Vent d’automne

feuilles mortesC’est officiel, l’automne est là. Nous l’avons appris à la dure hier, après avoir fait l’expérience parentale commune des trottoirs inondés, des baskets trempés, des cheveux dégoulinants et des cahiers mouillés dans les sacs mal imperméabilisés.

J’adore l’automne, plus belle saison selon moi (et la plupart des Québécois) mais force est de constater que je vivrais mieux sans la pluie torrentielle qui s’invite ces jours-ci. «Les plantes ont besoin d’eau», justifie-je à mes filles à tout bout de champ, alors que l’on se noie déjà dans les feuilles mortes. Le cycle de la nature a ses mystères et je suis bien trop occupée à écoper pour creuser.

Les températures matinales – 4 degrés au plus froid de la semaine dernière – nous ont forcé à tirer de leur sommeil mitaines, cache-cou, tuques et autres pulls épais. Ils sont sortis, mais guère portés, soucieux que nous sommes de ce je ne sais quoi qui nous freine. Ce même je ne sais quoi qui fait se geler les populations occidentales dans leurs maisons humides parce qu’on «ne va pas quand même pas allumer le chauffage en septembre!»

Septembre a d’ailleurs été clément avec nous, apportant avec lui températures douces et belle-maman, qui s’est chargée de la maison et des enfants, nous permettant ainsi un week-end (de mariage) en amoureux, le premier en 4 ans, et même un concert à Montréal. J’y ai posé une question au chanteur, en anglais, devant 2000 personnes. La fille qui restait derrière les portes aime ça sauter du grand plongeoir.

Sans surprise, septembre a amené avec lui la rentrée des classes, et notamment en première année (CP) pour ma grande, la petite débutant sa dernière année de garderie avec une transition effectuée dès le mois de juillet. Ce fut donc le retour du double dépôt, Numéro 8 (ma cadette) comme elle aime s’appeler elle-même, courant entre les grands enfants tandis que nous tentons un dépôt rapide de l’enfant anxieux de son nouveau statut d’enfant de primaire. Puis un deuxième dépôt d’une deuxième enfant passablement mouillée après avoir bu à tous les abreuvoirs de l’école tandis que les négociations s’annonçaient serrées avec sa grande sœur.

Les temps furent durs mais octobre semble avoir apaisé les velléités. Dépôt et ramassage se déroulent désormais avec plus d’apaisement. Sauf quand la pluie se mêle de partie et oblige tout le monde à courir sous l’eau ruisselante.

Ce fut aussi le retour des activités extra-scolaires pour lesquelles j’ai toujours plus d’idées que de temps. Je suis déjà dépassée par la perspective du double cours de tennis du samedi, et du cours de piscine le dimanche, et tandis que j’envisage le processus, je me rappelle que j’ai accepté de leur faire suivre un cours gratuit de karaté ce soir et que je les ai inscrites à une course à pied ce dimanche avec leur père. Achevez-moi.

Côté routine, les devoirs apportent leur lot de frustrations. Ceinturer Numéro 8 tandis que sa sœur déchiffre ses nouveaux mots relève souvent de la gageure. Le cahier de vacances à terminer semble pour le moment être une astuce appropriée pour ma petite qui a bien hâte d’être à l’école. Pour les repas, le batch-cooking nous sauve la vie depuis la rentrée. Aussitôt rentrés, aussitôt enfourné. Cela me laisse le temps de les envoyer au bain, faire une machine et d’abattre les devoirs, sans avoir à jongler avec une casserole de pâtes ou une soupe à mixer.

J’ai hâte désormais que le beau temps nous revienne, pour pouvoir apprécier les couleurs de l’automne dans mes lieux favoris. Si vous en avez à conseiller, n’hésitez pas! Nous sommes toujours preneurs de belles activités.

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Matthew Henry

Le défi de saison : ranger les vêtements d’été

Au changement de saison s’est imposée l’urgence du tri des commodes. Si je fais fi du ménage de printemps et des vide-greniers estivaux, je ne peux décemment pas ignorer les piles de pulls qui débordent des commodes l’hiver fini, ni les mains bleuies de mes enfants une fois l’automne installé. Ayant affronté avec commisération la vision des enfants dûment gantés et chapeautés dans la cour d’école il y a quelques jours – tandis que ma propre fille tentait tant bien que mal de retenir sa capuche tout en gardant ses mains au chaud dans les poches de son imperméable – je suis passée à la vitesse supérieure et ait attaqué le rangement des placards à vêtements.

