Nouvelles du front

Depuis quelques semaines, je suis prise dans un tourbillon boulot-enfants-dodo. Les journées de travail sont pleines à craquer, et la routine s’installe dès la porte de l’école passée. Mes seuls moments de pause sont les trajets de train, quand je ne passe pas ceux-ci à faire mon épicerie en ligne ou à commander des bottes de neige pour la petite dernière.

Dire que je rêve d’écrire et que l’application Notes de mon téléphone ne désemplit pas des idées foisonnantes que j’ai pour le blog serait vous mentir. Ma jauge d’inspiration est inversement proportionnelle au taux de remplissage de mes journées actuelles : proche de zéro.

Alors, parce qu’on se connait depuis déjà 7 ans (pour certains), et que j’ai horreur de ces pages abandonnées qui trainent comme des zombies mal suturés sur la Toile, j’ai pris le parti – à défaut d’un article structuré – de vous donner des nouvelles.

1)    Numéro 1, ma grande fille de 6 ans et demi, est d’une humeur particulièrement joviale ces jours-ci. Hier j’ai dit «tu peux aller prendre ta douche s’il te plait?», et elle a répondu «bien sûr Maman, j’y vais tout de suite et je viendrai finir mes devoirs après». C’est bien simple, il y a encore une version fantomatique de moi, bouche bée au milieu de la cuisine, qui ne s’est pas encore remise de cet échange.

2)    Il y a un principe (pseudo) scientifique selon lequel : si et seulement si l’enfant numéro 1 s’assagit brusquement, alors son cadet prendra sa place comme maître des enfers. J’ai pour projet de faire floquer un chandail taille 4 ans «Here comes Trouble» (« les ennuis arrivent »). Elle qui avait traversé le Terrible two et le Threenager avec la grâce d’une colombe à l’Armistice se borne désormais à rouler sur le chemin de la vie comme un automobiliste saoul : elle engueule les autres et s’entête à prendre les chemins de traverse, même s’ils sont recouverts de moquette et qu’elle porte des bottes de neige souillées. Elle ne veut que l’assiette rose, les vitamines rouges, les t-shirts avec un bonhomme au milieu, deux tresses et pas une, et surtout pas de légumes. Bref, c’est un charme.

3)    La neige est arrivée mardi – pour une fois Météo Média ne s’était pas trompé. Depuis c’est la file chez le garagiste, nos sacs de feuilles minutieusement ramassés dimanche sont sous 15 centimètres de poudreuse et il a fallu acheter des bottes de neige aux enfants en urgence parce que les anciennes étaient deux pointures trop petites.

4)    On a fêté la Saint de mon prénom, provoquant au passage l’incompréhension de mes amis et collègues. Ici l’anniversaire se dit la Fête, et les fêtes ne se fêtent pas. Autant dire que fêter ma fête à l’automne alors que je suis née au printemps paraissait peu opportun. Finalement, nous nous sommes tous accordés pour dire qu’avoir deux journées à soi au lieu d’une est une richesse que nul ne devrait laisser passer. J’en ai profité pour raconter à mes filles d’un ton énamouré comment, dans mon enfance, la dame de la météo annonçait chaque soir le nom des personnes qu’on allait fêter le lendemain. Leur désintérêt a été aussi vif que ma nostalgie!

5)    Notre fille de 4 ans (la Trouble susmentionnée) (prononcée Troubeul, parce que c’est en anglais) ne semble toujours pas décidée à passer des nuits apaisées. Elle attend systématiquement que j’ai éteint ma propre lumière – s’accordant à l’heure à laquelle je décide de le faire, elle n’est pas difficile – pour hurler mon nom dans son sommeil, réduisant à néant mes efforts dantesques pour repousser mon schéma d’organisation mentale visant à optimiser la réalisation du ménage et l’abaissement de la note d’épicerie. Sommeil : 0; organisation du ménage : 1 (Trouble : en forme, mais cernée).

