6 années de toi

Il y a six ans, c’était un dimanche déjà. Au lendemain d’une nouvelle lune, sous une pluie timide et un ciel de plomb, nous avons roulé – une heure durant – vers notre rencontre. Tu es née à l’heure du brunch. À l’heure du brunch un dimanche, tu avais bien saisi l’importance du moment. C’est ton histoire, celle que je te répète chaque année. Comme mes parents avant moi, comme tous les parents de ce monde, je crois, j’annonce «tu n’étais pas encore née, pas encore, pas encore… Ça y’est, tu étais née, tu es née… joyeux anniversaire…» Je fais fi du décalage horaire, fi de ta naissance sur un autre continent, qui fait qu’hier à l’heure du brunch tu étais déjà née depuis bien longtemps.

Je t’ai dit que j’étais fière de toi. Je t’ai répété ce mantra quotidien : «Tu es intelligente, tu es forte, tu es capable». Cette phrase que je te murmure à l’oreille chaque matin, avant que tu ne t’échappes vers le couloir. Celui qui te mène vers la salle du service de garde. Celui qui te mène aux amis. Celui qui te fait toujours un peu peur, aussi.

Tu es intelligente. Tu es forte. Tu es capable. Je n’en ai jamais été aussi convaincue qu’hier, en te regardant rire, jouer, serrer tes amis dans tes bras. Tu étais présente, entièrement présente, dévouée au moment. Et parce que ça n’a pas toujours été le cas, j’ai mesuré le chemin parcouru. Je l’ai mesuré dans ce saut de chat, cet élan vers l’avant indicible qui t’a fait traverser le fameux couloir ce matin. Un saut qui disait «je suis capable». Cette conviction intérieure que nous passons toute notre vie à chercher.

C’est drôle, ce temps qui file à vive allure. Ce temps qui nous fait dire : «6 ans déjà, mais elle est pourtant née hier». Ce n’est pas vrai. Tu es née il y a bien longtemps déjà. Tu es née dans notre cœur en premier, et dans ce monde en deuxième. Tu as vécu une vie riche et bien remplie, du haut de tes 6 années. Tu dis «ça devait être il y a très longtemps, car c’était avant ma naissance, et moi je suis vieille j’ai déjà 6 ans».

J’ai aimé ma vie avant toi. Je l’aime encore plus avec toi. Comme si à l’échelle de cette vie, tu m’avait donnée cette note impossible. Ce 21/20 insaisissable.

Tu es mon point bonus.

Je t’aime ma B.

 

-Lexie Swing-, maman

Ce chien qu’elle aime d’amour

chien et enfantIl vient me chercher, embêté. Me tourne autour, jetant des œillades à sa gamelle assaillie. Elle tente de lui insérer les croquettes une à une, en soulevant une babine. Il ne sait pas comment éviter les dix petits doigts qui grouillent dans sa nourriture. Alors je chasse Tempête, l’intéresse à un autre jouet, mais elle revient toujours, et il ne dit plus rien. Il lui doit beaucoup ceci dit. Elle est celle qui n’oublie jamais une caresse, celle qui lui donne à manger matin et soir, empoignant sa gamelle et tirant, du haut de ses 15 mois, le paquet de croquettes du fond du placard. Elle est aussi celle qui l’escalade pour atteindre les coussins du canapé alors qu’il est assoupi devant. Celle qui lui écarquille la paupière et soulève les oreilles lorsqu’il ne se méfie pas.

Je le croyais indifférent. Il avait toujours été indifférent. Je me souviens du jour où nous avons ramené Miss Swing à la maison et que nous avons posé tout excités le cosy au milieu du salon.

Il ne lui a pas accordé un regard. Il ne l’a jamais fait, lui faisant payer, je le crois désormais, sa présence, alors qu’il avait eu jusqu’ici la place royale de l’enfant unique. Je croyais qu’il n’aimait pas les enfants, et puis il a rencontré Tempête. Tempête l’intrépide qui a fait de sa fourrure un coussin confortable, qui a appris à son contact comment caresser doucement et nourrir à la main, même s’il y a laissé quelques poils…

Elle lui a redonné vie, quelque part, lui qui semblait toujours s’ennuyer dans sa tranquille existence. Elle lui a donné chaud. Ils sont souvent tous les trois, avec Miss Swing,  affalés par terre. Nous passons l’aspirateur trois fois par jour tant l’un d’eux – je ne nommerai personne – perd ses poils. Mais Tempête m’a rappelé pourquoi c’était lui, pourquoi je l’aimais tant. Car au-delà du gros chien tannant maladroit comme dans un jeu de quilles, insortable et couineur, il est ce chien exceptionnel de gentillesse, qui se laisse attraper les dents et tirer les oreilles, qui sert de banc et de poney, qui jette des coups d’œil suppliants lors qu’il se retrouve agrippé sans jamais chercher à se dégager.

