La deuxième grossesse

Fin de grossesse./ Photo Johan Lefort
Fin de grossesse./ Photo Johan Lefort

C’est ma deuxième grossesse. Peut-être bien la dernière. Dans notre esprit, c’est la dernière. Mais comme la vie et les envies sont parfois surprenantes, je laisse la question volontairement en suspens.

Vivre une grossesse est une chance incroyable, une première fois, un véritable rite initiatique : nausées, douleurs, lourdeurs diverses, mais aussi sensations incroyables et connues des femmes seules, celles de l’enfant qui bouge en dedans, frôlant de ses pieds la cage thoracique, grattant de ses doigts fins la hanche qui le gène. On est seule, et puis l’on devient deux. Un jour on redevient seule, et c’est de cette trop soudaine solitude que naît parfois la nostalgie de la grossesse qui fût.

Vivre une deuxième grossesse, pour peu qu’elle se passe bien, est un bonheur. Les sensations se renouvellent, le plaisir est toujours là, mais l’impatience est moindre. Pour ma première grossesse, je trépignais dès le 4e mois, pressée de connaître celle qui allait devenir ma fille – et dont j’ignorais d’ailleurs qu’elle était une fille. Je suis enceinte de 31 sa de ma deuxième fille – dont j’ai su dès le troisième mois qu’elle était une fille – et je profite de chaque instant passé avec elle. Elle est en moi, lovée dans mon ventre comme un chaton. S’agitant souvent comme un dragon. Avec toujours cette vigueur qui la caractérise (et me fait craindre le pire pour la suite!!!). Elle ne me fait pas mal comme sa soeur au même terme, qui s’étirait de pied en cap entre mon estomac et le col de l’utérus et rendait toute position hautement inconfortable. Selon la prof de yoga prénatal, les deuxièmes nés sont ainsi : profitant de la place déjà faite par leurs aînés, ils s’installent un peu plus bas, entre le sous-sol et le rez-de-chaussée, quitte à se tordre dans des positions incongrues et à repousser les limites ventrales par les côtés.

J’ai hâte de la connaître, mais elle n’est en rien un fardeau. Je vis sa présence comme une addition proéminente de moi-même; une addition rassurante qui navigue dans mes mers intérieures à n’importe quelle heure. La route n’est pas terminée, le chemin s’étale encore à perte de vue. Avec quelques collines difficiles à gravir, quelques passages caillouteux. Et un binôme de premier choix pour les franchir.

Et est-ce que pour vous aussi la deuxième grossesse a été différente?

-Lexie Swing-

10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. pomdepin dit :

    C’est différent à chaque fois. Pour la,première tout est nouveau, magique, inquiétant, mystérieux, excitant…mais les grossesses suivantes ausiis, à leur manière!

    1. lexieswing dit :

      Est-ce qu’il y en a eu une différente des autres, plus compliquée ou plus facile au contraire ?

      1. pomdepin dit :

        Différent…je sais ça n’aide pas comme réponse! Bizarrement, j’étais beaucoup plus angoissée pour la cinquième…

  2. Marianne dit :

    Oui ! Plus dure, plus éprouvante.
    Et en même temps je suis moins impatiente.
    On dirait que c’est mal parti comme ça mais c’est parce que maintenant je sais que c’est après que c’est mieux.
    Numéro un a bientôt 2 ans et demi et on profite de lui chaque jour <3

    1. lexieswing dit :

      C’est plus éprouvant oui, et en même temps j’apprécie ce confort de n’être pas trop pressée de sa venue. On a tellement à s’occuper avec nos premiers :)

  3. Marie Kléber dit :

    La deuxième grossesse, un rêve lointain. Peut-être que la première sera la dernière. Mais on ne sait jamais. Chaque grossesse est unique je crois et différente. Profite en au maximum Lexie!

    1. lexieswing dit :

      C’est bon de se dire que ça pourrait être la dernière, ça aide à profiter :)

  4. Anaïs dit :

    Je vis aussi ma 2e grossesse et je la trouve beaucoup plus fatigante que la 1ère! A l’époque on n’avait notre petite vie de couple avec aucune organisation vraiment nécessaire… aujourd’hui c’est une vie de famille l’organisation est bien plus importante!!

    1. lexieswing dit :

      Oh oui! Mon problème majeur est l’accouchement pour ma part, et la peur d’être alitée et de ne pas pouvoir être avec ma fille pendant plusieurs semaines. Ça te fait ça aussi?

  5. Ce n’est pas du tout au chapitre pour moi, donc je ne peux pas témoigner. Par contre, je suis beaucoup plus cool avec les bébés de mes amies, je me sens en terrain connu, confiante. J’ai l’impression d’avoir beaucoup appris grâce à Mark, sur moi, les autres, le monde…

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