Réflexions post-Halloween

Pour la toute première fois, mes filles et moi sommes allées récolter des bonbons. Elles en avaient déjà eu à la garderie, j’aurais pu sans problème «oublier» encore une fois cette année et dire que j’y penserai l’année prochaine, mais mon amie D. a ri quand j’ai commencé à suggérer que j’allais repousser. Parce que j’avais déjà fait de même l’an dernier, bien sûr… Alors j’ai interrogé l’une de mes collègues, pour connaître les hot-spots de ma ville (clairement pas ma rue, toute désignée pour être un quartier fantôme tant les gens se terraient hier soir pour ne surtout pas avoir à donner des bonbons, nous y compris!).
À la sortie de la garderie, avec l’esprit tranquillisé par l’idée que mon souper était déjà prêt (team «je prépare tous mes repas la fin de semaine»), j’ai chargé mes enfants dans la voiture et j’ai roulé jusqu’au quartier pressenti. La rue dans laquelle je me suis engagée était bien décorée, à la dixième maison invitante je me suis donc garée. J’ai vidé les sacs de bonbons déjà bourrés par la garderie sur le plancher de l’auto et j’ai embarqué mon petit monde dans sa première tournée des maisons (qui a dit «des bars»?). Je m’étais renseignée avant sur ce qu’il fallait dire, ça parait évident comme ça mais je ne voulais pas passer pour la fille qui ne connaît l’Halloween qu’à travers les séries américaines. Exit Trick or Treat, nous avons clamé «Joyeux Halloween» dès que la porte s’est ouverte. Enfin moi surtout parce que ma grande avait déjà la main dans la poche à bonbons et ma petite tentait de repousser les jambes de la dame pour entrer chez elle. J’ai des enfants bien élevés. Après une petite remise en ordre, et aux ordres («on n’entre pas chez les gens», «on dit vous et pas tu», «on ne se sert pas, on attend qu’on vous donne», «on ne réclame pas des bonbons supplémentaires») on a pu continuer notre chemin, sous le regard admiratif de mes filles qui n’en revenaient pas qu’il suffise de taper à une porte pour obtenir des bonbons.

Hansel et Gretel ont donc couru en tous sens dans la rue animée, poussant chaque fois plus loin leur exploration, agrémentée de «oh regarde une autre maison avec une citrouille là-bas» à chaque fois que je sous-entendais vouloir rejoindre la voiture. Dix fourberies du genre plus tard, j’ai finalement obtenu gain de cause. Les sacs ne fermaient plus et mes poches étaient pleines. Ma grande fille a quand même suggéré de vider une nouvelle fois les sacs dans la voiture et j’ai décidé d’ignorer cette tentative sournoise de continuer la soirée (mais de qui tient-elle ces idées?!).

C’était un joli moment, je ne peux qu’en convenir. J’ai aimé les rues animées, les décorations soignées et la gentillesse des hôtes. Les familles entières et les groupes d’amis hilares. Les portes qui s’ouvraient sur de jeunes parents et de tout petits bébés adorablement déguisés. J’ai aimé notre butin, la répartition, la possibilité de dire «ok tu as le droit de manger une sucette avant le souper», parce que c’était une journée si spéciale.

J’ai été surprise par ailleurs de constater que tant d’amis en France avaient eu l’occasion de parcourir eux aussi les rues avec leurs enfants et que l’Halloween était également fêté dans certaines écoles, dans les garderies ou dans les centres aérés. Je pense que j’avais une quinzaine d’années lorsque les premières festivités en la matière sont arrivées en France, mais j’ai souvenir également qu’elles sont vite tombées à l’eau, taxées d’américanisme. On ne voyait pas vraiment l’intérêt de cette fête dont on ne comprenait pas l’origine, la culture et la tradition. Quand je suis partie en 2013, je n’ai pas plus le souvenir de quelque chose d’aussi tangible que ce que j’ai pu voir dans certaines photos. Une chose m’a marquée par contre (et réciproquement si j’en crois certains commentaires de mes amis) : nos déguisements de l’Halloween sont bien plus gentillets que ceux de la France. Ici, dans la rue, j’ai croisé des sorcières oui, mais aussi et surtout des pompiers, des chiens de la Pat’Patrouille, des docteurs, des policiers, des super-héros, des hot-dogs, des animaux en masse, des dinosaures et beaucoup de licornes. Sur les photos de la famille et des amis en France : des masques terrifiants, des maquillages superbes mais épeurants, des sorcières et sorciers, des fantômes, des vampires… Notre Halloween est en fait votre Carnaval, les bonbons en plus et les crêpes en moins.

