suis atroce en grammaire.

Pour en revenir à l’organisation, je pratique depuis fort longtemps la planification des menus. Pas toujours de façon constante, mais j’y suis revenue à chaque fois.

Pourquoi?

  • Ça enlève une sacrée partie de votre charge mentale. Plus besoin de vous demander tous les jours sur le chemin du retour ce que vous allez cuisiner, en faisant l’examen mental du contenu de votre frigo. La liste est à portée de main, ou affichée sur votre frigidaire, et votre frigo a été rempli en fonction de cette liste.
  • Vous contrôlez bien mieux vos dépenses. Vous n’achetez que ce que vous pensez manger…
  • … et vous évitez ainsi les pertes! Plus de produits frais oubliés, plus de surplus non consommés.
  • Vous équilibrez vos repas. Manger la viande plutôt le midi, éviter les pâtes trois repas de suite… C’est plus facile à faire quand on a le menu de sa semaine sous les yeux!

Chaque semaine, dès le lundi, je prépare une petite note dans mon cahier de boulot. Je l’intitule «Idées repas» et j’y note les plats dont je découvre la recette sur Hellocoton, ceux que je vois passer sur les réseaux sociaux, ceux testés par mes amis et ceux réclamés par ma petite famille (et mon propre ventre). Le samedi matin, à la faveur de ce moment spécial qui accompagne la fin du petit déjeuner, quand les petits plongent sur leurs jeux et que les grands trainent encore un peu devant leurs cafés chauds… à ce moment précis donc, je sors mes bouquins de cuisine. J’en profite pour ajouter quelques recettes manquantes ou définir un peu mieux la mention «pâtes + légumes» que j’ai griffonnée à la hâte. Je sonde mon téléphone à la recherche des recettes que j’ai pu garder ou que je me suis envoyée par courriel… Bref je synthétise et je mets le tout en forme dans un tableau de menu.

Comment organiser ses menus?

  • En fonction de votre emploi du temps. Pensez à garder sous la main des préparations rapides pour les jours où vous revenez plus tard. Tenez compte des situations particulières de la semaine à venir : restaurants, soupers entre amis chez vous…
  • En fonction de votre vie. Avez-vous besoin d’un lunch le midi? Et vos enfants? Préférez manger des lunchs « inédits » ou les restants du souper font-ils l’affaire? De notre côté, nous mangeons presque exclusivement la même chose au souper et au lunch suivant. Mais la dynamique sera différente lorsque notre aînée commencera l’école et qu’il faudra lui préparer des lunchs faciles à manger, froids, équilibrés, sains, sans arachides, sans… (j’en ai déjà mal à la tête).
  • En fonction de votre menu. Pensez à placer en début de semaine les repas avec viande et poisson, ainsi que les légumes qui s’abiment vite. Vous aurez ainsi l’assurance de manger des produits vraiment frais (et de ne pas devoir jeter votre saumon chèrement acheté).

Les plus méticuleux choisiront un tableau dessiné dans Word ou l’œuvre d’un graphiste. Pour ma part je tranche souvent pour un tableau à main levée improvisé sur un joli papier. Je note chacun des plats et, si nécessaire, la page du livre où le retrouver. Je les insère dans mon tableau, en prenant soin d’éviter les pois chiches ou les fameuses pâtes-légumes deux jours de suite, et je note au fur et à mesure les produits à acheter au supermarché, en divisant ma liste par secteur (sinon j’oublie toujours quelque chose).

La liste est gardée à portée de main (tiroir de cuisine) ou affichée sur le frigo. Les conjoint(e)s ou les grands enfants peuvent ainsi s’y référer facilement (plus d’excuses du type « j’savais pas quoi faire »). Elle est évidemment souple: pourquoi ne pas interchanger des jours si vous n’avez pas tant le goût de manger des pâtes aux légumes ce soir? Et la mienne comporte aussi quelques « soupers de restes » et des pizzas tous les vendredis.

Si vous aimez cuisiner, c’est aussi l’occasion de planifier des goûters ou desserts particuliers pour la semaine, ces fameuses recettes que vous avez notées quelque part mais que vous n’avez jamais le temps de faire. Ainsi cette semaine, une tarte pacanes-érable trône dans mon frigo. Elle sera suivie d’ici peu par son confrère « gâteau végane au chocolat », une autre recette à tester, parfaite pour une soirée cuisine parents-enfants!

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

Organisation : bon ok j’avoue tout

L'heure du bain./ Photo Allan Foster

L’heure du bain./ Photo Allan Foster

Lorsque s’est profilée la perspective d’un retour au boulot pour Mr Swing, j’ai eu peur. Genre, vraiment. Quelle tournure allait prendre la routine du soir, déjà difficile avec un parent à la maison? Comment gérer les repas? Et puis le ménage? J’ai lorgné du côté d’une aide-ménagère mais me suis résolue à économiser encore mes dollars quelques années, en attendant de cesser d’hypothéquer mes reins à chaque traite de la garderie. J’ai pris une grande inspiration et puis… on s’est lancé dans la bataille.

