Welcome to my mind

Mind./ Photo Devanath
Mind./ Photo Devanath

A la fin de chaque mois, aux alentours du 20, mon opérateur m’annonce d’un ton terriblement détaché (par texto, c’est dire à quel point il s’en fout) que je n’ai plus de mega et que je ne peux donc plus utiliser mon internet en dehors des bornes wifi, à moins de vouloir filer un rein pis la rate pour payer mon forfait.

Je suis donc contrainte à faire autre chose que traîner sur mon cellulaire à Googler des trucs improbables et mettre à jour mes courriels aux 5 secondes. Généralement, la fin du mois concorde avec mon oubli de reprendre des livres à la bibliothèque. Fait que… Je me retrouve à devoir regarder autour de moi et me distraire par moi-même. L’angoisse. Comment on fait déjà ?

Bon ça m’a pris un peu de temps mais j’ai fini par me rappeler. Il faut dire que j’ai une imagination débordante. Quand j’étais ado, je vivais dans ma tête des moments incroyables où j’étais l’héroïne d’aventures amoureuses trépidantes incluant beaux acteurs et rencontres impromptues. Normal.

Mon jeu préféré n’a pas perdu en intensité mais les beaux acteurs ont été remplacés par des amis perdus de vue ou des personnages importants que je rencontre donc dans ma tête en imaginant des conversations où je brille par mon intelligence. C’est tout moi. Je vous ai déjà dit que j’avais la repartie d’un poulpe à l’agonie? Et bien dans ma tête, non. D’ailleurs quand la phrase ne sonne pas bien, je la recommence. C’est parce que c’est moi le chef.

La rencontre se fait toujours au coin d’une rue. Généralement vers mon boulot. Parce que quand j’y pense je suis sur le chemin, partant de mon bureau. Faque mon esprit divague et, oh boy, incroyable, toi ici? Si loin de ce patelin de France où nous sommes connues (ou « connus », je ne suis pas contre une rencontre avec quelques gars qui m’ont plaquée et que je pourrais désormais éblouir de mon charme de trentenaire accomplie) il y a de cela un siècle environ je sais je n’ai pas vieilli d’un poil. (Toi si par contre mais même dans ma tête je suis pleine de tact alors je souris et je fais fi de rien).

Là, la conversation se déroule. Souvent, je suis accompagnée de mon amoureux (rasé mais pas trop, avec les cheveux attachés à moitié, une chemise, de beaux jeans et sa cadette en porte-bébé façon papa impliqué mais naturellement stylé) et de mes filles donc.

Et je parle de mes filles. Et puis de mon chum. Et je dis chum d’ailleurs. Et j’explique, l’air faussement désolée « c’est le mot québécois désolée j’oublie ». Et puis je ris. Dans mon imaginaire j’ai le rire pointu, bref et satisfait. Dans la vraie vie j’aurais assorti cette remarque d’un rire niais mais héroïne de l’histoire je suis, rire appropriée j’ai donc!

Je parle de Montréal. Ça fait rêver Montréal, l’expatriation, toussa. Surtout quand tu viens de France et que tu pourris sur pied dans le climat qui se détériore (et la météo aussi d’ailleurs). Je dis « Justin » en parlant du premier ministre et je roule des yeux condescendants quand on me répond « qui, Bieber? »

Et je porte une robe ajustée. Genre moi qui vais à un 5 à 7 réseautage journalistes. J’ai mes filles, pis mon chum mais je vais à un 5 à 7 et j’ai la robe parfaite et les talons fashion mais confortables. Logique. D’ailleurs, quand je me perds dans mes pensées, je refais mille fois la scène jusqu’à avoir la bonne tenue, la bonne coiffure et le bon timing. « Je pourrais croiser machine… » Mon esprit s’emballe et puis la raison lui met le holà : « Non mais si tu croises machine la fille-qui-a-tout-réussi à 16h. T’as le temps de jaser ok, parce que ton train est qu’à 50 mais là elle te voit avec ton sac Dollarama avec tes bougies pas chères pis ta nappe à 3 dollars. Ok, on remonte le film. Tu passes pas à Dollarama ce jour-là. Tu sors plus tôt. Tu croises machine la fille-qui-a-tout-réussi à 16h. T’as mis ta super robe et tes escarpins. Ah non pas les escarpins, tes ongles sont moches. Bon on remonte le film. Hier t’es allée te faire faire les ongles pis ce midi t’es PAS passée au Dollarama… »

Fait que oui, j’me dis tu et j’rentre chez moi (chez nous) fatiguée. Ma fille parle du pont d’Avignon et fait le chat qui miaule et on dirait qu’ensuite je serais un oiseau et je me demande bien d’où elle tient tout ça, cette imagination. C’est fou les enfants non?

-Lxie Swing-

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Si je le pouvais, je te filerais un bout de mon « cellphone plan », je n’utilise jamais mes 2 Go de données allouées! Enfin si, une fois, quand je n’avais pas réalisé que les podcasts bouffaient toutes mes données. Maintenant, je télécharge mes émissions sur l’ordi et je transfère sur le téléphone, du coup, je n’utilise pas grand chose, juste Skype avec ma mère.

    Bon, bref, on s’en fout hein.

    C’est cool de divaguer comme ça. Je le fais quand je marche, souvent c’est comme ça que me viennent mes brouillons d’articles ;-)

    1. lexieswing dit :

      mmmmh ça peut s’arranger un transfert?

  2. Je dois le dire (déformation professionnelle!) : je crois qu’on dit plutôt « welcome TO my mind »

    1. lexieswing dit :

      Tu crois ou tu es sûre? MERCI, c’est changé :)

  3. Marie Kléber dit :

    C’est dingue, je me faisais les mêmes films quand j’étais ado! Aujourd’hui ils ont un peu changé, quoique (je cherche toujours mon prince!). Et je trouve ça génial de pouvoir s’évader dans sa tête, sans quitter son siège!

  4. Pas de wifi sur mon telephone donc je revasse bcp aussi. Soit comme toi je me fais des films sur les gens, soit je pense a ce que je vais faire dans les prochains jours, a mes habiits ou encore a des brouillons d’article :)

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