Je déteste trier les commodes. Je ne sais que faire des vêtements trop petits, j’en ai trop pour tous les stocker et oublie fréquemment de les porter à un repreneur quelconque. Je fais des sacs de jolies choses pour les enfants plus petits de mes amis, que j’oublie de leur donner. L’hiver est à l’horizon et les sacs abritent encore des shorts souples et des t-shirts manches courtes. Tempête étant plus grande que sa grande sœur au même âge, et les filles ayant seulement deux ans et demi de différence, je transvase désormais avec une joie non feinte les vêtements d’une commode à l’autre. Restent les affaires hors-saison et tout le trop-petit.

Les piles, finalement, s’ordonnent. Jeans et leggings en deux tas alignés, t-shirts manches longues, jouxtant les t-shirts manches courtes, jupes et robes suspendues dans la penderie et pulls maladroitement pliés. Je savoure un instant ce tableau cubique.

Il ne durera qu’un instant, justement.

Mon tableau cubique est devenu une peinture baroque. Il s’en est suffi d’une journée, et d’un habillage matinal pour que les piles soient retournées. Je suis toujours fascinée par cette facilité déconcertante qu’ont les enfants de jeter un vêtement froissé au milieu d’un tiroir, sans un atermoiement sur l’impossibilité subséquente à trouver un vêtement à porter. «J’ai rien à me mettre», se plaint l’adolescente accro au shopping en lorgnant sur votre porte-monnaie. «Commence par ranger ta commode», ai-je envie de rétorquer.

Cela fait quelques jours à peine, et les tas sont sens dessus dessous. Les culottes prises dans les cols des chandails, les gilets dissimulés sous les pantalons. Le tiroir des chaussettes est une masse informe de cœurs solitaires et ma fille porte avec bonheur des couples dépareillés (mais unanimement rayés, parce que j’achète des amoureux en série).

Le placard de sa petite sœur, pourtant plus récemment trié, n’est d’aucun secours. Si seules les cases les plus basses – pyjamas et sous-vêtements – lui étaient initialement accessibles, son penchant pour les hauteurs, et l’escalade des meubles en tout genre, a eu raison des cases «t-shirts» et «pantalons», qui tombent dans la panière de linge sale en fonction de ses dédains.

Et sinon, est-ce nécessaire d’épiloguer sur les 90% de vêtements de leur garde-robe qu’elles ne porteront jamais parce que «c’est moche», «ça gratte» et «c’est trop serré»?

Bref, je me retiens de tout brûler. Mais je sais qu’il y a parmi vous des ordonnés compulsifs. Alors dites-moi tout : quel est votre secret?

-Lexie Swing-

Brèves de fin d’été

La fin de l’été apporte toujours son lot de surprises, de joies, et de déconvenues. Elle transporte aussi son lot de promesses. C’est le renouveau, les résolutions qu’on ne tiendra pas toujours, les calendriers que l’on abandonnera, les listes qu’on oubliera quelque part. Ce sont les nouvelles activités, les nouveaux parcours, les nouveaux visages parfois. Chez nous, elle a été à la hauteur de l’étape : chaotique, mais gratifiant, entre sommets (du grand module de jeux) et pleurs (pas toujours ceux des enfants). On se fraie un chemin, patiemment, dans cette jungle de choses nouvelles et d’inscriptions en tout genre.

La rentrée…

… s’est bien passée! Rentrée progressive sur trois jours, en demi-groupes d’abord, puis en classe entière mardi. Pas facile d’avoir les informations qui nous intéressent («Mais tu es assise où exactement? Je veux dire, là c’est comme si j’étais face aux tables tu vois, donc toi tu es où si je suis là?»), heureusement ma fille a l’esprit pratique et disert. Sa première vraie journée – longue – a eu lieu hier. La laisser au service de garde s’est avéré plus compliqué qu’espéré, pas toujours évident quand on ne connaît pas encore le système soi-même et que l’enfant assiste à nos errements (de salles, de collations, d’horaires) et nos approximations. Son moment clé de la journée a été le lunch, ses petits rouleaux de tortillas au fromage à la crème, ses petits légumes à la croq’ pas d’sel, et son yogourt à la confiture Bonne Maman.

