On a testé pour vous le Children’s : l’hôpital de Montréal pour enfants

« Si tu as un problème, va au Children’s! » Children’s, ça sonnait comme une barre chocolatée ou un jeu d’aventure. Et quelle aventure! Miss Swing avait de la température depuis à peine plus de 24h lorsque l’on s’est décidé à rendre visite au Children’s. Loin de nous l’envie de faire perdre leur temps aux médecins et nous avions largement attendu les trois jours requis lors du dernier épisode de fièvre. Mais voilà, 24h avec une température de 39,5 résistante à tous les médicaments employés, ça nous rendait perplexes, pour ne pas dire inquiets!

Dimanche, 20h, on pousse la porte de l’hôpital pour enfants de Montréal. Première étape, dire « coucou, c’est nous » à l’accueil. On présente la carte soleil (c’est le petit nom de la carte d’assurance maladie québécoise) de Miss Swing et on part s’asseoir dans la salle d’attente. On vient à peine de s’étaler sur un banc avec nos manteaux/combinaisons/bonnets/sac à langer/sacs à mains qu’on nous appelle pour l’enregistrement. Nom, âge, pédigrée, raison de la visite, voilà la belle fichée et désormais affublée d’un bracelet nominatif décoré d’oursons et d’une carte en plastique rouge à son nom.

On se rassoit, en s’étalant de nouveau. On sort la vache, le mouton, Baba, Michael, tous les petits personnages qui se sont invités dans notre quotidien… Et on remballe tout 5 minutes plus tard, direction le triage. Le triage c’est l’endroit où tout se décide. C’est là où une infirmière ausculte ton gnome tout nu pour savoir à quel point son cas est grave. C’est là où l’on aurait peut-être du prétendre que Miss Swing avait menacé de faire une grève de petits pots haricots verts si elle ne voyait pas un médecin là, tout de suite, maintenant. C’est là où l’infimière a dit « She has tears » et qu’on s’est précipité pour étouffer notre progéniture de baisers croyant qu’on nous reprochait de nous tenir trop loin alors qu’elle mentionnait juste à sa collègue que puisqu’elle avait des « tears » son cas n’était pas trop grave (pas de larmes = déshydratation probable du bébé = urgence). Elle avait 39,8, ils lui ont collé une double dose d’advil en attendant la suite.

Le petit Enni./ Photo jarkko Laine
Le petit Enni./ Photo Jarkko Laine

Il y a 5 catégories, du « par-ici-s’il-vous-plaît-le-docteur-vous-attend » à « on-se-revoit-demain-matin ». Pour chaque catégorie un temps d’attente est annoncé. A vue de nez, on devait être catégorie 4, la « vous-auriez-bien-pu-ne-pas-venir-mais-comme-vous-avez un-bébé-de-moins-d’un-an-on-va-quand-même-lui-coller-un-stéthoscope ».  On a attendu 2h00 de plus. Deux heures durant lequelles Miss Swing a souri à chaque enfant qui la regardait, assise droite comme un i sur une de mes jambes, avec à la main son éternelle vache Little People.

A un moment on a entendu son nom, alors on s’est précipité avec notre barda susmentionné. Mais une fois devant le médecin on nous a assuré que non non non elle n’avait pas été appelée. Avec son prénom peu commun et son nom à rallonge, on avait pourtant peu de chance de confondre. Il y avait sûrement une Miss Twing à l’hôpital ce soir là.

Et puis ça a été notre tour… Une étudiante en médecine nous a dit « do you speak french or english ». J’ai répondu « french », elle m’a aussitôt demandé « do you understand english? » Heureusement cough, lungs, fever, on connaissait. On a bloqué à la question « par quel endroit avez-vous pris la température? » J’avais un mot en tête, mais il ne seyait guère à la situation et à ma princesse joufflue. Alors j’ai désigné l’endroit. « Back », elle m’a dit.

Pour eux, ce n’était qu’un virus, une angine, un rhume, une mini-grippe peut-être, mais quelque chose de viral, qui allait traîner ses guêtres dans le petit corps chaud de Miss Swing quelques jours encore. Pour être bien sûr, on a passé en revue les maladies qui nous venaient à l’esprit, juste pour voir si l’interne n’allait pas s’exclamer « oh mais oui bien sûr, vous avez raison, c’est peut être ça! ». Le médecin qu’on a vu (à peine entré, immédiatement ressorti) a validé la théorie de l’étudiante et nous a laissés partir.

La fièvre est tombée le lendemain.

En résumé l’hôpital pour enfants, c’était plutôt pas mal. On sentait qu’en cas d’urgence, on nous aurait pris de suite. L’enregistrement était rapide, ainsi que le triage. Il y avait des dessins animés projetés sur des télés, et quelques livres dans une bibliothèque. Miss Swing avait un très joli bracelet à nounours qui l’a fascinée un certain temps. Le debrief en anglais nous a bien plu (l’interne était très sympa, au demeurant) mais je doute que tous les francophones se satisfassent de cette solution.

Est-ce qu’on aurait pu éviter d’aller aux urgences? Certainement, parce que dix cas comme le nôtre et c’est l’engorgement. Mais on est parents, de jeunes parents, des parents « de premier ». Comment savoir quelle tolérance votre enfant a aux médicaments? Quelle température est pour lui commune? 39 degrés, Miss Swing les avait déjà frisés quand les incisives du haut sont apparues. Moi, sa mère, si j’ai 39 degrés, vous pouvez appeler les urgences, c’est que je suis en train de passer l’arme à gauche. Bref, je ne suis pas de ceux qui font le pied de grue devant les urgences au moindre soupir un peu rauque (je préfère la clinique sans RDV, il y a le wifi), mais je suis parent et parfois je doute. Comme vous.

-Lexie Swing-

Catégories Immigration

5 réflexions sur « On a testé pour vous le Children’s : l’hôpital de Montréal pour enfants »

  1. Au moins, ce n’est pas grave

  2. C’est compréhensif comme comportement. Nous pour le moment on a testé uniquement la clinique Maisonneuve Rosemont. Mais pour avoir un rdv c’est pas toujours facile… la derniere fois, on a appelé le samedi à 9h, pas de dispo dans le journée, on a rapellé à 21h15 pour prendre rdv pour le lendemain (l’ouverture des lignes pour obtenir un « creneaux horaires » de la clinique sans rdv est à 21h) et y’avait plus de place non plus… du coup la fièvre a fini par tomber d’elle même 2 jours plus tard…

  3. oups j’ai oublier dans mon commentaire précédent : C’est privé ou public le Children’s hospital ?

    1. C’est public je pense, c’est un centre universitaire de santé.

  4. Vous avez eu bien raison! Mieux vaut être rassuré! Mon pédiatre a toujours l’art de se foutre de moi et de mes questions de maman « d’un premier » mais zut quoi, on n’est pas censée savoir et puis internet est là pour paniquer plus qu’il ne faut. J’ai ce mauvais réflexe que je devrais à tout prix abandonner : aller voir mon ami google au moindre symptôme.

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