Automne 2021 et dernières nouvelles

L’automne tire à sa fin et le week-end nous a gratifié des premières neiges. L’occasion de réfléchir aux derniers mois écoulés, qui ont défilé encore plus vite que d’ordinaire. De la dernière valise rangée, en août, au sapin désormais entreposé dans la cour, il a suffi d’un battement de cil pour que l’été laisse place à l’automne, puis aux prémices de l’hiver, le tout sur fond de télétravail, d’école masquée et autres joyeusetés.

J’ai commencé la course à pied

Je me surprends moi-même mais c’est un fait : je cours désormais de manière régulière. Et par régulière, j’entends « trois fois par semaine ». C’est irréel, quand on sait que j’ai passé la plupart de mes années scolaires a cherché une échappatoire à la corvée que représentaient les cours « d’endurance ». Endurance que je n’ai jamais eue, cela va sans dire. J’étais énergique, généralement volontaire, mais endurante, certainement pas. En juin dernier, j’ai cependant eu pour mission de mettre sur pied, avec une petite équipe, un défi « pas » pour mes collègues de l’époque, soit une centaine de personnes. Me prenant au jeu, je me suis mise à marcher quotidiennement, de plus en plus longtemps, écoutant au passage un nouvel album ou le dernier balado mis en ligne. Juillet est arrivé, le défi était terminé mais je marchais toujours, longtemps et beaucoup. Et puis nous avons retrouvé nos proches, réunis à l’occasion de notre mariage. L’un des sujets rassembleurs, ça a été la course à pied. Beaucoup s’y étaient remis, dans cet élan caractéristique des parents trentenaires qui se sont oubliés et cherchent désormais à retrouver un semblant de dynamisme et quelques minutes quotidiennes de précieuse liberté. Je me suis convaincue que moi aussi, je pouvais le faire. En septembre, mon amoureux, mon mari tout neuf, m’a acheté une montre de sport et j’ai chaussé mes souliers de course. Au bout de la rue, mes poumons m’ont rappelé pourquoi je ne courais pas. Mais j’ai tenu bon, jour après jour. J’ai dépassé l’angle de la rue, le premier bloc, les cinq suivants. J’ai couru jusqu’à l’école, jusqu’au parc, jusqu’au terrain de BMX. 11 semaines après ma première course, j’ai couru 5 km, tellement lentement que j’aurais été plus vite en marchant, mais j’ai couru sans m’arrêter, et c’était déjà un défi. Depuis je me suis équipée davantage, j’ai découvert les premiers frimas, les orteils qui se crispent et les pas précipités sur la chaussée glacée. J’attends avec impatience la neige abondante et la course en sentiers. Je ne parcours toujours pas des tonnes de kilomètres mais je cours trois fois par semaine, et ça, en soi, est déjà un exploit.

J’ai changé de boulot

Dans deux semaines, cela fera 5 ans que j’ai fait évoluer ma carrière en rejoignant le département de recrutement étudiants d’une firme d’avocats d’affaires. Dans deux semaines, cela fera également trois mois que j’ai quitté ce cabinet pour devenir chasseuse de tête dans une agence. Le Québec a ceci de formidable qu’une belle ouverture est souvent laissée aux gens qui souhaitent changer de carrière et que l’on y est conscient, voire friand, des compétences transversales, soit les compétences acquises dans un emploi qui pourraient être utiles dans un nouvel emploi, et ce même si le secteur est complètement différent. Grâce à ces compétences, j’ai une nouvelle fois pu évoluer vers un boulot qui me plait.

Mon équipe est petite (moins de dix personnes), hyper soudée et nous travaillons majoritairement de notre domicile. Deux fois par mois, nous nous retrouvons au bureau pour échanger, luncher, rire, partager, et travailler, bien sûr. L’emphase a été mise sur le matériel top notch (un bureau assis-debout!) et une conciliation travail/vie perso à la pointe de ce qui existe aujourd’hui dans les entreprises.

On est devenus des pros de la revente

Mon chum et moi étions passés maîtres dans l’art de garder le moindre objet. Entre sentimentalisme (lui) et flemme (moi), nous glissions dans des recoins de moins en moins subtils toutes ces choses achetées à la va-vite. Ces jouets à peine utilisés, ces cadeaux bien intentionnés, ces achats faits au rabais d’accessoires dont on était persuadé d’avoir tant besoin. On remplissait le sous-sol, bourrant les placards jusqu’à la gueule, attendant d’avoir l’envie (moi) ou la certitude impérieuse (lui) que le besoin n’était plus là. La pente dangereusement ascendante de notre montant de carte bancaire a fini par avoir raison de nos réticences. Forts des conseils entendus chez les vrais épargnants, nous avons pris la décision de n’acheter de nouveaux objets qu’en pouvant couvrir leur coût avec la vente de leurs prédécesseurs. En un mois, les deux commodes Ikea ont disparu, dégageant au passage un espace considérable dans le salon. Une montre de sport a pris le même chemin, bientôt suivie par plusieurs jeux 2 ans et + pourtant maintes fois ressortis des cartons par des petites mains nostalgiques. Un siège auto et des trucs électroniques attendent désormais leur tour.

