Accouchement: le terme c’est le terme!

A la première échographie, généralement vers 5-6 semaines de grossesse (la première écho officielle est à 12 semaines d’aménorrhée mais une écho de datation de la grossesse est souvent prévue avant), le gynéco fixe la date de début de grossesse, et donc celle de fin… 9 mois plus tard. Vous vous attendiez à un calcul savant? Non non, le calendrier suffit!

La récompense après le sprint final./Photo DR Lexie Swing

La récompense après le sprint final./Photo DR Lexie Swing

Vous ressortez donc de la première écho avec une date en tête. Elle est lointaine, mais elle est fixe. Et au fur et à mesure, elle se rapproche. Elle se rapproche d’autant plus que vous prenez de l’ampleur, disons, du tour de taille. Et que vient inexorablement le moment où vous vous sentez comme une baudruche trop gonflée: prête à exploser. C’est le moment où vous commencez à tourner en rond en psalmodiant « bon sang, faut qu’il sorte, j’en peux plus… je dors plus, j’ai mal partout, je marche avec peine, je veux qu’il soooorte ».

Et le terme qui devait être à J+9 mois devient insidieusement un J+8 mois et quelques, à mesure qu’Internet vous informe « qu’un bébé est complètement formé à partir de 37 semaines d’aménorrhée » et que les textos pleuvent « QUOI? Tu n’as pas encore accouché ». Vos proches regorgent d’exemples de femmes ayant accouché à 37, voire 38 SA, « d’un bébé en pleine forme ». Et tandis que les jours défilent, et que vos maux de dos deviennent inversement proportionnels à votre patience, on vous apostrophe: « Il va être super gros non? », voire mieux: « C’est que tu ne bouges pas suffisamment, fais de la marche/tes vitres/le ménage de printemps/un trek dans la jungle, et demain il est là ».

Je vais vous révéler un truc fou: le terme c’est le terme! Et s’il semblerait que 50% des femmes accouchent avant 38 sa + 2 jours, 50% des femmes accouchent également après, donc à 39 sa, 40 sa, à terme, voire – ô sacrilège – APRES le terme (les maternités déclenchent de 2 à 10 jours – oui oui vous avez bien lu, 10 jours – après terme).

Alors inutile de vous focaliser sur les 37 SA, faites la sourde oreille au coaching pseudo-sportif de vos proches… la ligne d’arrivée, c’est 41 SA. Et si, et seulement si, vous êtes chanceuse, peut être qu’une nuit, à l’aube des 39 SA, la poche des eaux vous romprez, qu’à la maternité vous vous précipiterez, pour tendrement accueillir votre nouveau-né…

-Lexie Swing-

Ceinture lombaire pour grossesse sereine

A 30 semaines d’aménorrhée (mot compte triple), le verdict est tombé: col raccourci. Pas de quoi faire des offrandes de cacahuètes à Mère Nature pour apaiser la menace d’un accouchement prématuré mais un mot d’ordre: se reposer. Et puis trois autres sur une ordonnance: ceinture physiomat confort.

Une taille unique et deux bandes pour ajuster./ Photo Physiomat

Une taille unique et deux bandes pour ajuster./ Photo Physiomat

Ladite ceinture, non remboursée par ailleurs, est aussi moche qu’elle est efficace. Ajustée sur les hanches, elle a rempli le rôle que mon col peinait à jouer: supporter le kilo 800 de mon poupon et le garder bien au chaud. Une seule condition: la porter dès que l’on se tient debout plus de dix minutes. J’ai lu quelques critiques sur ce type de ceintures qui provoquerait un affaissement du périnée. Honnêtement, c’est possible, surtout si on la porte dès les premiers mois. Mais pour supporter le dernier trimestre, elle est parfaite: maux de dos réduits, col soulagé, que demande le peuple? Des couleurs plus classes peut-être, plus passe-partout… Pour le moment, on est plus dans l’outil d’hôpital que dans l’accessoire de mode. Allez, un p’tit effort… entièrement noire ce serait tellement plus chic!

-Lexie Swing-

Pour ou contre l’allaitement

« Pour ou contre l’allaitement »… la question revient souvent sur les forums de grossesse, sacralisant ce qui est à mon sens l’un des plus importants problèmes de la maternité d’aujourd’hui. Les femmes actuelles se doivent non seulement d’occuper des postes importants, sinon utiles, mais aussi de savoir cuisiner (retour au terroir et aux produits qui vont avec), d’avoir de l’ouverture d’esprit et de la culture (l’aventurière gagne des points), et bien sûr, mais il fut ainsi de tout temps, d’être « une bonne mère ». Et ce « bonne mère » implique toujours l’allaitement, toujours. Une femme qui n’a pas allaité ne le fait pas par choix mais par défaut (pas assez de lait, pas assez de temps). Du moins, beaucoup disent aujourd’hui ne pas avoir allaité « parce qu’elles ne le sentaient pas » mais sont aussitôt accusés de ne pas avoir voulu le bien de leur enfant, au profit de leur confort à elles. Le problème de toutes ces femmes, dont moi? Ces mères, qui ressemblent à s’y méprendre à celles du fameux Tea Party américain, qui s’érigent en parangon de vertu. Persuadées de de détenir les clefs de la « vraie » maternité, elles flagellent toutes celles qui ne suivent pas leur exemple à grands coups de « les statistiques prouvent que… », « l’enfant est mieux ainsi… », « c’est la nature qui nous a faites ainsi, les autres mammifères font pareil », avant que la sentence tombe: « mauvaise mère ».