J’ai fait l’addition de ses qualités récemment et pris la mesure de sa présence. Je ne l’aurais jamais échangé contre un autre, amoureux des grands espaces mais qu’il m’aurait fallu surveiller à l’intérieur comme le lait sur le feu. Ces deux-là sont heureux, le reste attendra.

-Lexie Swing-

Une histoire de culottes

La photo intitulée "Ready on potty"./

La photo intitulée « Ready on potty »./

« Culotte » me dit-elle, en pointant du doigt le tissu rose pâle qui dépasse du tiroir. Elle aurait pu dire « couche ». Après tout elle sait le dire aussi. Mais voilà, ici c’est « couche dodo ». Pour le reste? Pour le reste, elle est propre!

A 21 mois, ma Miss Swing ne porte plus de couches. Les prémices de l’histoire date de ses 15 mois, quand nous, pauvres parents désœuvrés devant leur bambin qui ne voulait pas marcher, avons choisi pour s’occuper de la mettre sur le pot. C’était juste comme ça, pour voir. Et puis à 16 mois, le rendez-vous est devenu régulier, jusqu’à devenir un incontournable de l’après : après le repas, après la sieste, après la nuit, après les jeux… A 20 mois, l’ensemble était rodé, le poussin pouvait prendre son envol. Alors avec sa nounou, nous avons décidé, d’un commun accord avec l’intéressée qui y a vu la possibilité de porter enfin ces fameuses culottes qu’on lui faisait miroiter depuis l’été, de tout enlever.

Il y a eu une semaine de propreté stupéfiante, et puis des accidents. Quelques doutes de ma part, et le papa, la nounou, les amis parents, qui rassuraient en m’assurant « tu ne peux pas faire marche arrière ».

Et puis elle, elle n’avait pas envie de faire marche arrière. Elles étaient bien trop confortables ces culottes! C’était un lundi. Elle venait d’avoir 21 mois. Elle a demandé à faire pipi. Nous étions dans un café. J’avais oublié l’adaptateur de voyage, en sachant qu’elle ne pouvait pas faire sans. Je l’ai portée au-dessus des toilettes en soupirant. Elle m’a montré qu’en fait elle pouvait aussi faire sans.

Mais c’est quand, deux jours plus tard, elle a demandé une nouvelle fois les toilettes à un kilomètre de la maison que j’ai compris sa détermination. « Miss attend pipi », m’a-t-elle dit. Elle avait compris. Elle était devenue actrice à temps plein de cette propreté désormais acquise.

Elle aura bientôt 22 mois et le changement de garderie, s’il fut dur pour de multiples aspects, n’a entamé en rien la capacité de ma toute petite fille.

Elle nomme, elle dit, elle montre, elle réclame. Et l’on ne compte plus le nombre de fois où on l’attend crier « fini » alors que l’on ignorait même qu’elle se trouvait sur le pot. Heureusement que ses pantalons glissent facilement malgré les boutons parfois serrés! Bref, à de rares occasions, il arrive encore qu’elle s’oublie, son père en a fait la douce expérience il y a peu. Mais il suffit de la voir se précipiter sur le pot en tenant ses pantalons à deux mains pour comprendre que le plus dur de la propreté est acquise : la compréhension.

Ce que j’ai retenu et qui pourrait peut être servir à quelqu’un :

– La propreté à partir de 18 mois ne s’acquiert pas comme à deux ans et demi. Cela prend de nombreuses répétitions, des mises sur le pot aux deux heures, de l’habitude. Souvent, on demande « tu veux faire pipi? » et l’enfant répond non. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas envie, c’est parce que « non » est le best word ever de son vocabulaire.

– « L’enfant est capable de se retenir lorsqu’il sait monter les escaliers », c’est certainement un très bon repère mais on peut faire sans. La preuve, la mienne ne marchait pas encore.

– En parlant de marcher, l’avantage de l’enfant qui ne marche pas, c’est qu’il ne se sauve pas en courant quand on essaye de le mettre sur le pot.

– Avoir un petit panier avec des livres dedans est un accessoire parfait pour occuper un bambin affairé sur le pot.

– Petit Ours Brun n’est pas une lecture fiable pour le pot : difficile de devoir expliquer ensuite que contrairement à ce foutu nounours, on ne mange pas sur le pot, on ne se lève pas les fesses à l’air pour aller chercher son train, et surtout, ON NE TRAVERSE PAS LA MOITIE DE LA MAISON EN PORTANT SON POT PLEIN!

