Six astuces pour un petit déjeuner frais le matin

Ce n’est plus un secret : nous déjeunons régulièrement chez nous de gâteaux et pains frais. Ce n’est pas forcément l’idée que les nutritionnistes se font d’un petit déjeuner sain, mais sur mon échelle personnelle du bien manger, le gâteau fait maison se positionne devant les céréales sucrées du supermarché.

La perspective d’enfourner bientôt de la pâte à madeleines ou une brioche tressée dans le four préchauffé est une motivation suffisante pour me lever – tôt – le matin, et je me plais à croire que c’est une odeur qui, inconsciemment, teintera les souvenirs d’enfance de mes filles.

J’en profite souvent pour glisser une part dans la pochette à collation de ma grande, et une autre dans le sac de karaté de la petite, avant d’en garder quelques morceaux pour nos propres boites à lunch. Si mon conjoint les dévore, je crois, en dessert, ils sont pour moi une étape dans ma journée, soit avec mon café en arrivant, soit quelque temps avant de partir, en fin de journée, lorsque je sais le souper lointain et que les activités sportives des filles se profilent.

Si jamais vous aimeriez vous aussi vous offrir le luxe de profiter certains matins d’un petit déjeuner frais, voici quelques astuces glanées au fil des mois :

–       Préparez vos pâtes à gâteaux et à cookies la veille, et réfrigérez. Pour certaines préparations, réfrigérer est un incontournable. C’est le cas des madeleines – le changement de température entre le frigo et le four est le secret de leur bosse. Mais la plupart des pâtes s’y prêtent volontiers, pour autant qu’on les laisse tranquillement revenir à température ambiante avant de les enfourner.

–       Préparez vos pâtes à pains et à brioches la veille également. Pétrissez, laissez lever durant une heure dans le four à peine chauffé, puis éteint, en couvrant le bol d’un torchon mouillé. Dégazez ensuite la pâte et réfrigérez toute la nuit. Cela permet une deuxième poussée lente de la pâte.

–       Mélangez vos ingrédients secs lorsque les recettes ne se prêtent pas à une préparation en amont. Les biscuits véganes, par exemple, sont souvent meilleurs lorsque préparés minute. Pour gagner du temps, je mélange ensemble les ingrédients secs la veille au soir. Le matin, je n’ai donc plus qu’à ajouter les liquides : du lait de soya, de l’huile, du beurre végane, et à enfourner. De la même façon, il est facile de conserver un mélange d’ingrédients secs dans un pot Masson. Sur le même principe qu’un mélange à gâteaux «à offrir», on peut préparer quelques pots de mélanges à gâteaux pour la semaine avec la recette à portée de main.

–       Faites-vous des overnight oats. Ce n’est pas à mon goût mais certaines personnes adorent. Le principe : on mélange flocons d’avoine, yogourt, lait, graines de chia, confiture, sirop d’érable, name it… et on laisse au frigo toute la nuit pour pouvoir déguster ça bien frais le matin. La papesse du genre, Marilou, propose plusieurs recettes sur son site.

–       Congelez! Doublez vos recettes et congelez les restants. Un muffin ou un cookie passé au programme décongélation du micro-ondes, c’est juste délicieux.

–       Restez dans la simplicité. Personne n’a envie de commencer sa journée avec une recette compliquée, qui demande 16 ingrédients et quelques incantations. Tenez-vous en à vos recettes préférées, simples et épurées. Je vous livre mes préférées ci-dessous.

 

Nos recettes du quotidien :

–       Les muffins véganes à la banane de It doesn’t taste like chicken.

–       Les madeleines façon Lenôtre.

–       Les cookies véganes d’Une maman végane

–       Le pain sans pétrissage de Rose.

–       Les muffins chocolat-avoine, sur le blog.

 

Belle fin de semaine!

 

-Lexie-

Le marathon des activités

Un tout-petit ne devrait pas avoir plus d’une activité extra-garderie par semaine. 30 minutes tout au plus de baby-something (même si «moi pas bébé» n’est plus un bébé, toutes les activités s’appellent baby-quelque chose, et impliquent que toi – ô parent épuisé – tu donnes une nouvelle fois de ton temps pour amuser ta progéniture. Car oui : toute activité pour enfants de moins de 3 ans est en réalité une activité parent-enfant). Pour avoir un développement personnel harmonieux, l’enfant petit doit bénéficier de moments de calme, dans sa maison, à lire Pomme d’Api en mangeant proprement une collation saine sur le canapé du salon.

