Parentalité : et parfois se choisir

Semaine 4 – la semaine dernière donc – j’ai commencé à éprouver physiquement les plaisirs du confinement : chaise mal ajustée et rares sorties. Mes muscles se dérobaient à mesure que mon dos se courbait. Laissez-moi enfermée un mois de plus et j’aurais pris dix ans.

A ceci s’est ajouté un ras-le-bol général de la maisonnée alors que mes filles ont commencé à se taper sur le ciboulot (littéralement), que la météo était maussade et les informations inquiétantes.

Est arrivé ce jour particulier où j’ai commencé à ne plus pouvoir maîtriser le volume de ma voix. J’ai lu quelque part que la rage maternelle existe, et je peux vous confirmer que c’est le cas. À chaque nouvelle bêtise, mes lèvres se mettaient à trembler et mes ongles à empaler mes paumes. Éducation bienveillante? Quel est ce mot? Il n’était même plus question d’éducation mais de contention. De mon énervement latent. Prêt à exploser.

Il y a dû y avoir un sifflement de trop car tout à coup, mon amoureux a réuni la petite troupe et il a poussé tout le monde vers la voiture. « Allons faire un tour », a-t-il dit. Et puis : « Maman a besoin d’être seule ». Les enfants se sont accrochés à moi, dans une confusion toute enfantine dans laquelle se mêlaient les « Excuse-moi maman », les « Mais je veux rester avec Maman », et les « Maman je ne veux pas partir sans toi ».

La culpabilité a embarqué. Je les mettais de côté, je leur refusais mes bras, je me choisissais moi.

Et puis, profitant du calme retrouvé, je me suis rendue compte que j’avais le droit, de me choisir parfois. Que leur avoir donné la vie me rendait responsable, mais pas redevable. Que notre génération de parents a bien compris que les enfants devaient être traités comme des individus, mais que la génération de nos enfants semble oublier que nous sommes, nous aussi, des individus, avec nos occupations, nos envies et nos humeurs. Que ce ne sont « que des enfants », mais qu’il n’y a pas d’âge pour inculquer le respect de l’autre. Et qu’il est inacceptable de déclarer « t’es méchante tu veux jamais rien faire avec moi » à sa mère qui se lève pour vérifier un courriel après avoir passé 45 minutes à découper des coeurs, coller des étoiles et gérer la colle scintillante. On a le droit d’être déçu mais pas désagréable, ni impoli. Et ça, c’est un apprentissage qui leur servira toute leur vie car on sait – ô combien le sait-on – que ça manque encore à certains.

Les profs sont unanimes : « Pas besoin de faire trop de travail scolaire, les petites choses de votre quotidien seront déjà une belle forme d’apprentissage ». C’est bien noté, je vais aller prendre un bouquin, faire couler un bain, fermer la porte à clé et les laisser apprécier cette leçon : « Dans la vie, il faut aussi savoir se choisir quand le besoin s’en fait sentir ».

-Lexie Swing-

Crédit photo : Sarah Pflug

On a oublié la journée pyjama

On avait tout pourtant. Le jouet de la maison, le livre pour l’histoire, les bottes pour la pluie. Au premier pyjama aperçu, on a cru à une renonciation parentale, au deuxième, à un pari perdu, au troisième, on a senti qu’on avait loupé une info. « Il y avait marqué quelque part qu’il fallait venir en pyjama? », ai-je glissé à l’éducatrice de ma fille. « Oui, m’a-t-elle confirmé avec un sourire contrit. C’était dans le courriel de lundi. » Pas de jugement de son bord – elle sait bien que nous jonglons tous avec différentes priorités – mais notre toute petite n’avait pas la même perspective de vie et avait amorcé la bouderie dès le passage de la porte d’entrée, pressentant comme nous qu’une chose fondamentale (pour elle) nous avait échappée. Nous avions oublié la journée pyjama.

Ça n’est pas la seule chose que l’on a oublié cette semaine. Hier, affublée du costume d’Halloween et pourvu des cupcakes réalisés pour l’école, ma grande et moi avions passé la porte en réalisant notre oubli de la commande – l’énième – du jour : l’apport d’un livre de maison et d’une lampe de poche. La demande avait été inscrite dans le courriel hebdomadaire du vendredi précédent.