Sur une autre note, j’ai aimé aussi cette photo que j’ai partagée hier de la famille du Premier Ministre. Justin Trudeau y est déguisé en Clark Kent/Superman, mais ce sont ses deux plus jeunes enfants qui ont attiré mon regard : sa fille, arborant la tenue de Wonder Woman. Son plus jeune fils, déguisé en Skye, la chienne Skye, celle-là même qui est tout de rose vêtue dans Pat’ Patrouille. Car on pourra avoir tous les messages positifs du monde sur la discrimination par le genre et l’importance de respecter les enfants quels que soient leurs choix et leurs envies, il n’y a que les actes qui peuvent donner du poids aux mots. Que l’on aime ou pas ce premier ministre là, cette famille-là, n’enlève ni n’ajoute au fait qu’ils sont des personnes publiques, qui ont envoyé hier un message fort aux enfants de demain, et aux parents qui les accompagnent.

 -Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

Petit guide à l’usage de nos proches français

On s’en va bientôt visiter la France, son pain, son chocolat, son vin, son aligot, ses viennoiseries (j’ai faim, ça se voit non?) et son soleil (j’espère!). Avec moi j’emmène mes enfants (deux, un petit modèle, un grand modèle). Deux enfants qui ont grandi loin de la France. Avec tout ce que ça comporte comme avantages et inconvénients lorsqu’ils se retrouvent en Mère Patrie. Il se peut qu’il y ait des quiproquos. À ce titre, je vous propose donc à vous, mes amis et famille de France, un guide rapide et non exhaustif qui nous sauvera à tous bien des malentendus.

– La première fois qu’elles vont vous voir, elles vont crier et avoir la trouille. C’est que vous étiez derrière un écran d’ordinateur et maintenant vous êtes faits de chair et d’os. Laissez-leur un peu de temps pour s’habituer.

– Elles vont probablement confondre vos noms (mais rassurez-vous, la petite appelle aussi son père «Maman»).

– Elles ont l’accent du pays où elles vivent, surtout la grande. Elle dit «lô» pour là, elle dit «ça se peut-tu?», elle dit (souvent) «bas» pour «chaussette». Je sais que c’est tentant de la corriger mais sachez-le, ça ne va pas me plaire. Ça ne va pas lui plaire à elle non plus (elle a quatre ans et elle pense qu’elle a raison sur tout, imaginez quand elle a VRAIMENT raison). Et surtout, surtout, rire en criant «lô, t’entends elle dit lô!», ça ne fait rire que vous. Surtout pas moi. Regardez-moi bien, est-ce que je ris?

– La liste des mots qu’elles utilisent et qui ne sont pas les mêmes qu’en France est fort longue. Parmi ceux que vous avez le plus de chances d’entendre, vous noterez «abrier» (couvrir, avec une couverture par exemple), «la doudou» (la couverture), «le toutou» (le doudou), «yogourt» (yaourt), «chandail» (t-shirt), «tuque» (bonnet), «espadrilles» (baskets), «glissade» (toboggan), «suce» (la sucette, que la petite appelle «sussa»), «mitaines» (moufles), «cami» (débardeur), «kleenex» (mouchoir), «collation» (goûter, valable aussi le matin à 10h), «gars» (garçon), «allo» (coucou) (très courant, elle n’a pas été polluée par une certaine star de la téléréalité, rassure-toi), «s’enfarger» (se prendre les pieds dans quelque chose, comme dans «j’m’a enfargé dans la queue du chien, papa!»), «tu me niaises-tu?» (tu te moques de moi?). Un poupon est un bébé, un jeune enfant. Une poupée type nouveau-né est un bébé (je sais, je t’ai perdu).

– Elles sont en t-shirts par 15 degrés. Rappellez-vous que chez nous il faisait -15° il y a trois mois. Par 30 degrés de plus, toi aussi t’afficherais ton plus beau marcel.

– Elles mangent à 18h. Ça n’oblige personne à dîner à cette heure-là mais ça veut dire que dès 17h30 elles vont vous tanner sévère pour passer à table.

– «Tabarnak» est un très vilain mot. Je sais que ça peut paraître drôle comme ça, mais ne me donne pas l’envie d’apprendre «Putain de bordel de merde» à tes enfants, si tu vois ce que je veux dire.

– Au Québec, on dit les mots en anglais comme ils se prononcent… en anglais. Même si c’est une phrase en français. Si tu appelles «Spiderman», «Spidèremane», ne t’étonne pas qu’elles ne connaissent pas.

