Habiter la Rive-Sud de Montréal (ou en banlieue) (ou à la campagne)

Patinage sur le lac./ Photo SaintBruno.ca

Patinage sur le lac./ Photo SaintBruno.ca

Il y a un an, nous emménagions dans notre maison, à Saint-Bruno, sur la Rive-Sud de Montréal. Un choix réfléchi. Mais un choix hésitant aussi. Un an après, il nous arrive encore de lorgner les nouveaux condos dans les quartiers ouest de Montréal. Griffintown, la Petite-Bourgogne, NDG, des quartiers que l’on aime particulièrement. S’y serait-on vu y habiter? Non. Et c’est pour cela que nous sommes partis.

Saint-Bruno, c’est le paradis des familles. De ma famille en tout cas. Il y a une garderie au coin de la rue. Un café pour les nouveaux parents. Un catalogue entier d’activités sportives et culturelles proposées par la Ville. Des boutiques et des restos qui ne sont pas – que – des chaînes. Un parc naturel dont l’abonnement est pris en charge par moitié par la mairie. Il y a des gens dans des petits condos et d’autres dans des maisons si grandes que tu n’en trouves plus le bout. Il y a des tas de décorations devant les maisons dès le temps des Fêtes venus. Il y a une patinoire l’hiver, en accès libre. Des marchés d’hiver, des marchés d’été, des cinés en plein air, des fêtes, des tas de fêtes. Il y a la quiétude, surtout.

On se verrait bien vivre dans un condo luxueux du centre montréalais. Hier, ou plus tard. Mais maintenant non. Chaque fois que j’imagine mes filles un peu plus grandes, c’est ici, sur la Rive-Sud. Dans une école toute proche aux abords de laquelle les voitures ne grouillent pas. Arpentant le quartier avec quelques copines, dont on connaîtrait les parents puisque tout le monde finit par se connaître, inévitablement. Pratiquant un sport ici-même, représentant leur bourgade à défaut d’un quartier ou d’un arrondissement. Comme jeune adulte, j’ai aimé l’anonymat de la grande ville et détesté la proximité de ces villages où tout le monde se tutoyait. Mais, qu’importe l’âge que j’ai désormais, c’est pour les personnes qui m’accompagnent que je projette ma vie aujourd’hui.

Hier, je me suis rendue à la bibliothèque. Cahin-caha, la mini dans sa poussette et la moins petite accrochée à ma main. Elle l’a lâchée un instant pour attraper un caillou quelque part. Ai-je paniqué? Pas vraiment. Les voitures sont plutôt rares sur les chemins que nous empruntons et elles manquent rarement de ralentir aux abords des passages piétons. Une heure plus tard, nous en sommes revenues. Le vent faisait voleter les pans de ma tuque et l’air était froid, mais le soleil de décembre baignait les rues de lumière. Il faisait frette, mais dans mon coeur c’était chaud, chaud. Parce que dans mon monde, tout est désormais à la bonne place. A commencer par moi.

Et vous, quel choix de vie avez-vous fait?

-Lexie Swing-

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14 réflexions sur “Habiter la Rive-Sud de Montréal (ou en banlieue) (ou à la campagne)

  1. Paddy dit :

    En qualité de père et grand-père je suis heureux que ta vie outre-atlantique t’apporte tout ce dont tu rêvais pour ta tribu. Je vous aime fort.

  2. anne-so dit :

    Jusqu’à présent, je ne sais pas si nous avons vraiment « choisi » notre vie. Nous nous en sommes peut-être contentée… J’aime ma maison, mon fils y est né, mes enfants ont fait leurs « premières ». Je m’y sens bien. Quand nous sommes chez nous, il n’y a plus personne, pas de voisin. Nous vivons dans une « petite » commune d’à peine 10000 habitants. J’aime l’école de mes enfants. Ils s’y plaisent. Ils ont des copains. Ils ont trouvé leur sport et la musique. Nous sommes à moins d’une demi-heure de la mer. La campagne est au bout de la route. Comme ça tout à l’air bien, seulement il y a un « mais ». Mais nous ne nous plaisons pas dans ce pays. Nous rêvons d’ailleurs… Nous rêvons du Canada ! Si je pouvais, je prendrais ma maison, l’école, le sport, la musique… Je laisserais tout cela ici, non sans quelques regrets mais pour refaire la vie dont je rêve, celle où tout trouvera sa place parce que nous aurons pris le temps de l’y mettre et non pas parce que l’on s’en sera contenté…

    • lexieswing dit :

      Avant d’arriver ici j’ai eu l’impression de vivre bcp dans l’attente de Montréal. Je ne construisais rien nulle part puisque j’étais persuadée que j’allais partir. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si j’avais déjà eu tout ce que tu as… Dans quel coin être vous? Côte Atlantique?

      • anne-so dit :

        C’est bien ça, en Vendée exactement. Il y a quelques années, nous ne pensions pas à nous expatrié mais notre vision a changé. Justement parce que l’on a des enfants, nous nous demandons si nous voulons les voir grandir ici. Nous sommes très pris par notre travail, je n’aurais jamais pensé prendre un congés parental mais j’avoue que j’étais un peu à bout. J’aime ma situation actuelle mais il manque quelque chose. Je serais triste lorsqu’il faudra partir mais pleine d’envie. C’est mieux de partir avec du positif qu’avec trop d’amertume et le problème c’est que quelques fois le goût amer est vraiment trop présent…

      • anne-so dit :

        On avait déposé en novembre mais arrivé trop tard… On attend le 18 janvier pour le faire par internet.

      • linethduquebec dit :

        Oui en location. On a passé deux ans à côté de Québec et maintenant on est en campagne à 1h au sud de Montréal. Peut être un peu trop la campagne pour moi…
        Mais je pense que là où le bât blesse c’est professionnellement… Ne pas pouvoir exercer mon métier ici et savoir qu’un poste m’attend en France…. :-/

      • linethduquebec dit :

        Je suis prof des écoles ( enseignante du primaire comme on dit ici :) ) mais c’est une profession réglementée, ils ont refusé de reconnaître mes diplômes français, il faudrait que je retourne plusieurs années sur les bancs de la fac… Sauf que j’approche de mes 30 ans, j’ai un bébé et que donc retourner aux études c’est pas vraiment dans mes projets…

  3. Zhu dit :

    Je n’ai pas non plus l’impression d’avoir « choisi » ma vie ici, mais plutôt de l’avoir façonnée pour qu’on s’y retrouve tous. La constatation paraît résignée et un brin triste, mais non, pas du tout! Je veux dire par là que je suis venue sans rien (littéralement!) et que je suis restée, et qu’au fil des ans on s’est adapté, apprivoisé, que j’ai grandi aussi… j’avais 19 quand je suis arrivée ici la première fois.

    Il y a des périodes où je déteste Ottawa, d’autres où je me trouve chanceuse. J’ai longtemps voulu recréer ma vie européenne où j’ai grandi en plein centre ville. sauf qu’ici, l’environnement est différent… finalement, on est dans un compromis. Très proche banlieue d’Ottawa (15 min. en voiture du plein centre), toute petite maison type maison mitoyenne (je déteste les grands espaces, un comble!), pas loin des magasins. Je trouve encore le quartier trop calme et la foule me manque beaucoup, mais c’est un endroit sympa pour vivre tranquille. Je ne me verrai pas du tout dans les vraies banlieues nord-américaines, très loin du centre, avec beaucoup de terrain et une grosse maison. Je suis un animal urbain!

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