« C’est pas comme si on recevait un seul courriel par jour », a résumé mon conjoint. Je ne sais pas comment font les autres parents. Chez nous la liste des choses dont on se rappelle est longue : le cahier de dictée à signer, le jouet du vendredi à apporter, le rendez-vous avec l’instit à booker, les photos de classe à commander, la participation à la fête d’anniversaire que l’on doit confirmer, la nourriture pour animaux à acheter pour la collecte du refuge, la tirelire à monter pour une oeuvre de charité, les kilomètres à parcourir pour le défi santé de l’école… pas un jour sans que les communications scolaires n’apportent leur lot de requêtes.

Et s’il n’y avait que l’école. Qui d’entre nous ne s’est jamais fait alpaguer sitôt après avoir passé la porte du bureau pour accomplir une tâche urgente ou dénouer un conflit miné? Qui n’a jamais rallumer son téléphone professionnel dès l’enfant déposé pour se retrouver assailli d’une horde de courriels pressants ?

Les tâches s’amoncellent de toute part comme autant de piles qu’il faudra bien finir par pelleter. « Jolis cupcakes, m’écrivait ma mère hier, en recevant la photo de mes précieux accomplis une fois les enfants couchés. N’oublie quand même pas de prendre du temps pour toi. »

« Je ne suis pas sûre que je puisse dans cette vie », lui ai-je répondu. Mais je l’espère, ça oui. J’y travaille, j’en ressens l’importance, et je noie la culpabilité des tâches que j’ai faillies dans du café déjà froid et des sourires forcés.

Et puis j’attaque le vendredi en robe très courte, et blouson quechua, je marche en chantonnant et tient des portes trop longtemps à des gens qui rient franchement de se voir ainsi attendus. Et c’est le plus près que je fasse de prendre du temps pour moi.

M’autoriser l’insouciance.

-Lexie Swing-

Deux semaines avec toi

Pour toujours une deuxième née, marquée au sceau d’un statut particulier. Tu n’as jamais été seule, tu n’as jamais été l’unique. Tu as dû composer avec des parents roués aux usages des nouveaux-nés, parfois dépassés par le nombre et les cris, souvent fatigués. Tu es arrivée sur une voie défrichée, et tu y as pris tes aises.

J’ai toujours été persuadée que les deuxièmes, et les suivants, prennent la place laissée par leurs aînés. Tantôt minuscule, tantôt grande ouverte, mais jamais facile. Ça demande de la flexibilité, d’être un deuxième-né. Épouser les possibilités offertes, s’étirer dans les coins. Aussi timides que leurs aînés sont exubérants, aussi impatients que les grands sont tranquilles.

Tu t’es développée en miroir de ta sœur, comme deux faces opposées d’une même pièce. Extravertie, impatiente, sans arrêt en mouvements. Tu t’affirmes, sans qu’il y ait jamais eu besoin de te pousser. Tu grimpes, sans qu’il y ait jamais eu besoin de te soutenir. Tu chantes et danses et parcours des livres entiers, le doigt pointé sur les mots que tu ignores encore.

Nous aurons passé deux semaines seuls avec toi, ma toute petite. Et c’est une redécouverte. Toi qui cours mais crie rarement. Qui t’enthousiasme pour tout et dont l’humeur sombre s’efface aussi vite que les nuages dans le vent d’automne.

Tu ne seras jamais notre fille unique, façonnée au fer brûlant des mouvances de ton aînée. Mais tu es une enfant unique. Je ne connais personne comme toi, et le monde est chanceux de t’avoir mon impétueuse.

J’espère revivre chaque année des moments rien qu’à nous, juste toi et nous, juste toi et moi. Sans cris, sans jalousie. Ne me partager avec personne d’autre que toi et prendre le temps de n’être que ta maman. Faire des puzzles à trois et des restos pizzas. Être ceux de la bande qui n’ont qu’un seul enfant. Courir à tes côtés, et pousser ton vélo dans les côtes. Bercer ton sommeil agité et apaiser tes rêves.