Je suis devenue hyper efficace dans le rôle de gestionnaire des annonces, affûtant mon argumentaire et tenant la bride courte aux négociateurs les plus acharnés. Certains joueraient leur vie pour obtenir à 1$ de moins une robe de poupée affichée à 3$. J’ai souvent répondu et puis je me suis lassée, préférant désormais les négociations justes au jeu de poker pernicieux, entre coups d’esbroufe et tentatives de rattrapage. 

On vit avec la Covid

La pandémie est toujours présente mais le temps a fait son oeuvre. Récemment, B. m’a demandé : « Tu te rappelles quand on ne pouvait pas sortir le soir ? », et la vérité est que j’avais oublié. Une partie de moi ne réalise plus vraiment non plus que les rassemblements n’avaient pas lieu et que l’on comptait le nombre de personnes à l’entrée des magasins. En passant la porte de la pharmacie ce soir, je me suis souvenue qu’il y a quelques mois encore, une personne se tenait à l’entrée pour distribuer du gel hydroalcoolique et ânonner les consignes de sécurité. Désormais, le gel trône en bonne place et personne n’a plus besoin de se faire répéter les règles élémentaires en temps de pandémie. Nos enfants portent quotidiennement le masque à l’école, il n’y a jamais eu de retour en arrière (ou de pas en avant) à ce sujet depuis la rentrée, et s’ils s’en plaignent parfois, ils semblent tous avoir facilement pris le pli. On ne s’interroge plus non plus sur le fait de porter ou pas notre masque dans un espace clos. Les rares fois où il m’arrive désormais de tomber sur quelqu’un de non masqué, mon cerveau m’envoie systématiquement l’information « c’est marrant, on voyait son sourire ». La vaccination pour les enfants a ouvert cette semaine et semble aller bon train. Est-ce que cela nous sauvera d’éventuelles éclosions en milieu scolaire dans le futur ? Pour avoir été dans une école qui a été un foyer important à un moment donné l’an dernier et fermée pendant plusieurs semaines, nous l’espérons très très fort.

J’espère que de votre côté, vous prenez soin de vous ! Donnez-moi des nouvelles !

-Lexie Swing-

Brèves de rentrée

Septembre est revenu, comme il revient, inexorablement, chaque année, et avec lui son lot de nouveautés. Voici quelques updates de ce qui se passe de ce côté-ci de l’Atlantique.

Les enfants sont de retour en classe

Ils étaient masqués et regroupés par niveau mais c’est officiel : les enfants sont de retour en classe! Après 14 jours de quarantaine, 4 demi-journées de camp et 10 jours sans (camp), c’est peu de dire qu’on était content que l’école reprenne. Le 1er septembre, on a lunché dans la plus parfaite solitude et le 3, on s’est carrément offert le restaurant. Il n’a jamais été si urgent de profiter de l’instant présent : certaines écoles ont déjà dû fermer leurs classes en raison de cas de Covid décelés parmi leurs élèves. Alors on a repris le modus operandi de l’année écoulée : chaque journée effective de classe en présentiel est une journée de gagnée.

Nouvelle rentrée, nouvelle job

Cette année, il n’y a pas que les filles qui faisaient leurs rentrées avec des nouvelles copines. Après un long courriel d’au revoir, j’ai également refermé la porte sur près de 5 ans passés en cabinet d’avocats pour rejoindre une équipe de chasseuses de tête. Beaucoup de télétravail, de la flexibilité, une chouette équipe (entièrement féminine) et de beaux mandats, il n’en fallait pas plus pour que je « fasse le saut ».

La Covid et nous

Depuis quelque temps, grâce à la vaccination, il n’est plus rare que l’on se retrouve entre copains, ou qu’on aille au restaurant. Les filles vont jouer chez leurs amis et nous pouvons nous rendre ensemble dans des lieux de culture ou d’amusement. Les mesures sont là mais nous vivons désormais avec une véritable vie sociale. C’est bien plus que tout ce que nous avons pu faire depuis 20 mois, puisqu’il nous était strictement interdit de recevoir des personnes en dehors de notre bulle familiale. Comme pour l’école, le mot d’ordre est Carpe Diem. On emmagasine les rires et les confidences, en espérant que tout ne se referme pas de sitôt.

