À 10 mois…

Fly, baby,fly! Henry, 10 mois./Photo Erkillian5

Fly, baby,fly! Henry, 10 mois./Photo Erkillian5

Il y en a qui marchent, il y en a qui s’assoient tout juste, il y en a qui chantent et d’autres qui tapent des mains. Miss Swing a dix mois aujourd’hui. Elle…

– s’assoit seule, quelle que soit la position initiale, même si ça nécessite de passer par un grand écart facial!

– se met sur le ventre pour jouer dans le bain, puis fait des bonds tout autour de la baignoire, comme un dauphin

– boit son biberon seule (depuis deux mois), et d’une seule main s’il vous plaît!

– fait le tour du salon à reculons, sur les fesses ou le ventre, en soufflant, râlant, criant… bref, en exprimant son mécontentement. Ca ne peut plus durer, elle voudrait savoir marcher!

– se lève sur les genoux, épicétout

– tape des objets sur d’autres objets, des objets sur le rebord de la baignoire, des objets sur le parquet, des objets sur nous aussi, parfois (on est loin du toc toc, sur nous ça fait plutôt Aieaieaiearrêteçatoutdesuite).

– a rejoint le groupe Etoile de mer à la piscine du coin

– a de l’humour : prenez un Golden Retriever et des faux bois de renne qui s’agite dans tous les sens, et vous obtenez un fou-rire!

Joyeux moisiversaire my Baby Swing!

-Lexie Swing-

Bébé : les bons conseils qu’on nous a donnés

A l’aube de la première naissance, quand le tour de taille n’a plus rien à envier à une montgolfière en pleine ascension, les conseils des proches fusent. Amis, frères et soeurs, parents, collègues, vieille dame croisée à l’arrêt de bus, tout le monde a un conseil à donner pour l’élevage (l’éducation pardon) de votre premier-né.

Et… (suspens)… certains conseils sont bons à prendre! Voici ceux qu’on a mis en pratique et qui nous ont, souvent, sauvés la mise.

Le biberon de 23h

Ça avait marché pour 5 enfants avant elle, on s’est dit que ça valait le coup d’essayer. L’idée? Réveiller Miss Swing à 23h pour lui donner un biberon. Les premiers jours, son rythme de réveil/biberon était donc de 19h – 23h  (à notre initiative) – 4h – 8h. Le réveil de 4h s’est lentement décalé vers 5, puis 6h. Le biberon de 23h s’est, pour sa part, rapproché de celui de 19h avec lequel il a finalement fusionné quand Miss Swing est passé à 4 biberons par jour et à des nuits complètes de 21h à 6h30… à deux mois!

Le bain allongé

A 4 mois, Miss Swing a commencé à taper des pieds dans sa petite baignoire bleue. Elle s’agrippait aux bords qu’elle essayait ensuite d’escalader. Elle se tapait aussi régulièrement la tête en se poussant dans l’eau d’un coup de talon. Nous avons alors mis en pratique la technique du bain vue chez des copains : bébé allongé au fond de la grande baignoire avec le chauffage à fond et l’eau à la moitié du corps. Elle a adoré, battant des pieds à tout va et tapant l’eau avec ses mains. A 7 mois, elle a commencé à jouer assise sans qu’on la tienne, retenue par un tapis antidérapant. A bientôt 10, elle joue seule, se met sur le ventre, puis se rassoit, le tout sans aucune aide.

Baby's sleeping./ Photo Tamaki Sono

Baby’s sleeping./ Photo Tamaki Sono

Le lait à température ambiante

C’était un conseil à l’envers, en mode « surtout ne faites pas comme nous ». Ils avaient testé le lait chaud, voire très chaud. Leur demoiselle l’avait adopté, tant et si bien qu’ils devaient faire réchauffer en cours de route le biberon de la princesse. Biberon à température ambiante nous avons donc testé, ça tombait bien, c’était la mode à la maternité! Quel que soit l’endroit ou l’heure, il suffisait donc de verser eau, lait en poudre et de bien secouer. Et comme nous l’avons testé partout, dans la voiture, en balade à la campagne, au restaurant, dans un centre commercial, on ne peut qu’approuver!