6)    Lassée de dévouer nos (courts) week-ends au ménage, j’ai créé un schéma (mental donc) de réalisation hebdomadaire. Samedi dernier, j’ai ainsi pu enfiler mes pantoufles et attraper un livre avec la paresse d’un chat sous valériane. Après 7 années à attraper l’aspirateur de bon matin le samedi, je n’en reviens tout simplement pas.

7)    Je regarde présentement pour faire évoluer mes compétences en effectuant ce qu’on appelle ici un certificat (30 crédits). Après 8 ans d’études, j’ai longtemps dit «plus jamais», mais mon changement de carrière il y a trois ans m’a forcé à reconsidérer les choses. Gestion des ressources humaines, gestion de projets, management… les possibilités ne manquent pas, seul le temps (et l’argent) reste un potentiel obstacle. J’avoue avoir peut-être aussi envie de me confronter aux études avec un œil nouveau et une autre maturité, ayant passé l’essentiel de mes études post-bac à attendre d’arriver au bout sans jamais voir l’intérêt des connaissances apprises et du chemin parcouru.

Sur ces 7 points pas nains, je vous laisse. Et vous connaissez la formule : dans l’attente de vos nouvelles, je reste à votre disposition pour de plus amples informations.

Si vous me cherchez, je serais sous mon plaid. Il fait -12 degrés, ressentis – 22, et mes sourcils vont probablement tomber.

-Lexie Swing-

Catégories Enfants, Exister, ImmigrationÉtiquettes ,,

15 réflexions sur « Nouvelles du front »

  1. Je me sentais toute fringante, assez efficace et satisfaite de notre automne, occupée certes, mais assez bien géré…. jusqu’à l’hiver arrivé trop tôt. Depuis, je suis ta jumelle, sous le même plaid, ou plutôt enveloppée dedans devant l’ordi. Tout d’un coup, je viens de réaliser que j’étais FA-TI-GUÉE de courir et d’enchaîner (un peu comme toi, un enfant en moins). C’est con, pourtant, je ne peux pas vraiment m’arrêter comme ça :lol:

    1. Ça m’a mis un sacré coup, cet hiver soudain !

  2. Merci pour ces news, bon courage à toi, j’espère que tu pourras bientôt te dégager un peu de temps pour toi…bises !

    1. Moi aussi, la demi heure dans le train ça compte ? En vrai je fais quand même du sport deux soirs par semaine (une fois les enfants couchés), c’est déjà ça !

  3. Sympa ces petites nouvelles! Ta description de ta cadette m’a bien amusée.

    1. Je te jure qu’elle m’épuise. Hier elle a profité du fait que je venais de remettre mes bottes de neige pour retraverser sa garderie en sens inverse et disparaître. J’ai dû tout réenlever pour partir à sa poursuite !

      1. Hi hi elle est drôle ! Ou pas! Ça dépend de l’humeur du jour.

  4. Quand je te lis Lexie je me sens moins seule et ça c’est un régal!
    Quand j’entends le « oui maman » je dois avoir la même tête que toi. Si rare donc presque incroyable!!
    Le froid arrive doucement. Cette année je ne le ressens pas de la même façon parce cette année notre appartement est bien chauffé – le bonheur!
    Merci pour ces nouvelles et je te comprends parfaitement pour la reprise potentielle d’études.
    Bonne fin de semaine à tous

    1. Est ce que vous avez déménagé ? Le bonheur d’un appartement bien chauffé :)

      1. Oui en banlieue parisienne! Pas très loin en somme. Mais un changement quand même.

      2. Ton petit loup a bien vécu le changement aussi ?

      3. ÇA a été difficile au début par rapport à ses copains. Aujourd’hui il est content. La petite voisine du dessus est dans sa classe, ça aide.

  5. Je suis moi aussi hébétée lorsque ma fille me répond « Oui maman ». Heureusement, cela n’a dû arriver que 3 fois…

    1. On se prépare tellement mentalement à ce qu’ils disent « non » lol

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