Le chien…

… va mieux! Le rythme n’est pas toujours évident à suivre, entre l’ordre des différentes gouttes à lui mettre dans l’œil et l’antibiotique par voie orale qui nécessite que son ventre soit plein. Un détail qui devient vite une difficulté lorsque l’on a un chien qui manque d’appétit au petit matin. Je suis devenue pro du tartinage de croquettes (//spoiler : il adore le caramel et le fromage frais//). Nous avons la chance d’avoir un chien extrêmement résilient qui subit son traitement sans broncher depuis déjà bien trop de jours.

La nourriture…

… est toujours une obsession! Nous portons, depuis maintenant plusieurs années, une attention croissante aux produits que nous achetons et cuisinons. Je suis devenue totalement végétarienne il y a maintenant plus d’un an, entraînant de fait ma petite famille dans mon sillage. Je suis la seule à avoir totalement évincé la viande et le poisson de mon alimentation mais étant la principale maîtresse des fourneaux, force est de constater que c’est l’alimentation de toute la famille qui a évolué! Depuis longtemps, nous cuisinons la plupart de nos repas, réservant le tout-préparé aux soirs de flemme et fatigue (aka, les vendredis soirs). La donne change lentement, à mesure que la réduction des déchets et la réduction du budget nourriture font leur entrée chez nous (*Bobo un jour, …*). Aujourd’hui, ce sont les repas entiers, de l’entrée aux desserts en passant par les brioches du dimanche matin, que je prépare a mano. La fin des vacances et l’école auront-elles raison de mes aspirations? Probablement! Mais je ne m’avoue pas vaincue! Alors n’hésitez pas à me partager vos bonnes idées repas, celles qui sont faciles, rapides, goûteuses, sans trop de déchets et parfaites pour un vendredi soir. Parce que ce qu’on mangerait bien un vendredi soir, on serait prêt à le manger tous les soirs de la semaine. Une tartiflette, quoi ;)

Les activités…

… reprennent. Même si, en réalité, elles ne s’étaient jamais vraiment arrêtées. De quoi sera faite cette nouvelle année? Devrait-on continuer le karaté, passionnant mais éreintant, considérant la fatigue nouvelle de l’école? Sans parler de l’horaire de ministre que nous impose le fait d’aller porter et rechercher nos enfants dans deux lieux différents. Train, garderie, école, souper, karaté, bain, dodo, vous le voyez, vous, le burn-out qui se profile? Bref, on tatônne encore, entre «ça serait bien…» et «je vais craquer, si…»

Et sinon, j’ai lu…

… No home, de Yaa Gyasi, une vraie pépite! Je l’ai déjà prêté bien sûr! J’ai aussi prêté la version anglophone du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Il a fait plusieurs mains déjà et je ne suis pas certaine de savoir où il est rendu désormais. J’ai adoré ces deux livres, tous deux très différents, mais qui sont à chaque fois des histoires de femmes, avant tout. En commande, j’ai La Tresse, de Laetitia Colombani, et La femme qui voit de l’autre côté du miroir, de Catherine Grangeard et Daphnée Leportois. C’est drôle car je vois souvent des gens parler de PAL, faisant référence j’imagine à la pile de livres à lire à côté de leur lit, mais c’est quelque chose qui ne m’est jamais arrivé (sauf retour de la bibliothèque). Qu’on me prête ou m’offre un livre (ou que je me l’offre moi-même), je me dois de le lire instantanément. Et comme je lis partout (cuisine, bain, dans mon lit, dans le train, dans la rue, et même en attendant que mon café coule ou qu’une réunion commence, au boulot), je lis rapidement. On peut littéralement parler de binge-reading, est-ce que vous en faites aussi? Quel est l’endroit le plus incongru où il vous arrive de lire?

Bon mois de septembre! N’oubliez pas de donner des nouvelles :)

-Lexie Swing-

Crédit photo : Vue de Montréal, par Matt Hickey