Les combinaisons

Vous avez déjà essayé d’enfiler des pantalons ou une paire de collants à un nouveau-né? Ça pique du nez, ça s’affale et bave sur votre épaule, et ça hurle par dessus le marché. On voulait l’habiller, pour de vrai, la journée, alors on a suivi le conseil parental et investi dans des combinaisons. Faciles à boutonner, agréables pour bébé, Miss Swing s’est roulée dedans pendant des mois avant qu’on leur préfère jeans et pantalons souples, à 6 mois.

Les sorties à outrance

« Emmenez-la partout, ça l’habituera ». En poussette, dans le porte-bébé, parfois juste dans les bras, on a trimballé Miss Swing. Restos chics et fast-food, courses du samedi et café du matin, week-ends, pique-niques, elle a suivi le mouvement. A 10 mois, rien ne plaît plus à la belle que d’observer les tables voisines et de dormir au supermarché. Sa dernière sortie : un souper à la pizzeria, assise directement sur la banquette, la poussette ayant été oubliée… dans l’appartement (« Chéri, t’as oublié la poussette », « c’est toi qui devait la prendre la poussette », « Non je te dis que c’est toi »…). Elle a adoré.

Dix doudous

Nous n’avons pas un, mais une bonne dizaine de doudous. Notre grande peur : que Miss Swing hurle à la mort chaque fois que le Précieux était en train de jouer dans la machine à laver, qu’elle refuse de passer la porte si Doudou ne pendouillait pas à distance respectable de sa menotte droite. Doudou n’a donc pas eu droit de cité les premiers temps. Un petit lapin blanc a veillé la demoiselle à distance respectueuse les premiers mois. Plus intéressée par son pouce que par un quelconque ami duveteux, Miss Swing n’a jamais cherché à l’attraper. Lorsqu’elle est passé du berceau au lit à barreaux, elle s’est retrouvée cernée : ils étaient dix à la dévisager avec leurs grands yeux cousus. Aujourd’hui, il y en a un qu’elle préfère, mais surtout les jours pairs. Certains soirs, elle choisit plutôt un petit éléphant glané dans une boutique de souvenirs. D’autres fois, elle joue pendant une heure avec ma propre peluche d’enfant. Dans tous les cas, le doudou number 1 n’a que rarement quitté son lit. Et si elle le retrouve avec plaisir le soir, elle n’a jamais cherché à le prendre avec elle le matin venu. Exemple flagrant : un autre doudou très aimé est parti avec elle à la garderie. Il est revenu une semaine après à la maison, la nounou ayant noté qu’elle ne le saisissait même pas pour s’endormir.

Le meilleur conseil

Le meilleur conseil, the best, ever, a été prodigué par une puéricultrice de la maternité. « Vous faites comme vous voulez », nous a -t-elle dit. « Je vous montre comment moi je fais, mais vous n’êtes pas obligés de faire pareil. L’important c’est que vous vous sentiez à l’aise ». Nous n’étions pas obligés de donner du lait chaud, pas obligés d’allaiter, pas obligés de la savonner hors du bain, pas obligés de choisir le même lait que la maternité, pas obligés d’avoir un cosy, pas obligés de la faire dormir avec nous, pas obligés de lui donner une sucette. Faire ses propres expériences, respecter ses propres valeurs, créer sa propre éducation, c’est le meilleur conseil qu’on ait reçu, le seul qu’on ait vraiment suivi, la conduite que je vous recommande par dessus tout.

