J’ai le gène de la couche sale, c’est Pécresse qui l’a dit

J’avais entendu un entrefilet à la radio. J’avais lu les commentaires déchainés de mes ami(e)s sur Facebook et Twitter. J’ai attendu pour comprendre. Pas pour comprendre s’il y avait une vérité derrière ces propos. Non, ça, définitivement, non. Mais pour comprendre comment de tels propos pouvaient être tenus aujourd’hui.

"Les pères préfereront s'occuper de problèmes plus compliqués (que de changer des couches)"./ Photo ThepeachPeddler
« Les pères préfèreront s’occuper de problèmes plus compliqués (que de changer des couches) »./ Photo ThepeachPeddler

Vous avez deviné… Je parle de ces quelques mots, jetés avec indifférence dans la mare de l’égalité hommes-femmes, par l’ancienne ministre Valérie Pécresse. « Pensez-vous que le plus grand nombre sont les pères qui ont envie de changer des couches ? Si on veut rééquilibrer les responsabilités des pères et des mères dans l’éducation, il faut certes inciter les pères à prendre un congé, mais ils le prendront d’autant plus volontiers avec un enfant un peu plus âgé, et cela sera socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués », a déclaré Valérie Pécresse, sur le site du Journal des Femmes.

Pour rappel, Valérie Pécresse réagissait à l’annonce de la loi du 3 juillet 2013, proposée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui prévoit notamment de réserver 6 mois du congé parental de trois ans au second parent (le papa est bien entendu directement visé). Ça fout la famille dans la mouise (je traduis) parce que les papas n’aiment pas quand l’enfant ne sait pas encore faire les divisions à huit chiffres et conjuguer le verbe « absoudre » au passé simple. Je sais c’est moche, mais c’est une réalité: en dessous de 3 ans, l’enfant préfère Popi à Proust. Mais comme, si on suit l’idée diablement sexuée de V. Pécresse, l’homme préfère le magazine Auto Plus à Sartre, ils peuvent peut-être se rejoindre. Y’a pas mal d’images dans les deux.

Non, sans rire. Les couches de caca, ça ne fait rêver personne. Ni la maman, ni le papa. Le chien si, mais il préfère manger la sale que d’en remettre une propre, du coup c’est compliqué. Nous on compte: « une couche pour toi, une couche pour moi ». Des fois, on en fait deux de suite mais on prévient: « Si bébé se réveille cette nuit, c’est pour ta pomme ». On est sympa, mais faut pas nous conter du Prévert non plus. On a jamais vu un porte-plume se transformer en oiseau. Et contrairement à ce qu’on raconte à nos charmants bambins, non, la jolie princesse joufflue ne fait pas que des pétales de roses. Donc on partage, c’est ça l’égalité des sexes. Et ses neurones sont tout aussi qualifiés que les miens pour savoir qu’il faut sortir les-petites-ailettes-sous-les-cuisses-sinon-ta-couche-elle-fuit.

Emma Defaud, de mauvaisemère.fr, explique en quoi les propos de Valérie Pécresse sont une insulte pour elle, et pour les mères en général. J’en profiterais pour ajouter qu’ils sont une insulte pour nous tous, pères compris. Ces mères à qui l’ont dit sans cesse qu’elles ne sont bonnes qu’à changer des couches et à cuisiner des petits pots. Ces pères à qui l’on assène sans remords qu’ils n’ont pas les couilles, les gènes pardon, pour s’occuper d’un enfant en bas âge. Comme me l’a dit un ingénieur et super-papa rencontré il y a quelque temps: « L’âge, le métier, le sexe, tout ça est secondaire. A vrai dire, on a tous la même sale tête quand on est planté dans la cuisine, à 4h du matin, en train de faire chauffer le biberon du petit dernier. »

-Lexie Swing-

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