La fille qui ne saluait pas 

On dirait le titre d’un roman de Jonas Jonasson. La fille qui ne saluait pas. J’aurais pu écrire « l’homme qui ne saluait pas » mais à part mon sympathique voisin, je n’ai guère d’exemples masculins dans mon entourage. Mais de femmes … 

Des personnes qui ne saluent pas, qui ne disent pas bonjour, qui semblent avoir le sourire coincé dans l’estomac, on en a tous connues. C’est ce chauffeur d’autobus qui ne répond pas lorsqu’on le salue en entrant dans son véhicule. C’est cette vendeuse qui nous ignore ostensiblement. C’est cette collègue qui fait mine de regarder ailleurs. C’est cette grande-tante qui fait fi des salutations pour lancer la conversation sur un sujet bien plus important : votre future progéniture et/ou votre tour de taille. 

Mais il y a une toute autre espèce. Une espèce qui, loin de la disparition semble plutôt en voie de propagation. Ce sont ces personnes, ces femmes pour moi, qui ne saluent pas. De façon chronique, consciente et délibérée.

L’attitude est étudiée : le regard est franc, l’oreille alerte, la moue boudeuse. Le test consiste en une technique simple qui a fait ses preuves en matière de salut : le bonjour claironné, regard appuyé et sourire éclairé. Imparable. Vous avez même décroché une grimace de plaisir à la boulangère avec ça. 

Mais force est de constater que certaines personnes de votre entourage sont parfaitement insensibles à votre technique supposément infaillible. Autant de fois vous la répèterez, autant de fois votre salut sera superbement ignoré.

J’en ai même conçu une certaine admiration. Comment font-elles pour maintenant ainsi mon regard et accueillir mon bonjour avec autant de froideur ? Quel est le secret de ce silence ? Quelles connexions se font pour rejeter l’appel avec autant de dédain apparent? Je leur remettrais volontiers la palme de la meilleure actrice. Ou de la meilleure garce, c’est selon.

J’ai perdu mon temps et construit des théories. Timidité, maîtrise aléatoire de la langue française, condescendance. Chacune de ces hypothèses s’est vérifiée. Mais pas avec toutes. Certaines mégères résistent à mon interprétation audacieuse. Elles observent mon salut avec le mépris propre aux impolis, les yeux grands ouverts, pour certainement mieux accueillir ma réaction. Elles ne sont ni timides, ni gênées. Même pas réellement condescendantes. Elles sont juste… mal éduquées ? Blasées ?

Délivrez-moi le fin mot de l’histoire ! En connaissez-vous? Êtes-vous vous même une mégère ? Que pensez-vous de cette capacité incroyable qu’ont certaines personnes de soutenir un bonjour sans ciller (et sans répondre)?

-Lexie Swing- (tgif)