Ça, c’est la théorie.

En pratique, il n’y a pas de calme là où il y a plus d’un enfant et l’espace de lecture est circonscrit au parquet considérant la relative nouveauté dudit canapé. J’ai des sueurs froides rien qu’à imaginer des feutres à proximité du tissu gris clair immaculé. Tempête étant par essence un enfant vif et bondissant dès potron-minet, l’urgence de l’inscrire à une petite baby activité s’est faite sentir. C’est donc les mains jointes et la bouche en coeur que nous avons suggéré au professeur de karaté d’accueillir l’enfant très motivé dans son cours malgré les six mois manquants à l’âge requis. À deux ans et demi, vêtue d’un kimono blanc et d’une ceinture à son nom, notre cadette a pris part à son premier cours.

Et elle a tenu bon. Même si c’était deux fois par semaine. Même si sa soeur a choisi d’arrêter quelques mois plus tard. Même quand le stationnement était glissant ou la collation de l’après-midi déjà lointaine. Elle a continué, réclamant chaque semaine son cours, amusée par les détails qui font le sel de la vie d’un enfant de trois ans : se changer dans la voiture, manger des petits gâteaux dans son siège auto, retrouver les amis du club. À l’hiver, cependant, un obstacle s’est dressé : Tempête voulait faire de la danse.

Pas à la place, non. Tempête voulait aussi faire de la danse.

Autant on voyait bien l’aspect très positif du karaté, autant la danse nous laissait de glace. Mais le parent moderne est un parent coupable : pauvre petite qui, pour la première fois, nous exprime une véritable envie. Plutôt que de trancher, nous avons additionné. Désormais, les cours de karaté se passeraient uniquement en soirée, pour laisser la place au cours de danse le samedi matin.

Et le rythme a repris : lundi karaté avec maman, mercredi karaté avec papa, samedi danse avec le moins endormi des deux. Oui 9h la danse le samedi, ceux qui font les horaires n’ont aucune pitié.

La belle saison est arrivée, la garderie a organisé ses propres petits cours de sport. Karaté également – l’enfant est en passe de devenir professionnel avant l’heure – mais aussi soccer.

Et qu’est-ce qu’elle était bonne au soccer. À l’aise, et motivée. Pile à l’heure pour la saison d’été, au moment même où la danse allait s’arrêter.

«Tu aimerais faire du soccer?», ai-je demandé, dopée par les souvenirs de «Joue-la comme Beckham».

«Oui», elle a dit. «Et puis du tennis avec Papa aussi».

Alors voilà. Dans le placard de ma cadette, il y a une ceinture de karaté et puis des chaussons de danse. Des souliers de soccer, des protèges tibias taille Peewee et un ballon rond ont rejoint l’étagère. Quant à la raquette… c’était son cadeau de fête.

Fin mai, pour la seule et unique fois, elle sera partout. Au soccer le lundi, au karaté le mercredi et le jeudi, à son spectacle de danse le dimanche. Ce sera beaucoup trop, mais ça ne sera qu’une fois. Ce sera un souvenir excitant, de ceux qui fleurissent durant les repas de famille. Elle dira «j’ai toujours été comme ça», et «mes parents disaient toujours que je voulais faire toutes les activités possibles». Ce sera sa vérité, ça ne sera pas la seule. Ce sera celle d’une époque, celle d’un instant, peut-être celle de toute sa vie durant. Mais nous serons là pour lui dire, le cas échéant, qu’elle était l’enfant le plus tranquille au monde lorsqu’il s’agissait de lire son Pomme d’Api, un Spéculos à la main, sur le sol du salon.

-Lexie Swing-

PS Je précise qu’aucun enfant aîné n’a été maltraité dans cette histoire, ni nié dans ses besoins fondamentaux d’accomplir des exploits sportifs. L’enfant aîné fait de la natation, avec la motivation d’une nouvelle bru se rendant au premier souper de Noël de la belle-famille. Par souci d’équité et par refus d’enfermer notre progéniture dans des cases définies, nous avons précisément demandé «est-ce que l’une de vous, ou les deux, souhaite faire du soccer». Et tandis que Tempête criait «OUI» et partait chercher un ballon, B. a croisé mon regard : «Tu me fais une blague, n’est-ce pas?»