– «Les amis», ce sont les autres enfants. «Allez, va jouer avec les amis au parc» ne signifie pas qu’elles ont sympathisé avec tout le quartier mais juste qu’il y a un petit groupe d’enfants à l’air avenant apparemment du même âge. Au Québec, on est amical par essence et méfiant par exception.

– L’école commence à 5 ans. Elle n’est ni retardée ni déscolarisée. Elle va encore à la garderie puisqu’elle n’a pas l’âge requis pour commencer la maternelle.

– Le pain au chocolat est appelé chocolatine. Elle ne te «niaise» pas pour déclencher une bataille nord-sud pour qui a le bon terme.

Avec ça, nous devrions être au point pour passer de bonnes vacances! Quelqu’un peut me passer la crème solaire?

-Lexie Swing-

Bonnes adresses clermontoises

La rue des gras, et les volcans en fond./ Photo Marcel Musil

La rue des gras, et les volcans en fond./ Photo Marcel Musil

Clermont-Ferrand, c’est cette ville en plein cœur de l’Auvergne où l’horizon est vert et la pierre résolument noire. La raison ? Les volcans, dont les pentes herbeuses environnantes verdissent à perte de vue tandis que la pierre de Volvic, extraites de ces mêmes volcans, noircissent le paysage immédiat.

C’est aussi la ville où beaucoup de choses ont commencé : des amitiés de longue date, notre famille à deux, nos principaux souvenirs scolaires, etc. On avait hâte de la quitter mais on y revient désormais avec plaisir, contents de (re)découvrir des coins sympas, des vestiges de notre passé et de nouvelles boutiques.

Malgré la morosité dont on accuse souvent les Français, ils n’ont pas leur pareil, ces dernières années, pour ouvrir des petits salons de thé et des magasins regorgeants de produits locaux dont les tissus sont bios et doux, et les aliments savoureux. Grâce aux suggestions de mes ami(e)s, voici quelques découvertes du cru, essentiellement autour de la rue des Gras, rue qui monte à la cathédrale. Prenez donc de la hauteur!

La Librairie
La Librairie est, effectivement, une librairie. Surpris, hein? Située proche de la cathédrale, tout en haut de la bien connue rue des Gras, elle regorge de jolies trouvailles littéraires. Si j’en crois l’amie qui me l’a conseillée, la libraire connaît chacun des livres qu’elle propose. Elle a ainsi pu m’en faire la démonstration, sortant tour à tour des livres pour enfants de 8 ans et plus (public concerné : ma nièce) en me disant « Ça c’est super, les gamins adorent », « Ca j’ai beaucoup aimé, c’est poétique ». Des best-sellers aux petits romans d’auteurs inconnus, il y aura de quoi vous contenter !

La Librairie, 5bis rue des gras, 63000 Clermont-Ferrand

Cousin Cousine

Ce n’est pas réellement une découverte, en ce sens que Cousin Cousine existe depuis pas mal d’années déjà. Mais en termes de « jolies choses à offrir à des enfants », Cousin Cousine est un incontournable du genre. Mobiles, veilleuses, jouets en bois, marques Corolle, Moulin Roty, l’Oiseau Bateau, etc. De quoi trouver la perle rare.

Cousin, Cousine, 5 rue des gras, 63000 Clermont-Ferrand

L’Instant T
A peine plus loin, tout près de la cathédrale, découvrez l’Instant T, une bonne adresse de salon de thé. Le crédo de la propriétaire des lieux : le fait maison. Grand choix de thés, belle carte de cafés et de chocolats chauds, il y a en pour tous les becs. A noter que des tartes salées et des salades sont également proposées le midi. En dessert et au goûter : crêpes et pâtisseries maison. Bref, vous passez quand?

L’Instan T, 1 rue Verdier Latour, 63000 Clermont-Ferrand

Le bougnat burger
Quand mon amie C. m’a suggéré le bougnat burger pour notre lunch de retrouvailles, j’ai googlé aussitôt le nom du resto. Baver devant les menus j’adore ça! A l’heure du rendez vous, j’avais déjà fait mon choix. J’ai donc opté pour un burger végétarien (croquettes de pommes de terre, poivrons, tomates…) et frites à la sauce au Cantal. Léger, pis tout’. Le restaurant est désormais célèbre pour ses steaks bios et son amour des fromages locaux. Une bonne adresse donc, quand on est touriste!

Bougnat Burger, 10 Boulevard Léon Malfreyt, 63000 Clermont-Ferrand

 

-Lexie Swing-