Le Noël des expatriés

Le cadeau de Noël de l'éducatrice./ Photo DR Lexie Swing
Le cadeau de Noël de l’éducatrice./ Photo DR Lexie Swing

Quand on est expatrié, il y a – grosso modo – trois façons de fêter Noël. La première, très courue, consiste à rentrer en France. Heureux possesseurs d’un billet hors de prix, nous nous engouffrons dans un avion vêtus de nos manteaux prévus pour affronter -30° qu’il nous faudra quitter dès le pied posé sur le sol français. S’enchaînent alors dix jours, voire deux semaines pour les plus chanceux, d’un marathon intense où l’on se relève à peine les fesses posées sur un canapé. Ce sont les Fêtes du pire et du meilleur. Toute la famille est réunie, on a la chance de croiser Mamie Berthe en dehors de sa maison de retraite et les amis éparpillés en France et dans le monde sont tous revenus passer Noël « au pays ». Mais ce sont des vacances sans repos, des vacances où il est impossible d’accorder plus d’une heure de temps à quelqu’un, des vacances où l’on avale les kilomètres autant que les chocolats et le gratin dauphinois. Des vacances qui ne sont pas des vacances. Juste des retrouvailles éphémères.

Il y a la version « la France vient chez moi ». Alors on file chercher à l’aéroport nos familles englouties jusqu’aux yeux sous des vêtements de ski dernier cri. On leur avait promis un Noël blanc mais voilà que l’herbe renaît sous leurs pas. Ou alors on leur parlait des températures clémentes et leur avion se pose sur un mètre trente de neige. Environ. Pas de demi-mesure. Ils sont ravis. Nous aussi. Ils ont apporté du foie gras dans leurs bagages, même si personne n’est bien sûr que c’est légal. On en profite pour passer quelques jours « au chalet », tout en déplorant l’absence du reste de la famille. On s’inquiète un peu de l’arrière-grand-mère qui ne sortira guère de sa résidence pour les Fêtes, des frères et soeurs qui ne verront pas nos parents pour le 25. Mais on en profite. On est un peu égoïstes.

Et puis la dernière possibilité, en dehors de rester entre-soi, c’est de retrouver son autre famille. La canadienne. Celle que l’on s’est construite, à coups de rencontres entre blogueurs, ou entre forumeurs. Grâce au travail, grâce au sport, grâce aux enfants. Une grande famille d’expats, qui se serre toujours les coudes. On mélange nos traditions, on réinvente la culture des Fêtes. On apporte un peu d’ici, et beaucoup d’ailleurs. On se comprend. On est pareil. On est de partout. On est de France, souvent. On ne se serait jamais rencontrés en France. On se serait croisés au détour d’un ciné. Et ignorés. Ici, on est amis. On est ensemble. On est une famille. Demain soir, je retrouve ma famille. L’autre. Et j’ai hâte de même.

Où que vous soyez, avec vos parents, vos frères et soeurs, avec Mamie Berthe, avec vos voisins, avec vos collègues ou avec vos amis. Que vous soyez bien ou mal accompagné… Passez de belles fêtes, soyez heureux, profitez-en. Même si c’est trop, même si vous courez, même si ce n’est pas exactement comme vous l’aviez imaginé… Avec une guirlande de Noël, on peut illuminer tout un monde. Demander à un enfant qui traîne par là, il vous le dira…

Et à bientôt…

-Lexie Swing-

12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Et la quatrième façon c’est de prendre un billet d’avion pour  » le sud  » et profiter de destinations abordables ici mais qui ne le sont pas depuis la France. Expérimenter 50 degrés de différence entre les deux pays ( bon pas cette année). Savourer le soleil comme jamais on ne l’a ressenti et passer le réveillon les pieds dans le sable à défaut d’être avec ses proches 😍

    1. lexieswing dit :

      Ouiiii, j’ai oublié cette possibilité! On part??? ;)

      1. Ouiiiii ! C’est mon premier noël à Québec et il n’y a même pas de neige en plus :-p autant partir hihi

  2. Joyeuses fetes! D’ici les billets sont decidement trop chers et le voyage trop long et risquee (l’unique route vers l’aeroport passe par un col qui est parfois ferme a cause de la neige). Du coup c’est Noel entre expat’ (et pas un seul francais a table a part moi cette annee!) Et puis de toutes facons, quelque soi la periode ou on rentre, c’est la course

    1. lexieswing dit :

      Bon sang oui… On expérimente trois semaines en février, on verra si c’est plus facile! Passe de belles fêtes :)

      1. Merci, 3 semaines, quelle chance :)

  3. lexieswing dit :

    Merci le congé parental ;)

  4. Lauraki dit :

    Nous fêtons avec notre désormais famille québécoise, une belle famille d’amis qui nous a adoptés. Et oui, on l’aime autant que celle de France celle-ci. Joyeuses Fêtes!

  5. Loreleï dit :

    Très joyeux Noël ma belle!!!

    1. lexieswing dit :

      Bonne fête Loreleï!

      1. Loreleï dit :

        merci ;)

  6. Zhu dit :

    En 15 ans, je suis rentrée UNE FOIS pour Noël, quand Mark avait juste un an. C’était certes super de retrouver le Noël de mon enfance, mais j’ai juré que non, plus jamais. Temps pourri, billets chers, transports bondés, tout le monde un peu sur les nerfs avec la logistique… meh. C’était sympa mais une fois.

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