Allaitement./ Photo Couscouschocolat

Allaitement./ Photo Couscouschocolat

Outre le fait d’avoir fait de la maternité une cause nationale et non plus un domaine de la sphère privée, ces mères ont réussi à faire de l’allaitement un enjeu. J’ai l’intime conviction que les mères d’hier tendaient naturellement vers l’allaitement, qu’elles arrêtaient au moment où celui-ci devenait incompatible avec leur vie personnelle (au bout d’un jour, un mois, un an) et nul ne s’en étonnait. Aujourd’hui, et dès les prémices de votre grossesse, où vous demandera invariablement « souhaitez-vous ou non allaiter? » Il faut se positionner, prendre parti, être dans un clan avant même de savoir ce qu’est la maternité. Et ceux qui n’ont jamais lu ou entendu une jeune mère épuisée par des nuits sans dormir, aux seins crevassés jusqu’à la gorge, se plaindre d’avoir échoué dans son rôle de mère, n’ont pas encore saisi l’ampleur du problème.

-Lexie Swing-

Grossesse: les joyeux symptômes de la femme enceinte

Pertes, vertiges, nausées, fatigue…. Le cocktail est détonnant, le résultat peu agréable et pourtant il s’agit pour beaucoup de femmes du « mélange idéal », celui qui prédestine un « + » sur un test de grossesse.

Deux barres parallèles: un test de grossesse positif.

Deux barres parallèles: un test de grossesse positif.

Vous avez déjà eu la gastro-entérite, la grippe? Vous avez déjà passé plusieurs nuits accroché à une bassine comme Robinson à son radeau de fortune? Il s’agit rarement de souvenirs agréables, et pourtant ce sont ces mêmes symptômes qui vous rendront euphorique le moment venu (sûrement encore plus si vous êtes le conjoint, ça s’appelle « les avantages sans les inconvénients »). Un petit tour par les forums de grossesse sera la meilleure illustration: « J’ai des pertes marrons et des douleurs de règles, suis-je enceinte? » Entendez par là que la demoiselle est pliée en deux sur son canapé. « J’ai le ventre ballonné et très mal aux reins »… Vous vous souvenez de vos coliques néphrétiques, celle où vous vous rouliez pas terre en gémissant « je vais mou-riiiir » (la séparation des deux dernières syllabes et l’accentuation de l’ultime voyelle est importante), ça vous revient? C’est un symptôme! « J’ai passé la nuit à vomir et j’ai des vertiges dès que je me lève. » La gastro couplée à la grippe, le meilleur des deux mondes.

Tous ces symptômes que l’on abhorre d’ordinaire puisqu’ils sont annonciateurs de moments peu sympathiques revêtent soudainement leur costume de fête. Je vous en fait la promesse très officielle. Une femme qui cherche à tomber enceinte peut prononcer des phrases aussi improbables que « Chéri(e), j’ai l’impression qu’on essaye de m’arracher le sein droit, les entrailles, j’ai une migraine depuis deux jours et je viens de rendre le gigot de midi, c’est superfragilisticultraformidable non? »

Dans tous les cas, et pour celles qui chercheraient la recette idéale, il n’y a pas un symptôme qui se ressemble, pas une femme enceinte qui puisse comparer sa grossesse à celle d’une autre. En vrac, on peut cependant considérer que:
des maux de ventre, une hyper-émotivité, des nausées/vomissements, de la fatigue, des vertiges, des insomnies, des pertes blanches, parfois des pertes marrons, des douleurs à la poitrine, des maux de tête, une hypersalivation, des gencives qui saignent, peuvent être des signes de grossesse. Vous pouvez les avoir tous (petite veinarde) comme aucun. Le seul à vraiment prendre en compte est l’absence de règles, ou aménorrhée, même s’il arrive à certaines femmes d’avoir ce que l’on a coutume d’appeler « des règles anniversaire ».
Dans tous les cas, inutile d’énumérer vos symptômes sur un forum puisque la réponse sera invariablement la même: « Faites un test ». Et sans faire de pub, les tests qui écrivent en toutes lettres « Enceinte » ont quelque chose en plus, un petit côté Cupidon qui devrait vous plaire…

-Lexie Swing-

Sexe du bébé: la surprise au bout des 9 mois?