Te dire je t’aime et entendre ta petite voix conclure : «Mais maman, je t’aime moi aussi».

-Lexie Swing-

20h30, le cours de sport

On se connaît bien, nous les parents du sport. On arrive en retard, essoufflés, délivrés de la routine du soir. Les enfants sifflent le rappel mais nous ne sommes plus là pour les entendre. Nous laissons ça à d’autres, à l’autre, le temps d’une heure, d’un cours, à peine.

On débarque mal chaussés et la couette de travers, fouillant à mains griffées dans nos totebags éculés. Le mignon sac de sport est indisponible, relégué au rang de sac de piscine pour l’aîné, ou de sacs à couches pour la petite dernière. On déniche triomphalement une paire de bas de sport, un bandeau fatigué, entre les mouchoirs douteux, les barres de céréales écrasées et le jouet Kinder oublié là, il y a longtemps déjà.

On se salue comme des braves, sortis indemnes de la bataille du 18-20. Celle des consignes mille fois répétées et des mains mal lavées, des petits pois triés, du dessert réclamé et du verre d’eau qui n’en finit plus d’être quémandé. Les premiers mots sont ceux d’un père, ceux d’une mère, comme si l’on emportait partout avec soi cette part de notre existence, telle une encre indélébile au creux du cœur et des conversations.

Et puis l’étoffe se fait plus légère. On la dépose entre deux coussins, à la va-vite sur la chaise des visiteurs. On enfile nos bas, nos gants, nos t-shirts trop grands. On noue nos cheveux et on redresse les épaules. On laisse un peu de nous derrière la porte vitrée. On laisse les contraintes, on oublie la routine, ne gardant que l’essence même de nos tout-petits, ceux-là mêmes qui avancent en surveillant notre présence rassurante par-dessus leur épaule. Nous sommes tourelles et levons les poings. Le courage au creux de la garde.

On court avec l’énergie brute d’une vie sur la corde raide, luttant pour rester éveillés. On frappe avec une férocité dont on ne se serait pas cru capable. Et c’est notre monde entier qui brûle dans nos veines. Nos inquiétudes, nos colères, nos impuissances. On danse avec la légèreté de ceux qui s’abandonnent, dans un dernier souffle, libérés des chaines du quotidien, et portés par l’amour des êtres qu’ils ont bercés.

Il n’y a que nous, au centre du ring. Avec le cœur qui bat vite, comme s’il en portait tant d’autres avec lui.

Nous ne sommes pas que des parents, nous sommes autres, nous sommes plus. Mais persiste, en filigrane, cette importance. Qui nous colle à terre et nous tient debout, le cœur à son apothéose, porté par mille battements de plus. Plus vivants que jamais.

-Lexie Swing-

Photo : Samantha Hurley

Trois questions à poser à ses enfants

Souper à trois. Les filles sur les côtés et moi au milieu. C’est notre organisation, nos habitudes en trio lorsque Papa découche.

La dynamique est différente, plus enfant-centrée. Plus besoin d’écouter les conversations d’adultes, les échanges professionnels, les ritournelles parentales. Les questions sont à sens unique et les mots enfantins.

De ces soupers nous créons des confidences, nous inventons des compromis. Nous troquons le poivron contre trois petits pois. Nous promettons la crème glacée et peut-être le dessin animé, même si en semaine, vous savez bien, normalement on n’a pas le droit.

Mais on dira que c’est spécial, que c’est différent, que c’est un peu congé, finalement.

Je prends à cœur de leur poser des questions, de rebondir sur les menus détails. Je passe en revue dans ma tête les interrogations pertinentes. Celles qui ne se répondent pas par oui ou par non et qui m’en apprendront un peu plus que le sempiternel «Est-ce que vous avez passé une bonne journée?».

De notre dernier souper en trio, je garde en mémoire trois questions, et leurs surprenantes réponses. La toute première que j’ai voulu poser était avant tout une vérification.

«En dehors de (insérer ici le nom du meilleur ami / de la meilleure amie), avec quel(le) ami(e) aimes-tu passer du temps, et pourquoi?»