-Lexie Swing-

La chenille qui fait des trous, d’Eric Carle

En déco.../ Photo DR Lexie Swing

En déco…/ Photo DR Lexie Swing

Il a une place spéciale dans la chambre de Miss Swing. Posé sur les genoux de l’ours, il décore la pièce comme un tableau. Un tableau que l’on plie, que l’on griffe, que l’on redécouvre chaque semaine. La chenille qui fait des trous, d’Eric Carle, (The very hungry caterpillar, dans sa version anglaise) est un livre superbe. Il est tendre, drôle et l’écriture est suffisamment rythmée pour que le parent prenne du plaisir à le lire à haute voix. L’histoire est celle, bien connue, de la chenille qui devient papillon. Sauf que cette chenille-là est incroyablement gloutonne!

Les pages intérieures sont découpées de façon surprenante et les dessins sortent de l’ordinaire. En bonus, l’enfant y découvre les jours de la semaine, quelques fruits et les premiers nombres… Bref, Miss Swing je n’sais pas, mais moi, c’est assurément mon histoire préférée du moment !

Je ne suis certainement pas la seule, puisqu’il a été traduit en 45 langues et vendu à près de 29 millions d’exemplaires.

Extrait : Lundi, elle croque dans une pomme, elle y fait un trou mais elle a encore faim. Mardi, elle croque dans deux poires, elle y fait deux trous mais elle a encore faim…

Mais pourquoi ne marche-t-elle pas?

Les Pourquoi ne marche-t-elle pas, et autres Maman, c’est quand même pas difficile à dire si, Maman?, sont autant de supplications parentales, murmurées la larme à l’oeil au dessus du berceau.

First steps./ Photo Sean Dreilnger

First steps./ Photo Sean Dreilnger

Il faut dire que c’était écrit dans le bouquin. Lequel? Tous, le Dolto, le Pernoud, et même le Doctissimo (surtout le Doctissimo). A 4 mois ton enfant se retourne, à 6 il s’asseoit, à 9 il marche à quatre pattes, à 12 il marche en s’appuyant, etc. Or ton enfant lui, il ne fait rien de tout ça. Par exemple il sait dire Sssien (chien) et Dodo alors qu’il aurait dû apprendre Papa et Non. Ou bien il te tape dans la main quand tu lui dis Give me five mais refuse obstinément de faire bravo malgré des mois d’entraînements intensifs.

La vérité est dure à entendre mais il faut que vous l’affrontiez. Allez, une inspiration, et on fait face ensemble à la terrible réalité : Oui mon enfant est normal. Non il ne rentre pas dans les cases de Dolto, même en tassant bien. Oui, sur Doctissimo, il y aura toujours des enfants qui savent faire la roue à 9 mois et le salto-arrière à un an. Oui, ces parents mentent. Sûrement parce que leur rejeton ne sait dire que ‘Zour (bonjour), Papa, Mama et Nula (Nutella – l’enfant sait ce qui est bon) et que ça ne leur suffit pas justement.

Avant même le départ, on veut enfermer nos têtes blondes dans des normes et des statistiques. Il faut tomber enceinte en moins d’un an et accoucher avant terme. La marmotte doit faire ses nuits au bout d’un mois et boire 4 biberons à trois.

Dans ma gang de mamans-de-février-2013, on a toutes des bébés de 9 mois très différents. Certains font déjà quelques pas ou jouent les équilibristes, quand d’autres parcourent encore le salon à reculons, en glissant sur le ventre. Certains font coucou, bravo, Tope-là, d’autres connaissent les boutons pour allumer leurs jouets et savent manger à la cuillère sans (trop) faire tomber de la purée. Certains disent Papa, Maman et appellent le chat; d’autres formulent des phrases très longues, et ponctuées, faites de glaglagloglutapicocha, et attendent que tu dises quelque chose en retour. Certains mangent de tout et dorment 10 heures par nuit, d’autres font la moue devant les épinards et se réveillent deux fois avant minuit.

