Pardonner aux autres ce qu’on s’autorise à soi-même

On est plus ou moins exigeant avec soi-même. Il y a ceux qui ne lâchent rien, et qui, à ce titre, en profitent pour faire vivre un enfer aux autres. Et ceux, moins regardants, qui s’autorisent volontiers un petit coup de mou de temps à autre. En cette période d’automne, qui chez nous s’est bien vite révélée synonyme de gastro, on s’est retrouvé à traîner la patte. Et pour cause ! Qui a du cœur à l’ouvrage avec la nausée en bandoulière, trois heures de sommeil dans les épaules et le cou qui n’est vaillant que légèrement penché vers la droite (vous noterez le caractère pratique pour taper à l’ordinateur)?
Alors on s’autorise à être plus lent, à repousser un rendez-vous, à faire la moue devant une sortie, à soupirer un peu au téléphone. On s’autorise à ne pas avoir envie. D’une rencontre, d’une discussion, d’un conflit ou d’un problème à régler.

angeEt puis le matin venu, on croise une éducatrice, on saisit la porte après le portier d’immeuble, on lance un regard à la maîtresse, et on s’étonne de ne rien recevoir en retour. Pas un sourire, pas un regard. Juste de la lassitude et un peu d’indifférence. Les réponses viennent un peu tard et elles n’ont comme pas rapport. On loue le temps qu’il fait et on nous répond que l’heure est à la collation.

Et on s’indigne, intérieurement, entre deux feux de croisement, extérieurement, à une collègue qui aime jaser. On se plaint, on argumente « c’est quand même fou ça », et puis « les gens n’ont plus d’éducation ».

Et puis on oublie, un peu trop volontiers, qu’il y a l’humain derrière les cernes, derrière le regard las, derrière la fatigue. Peut être la maladie, peut être la tristesse, et peut être juste un temps mal venu ou une nuit trop courte. Et on zappe l’indulgence. On cultive l’empathie, mais juste avec soi-même, alors que la gastro, c’est bien connu, toucherait n’importe qui.

Ça m’a pris un peu trop de temps à réaliser, hier matin, que l’une des éducatrices n’était pas indifférente à ma fille mais visiblement fatiguée, probablement malmenée par un quelconque virus. Le temps de trop. Celui qui m’a fait lui répondre par des sourcils froncés alors que j’aurais dû lui offrir un sourire de soutien.

Si en pareil cas vous pouviez être plus prompte à réaliser que moi je n’aurais pas tout à fait perdu ce temps pour rien.

-Lexie Swing-

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6 réflexions sur “Pardonner aux autres ce qu’on s’autorise à soi-même

  1. Navarro dit :

    Et tout ça à cause de ma petite E. Dite tempête qui n’a pas son pareil pour envoyer au lit actifs et futurs retraités en diffusant gratuitement une gastro dont elle a le secret. Je le sais, je suis un rescapé qui grâce à elle a perdu 5 kg.

  2. Marie Kléber dit :

    C’est vrai qu’on l’oublie facilement, les autres sont comme nous, humains…et le blues, les virus, la fatigue les touchent autant que nous.
    Merci pour ce rappel Lexie!!

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