Happy mom day!

Mother and daugther./ Photo Zach Taiki
Mother and daugther./ Photo Zach Taiji

Aujourd’hui, pour la première fois, je vais recevoir des cadeaux en tant que maman. Première fois car aucune garderie ne s’était prêtée au jeu avant ça. Aujourd’hui, je suis chanceuse, les éducatrices m’ont fait de jolis dessins! B. m’apportera son sac en me décrivant à l’avance son contenu, puis se ravisera probablement quelques pas avant d’arriver à moi, déclarant que « non, c’est (son) cadeau » et qu’elle le garde. Sa soeur de 8 mois m’a écrit une carte. Si si, je l’ai entraperçue. J’ai hâte de découvrir la plume de sa nouvelle éducatrice et son talent de dessinatrice.

Je me moque un peu mais je suis touchée. C’est un joli honneur, une jolie fête. J’ai regardé il y a peu une vidéo de mes 8 ans dans laquelle je déclame d’une voix assurée le poème appris pour l’occasion. C’était toujours un beau moment, les fêtes des parents. On construisait des trucs improbables, des pots à crayons sertis de pinces à linge et des boites de camembert transformées en boite à bijoux, par la grâce d’une peinture hésitante, d’un beau noeud doré et d’une noisette (ne me demandez pas pourquoi – c’était la touche Tic et Tac sûrement).

Je suis fière d’être leur mère. C’est dans leur seul regard que je le suis devenue. Certaines se reconnaissent au premier mouvement du bébé qu’elles portent encore dans leur ventre, d’autres s’épanouissent au premier « maman » prononcé. Moi, c’est ce regard reconnaissant qui m’adoube en tant que mère. Ce regard qui dit « toi je te reconnais, tu as l’odeur de ma mère, tu as le goût de ma mère, tu es à moi ».

C’est une grande joie d’être mère. Une grande source de surprises aussi, et d’apprentissages. J’ai appris beaucoup de choses en étant mère, et découvert des facultés et des muscles jusqu’ici ignorés. Par exemple :

  • On peut porter un enfant et passer l’aspirateur, on peut porter deux enfants et pousser un caddy, on peut porter deux enfants et marcher dans 20 centimètres de neige. On porte un enfant beaucoup plus que 9 mois, finalement.
  • On peut se rendre compte un matin, fatiguée, que l’on a pas dormi plus de 6 heures d’affilée sans réveil depuis plusieurs années. Et se lever quand même.
  • On est parfois plus excitée que l’enfant lui-même en ouvrant les cadeaux qu’il a reçus. Et plus excitée que lui à l’idée de jouer au ballon, à la maison playmobil ou aux vieux polly pockets poussiéreux. D’ailleurs, souvent, on les accapare.
  • On s’émerveille d’un rien : une nuit sans réveil, un sourire, un pipi bien visé
  • 6h30 est une heure normale pour se lever. Même la fin de semaine.
  • Un enfant peut transformer en quelques secondes une pièce rangée en remake de l’ouragan Katrina
  • Un enfant chante faux. Souvent. Et il chante n’importe quoi.
  • On se retourne quand on entend « maman » dans la rue. Même quand on est seulement avec son bébé de quelques mois dont le seul mot courant est « dédé ».
  • Un parent a vraiment un humour naze. Mes nièces disaient « dédé », B. disait « dédé », E. dit « dédé », et invariablement l’un de nous dit « mais c’est qui ce Dédé? », et les autres s’esclaffent. Depuis 8 ans.
  • L’allégation qui veut que « tu abhorres la morve, sauf celle de ton enfant » est fausse. Tu abhorres la morve, c’est tout. Et tu poursuis dans toute la maison ton morveux hurlant parce que tu oses approcher un mouchoir de son nez.
  • Un parent peut hurler de façon hystérique, mais c’est généralement pour défouler l’énergie qu’il aurait volontiers mis dans une baffe.
  • On peut revenir 48 fois dans la même nuit vérifier si le bébé respire.
  • On ne soupçonne pas le nombre de fois où un enfant peut se cogner, jouer sa vie, ses doigts, ses dents, et sortir indemne.
  • On ne soupçonne pas non plus dans quelle situation périlleuse un enfant qui apprend à marcher est susceptible de se retrouver en quelques minutes.
  • On cherche toujours ses traits ou ses mimiques dans le visage de son enfant, ou ceux de son conjoint, et on est soulagé lorsqu’on les identifie, comme si on avait besoin de se dire « c’est bon, c’est bien le mien ».
  • On ne sait pas ce qu’on veut : on pousse notre enfant à s’asseoir, marcher, parler, compter et lorsqu’il déclame pour la première fois l’alphabet, on le dévisage les yeux embués en murmurant d’une voix misérable « mais où est passé mon bébé ».
  • Au restaurant, un enfant de deux ans mange les fruits et les frites. C’est tout.
  • « Encore » est probablement le mot qu’ils prononcent le plus, qu’il s’agisse de chocolat, de chatouilles ou de leur faire faire l’avion. Le nombre de « encore » est inversement proportionnelle à l’envie du parent de remettre ça.
  • Les enfants de deux à six ans ont des réflexions bien plus pertinentes que les grands enfants de 30 ans et plus.
  • Mettre au monde un enfant, c’est comme accoucher d’un morceau de son coeur. On le reconnaît, on ne veut plus le quitter, il nous devient indispensable. C’est à la fois incroyable et douloureux. Un bonheur indescriptible et des peurs à n’en plus finir. C’est comme si l’on naissait encore une fois, finalement.

-Lexie Swing-

8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Très bel article… Merci…!

  2. La première phrase du dernier, sur l’accouchement, est absolument magnifique :-)

    … et le reste de la liste est criant de vérité, même chose ici!

    J’ai eu le droit à mon cadeau de fête des Mère, dessins et collage. Il trône sur mon bureau. J’en suis fière! Pis je suis un peu soulagée de voir qu’ici, on ne fait pas de colliers de maraconi, parce que ma pauvre maman, elle en a porté des colliers de nouilles!

    Sinon, mon deuxième cadeau a bien sûr été de nettoyer du vomi partout, Mark toussant beaucoup et étant encore malade. On rajoute ce « bonheur » à ta liste??

    1. lexieswing dit :

      Miam! ;) Moi aussi je les aime bien (même si une des éducatrices a écrit «bonne fêtes» hum.

  3. Happy mother’s day! J’ai hate de pouvoir un jour vivre tout ce que tu decris :)

    1. lexieswing dit :

      Je te souhaite que ça arrive vite désormais :)

  4. Nanou dit :

    « Mettre au monde un enfant c’est comme accoucher d’un morceau de son coeur »,c’est une très belle phrase et très vraie !!!
    Ah les petits cadeaux de fête des mères : on se moque un peu, mais au fond on toutes touchées par tout le coeur que les petits y ont mis. Je dois être un peu guimauve mais j’ai toujours apprécié ces moments !

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