Tous savent dire non, tous font des câlins, tous nous regardent, surveillent nos réactions, sourient quand on leur sourit, nous regardent quand on les appelle. Tous ont besoin de nous pour s’appuyer, pour grandir, pour les applaudir, pour les aider. Ne vous inquiétez pas avant l’heure, laissez votre bébé se rouler sur le parquet avec béatitude. Demain ou dans quinze jours, il fera peut-être ses premiers pas. Et votre inquiétude sera désormais toute autre.

-Lexie Swing-

Conseils pour un cadeau de naissance au top

J’adore les cadeaux. J’adore en faire surtout. Rien ne me plaît plus que de chercher le cadeau qui pourrait plaire. Même si des fois je me plante…

Parce que je me suis trompée, parce qu’on s’est aussi trompé pour moi, parce qu’on en rigole entre mamans mais qu’on ne sait pas toujours comment réagir face aux cadeaux surprenants, voici quelques conseils pour bien choisir son cadeau de naissance.

Cadeau de naissance./ Photo Maaco

Cadeau de naissance./ Photo Maaco

Le six mois, tu oublieras

Offrir un vêtement en six mois, c’est comme vouloir déjeuner dans une station-service de l’A7 en plein mois d’août : une mauvaise idée que 300 personnes ont eu avant vous. Dites-vous une chose : les futurs parents achètent avant la naissance des vêtements en un mois et trois mois. Donc le six mois, c’est la redécouverte, la taille qu’ils vont acheter quand l’enfant est arrivé. C’est aussi la taille à partir de laquelle bébé commence à mettre de vrais vêtements. Autant dire que si les parents sont aussi consuméristes que nous (que moi), l’armoire est déjà pleine de fringues coordonnées et amoureusement dénichées… La bonne idée : le vêtement en un an ou 18 mois. Sur le coup, ça paraît immense,  mais quand on le ressort quelques mois plus tard, on est ravi de découvrir ce cadeau qu’on avait oublié…

Le pratique et le pastel, tu adopteras

Si tu es une amie proche dont je commente toutes les créations couture, tu sais que j’aime le Liberty (oui-Aude-ce-clin-d’oeil-est-pour-toi). Mais comme je n’en porte pas, ou presque, et que j’en parle peu, il y a peu de chances que tu sois au courant. C’est pareil pour les autres. Si tu sais quel style les parents adorent, fais-toi plaisir, ce sera une jolie façon de montrer que les connais. Dans tous les autres cas, adopte des couleurs neutres, des petits jeans mignons et confortables, du bleu, du rose pâle (si tu es mon ami, évite le rose pâle quand même), du jaune clair. La bonne idée : ce genre de pantalon, avec des pieds, parfait pour les deux premiers mois.

Le doudou (toutou), tu éviteras

A la naissance de ton enfant, tout le monde dégaine son doudou assorti de la mention « j’espère que ce sera le mien qu’il choisira ». Ok, ça te fout pas la pression déjà. Sache-le, le doudou a généralement déjà été choisi par les parents. Et s’ils sont un peu retors, ils ne donneront QUE le leur à leur progéniture. Si tu es un très proche et que tu as choisi un doudou vraiment sympa, c’est une chouette idée. Si tu l’as ramassé dans un coin de magasin ou en cadeau avec la lessive, tu peux le garder. La bonne idée : faire inscrire le prénom de l’enfant dessus. A 15 ans, l’enfant trouvera ça cucul, mais à deux ans, ça fait fashion, en mode « Touche pas à ce doudou y’a mon prénom dessus, t’y fous encore ton pouce plein de bave et je t’écrase ma barquette à la fraise dans les cheveux ».

La déco, tu agrémenteras

Un petit tableau pop-art, des suspensions en carton, un sticker… la décoration c’est une chouette idée, surtout si vous avez déjà vu la chambre du nouveau-né et que vous accordez les couleurs. Attention à ne pas prendre quelque chose de trop imposant car il y a fort à parier que les parents ont déjà quasiment terminé la chambre.