Et puis finalement? Et bien, on ne s’en est pas si mal sortis! J’ai le goût de me rouler en p’tite boule certains soirs devant l’implacable retour quotidien de la routine avec son lot de ménage – repas – bain – dents – pyjama – pipi – histoire du soir – dernier bisou – dix-neuf millième dernier bisou – pipi le retour… Mais dans l’ensemble, on gère.

J’ai dans mes brouillons un papier où je rédige au fur et à mesure mes meilleurs plans, histoire de partager avec vous mes astuces de fille-la-moins-organisée-du-monde. Mais en attendant de me la jouer Bree Van de Kamp alors que je suis plutôt Lynette Scavo, voici mes pires secrets et vraies astuces.

1. La semaine des petits pots

Tempête mange sans PLV, alors nous préparons encore ses repas pour la garderie. Souvent, on gère : légumes congelés et poignée de riz réduits en purée, ratatouille du souper mélangée à quelques graines de couscous… On a toujours une idée. Des idées donc, mais pas toujours l’envie. Les semaines où l’on se relaie pour la routine parce que l’on travaille alternativement jusqu’à 20h ou celles où le bébé ponctue ses poussées dentaires d’insomnies, on se la joue petits pots. Petits pots BIOS – sentez ici le relent de culpabilité parentale habilement camouflé. On les achète par 7 en alternant les goûts. On y écrase un peu de viande ou de poisson (j’ai horreur des petits pots avec déjà des protéines dedans je trouve que ça sent la pâtée pour animaux) et yahou radada, c’est parti le bon petit plat. Et oui, on s’est déjà fait toute une semaine de même.

2. Les cheveux? Bien attachés on y verra que du feu

Quand Miss Swing était plus petite, on s’escrimait à lui laver les cheveux au moins un jour sur deux. Mais elle les porte longs, elle gigote quand on les sèche, ils lui collent au visage durant le souper… Et puis maintenant, elles sont deux! J’ai découvert il y a quelques mois ce truc formidable : les cheveux de Miss Swing sont presque toujours propres! C’est merveilleux, il y a bien longtemps que je ne connais plus ça de mon côté (merci puberté) mais les siens sont une vraie pub pour shampooing. Alors à moins qu’elle ait jouée à l’autruche dans la cour sablonneuse de la garderie, les cheveux chez nous c’est souvent « mmmh ça fait un moment qu’on les a pas lavés non? Dis chéri, c’était quand? Y’a quatre jours non? Ok ça tiendra bien un jour de plus. »

3. Les bains à deux

Dans le bain, l’enfant peut se relaxer, prendre du temps pour lui… Sauf que, chez nous, le bain c’est 20 minutes avant le souper. Alors, pour plus de productivité, on y va par deux. Comme j’ai deux enfants, c’est vite bouclé. Il est bien sûr impératif de rester à proximité (les deux mains dans l’eau, en fait) de Tempête qui pense que la baignoire est un endroit idéal pour apprendre à se mettre debout. Mais dans l’ensemble, à quelques hurlements près (Tempête adoooore les cheveux de sa soeur, ce sont des lianes parfaites pour cette mini-Tarzan toujours motivée par une ascension rapide), le bain est bouclé en 20 minutes, couche et pyjamas compris.

4. La sécheuse est mon amie

Je sors de temps en temps la table à repasser… pour mes projets couture. Elle n’a jamais vu la couleur d’une chemise – le fabricant lui avait promis pourtant! – et encore moins d’un chandail ou d’un pantalon. Chez nous, on met à la sécheuse ce qui est capable de supporter la chaleur, et on secoue bien en sortant. Même les chemises y passent (elles sont fabriquées pour ça, on les a prises avec la mention «sécheuse» alors on ne se prive pas). Bon, régulièrement, elles gagnent le droit d’y refaire un tour, juste parce qu’on s’est endormis avant la fin du cycle et qu’une chemise qui a passé la nuit dans la sécheuse est difficilement portable en l’état (sauf le vendredi, ça peut faire une improvisation honorable de casual friday).

5. Des chaussettes deux jours de suite

Un bébé ça tâche tout plusieurs fois par jour. Ce qui survit généralement à la bave et aux tâches de purée, ce sont les chaussettes. Alors, chez nous, on les ressort deux jours de suite, souvent parce qu’on ne met plus la main sur une paire dans la sécheuse (c’est tellement petit!), et au besoin, on se la joue color block et on désunit la paire.

Des trucs du genre, j’en ai plein dans ma besace de bordélique assumée. Ça ne m’empêche pas de passer furieusement l’aspi dès la porte franchie ou de préparer les soupers la veille pour le lendemain. Mais ça fait du bien! Personne ne meurt d’un drap chiffonné (sauf ma mère en fait) ou d’une purée de magasin. Mais tout le monde gagne, par contre, à grappiller des minutes précieuses pour les consacrer à une demi-heure de running ou à la fin de ce fabuleux-bouquin-il-me-reste-83-pages-à-peine-et-après-j’éteins.

Et vous, c’est quoi vos astuces de parent pressé?

-Lexie Swing-