Côté citoyenneté

16 mois que le processus est lancé et nous sommes presqu’au bout. Les cérémonies ayant été longtemps repoussées et des ressources du ministère ayant été réaffectées à la gestion de la crise afghane, nous sommes toujours en attente. Citoyens en 2021? Les chances s’amenuisent et il est déjà certain que l’on ne pourra pas voter aux prochaines élections qui se tiendront dans quelques semaines. Tant pis, ou tant mieux, cela aura au moins le mérite de rendre 2022 plus excitant !

Et vous, cette rentrée?

-Lexie Swing-

Les enfants, le confinement et nous

Alors qu’il y a suspicion de Covid-19 à la garderie, notre fille cadette est de retour à la maison. Depuis juin, nous avions en effet repris une vie plus normale, en tout cas plus facile : nous déposions notre fille aînée à un camp de tennis pour la matinée, notre deuxième fille à la garderie pour la journée, et nous retournions travailler de la maison. Le lunch se faisait en trio, avec le retour de B., et l’après-midi se passait globalement agréablement, avec les avantages que représente le fait d’avoir désormais une fille aînée de 7 ans et demi qui sait en partie s’occuper seule (surtout avec #pandacraft).

Ces deux derniers jours sonnent donc comme un retour en arrière. Il faut jongler entre les demandes des enfants, et celles du travail, entre les cris et les appels, entre le goûter et la visio-conf’ quotidienne, etc.

Malgré tout, après tous ces mois de slow-life, à vivre beaucoup tous les quatre, je ne peux que remarquer tout ce que cette parenthèse a eu de positif :

– J’ai eu le temps… de prendre le temps! Lorsque je termine à 16h30, je m’engouffre dans le train, rejoint ma ville, saute dans ma voiture, fais un crochet par la garderie, roule jusqu’à l’école, m’arrête à la boulangerie, sors les chiens, etc. Avec tout ça, je peux espérer déposer mon sac et mon manteau vers 18h. Or, depuis quelques mois, lorsque je termine à 16h30, je ferme mon ordinateur et … c’est terminé! Les filles sortent juste du goûter, les chiens ont été promenés plus tôt, la boulangerie a été visitée dans la matinée. 16h30, c’est généralement le temps où je lance « Mettez vos sandales, on va faire un tour au parc » (à la piscine, aux jeux d’eaux, en vélo, chez le glacier, etc.). La vie est moins rythmée, et on en profite!

Les filles se sont rapprochées. Quand ta soeur est le seul compagnon de jeu pendant trois mois, le choix est mince : soit ça s’entend, soit ça s’étripe! Si elles se sont souvent étripées, elles ont finalement aussi appris à jouer ensemble.

– J’ai beaucoup marché. Je conduis B. au camp de tennis à pied, je sors les chiens trois fois par jour, on rejoint les amis au parc, etc. Alors que Tempête sautillait devant moi sur le chemin du retour, après avoir déposé sa soeur au tennis, la réalité m’a sauté aux yeux : il fut un temps – et ce temps reviendra – où l’on jetait nos enfants au devant de tout, du camp, de l’école, de la garderie, de la playdate chez les amis. Jamais à l’heure, toujours en vitesse. Cela fait quelques mois que je n’ai plus vécu cette sensation, et elle ne me manque pas!

– J’ai découvert les gens que je côtoie sous un autre jour. Quand vous prenez des cours virtuels, que vous vous entretenez avec vos collègues alors que tout le monde travaille de la maison, ou que vous vous rendez au domicile de votre coiffeuse parce qu’elle a renoncé au bail de son local pour un temps, vous découvrez les gens différemment, sans costume, quoi que cela puisse signifier selon le contexte. Ça entraîne des discussions différentes et j’adore ça!

– J’ai profité de ma terrasse (neuve mais pas finie). Mon chum blague souvent sur le fait que je ne sors jamais dans le jardin, et c’est vrai. Rester dans la cour à ne rien faire, très peu pour moi. Désormais, je prends mes pauses sur la terrasse, je dévore quelques pages d’un bouquin allongée sur le transat ou je sirote un café les fesses vissées aux lames à peine posées, en regardant les geais bleus qui ont fait leur nid dans l’arbre au dessus de moi.

– J’ai passé du temps avec mon amoureux. Puisque nous travaillons désormais tous les deux de la maison, c’est lui désormais le collègue que je croise à la machine à café (et il en boit beaucoup). La bonne nouvelle, c’est qu’on s’entend bien (et en plus, on ne travaille pas au même étage).

– J’ai lu plus de livres en quatre mois que durant les 12 qui ont précédé. Je retrouve cette boulimie de lecture que j’ai connu enfant, quand je lisais partout, tout le temps, et surtout jusqu’à tard dans la nuit.

Et vous, ça vous a apporté quoi, cette drôle d’époque?

– Lexie Swing-

P.S. À l’heure où je publie – enfin – ces lignes, la suspicion est écartée et la môme de retour à la garderie!