La liste de naissance, tu consulteras

Certains parents font une liste de naissance. Dans un magasin précis, sur Internet, voire par courriel, juste pour donner des idées. Tu n’es pas obligé de suivre les propositions à la lettre, mais ça va te guider sur ce qu’il peut encore manquer au nouveau-né : une gigoteuse supplémentaire, une couverture miracle, une préparation pour faire des moulages des petits pieds de bébé… Tous ces trucs pas forcément indispensables mais que les parents auraient bien aimé avoir quand même.

Tes enfants, tu interrogeras

Enfin tu les interrogeras du regard s’ils ont moins de 18 mois… Quels jouets leur ont particulièrement plu? De quoi vous êtes-vous vraiment servi? Si vous avez remisé dès la première utilisation votre chauffe-biberon-USB-solaire, inutile de refaire le même achat!

Les parents, tu récompenseras

Ils sont contents, ils sont parents, mais ils n’ont pas envie de n’être QUE des parents. Surtout la mère. Alors n’hésite pas : une fleur, un bon roman (pas le Guide du super parent, un vrai roman), un bouteille à partager, ce sont de petites attentions qui prendront tout leur sens devant le sourire de tes amis ravis.

Ton coeur, tu mettras

Peu importe ce que vous achetez si vous avez mis du coeur à l’ouvrage. Le même doudou que celui de votre fille; le jouet que vous adoriez, enfant; le T-shirt que votre amie portait lorsqu’elle était ado; le bonnet aux couleurs de ce pays que vous avez visité ensemble… Vous vous êtes donné du mal, vous avez mis un peu de vous dans ce cadeau, vous n’êtes pas entré dans ce magasin en errant sans savoir quoi prendre, vous avez choisi ce qui reflétait le mieux vos amis parents à vos yeux. N’hésitez pas à mettre un petite carte pour expliquer votre choix, même si vos amis finissent par échanger le cadeau, ils garderont la délicate attention en mémoire…

-Lexie Swing-

Bébé : le savoir à toute allure

C’est une drôle de chose que le savoir… Miss Swing aura 9 mois dimanche et en moins d’une année, elle a appris plus de choses que moi en cinq ans.

Elle a appris à s’asseoir, à manger. Elle a appris à dire non, à sourire. Elle a appris à dire bye-bye, à se déplacer en rampant, à mettre en route ses jouets électroniques, à reconnaître nos voix, à caresser son chien, à faire des câlins, à mettre une balle dans un circuit, à enlever un capitaine de bateau d’un pot en plastique à peine plus grand, à faire du toboggan. Elle a appris son nom, aussi.

Il découvre le monde./ Photo Aurimas Mikalauskas

Il découvre le monde./ Photo Aurimas Mikalauskas

D’ici deux ans, elle aura appris couramment une langue. Et probablement quelques mots d’une autre, garderie trilingue oblige. Moi depuis 15 ans que je l’apprends, je baragouine à peine l’espagnol.

Hier, elle rampait à plat ventre, aujourd’hui elle met les genoux sous elle, à deux doigts du quatre pattes. Moi il m’a fallu trois cours pour maîtriser les rudiments du Pilates.

Quand je commence une nouvelle chose, quand je dois affronter de nouveaux défis, je pense toujours à elle et à sa formidable capacité à apprendre. J’essaye de me dire « aujourd’hui tu ne sais pas, mais demain tu maîtriseras ». Et même si ça ne m’empêche pas de me morfondre, de me plaindre et de me lamenter, ça marche! Je bloque sur de nouveaux logiciels, je me heurte à des tournures de langue et puis quelques jours ou semaines plus tard, je n’y prête plus attention, je les ai intégrés, vaincus. Preuve qu’apprendre, on sait faire à tout âge. On a juste tendance à l’oublier, parfois. Alors que nous aussi, on a su marcher en un an (bon ok 16 mois pour moi ;)) et parler en à peine plus…

Quand je galère vraiment, quand la concurrence me semble trop rude et les obstacles insurmontables, il m’arrive même de penser: « Je m’en fous, moi aussi je suis arrivée première une fois, ce sera peut être la seule fois, mais quelle victoire quand même! » On a gagné la vie :)

Joli samedi!

