Mères et pairs

Tribu./

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Chaque matin, je trace ma route sur le trottoir de l’avenue Monkland, après avoir embrassé conjoint et fille devant la maison. Sur mon chemin, je croise des habitudes similaires, des mères qui fendent la foule des écoliers de NDG pour aller prendre le métro, des pères qui remontent la rue en sens inverse, leur progéniture accrochée aux épaules, arrimée à la poussette ou tirée à l’arrière d’une bicyclette. Particularité du quartier? Peut-être. Dans le Monkland Village, les hommes convoient, les mères ramènent. Ou c’est mon imaginaire qui se satisfait de ce partage des affaires équitable.

J’aime cette idée que nous avons atteint un intérêt commun pour la vie que nous avons créée. Que ce ne soit plus seulement un problème de femmes. Je l’ai portée en moi mais il est le premier à l’avoir portée dans ses bras. Allongée sur moi pour notre premier peau à peau, c’était lui qu’elle regardait.

J’aime cette chorégraphie d’un père et d’une mère, de deux mères ou de deux pères, de deux individus qui s’accordent ensemble pour jouer la même mélodie. Elle rattrape l’enfant, il sort le mouchoir, elle essuie, il jette, elle pousse le carrosse, il transporte comme un baluchon leur petit dernier. Et son torse bombé n’est plus le synonyme d’une fierté de jeune premier mais le refuge de l’enfant qu’ils ont porté.

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

-Lexie Swing-

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6 réflexions sur “Mères et pairs

  1. My Chuchotis dit :

    C’est tellement bien dit. Je suis d’accord avec toi… je trouve dommage de résumer cette égalité, cette implication à un simple partage de vaisselle ou d’aspirateur. C’est bien plus que ça au quotidien, l’entraide… en ce moment mon mari est chez le pédiatre avec notre fils malade et moi au travail…je réalise tout ce que représente cette situation qui aurait été originale fut un temps, un mercredi. C’est important de se rendre compte de ce que fait chacun au quotidien. Homme ou femme.

  2. petiteyaye dit :

    Tellement bien écrit, c’est exactement ça qui me manque cruellement : « avoir un intérêt commun pour la vie qu’on a créé ensemble », profite vraiment bien de cette possibilité qui t’ai donnée d’être deux pour s’aimer et s’entraider, ça n’a pas de prix…

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