Je voulais savoir le sexe de mon bébé. C’était impétueux et irrésistible comme envie. Ca m’a pris à 7 semaines de grossesse et ne m’a pas lâché depuis. J’interprétais tous les signes, faisais vriller les horoscopes chinois sur la Toile, calculais en fonction des lignes, me levais le matin en glapissant « c’est un garçon, j’ai rêvé que c’était un garçon », et tapais des demandes pleines de sens sur Google du type « instinct-sexe du bébé- vrai ou faux ».

Soyons clairs: les seules qui ont deviné le sexe de mon bébé avant l’échographe ont été une fille qui calculait en fonction des pleines lunes et lunes noires (mais il paraît que ça marche avec les vaches, alors pourquoi pas avec moi ;)) et ma belle-soeur. Et pour cette dernière, je suis presque sûre que c’était par esprit de contradiction quant aux opinions du reste de la famille.

Aujourd’hui, dans la moitié des cas, il est possible de connaître le sexe, du moins son estimation, dès 12 semaines d’aménorrhée (SA). L’obstétricien observe alors la forme du « turbercule génital ». En fonction de son inclinaison, il pourra vous dire si c’est plutôt une fille (bourgeon presque parallèle au dos de l’enfant, angle inférieur à 10%), ou un garçon (angle de 30% environ par rapport au dos). Mais pour que cela soit réalisable, il faut que les clichés soient bons. Et la chose se révèle donc plutôt corsée quand vous avez un bébé qui prend votre utérus pour une piscine olympique en plein championnat… Autant l’avouer de suite: nous n’avons rien su à l’écho des 12 SA.

Echographie

Echographie./ Photo DR -Jérôme-

Quand vous loupez ce rendez-vous avec la « vérité », vous pouvez éventuellement vous rattraper sur l’écho de contrôle des 17-18 SA. A ce moment, le sexe commence à se dessiner et l’estimation est plus précise. Cependant, seule une partie des obstétriciens réalisent cette échographie. Si vous êtes suivis par une sage-femme, vous devrez attendre la prochaine échographie : 22 SA. Ce fut notre cas.

Lorsqu’arrive cette deuxième écho obligatoire (12 SA, 22 SA et 32 SA sont les trois rendez-vous originellement prévus), l’obstétricien vous demandera si vous souhaitez connaître le sexe de votre enfant. A ce moment là, vous hurlez « OUIII ». Détrompez-vous, certains disent non. Certaines disent oui mais le conjoint dit non, ça arrive aussi (ou l’inverse, je suis pas sexiste). Sont-ils fous? Je vais vous surprendre mais… je ne crois pas! Et malgré le désir ardent qui me pousse à vouloir connaître le sexe depuis la 7e semaine de grossesse, je les comprends même. Dans mon entourage, ils sont quelques-uns à avoir attendu la naissance. Plusieurs cas alors:

– Il y a ceux qui avaient déjà une fille et un garçon, et attendaient un troisième enfant. Ils avaient déjà « le choix du roi (et de la reine) », n’avaient pas de préférence pour ce troisième bout d’chou et connaissaient par coeur les différentes étapes de la grossesse. D’où l’envie d’avoir une petite surprise dans ce parcours bien rodé.

-Même finalité pour la seconde catégorie: les grossesses après une procréation médicalement assistée (FIV, etc…) Et là, une réponse unanime: « C’était déjà tellement médicalisé et organisé qu’on voulait se réserver une part de surprise ».

– La troisième catégorie englobe tous les autres, puisqu’on est pas forcé d’entrer dans une case. Que ce soit le premier ou le vingtième, une grossesse rapide ou un parcours compliqué, il y a des gens qui adorent les surprises. J’ai posé la question à une quinzaine de couples et aucun n’a jamais regretté d’avoir attendu la naissance pour découvrir le sexe de celui (celle) qu’ils ont souvent appelé durant la grossesse « le kinder » en référance à l’oeuf Kinder surprise.

Alors pourquoi demander le sexe à 22 SA si c’est si bien d’attendre jusqu’à la naissance? Parce que, si certains préfèrent avoir la surprise, d’autres aiment bien les étapes. Pour nous, c’était essentiel. On ne souhaitait pas se fendre d’une déco sexuée, on est plus combinaisons que robes et petits pantalons mais c’était important pour créer un lien avec notre bébé, tout comme le fait de lui choisir un nom. Je ne regrette pas un seul instant et depuis que je sais, enfin, le sexe, je suis beaucoup plus sereine. J’ai arrêté d’imaginer sans cesse la prochaine écho, à compter les jours et à regarder des sites Internet délirants.

Et croyez-moi, voir « un trait » là où l’on pensait voir « quelque chose dépasser », c’est une sacrée surprise… Bienvenue ma fille!

-Lexie Swing-