-Lexie Swing-

Le cinquième des douze travaux : trouver une garderie

Prenez n’importe quel blogue ou message de forum et vous y lirez immanquablement la même rengaine : impossible de trouver une nounou à Montréal à moins d’avoir le portefeuille de Bill (Gates).

Je suis votre lueur d’espoir.

Car, lisez bien ceci : j’ai trouvé une garderie en un jour. A côté de chez moi. A 7 dollars la journée.

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

Bon, ce n’est pas un CPE (Centre de la petite enfance) mais comme Miss Swing toise à peine 70 cm, je craignais qu’elle ne se sente perdue au milieu d’une quarantaine d’enfants hurlant, courant, se jetant des jouets et de la poutine (ok ceci est totalement un cliché je plaide coupable, mais vu de la France ça fait exotique la Poutine comprenez-moi). Nous avons donc trouvé une garderie familiale subventionnée avec deux nounous et 9 enfants au maximum.

Comment je m’y suis prise…

Jeunes parents nouvellement immigrés, je vous tiens en haleine… Vous rêvez de vous débarrasser de votre progéniture pour aller courir le Mont-Royal n’est-ce pas?
Depuis la France, je me suis enregistrée sur le site Enfancefamille.org. J’ai rempli le dossier de Miss Swing et demandé des CPE et des garderies dans le quartier que l’on visait. Puis je me suis connectée sur le site Ma Garderie qui regroupe la plupart des offres de garde et j’ai fait une recherche par secteur.

Et puis je suis tombée sur une adresse, dans une rue de Notre-Dame-de-Grâce. Des photos sympathiques, des appréciations dithyrambiques, deux gardiennes, une place de libre et un chiffre qui m’apaisa : 7$ par jour. Je la contacte sans trop y croire, depuis la France. Et quelques heures plus tard j’ai sa réponse dans ma boite mail : je vous attends. Nous avons atterri un dimanche, et deux jours plus tard Miss Swing rencontrait ses nounous.

Elle a pleuré pendant une heure et j’ai du venir la chercher. Ça aurait été trop facile sinon.

Mais on est revenu, un peu plus à chaque fois. Et jour après jour, elle s’est habituée. En à peine une semaine, elle y passait la journée, sieste comprise.

Et puis est arrivé  le soir. Ce fameux soir où, lorsque j’ai voulu récupérer Miss Swing, elle m’a regardée longtemps… avant de se cacher dans le cou de la nounou. Adoptée, elle l’avait.

-Lexie Swing-

Fringues de mômes : comment je dépense deux fois plus que les autres

Avant d’avoir un enfant, j’ai soutiré toute l’information possible à D., A. et à la bande de copines qui s’étaient reproduites avant moi. J’ai appris comment changer une couche, comment tenir la tête d’un nouveau-né, quelles étaient les bonnes poussettes, quel lait infantile valait le coup… Ce qu’on ne m’a pas appris, en revanche, c’est à ne pas acheter n’importe quelle fringue un peu jolie. Ni à éviter les petits-boutons-qui-glissent-entre-les-doigts-tandis-que-bébé-se-tortille. Ou à privilégier les manches larges pour pouvoir attraper la mimine du tout-petit sans retrousser celle du body en dessous.

Du coup je passe mon temps à acheter des chaussures qui ne sont jamais adaptées et des pulls que Miss Swing ne met jamais. Pour ne pas reproduire mes erreurs, je suis immensément généreuse, je vous raconte les miennes. Petite liste non exhaustive…

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

– Les bodys à enfiler par la tête pour les 6 mois et moins. Un nouveau-né, c’est mou, ça ne tient pas assis et ça déteste qu’on le manipule. Alors tenter de lui enfiler un body par la tête, c’est prendre le risque de recevoir quelques décibels dans le cornet. Préférez les bodys croisés, avec pressions partout (oubliez le petit lien mignon, ça se défait à tous les coups) et savourez votre paix intérieure.

