Le grand tableau

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Aéroport playmobil./ Photo Stéfan

Le soir je rentre par le train. Dans la gare, je prends toujours le même chemin. Tout droit devant la chocolaterie, à gauche devant la boulangerie, puis je dépasse les différentes places de lunch pour déboucher dans le grand hall central. Je m’assieds quelques minutes devant le tableau d’affichage, attendant que l’heure tourne et que mon départ approche, histoire d’obtenir de la 3g jusque dans les dernières secondes, sans être coupée du monde trop longtemps dans les profondeurs où mon train attend.

Les gares comme les aéroports semblent toujours exister dans leur espace temps propre. Vous sortez du travail pour vous trouver parachutée au milieu d’écoliers en tenues de ski, partant pour la semaine profiter des dernières neiges. Vous partez commercer dans le pays voisin, et croisez sur le chemin des familles entières de touristes, guide et espoirs en main, prêtes à perdre leur souffle dans des grandes villes étrangères. Ce sont deux mondes opposés qui se frôlent sans cesse.

Et si je doute que les gamins piailleurs ou le touriste perdu basculent un instant dans la routine tranquille du métro-boulot-dodo en m’apercevant, les croiser provoque chez moi ce sentiment unique de pause. J’aurais rêvé de travailler dans un aéroport et observer sans cesse des gens en partance, en transit. Avoir la douce impression d’être hors du temps, d’avoir mis la vie en attente, entre un Replay et un vendeur de sandwichs bios.

Faute de mieux, je m’octroie ce petit détour sous le grand tableau. Les destinations ne sont jamais très lointaines, mais pour moi la Française de naissance, NY et Boston restent des lieux de voyage au bout du monde. Désormais à quelques heures de route, à peine.

-Lexie Swing-

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4 réflexions sur “Le grand tableau

  1. Marie Kléber dit :

    C’est un endroit que j’aime beaucoup moi aussi Lexie. Il se passe tant de choses dans ces lieux de transit, tant de vies se croisent, des rêves aussi. C’est magique et presque irréel parfois.

  2. Zhu dit :

    J’ai une relation d’amour/de haine avec les aéroports, les gares, etc. D’un côté c’est l’exotisme, les gens sans trop d’artifice, l’envie de partir… et de l’autre, ça me rappelle que les départs sont douloureux, d’où qu’on parte et où qu’on aille. J’ai trop pleuré dans ces endroits.

    • lexieswing dit :

      Je comprends ce que tu veux dire. Quand nous sommes partis à Noël nous nous sommes faits la réflexion que c’était la première fois en 18 mois que l’on venait pour partir NOUS, et pourtant on en avait fait des allers retours à L’aéroport!

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