Il y a des choses différentes au Québec, mais pas forcément celles auxquelles je m’attendais. Il y a des choses, alimentaires, de santé, voire de beauté, que je ne retrouve pas ici. Elles ne me manquent pas à proprement parler mais elles sont suffisamment banales pour que leur absence m’interpelle.

Point de volets au Canada./ Photo Patrick Gaudin
J’ai ainsi nommé:
– les boîtes de conserve avec ouverture facile. Daucy m’a suivie (ou précédée plutôt) jusqu’au Québec mais les boîtes de lentilles et autres haricots blancs requièrent l’usage du bon vieil ouvre-boîte manuel et de la fourchette qui fait levier pour soulever le couvercle sans s’ouvrir un doigt sur 8 cm. Vous connaissez ma dextérité, vous imaginez donc que j’ai rendu riche la version québécoise d’Hansaplast.
– les déodorants sans sels d’aluminium (ma collègue me souffle « et les déodorants en spray »). Les ptits sels d’aluminium… vous savez ces trucs pas jolis jolis qu’on se colle sous les bras depuis 30 ans? Et bien il y a belle lurette, Mr Swing et moi avons décidé de bouter hors de la maison ces osties de trucs toxiques… qui sont pourtant les bienheureux invités de nombre de déos ici. Bref, heureusement, la Roche Posay est là pour nous sauver la mise… à 17$ le flacon (aussi cher qu’un bon Carmenere).
– la levure de boulanger. Je sais qu’elle existe. Isa en parle dans ses recettes. Ma collègue jure en avoir acheté. Mais bon je suis comme Saint-Thomas à qui on aurait parlé du dahu: tant que je ne l’ai pas vue (et mon épicerie me la cache bien), la levure de boulanger canadienne restera une légende à mes yeux.
– le sérum physiologique. En France on fait un usage démentiel du sérum phy. A ma parapharmacie toulousaine chérie, on en trouvait en lot de 5 packs achetés, un offert. Parfait pour nettoyer les yeux et le nez des nourrissons, c’était le produit incontournable. Sauf que ce mélange est passé au rang de préparation druidistique pour mon pharmacien québécois. Son assistante m’a fait répéter trois fois le mot, puis épeler. Elle a confié le précieux bout de papier sur lequel elle avait noté le nom à une deuxième, chargée de remettre la commande au pharmacien, qui a du reconnaître, l’air grave, que non non, ça n’existait pas icitte. Il m’a proposé de l’Hydrasense bébé. Idéal pour le rhume, j’ai cependant quelques doutes quant au fait qu’on puisse utiliser de l’eau saline pour les yeux ;)
– les volets. Alors ça c’est un truc qui me perturbe énormément. Où sont passés ces foutus volets. Il fait moins 15 et il n’y a aucun volet à fermer, nulle part. Je n’en ai vu sur aucune maison. Pourquoi? Quelqu’un peut-il me dire pourquoi? Je suis là depuis bientôt six mois et ça me réveille encore la nuit.
– le lait non réfrigéré. La première fois que j’ai fait remarquer à une collègue québécoise que chez nous le lait était le plus souvent au rayon « sec », elle m’a regardé avec des yeux comme des soucoupes et une moue dégoûtée « pour vrai? Mais c’est… ». Son silence était éloquent! Le fait est qu’elle n’a pas complètement tort sur ce point. On trouve du lait non réfrigéré ici, mais le ratio lait frais-lait non réfrigéré est inversement proportionnel au ratio français.
Il y a des tas d’autres choses sûrement (ma collègue me re-souffle « les mecs qui font le premier pas »), avez-vous des idées? Le vrai avantage d’être « de deux pays », c’est que les richesses de l’un se transportent aisément via les services postaux de l’autre. J’ai donc le beurre, l’argent du beurre, et le lait frais à l’érable!
-Lexie Swing-