– Les vestes en laine avec boutons mignons. La veste en laine en tant que telle est une riche idée. La maille, c’est souple, ça s’étire et c’est enveloppant. Mais, à moins d’avoir des doigts de fée et une patience d’ange, ne tentez pas le coup des boutons en forme de castor ou de chatons jolis. L’encoche n’a pas la bonne forme, vous poussez, vous tirez, vous vous essoufflez, et quand vous êtes enfin parvenus à saucissonner bébé dans la veste, les boutons lâchent! Choisissez de gros boutons faciles à manipuler et sympathiques à téter (bébé tête toujours le bouton du haut, c’est psychologique, à croire que c’est un spécial goût caramel).

– Les bottines molles. Passés 4 mois, les petits pieds s’agitent un peu, beaucoup, du moins suffisamment pour enlever en quelques secondes ce que vous avez mis plusieurs minutes à enfiler (bébé s’échine à faire des pointes pendant que vous tentez d’enfiler la bottine). La bonne idée c’est le scratch au niveau de la cheville et les pieds nus l’été (les podologues le conseillent et ça ne mange pas de pain niveau gain de temps).

– Le manteau tout raide. Je suis presque sûre que toute maman de fille a un manteau tout raide. Vous savez ces jolis manteaux qui font presque manteaux de grands, avec col claudine et petites poches. Quand je l’enfile à Miss Swing, on dirait un culbuto. Elle tend les bras de chaque côté, complètement engoncée dans ce truc immettable. N’ayons pas peur des mots: acheter un manteau tout raide à un enfant qui ne tient pas debout et se roule sur la table à langer quand vous lui enfilez les bras est une idée à la con. Vraiment. A la con. Ce qu’on aime, nous, parents pressés, c’est le manteau souple. Et imperméable. Un truc en matière doudoune, doublé polaire, suffisamment large pour mettre des pulls dessous et, très important, avec des trous assez grands aux manches pour que vous puissiez passer vos mains à la recherche de l’ensemble manche de pull/ main/ pouce compris, de bébé.

– Les bonnets en laine tout ronds. Le bonnet en laine ça gratte et quand il est rond il ne tient pas. Préférez-lui sa version doublé polaire avec oreilles couvrantes, voire écharpe intégrée pour éviter de la perdre en route. Si vous aimez le look intégral, tentez directement la cagoule. Moche, mais efficace.

– Les jolis vêtements (Catimini, Souris Mini, Ikks et tutti quanti) pour la garderie. Il y a deux bacs d’habits dans votre armoire, le « spécial garderie » et le « pour week-ends, action de grâce, Noël et grandes vacances ». Vous mettez Cati et ses copines dans le deuxième, bien fermé, et vous balancez tous vos vieux trucs dans le premier. Tous les cadeaux moches, les fringues prêtées, les lots par trois, l’usagé, le bon marché… Vous secouez bien et vous en sortez la tenue parfaite pour l’automne à la garderie: bonnet cache-oreille fin et ajusté, blouson chaud et souple de couleur sombre, sweat et jean renforcé aux genoux. Le bonnet a disparu? Pas grave, vous en avez un autre, le même, ni vu ni connu. Vous avez peur que votre nounou, et ses copines de parc, trouve que vous habillez vos enfants avec de vieilles sapes? Prévenez dès le premier jour que vous lui avez mis « des habits qui ne craignent pas » et appréciez son sourire. Ne culpabilisez pas, si elle est comme la gardienne de Mlle Swing, elle lui change son joli gilet et son bonnet Catimini contre un pull étiranché et une tuque qui a fait la guerre dès que vous avez le dos tourné. Et ce qui est chouette, c’est qu’elle vous la rend, habillée de propre, sans traces de purée ou de vomi suspectes, et vous n’avez plus qu’à récupérer votre merveille richement vêtue. Et à tenter de lui enfiler le manteau mignon tout raide pour lequel vous venez de vous ruiner.

