La posologie se relit toujours deux fois

Crying./ Photo Jack Fussell
Crying./ Photo Jack Fussell

Hier, je m’ennuyais ferme. L’évier débordait de vaisselle, j’avais un article à écrire et dormi 12 heures en trois jours. Pimpante et relaxée, nonchalamment assise au bord de la baignoire dans laquelle l’extension de moi-même jouait à m’éclabousser, j’ai finalement décidé d’appeler Mister Swing pour lui proposer une petite sortie originale.

« Allo chéri? Ça te dit qu’on aille à l’hôpital pour enfants? »

Bon ok, ça a plutôt donné « Chéri? T’es où? Les urgences, MAINT’NANT! » Et le ton était légèrement, très légèrement plus angoissé. Retour en arrière.

17h Miss Swing, supportant tant bien que mal l’antibio que le médecin lui a prescrit samedi pour une otite, otite qu’elle a potentiellement contractée en se rendant à sa visite de routine chez sa pédiatre trois jours plus tôt, réclame chaque soir à cor et à cri (à pleurs et à cris plutôt) les toilettes une heure chaque soir. Je fais donc un crochet par la pharmacie et furète au rayon enfants à la recherche d’un pansement gastrique.

17h30 Revenues à la maison, je lui donne le médicament. 2 cuillères à soupe selon la ligne 12+ sur la posologie.

17h35 Deux cuillères à soupe à un enfant de 20 mois, c’est dur à donner quand même, et puis des cuillères à soupe, pour des bébés? Je jette de nouveau un oeil à la posologie. Et là : horreur. Sur une ligne un peu plus haut, j’aperçois la mention « years ». 0-3-6-12, tel qu’indiqués, ne sont pas des mois, mais bien des années. De 0 à 3 ans? « Jamais sans l’avis d’un médecin ».

17h40 Je ne panique pas du tout et appelle donc Mister Swing qui peine à comprendre mes paroles tant mon calme est palpable. Nous choisissons de surveiller notre petite malade, qui est en train de vider l’intégralité de ses puzzles sur le plancher du salon.

18h C’est l’heure du bain, je plonge le homard dans l’eau tiède. Je crois avoir la berlue mais non : son dos et son ventre sont recouverts de plaques rouges.

18h02 Je rappelle Mister Swing avec le calme que l’on sait, il me conseille d’appeler les « infirmières machin chose ».

18h05 J’appelle les infirmières précitées au 811. Au Québec, ce service te permet d’obtenir des conseils de santé lorsque tu as un doute dans une situation non urgente. La petite musique d’attente est charmante, j’échange des textos amusés avec le papa pas du tout stressé, se relaxant dans les bouchons, et me demandant si j’ai quelques nouvelles concernant la situation. Finalement, une infirmière répond. Au vu du problème, elle me conseille d’appeler le pharmacien qui m’a vendu ce délicieux produit.

18h15 La pharmacienne décroche, et pas alarmiste le moins du monde, m’explique que « ce médicament est hautement toxique pour les enfants de moins de 3 ans et qu’il ne faut surtout pas lui donner ça ». « Et si je lui en ai déjà donné? », je lui réponds. « Et bien, il ne faut pas ». « OUI MAIS C’EST FAIT ET EN SURDOSE EN PLUS » Je hurle parce que je commence à penser que son téléphone capte mal. « Il faut aller voir un médecin d’urgence alors, on ne doit jamais… » Elle m’a sûrement donné encore quelques précieux conseils concernant ce médicament toxique pour les bébés en vente libre au rayon enfant de sa pharmacie, mais je n’ai guère eu le temps de les noter étant donné que je devais passer un appel urgent…

Alors que nous pensions attendre deux heures au Children’s nous avons été immédiatement pris en charge par les médecins, tous très sympas. Et cette fois-ci je ne rigole plus. Ils ont ausculté plusieurs fois la miss sans qu’elle ne râle – la force de l’habitude après trois passages dans la semaine chez le médecin – puis ont décidé d’appeler le centre anti-poison (ça fait toujours chic et pas du tout peur comme nom). Finalement, nous sommes ressortis avec la bénédiction du médecin, sans lavage d’estomac, sans sermon, après avoir discrètement rangé les flacons et pansements que Miss Swing avait vidés sur le sol. Le corps de la caille avait assimilé le produit, et les boutons commençaient à disparaître. Le médecin en a profité pour vérifier l’otite et confirmé que celle-ci avait disparu, et que l’on pouvait arrêter l’antibio plus vite que prévu.

Je pense que je vais faire de la soupe avec l’antibio qui reste. Histoire de mettre un peu de piment dans notre prochaine soirée.

-Lexie Swing-

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Matthias dit :

    Ouf, plus de peur que de mal 😊
    Quand même, ça Swing avec la miss ces temps-ci ( ah ah bon ok je sors)
    Bon rétablissement…

    1. lexieswing dit :

      Au bal masqué ohé ohé ;) Allez non ne pars pas Matt…!!! :)

  2. Jenzinha dit :

    Oh la la , la panique !!!!!!

    1. lexieswing dit :

      Ouiii, les medocs doivent etre manipulés avec précaution tu en sais plus que moi sur le sujet ;)

  3. Pomdepin dit :

    Oups! Pauvre Miss Swing!

    1. lexieswing dit :

      Si sa mère lisait mieux les notices aussi…

  4. petiteyaye dit :

    quelle aventure ! dans quelques années vous en rirez tous bien car au final plus de peur que de mal, mais sur le coup, je comprends la panique !!

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