 

Que cette année nous soit douce

Je me souviens parfaitement du début de 2018. Nos 5 ans riaient dans le salon, leurs cadets roupillant déjà sur leurs matelas. Nous avions projeté les coucher un peu plus tard, nos grands, mais leur résistance valait la nôtre. Un peu plus et le matin se serait levé avec eux ! 2018 a donc commencé comme ça, sous les éclats de rire. J’aurais aimé que cela soit une prophétie de l’année à venir, malheureusement il n’en a pas toujours été ainsi.

Début janvier nous, les lecteurs de longtemps, de toujours, avons appris le décès prématuré de Julie, la blogueuse voyageuse de Carnets de traverse. Cette impression irréelle de manquer de souffle. La projection forcée, l’implacable froideur de la réalité. L’impression, surtout, de voler leur tristesse à d’autres. Et puis garder au bout des doigts, aux confins de l’avenir le message important, l’urgence de vivre et de se réaliser, en pimenter chaque minute, en saupoudrer chaque paysage. En hommage, et parce qu’il s’agit là d’une vérité fondamentale, sinon primordiale.

L’année a été souvent amusante, parfois éprouvante. Mais je m’en souviendrai comme d’une année épaulée, une année d’amitié, une année à s’écouter et à s’entraider.

2018 est surtout l’année de notre premier vrai voyage à 4, sur les routes du Nouveau-Brunswick. Nos premières véritables aventures en tant que famille, au rythme de nos filles, au gré des paysages et selon la carte des cartes des restaurants (végétariens, toujours ;)).

L’existence se fait douce, douce et trépidante, douce et triste parfois. Ce ne sont plus des montagnes russes, ce sont des cheminements. J’ai 32 ans. Cette année j’ai glané autant de certitudes que de rides. A ce rythme je serai bientôt flétrie comme une pomme.

Merci pour cette année, les copains, les amis. Merci pour cette douceur de vivre, merci pour nos rires et nos vives discussions. Que 2019 nous soit douce, qu’elle soit pleine d’aventures, riche en retrouvailles. Qu’elle soit un pas de plus vers la tolérance, un regard de plus vers les autres. Qu’elle soit tendre et lumineuse avec nous tous.

Très belle année !

-Lexie-

Le concours de nouvelles

Je vous dirais bien l’hésitation, les ratures, les phrases trop longues, les signes trop courts. Je pourrais vous conter l’inspiration, la scène si présente, l’océan sous mes yeux. Mais je préfère vous laisser lire, vous laisser voter si vous le souhaitez, vous laisser filer si vous ne voulez pas vous attarder.

https://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/entre-chien-et-loup-s2974103.html

Merci !

-Lexie Swing-

Fini le pouce!

Miss Swing suce son pouce depuis la nuit des temps, ou depuis ses premières nuits, c’est selon. Un acte pour lequel j’ai développé une véritable relation d’amour-haine.

Car le pouce était tantôt salvateur, tantôt obstacle (à la parole) et danger (pour les dents et la mâchoire). Il était le doudou facile que l’on a toujours avec soi et derrière lequel elle se cachait volontiers.

Après le tome précédent (« Sus au pouce ») et quelques jours durant lesquels le pouce avait été pourvu d’un pansement tant il était abîmé (le fameux duo « hiver + salive »), nous avions finalement laissé les choses suivre leur cours et Miss Swing reprendre son pouce bien-aimé.

Et puis en décembre dernier, sa nouvelle éducatrice, dans son nouveau CPE, nous a envoyé un courriel. Quelques mots avec lesquels elle soulignait que le pouce devenait un handicap. B. se cachait derrière, s’empêchant parfois de répondre. Plus encore, et nous l’avions remarqué durant ses cours de karaté, la succion entraînait invariablement une perte de concentration. Le pouce bien vissé dans la bouche, Miss Swing quittait le monde réel, allant jusqu’à oublier ce qui se tramait devant elle: prof, parents, petite sœur ou danger.

Alors avec son accord nous avons pris les devants. Nous avons demandé à notre grande fille quelle pouvait être la bonne solution selon elle pour arrêter le pouce. Les menaces n’avaient pas marché, il fallait passer au plan d’autonomie et de responsabilisation.

Finalement c’est en repensant à la précédente réussite des pansements que nous avons imaginé une solution plus durable : le gardien de pouce, ou cache-pouce, ou « le machin pour le pouce » comme il a bien sûr fini par s’appeler chez nous.

Un objet certainement facile à réaliser mais pour lequel j’ai préféré me tourner vers une couturière d’Etsy. Nous avons soigneusement pris les mesures, Miss Swing a choisi le tissu – la Pat’Patrouille – et nous avons commandé le précieux.