– On peut être propre à 1 an (si si) comme à 3, il n’y aucune règle. Et oui, l’incitation peut venir du parent, par contre le déclic viendra de l’enfant. La tendance actuelle nous aurait plutôt conduit à attendre les deux ans et demi de la demoiselle, qui aurait d’ailleurs coincidé avec l’été, mais ses cousines avant elle avaient prouvé que plus tôt, c’est possible aussi. Autre argument favorable : notre génération semble avoir été majoritairement propre avant deux ans, et ça ne semble pas avoir causé de traumatisme majeur.

– Soignants et encadrants ont bien accueilli la nouvelle. Je m’attendais à des « c’est bien trop tôt » de la pédiatre, et à un refus total de collaborer de la nounou, nous avons plutôt eu droit à « c’est une bonne chose, au niveau hygiène il n’y a pas mieux », et à une nounou ravie d’avoir des couches en moins à changer, qui en a profité pour nous expliquer qu’en Roumanie, quand sa fille est née (en 85), tous les gamins devaient être propres à un an, le rideau de fer empêchant l’approvisionnement en couches jetables et augmentant le ras le bol parental passé la première année.

– Dernière et pas des moindres : la propreté, c’est stressant. Au début, tout est plus compliqué, à commencer par les sorties. Impossible d’aller sereinement se balader, on guette les moindres toilettes, stressé d’entendre un « pipi » plus pressant que les autres. Ma grande peur ? Qu’elle fasse pipi tandis que je la portais dans mon dos. Heureusement, très vite, les choses s’arrangent. Les temps d’attente se font plus longs et la capacité à faire pipi partout du moment que vous formez une cuvette de vos bras (on est peu de choses, hein…) se développe.

Et vous, la propreté, vous allez commencer ? Vous avez terminé ? Vous vous souvenez de ce rude apprentissage pour vous même ?

-Lexie Swing-

Le cinquième des douze travaux : trouver une garderie

Prenez n’importe quel blogue ou message de forum et vous y lirez immanquablement la même rengaine : impossible de trouver une nounou à Montréal à moins d’avoir le portefeuille de Bill (Gates).

Je suis votre lueur d’espoir.

Car, lisez bien ceci : j’ai trouvé une garderie en un jour. A côté de chez moi. A 7 dollars la journée.

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

Bon, ce n’est pas un CPE (Centre de la petite enfance) mais comme Miss Swing toise à peine 70 cm, je craignais qu’elle ne se sente perdue au milieu d’une quarantaine d’enfants hurlant, courant, se jetant des jouets et de la poutine (ok ceci est totalement un cliché je plaide coupable, mais vu de la France ça fait exotique la Poutine comprenez-moi). Nous avons donc trouvé une garderie familiale subventionnée avec deux nounous et 9 enfants au maximum.

Comment je m’y suis prise…

Jeunes parents nouvellement immigrés, je vous tiens en haleine… Vous rêvez de vous débarrasser de votre progéniture pour aller courir le Mont-Royal n’est-ce pas?
Depuis la France, je me suis enregistrée sur le site Enfancefamille.org. J’ai rempli le dossier de Miss Swing et demandé des CPE et des garderies dans le quartier que l’on visait. Puis je me suis connectée sur le site Ma Garderie qui regroupe la plupart des offres de garde et j’ai fait une recherche par secteur.

Et puis je suis tombée sur une adresse, dans une rue de Notre-Dame-de-Grâce. Des photos sympathiques, des appréciations dithyrambiques, deux gardiennes, une place de libre et un chiffre qui m’apaisa : 7$ par jour. Je la contacte sans trop y croire, depuis la France. Et quelques heures plus tard j’ai sa réponse dans ma boite mail : je vous attends. Nous avons atterri un dimanche, et deux jours plus tard Miss Swing rencontrait ses nounous.

Elle a pleuré pendant une heure et j’ai du venir la chercher. Ça aurait été trop facile sinon.

Mais on est revenu, un peu plus à chaque fois. Et jour après jour, elle s’est habituée. En à peine une semaine, elle y passait la journée, sieste comprise.

Et puis est arrivé  le soir. Ce fameux soir où, lorsque j’ai voulu récupérer Miss Swing, elle m’a regardée longtemps… avant de se cacher dans le cou de la nounou. Adoptée, elle l’avait.

-Lexie Swing-

Fringues de mômes : comment je dépense deux fois plus que les autres

Avant d’avoir un enfant, j’ai soutiré toute l’information possible à D., A. et à la bande de copines qui s’étaient reproduites avant moi. J’ai appris comment changer une couche, comment tenir la tête d’un nouveau-né, quelles étaient les bonnes poussettes, quel lait infantile valait le coup… Ce qu’on ne m’a pas appris, en revanche, c’est à ne pas acheter n’importe quelle fringue un peu jolie. Ni à éviter les petits-boutons-qui-glissent-entre-les-doigts-tandis-que-bébé-se-tortille. Ou à privilégier les manches larges pour pouvoir attraper la mimine du tout-petit sans retrousser celle du body en dessous.

