Grossesse

Enceinte… et libre

Free./ Photo bzhmatth
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Force est de constater que le stress était un poil plus présent pour cette grossesse que pour la précédente. À quelques instants près, j’ai passé la première grossesse sur un petit nuage idyllique. Elle s’était greffée, elle allait donc rester. Point. Bien sûr j’ai eu le doute des « pertes bizarres » (et connu ainsi les urgences de Paris), « la chute avec chien » (urgences d’Auch) et le « votre col a trop raccourci, vous ne partirez pas dans votre famille à Noël », mais pas de quoi fouetter un cerf avec ses bois.

Par définition logique, la deuxième grossesse devrait être bien plus simple que la première. Rapport au terrain connu. Il n’en fût rien. J’ai attendu la fin du premier trimestre la trouille au ventre, stressé devant le regard bizarrement inquiet de l’échographe, googlé encore plus de trucs improbables. À la veille de mon départ en vacances, je me demandais encore si mon corps allait tenir le choc d’un road trip de 2000 km. Et puis nous avons vu la doc pour la visite de check-up mensuelle.

Et elle a ri.

« Je ne pense pas que vous ayez un problème de col cette fois.

– Oui mais la première fois il avait raccourci vers 6 mois.

– Non vraiment je ne pense pas que là ce soit le cas, et puis…

– Et puis quoi ?

– Et puis s’il raccourcit un tout petit peu, ce ne sera pas grave.

– Il paraît que c’est grave quand ça raccourcit trop tôt pourtant ?

(Silence souriant du médecin)

– Oui mais le vôtre fait deux fois la taille normale (et ce n’est pas une expression).

Je suis partie en voyage avec un col de près de 6 cm. Comme l’a souligné ma copine Sarah, « ce n’est pas un col, c’est un tunnel ». Et pour moi, c’était le tunnel de la liberté d’esprit. Bien sûr, si mon col tombait tout à coup à 3 cm, ce serait problématique. Car il aurait retrouvé une taille normale mais également raccourci de moitié, ce qui, plus que le chiffre lui-même, est la donnée qui inquiète les gynécos.

Mais la porte est fermée à double tour et ma petite mandarine est en sécurité. Le médecin était serein, et sa zénitude était contagieuse. Les vacances furent une délivrance. 200 km en moyenne par jour, une journée de marche à Boston, une autre à Providence. J’avais le coeur léger et le ventre soutenu par ma ceinture de grossesse pour éviter que la demoiselle ne pèse trop. J’ai marché, joué sur le toboggan avec ma fille. Je me suis baignée. Je me suis souvent reposée aussi, pas parce que j’en ressentais l’obligation morale mais bien parce que mon corps me le demandait. Je me suis retrouvée, avec toujours dans le ventre ce tumulte perpétuel de ma mandarine insomniaque qui a effectué pour la seconde fois de sa vie un voyage à l’étranger (et sans passeport!).

J’avance doucement, sereinement, dans ce début de dernier trimestre, avec la grâce d’un manchot à qui on aurait posé des crampons. Mais je me sens enfin libre!

-Lexie Swing-

 

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4 thoughts on “Enceinte… et libre”

  1. En même temps vu que les Dr ne checkent pas le col ici avant 35 SA environ, je me suis toujours demandée s’il y a des avertissements qu’on donnait en France et qui ne seraient même pas détectés ici… Profite bien de ta liberté en tout cas!

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