J’ai poussé un soupir de soulagement en ouvrant le paquet et découvrant que ledit cache-pouce arborait Rocky, chien préféré parmi la gang. La première partie allait en être grandement facilitée.

Miss B. était ravie de son nouvel objet. Elle l’a enfilé rapidement et conservé la journée et la nuit durant. Au moment d’aller à la garderie, elle a connu une hésitation, craignant qu’il se salisse ou, je pense, que l’on se moque un peu d’elle. Finalement, et comme je le lui avais prédit – ses amis ont été plutôt envieux de cette demi mitaine d’intérieur à l’effigie de leurs héros préférés. Et la machine s’est enclenchée.

Trois semaines plus tard, alors qu’elle avait oublié de le mettre pour dormir, j’ai réalisé qu’elle s’était endormie la main sous l’oreiller. La journée, le geste de porter le pouce à sa bouche s’interrompait généralement à hauteur d’épaule, ou bien les doigts venaient toucher son visage, pensivement. Mais la succion avait disparu.

Peu à peu, elle a commencé à oublier de le porter et nous avons oublié de lui rappeler. Nous sommes un mois et demi plus tard et désormais le cache-pouce dort avec le pyjama. Elle l’enfile le soir venu, mais plus jamais à la garderie ou la journée.

A refaire, nous en aurions plusieurs. L’avoir fait faire nous en a empêché – question de prix – mais si la création avait été de moi, j’aurais probablement multiplié les cache-pouce pour en disséminer dans plusieurs sacs et lieux, et éviter les oublis à la garderie (une chaussette ou un gant d’automne font alors le boulot !).

Mais c’est une solution facile qui – si l’enfant est prêt et partant – est une bonne manière selon moi de l’aider à arrêter, en douceur et en le responsabilisant.

Et puis, je ne vous ai pas dit… Nous avions lancé le projet avec la promesse d’un cadeau de grande, si d’aventure elle parvenait à arrêter de sucer son pouce. Chose promise est donc due : Miss Swing a passé sa première nuit dans son lit en hauteur. A voir son sourire en le découvrant, le jeu en valait visiblement la chandelle.

Quant à sa façon d’être, elle a évolué elle aussi. Elle est toujours rêveuse mais définitivement plus présente, plus dans la réalité. Elle s’affirme également plus, parlant d’une voix plus forte, se mettant moins en retrait. Le CPE, le karaté, et peut être un peu nous aussi, y ont contribué. Et puis surtout elle, en relevant le défi avec brio.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Miss B. fête ses 5 ans

5 ans, c’est une main grande ouverte qu’elle brandit à tout va. 5 ans, un âge de grande, la fin de la petite enfance et les apprentissages qui s’accélèrent désormais.

Une journée n’aurait pas suffi à célébrer notre belle aînée. Nous avons donc commencé la ronde dès la veille du jour J., en allant la chercher juste avant la sieste à la garderie. En catimini – petite sœur dans les parages oblige – nous avons quitté le bâtiment pour prendre la direction de l’école, car la miss fera son entrée dès septembre en maternelle. Elle a dit bonjour, a annoncé son nom et pris la main qu’on lui tendait pour aller dessiner sur une petite table prévue à cet effet. Elle est revenue plus tard, nous frôlant tandis que nous nous acquittions des tâches administratives d’usage, et elle s’est approchée, un peu, de la porte semi-vitrée qui laissait entrevoir sacs et vêtements enchevêtrés. Elle était intimidée, mais solide, naturelle, enfilant avec facilité le costume de la future écolière.

L’inscription terminée, nous avons sorti les patins fraîchement offerts (un cadeau de la Saint-B. promis puis oublié), et les miens, achetés l’an passé puis aussitôt remisés. Quelques rares patineurs étaient déjà présents, dont un papa et sa toute petite fille, venus nous porter un support pour Miss B. afin de l’aider à se tenir et à avancer (j’ai bien déjà de la peine à me tenir moi-même). Et elle a voulu avancer, encore et encore, jurant que ses pieds n’étaient pas froids et que ses joues n’étaient pas rouges, bien après que son père ait renoncé au spectacle pour se mettre à l’abri dans la voiture.