Du coup je passe mon temps à acheter des chaussures qui ne sont jamais adaptées et des pulls que Miss Swing ne met jamais. Pour ne pas reproduire mes erreurs, je suis immensément généreuse, je vous raconte les miennes. Petite liste non exhaustive…

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

– Les bodys à enfiler par la tête pour les 6 mois et moins. Un nouveau-né, c’est mou, ça ne tient pas assis et ça déteste qu’on le manipule. Alors tenter de lui enfiler un body par la tête, c’est prendre le risque de recevoir quelques décibels dans le cornet. Préférez les bodys croisés, avec pressions partout (oubliez le petit lien mignon, ça se défait à tous les coups) et savourez votre paix intérieure.

– Les vestes en laine avec boutons mignons. La veste en laine en tant que telle est une riche idée. La maille, c’est souple, ça s’étire et c’est enveloppant. Mais, à moins d’avoir des doigts de fée et une patience d’ange, ne tentez pas le coup des boutons en forme de castor ou de chatons jolis. L’encoche n’a pas la bonne forme, vous poussez, vous tirez, vous vous essoufflez, et quand vous êtes enfin parvenus à saucissonner bébé dans la veste, les boutons lâchent! Choisissez de gros boutons faciles à manipuler et sympathiques à téter (bébé tête toujours le bouton du haut, c’est psychologique, à croire que c’est un spécial goût caramel).

– Les bottines molles. Passés 4 mois, les petits pieds s’agitent un peu, beaucoup, du moins suffisamment pour enlever en quelques secondes ce que vous avez mis plusieurs minutes à enfiler (bébé s’échine à faire des pointes pendant que vous tentez d’enfiler la bottine). La bonne idée c’est le scratch au niveau de la cheville et les pieds nus l’été (les podologues le conseillent et ça ne mange pas de pain niveau gain de temps).

– Le manteau tout raide. Je suis presque sûre que toute maman de fille a un manteau tout raide. Vous savez ces jolis manteaux qui font presque manteaux de grands, avec col claudine et petites poches. Quand je l’enfile à Miss Swing, on dirait un culbuto. Elle tend les bras de chaque côté, complètement engoncée dans ce truc immettable. N’ayons pas peur des mots: acheter un manteau tout raide à un enfant qui ne tient pas debout et se roule sur la table à langer quand vous lui enfilez les bras est une idée à la con. Vraiment. A la con. Ce qu’on aime, nous, parents pressés, c’est le manteau souple. Et imperméable. Un truc en matière doudoune, doublé polaire, suffisamment large pour mettre des pulls dessous et, très important, avec des trous assez grands aux manches pour que vous puissiez passer vos mains à la recherche de l’ensemble manche de pull/ main/ pouce compris, de bébé.

– Les bonnets en laine tout ronds. Le bonnet en laine ça gratte et quand il est rond il ne tient pas. Préférez-lui sa version doublé polaire avec oreilles couvrantes, voire écharpe intégrée pour éviter de la perdre en route. Si vous aimez le look intégral, tentez directement la cagoule. Moche, mais efficace.

– Les jolis vêtements (Catimini, Souris Mini, Ikks et tutti quanti) pour la garderie. Il y a deux bacs d’habits dans votre armoire, le « spécial garderie » et le « pour week-ends, action de grâce, Noël et grandes vacances ». Vous mettez Cati et ses copines dans le deuxième, bien fermé, et vous balancez tous vos vieux trucs dans le premier. Tous les cadeaux moches, les fringues prêtées, les lots par trois, l’usagé, le bon marché… Vous secouez bien et vous en sortez la tenue parfaite pour l’automne à la garderie: bonnet cache-oreille fin et ajusté, blouson chaud et souple de couleur sombre, sweat et jean renforcé aux genoux. Le bonnet a disparu? Pas grave, vous en avez un autre, le même, ni vu ni connu. Vous avez peur que votre nounou, et ses copines de parc, trouve que vous habillez vos enfants avec de vieilles sapes? Prévenez dès le premier jour que vous lui avez mis « des habits qui ne craignent pas » et appréciez son sourire. Ne culpabilisez pas, si elle est comme la gardienne de Mlle Swing, elle lui change son joli gilet et son bonnet Catimini contre un pull étiranché et une tuque qui a fait la guerre dès que vous avez le dos tourné. Et ce qui est chouette, c’est qu’elle vous la rend, habillée de propre, sans traces de purée ou de vomi suspectes, et vous n’avez plus qu’à récupérer votre merveille richement vêtue. Et à tenter de lui enfiler le manteau mignon tout raide pour lequel vous venez de vous ruiner.

-Lexie Swing-