-Lexie Swing-

Possible interdiction des concours de mini-miss en France

Jeudi. 8h04 heure locale (comment ça j’étais en retard?), je tourne une nouvelle page de mon journal tout en faisant un pas de côté pour esquiver le rétroviseur du bus qui tente de me mettre une baffe. Je vais trébucher lorsque j’aperçois un article titré (en substance) : « France: les concours de mini-miss interdits« .

Wow.

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Je pense à toutes ces princesses qui vont devoir replier leur jupon et ranger leurs couronnes. Je songe à toutes ces Belle au bois dormant qui vont devenir un peu plus Rebelle. Je me rappelle ce procès civil à Auch, lorsque la mairie, recevant les foudres du Planning familial local, avait refusé de prêter sa salle municipal à un concours de mini-miss. Je me dis « on est capable finalement ».

Capable de conjurer les mauvais sorts, de se battre pour des causes évidentes, de faire un pied de nez aux coutumes américaines qui s’abattent sur nous comme une chape de plomb dont on peine à se défaire.

Au Sénat – et avec tout mon respect – j’ai envie de dire… Bien joué les gars!

-Lexie Swing-

Parents : ces remarques qui nous font rire (jaune)

Un parent, c’est quelqu’un d’occupé (très), voire débordé, doté d’une patience extensible et d’un sens de l’organisation aussi droit que le Royaume-Uni sous Thatcher. Mais un parent, c’est aussi quelqu’un qui a un sens de l’humour et de l’autodérision extrêmement développé. Et il lui en faut, pour survivre aux petites remarques quotidiennes qui viennent peupler son existence. Condensé:

« C’est un garçon? »

« Non, c’est une fille »

« Vous êtes sûre que ce n’est pas un garçon? »

(Ouvrez la couche, qu’on vérifie)

« Vous ne voudriez pas dire quelque chose à votre fils ? Vous dérangez tout le monde! »

(quelques minutes passent)

« Mais pourquoi vous le disputez? Allez tiens mon petit prends cette sucette, il est méchant ton Papa hein? T’avais rien fait toi hein? »

(Fais gaffe vieille rombière, j’ai relevé ton adresse agrafée à l’intérieur de ton sac à main)

Etre parent./ Superbe photo de Gaetan Ducatteeuw

Etre parent./ Superbe photo de Gaetan Ducatteeuw

« Elle est costaud votre fille dîtes donc, elle mange bien à la cantine… Elle tient de vous non? »

(Non, il paraît que c’est le portrait de son père, mais ça va certainement lui faire plaisir)

« C’est quoi que t’attends alors? »

(Un bernard-l’hermite)

« Comment s’appelle votre fille? »

« Mlle B. »

« Et l’officier d’état-civil a accepté? »

(Non, mais il n’était pas contre un pot-de-vin non plus)

« Et vous trouviez vraiment ça joli ce prénom? »

(Fallait bien rigoler un peu)

« C’est quand même dangereux d’avoir un chien et un enfant ensemble, vous devriez peut-être vous en séparer… »

(Vous avez raison, où est le numéro de l’orphelinat?)

Et pour les parents de multiples (je te le dédicace D. ;-)) :

« Et ils sont tous à vous? »

(Non, je viens d’en piquer un à la dame à côté, vous lui dîtes pas hein?)

« Deux filles? Ça aurait été plus sympa les deux sexes ! »

(Le Père Noël s’est trompé)
 
 

Ils sont vraiment tous nés le même jour?

(Oui, on appelle ça une portée)
 
 

-Lexie Swing-