La journée de son anniversaire a commencé sur les chapeaux de roues, l’horloge du four nous indiquant de bon samedi matin que karaté il y avait et qu’en retard nous étions. Ce n’est que rendu chez O’Bokal, épicerie de vrac par excellence et adorable salon de thé, que nous avons pu reprendre souffle et esprit, devant une boule de chocolat fondant doucement dans le lait chaud, deux cafés brûlants et quelques puzzles familiaux. Une pizza pochette et quelques rares légumes plus tard, nous avons joué à la poupée et rangé la maison, avant de prendre les luges et de filer vers les pentes près du lac. Le temps était doux, les flocons abondants et la nuit tombée a rapidement découragé les quelques enfants qui trainaient encore là, nous offrant le luxe suprême de descentes sans attente et sans risque de heurter quelques amis restés au milieu du chemin.

La fête n’aurait pas été complète si nous n’avions pas terminé la fin de semaine sur une invitation faite aux amis de la garderie, en l’occurrence de l’ancienne garderie. Ces amis même, assis en rang d’oignon, sur une photo de groupe prise en 2016, alors qu’ils étaient juste âgés de 3 ans, et qui se retrouvent deux ans plus tard à fêter une nouvelle fois cet anniversaire ensemble.

La bonne équipe, que mon amoureux et moi sommes souvent lorsqu’il s’agit de pâtisser, a travaillé fort pour offrir à notre désormais grande fille le gâteau dont elle rêvait, pourvu de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Sur une recette d’Aurore, nous avons donc décliné ses souhaits, un gâteau après l’autre, couche de crème après couche de crème. Un beau succès, si j’en crois les yeux ébahis sur les faces d’anges. Une certaine fierté, pour nous aussi, quand nous avons jeté un œil aux photos prises et aux deux maigres parts restantes dévorées le soir même.

Une journée n’aurait pas suffi, mais trois non plus finalement. Hier, c’est la garderie qui prenait le relais des festivités. Avant que nous embarquions une nouvelle fois pour la fête, samedi prochain.

Encore un joyeux anniversaire à mon impétueuse belle des champs.

-Lexie Swing-

Au croisement

Je suis au Markina, un café chic de Saint-Bruno. Je suis seule. Je prends mon temps. J’ai pris ma journée pour me remettre des flots incessants de travail et de pression, de routine et de culpabilité, d’absence et d’insomnies. Je suis seule, assise au bord des fenêtres. L’angle du café donne sur un croisement large, deux rues principales de la ville s’y étreignent pour mieux se laisser ensuite. Horizontalité des routines, verticalité des espoirs, nourris ou déçus, elles sont ces routes que nous empruntons tous ici.

J’habite à quelques rues de là. J’y étais encore il y a quelques jours. Je gravissais la pente enneigée, soufflant dans la nuit froide du matin. Est-ce que vous me voyez ? J’ai les mains engourdies et les poils du capuchon qui me cachent la vue. Je progresse à l’aveugle. Et puis soudain je cours en glissant un peu car le 91 file vers moi, de l’autre côté du croisement, et que je crains de manquer son arrêt.

J’y étais il y a une semaine, juste un peu en dessous. J’encourageais mes filles à marcher dans la neige crissante, promettant de faire coucou aux chatons de l’animalerie et de passer devant le magasin de jouets. Évoquant du pain chaud. Poussant finalement la porte de la pharmacie.

J’y étais il y a quelques mois, en tenue plus légère. Riant avec mes parents ou mes beaux-parents, un café chaud au creux de la main, le chariot zigzaguant sur le trottoir. Octobre jouait à l’été et bientôt nous irions pour une toute dernière fois aux jeux d’eau du parc, en contrebas.

Juillet nous avait déjà vu passer, pédalant sur nos vélos, remontant vers le lac à la recherche de fraîcheur et de sentiers cyclistes.

J’y étais il y a trois ans, déambulant sur le trottoir, le pas plus pesant et le ventre habité. J’y ai pris des marches pour me tenir en forme, des marches pour déclencher son arrivée, et plus tard des marches en tête à tête, mon pas vaillant et son corps chaud dans le porte bébé.

Je l’ai traversé à l’automne 2014. Et je suis tombée sous son charme. Roulant à travers la ville, nous nous sommes laissés porter par la certitude que ce serait chez nous. Il y a eu cette évidence, c’est le premier de nos souvenirs.

Et au fil des années la mémoire se consolide et les moments s’empilent. Sous la neige, sous le soleil, sous la pluie battante, heureux, tristes, fâchés, complices, ou incertains, nous mêlons nos pas à la poussière du trottoir, à la blancheur de l’hiver. Ce point de repère, immuable, devient alors un phare, le signe que l’on est arrivé chez nous. Et le croisement, lieu d’hésitation, devient alors le chemin de tous les possibles, la voie de toutes les certitudes.

-Lexie Swing-