J’aime cette question, qui me permet de savoir qui sont leurs ami(e)s, en dehors de celles et ceux dont j’entends toujours le nom. Ce sont les amis plus discrets, ceux sur qui on peut compter et qui sauront rassurer notre enfant si d’aventure il devait se retrouver dans une classe différente. Je la rends parfois plus spécifique, précisant : «Avec quel ami qui n’est pas dans ta classe aimes-tu particulièrement jouer?». J’ai ainsi découvert que mon aînée passait ses heures au service de garde en compagnie d’enfants plus grands, qu’elle avait connus dans une précédente garderie. Ma toute petite, quant à elle, s’est avérée jouer avec l’enfant de nos amis, qu’elle connaît de longue date mais mentionne rarement puisqu’il est dans un autre groupe. Curieuse d’en savoir plus, j’ai par la suite interrogé les éducatrices qui m’ont confirmé que «ces deux-là passent beaucoup de temps ensemble» (et apparemment, surtout pour faire des bêtises :)).

J’apprécie aussi le pendant de cette question, celle qui interroge : «Quel enfant n’apprécies-tu pas du tout, avec qui tu n’aimes pas être lorsqu’il s’agit de jouer ou travailler en groupe?» C’est une question somme toute anodine, dont la réponse l’est généralement tout autant : «Je l’aime pas parce qu’il fait tout le temps des grimaces», «Il m’énerve car il veut jamais aider»; mais qui peut se révéler riche en enseignements : «Je l’aime pas parce qu’il porte des barrettes et un garçon ça porte pas de barrettes», «sa peau a une couleur bizarre». L’occasion de noter les petits réajustements nécessaires à faire en termes d’ouverture aux autres et de tolérance. Cette question, enfin, peut-être l’occasion d’apprendre que votre enfant n’a pas forcément une scolarité sereine, avec une réponse comme : «Je l’aime pas parce qu’il me pique toujours mon goûter/ parce qu’elle m’a enfermée dans une toilette/ parce qu’il me dit des vilains mots/ parce qu’elle me touche toujours alors que je lui dis que je n’aime pas ça…» Un bon point de départ pour une résolution de problèmes.

Finis les menus détails, j’avais envie de rêver un peu. Attaquant le fromage, j’ai demandé : «Ça serait quoi votre parfaite journée? On ferait quoi? On irait où?». Sans surprise, ma cadette voulait aller au cinéma (les écrans et le pop-corn, c’est la vie). Mon aînée, elle, avait une idée précise : elle voulait partir au Nouveau-Brunswick, comme lors de nos précédentes vacances. Alors que je cherchais à savoir si elle aimerait essayer d’autres endroits, elle a répondu : «N’importe où, avec une plage j’aimerais. On se dirait qu’on prend la voiture et on s’en va où on veut». Cet esprit d’aventures me fascine et me donne envie de les emmener sur un coup de tête au bout du monde. Nul doute que je le ferai un jour. Peut-être pas au bout du monde, mais au bout du Maine, certainement.

J’avais prévu des glaces pour le dessert. Parce que souper spécial, souvenez-vous. Je les avais voulues incroyables, «cochonnes» comme on dit ici au Québec, stupéfiantes pour les yeux. J’ai donc surmonté ma glace Coaticook au caramel fudge de morceaux de chocolat, de mini-guimauves et de Dulce de leche. La vie est courte les amis, il faut en profiter.

La première bouchée de ce décadent dessert m’a soufflée ma meilleure idée. «Une dernière question», j’ai annoncé. Et devant mon public très attentif (et surtout occupé à gober des mini-guimauves arrosées de caramel), j’ai lancé : «Où vous vous voyez, dans 25 ans?»

Et puis comme mes enfants ont seulement 3 et 6 ans et que «dans 1 an» est déjà un futur lointain, j’ai précisé : «Dans 25 ans, vous aurez l’âge de Maman environ (presque, on va pas chipoter), comment vous vous imaginez? Que ferez-vous comme métier? Vivrez-vous dans une maison, un appartement, une caravane toujours sur les routes? Est-ce que vous vivrez seule, avec quelqu’un, avec un amoureux, avec une amoureuse, avec des amis? Aurez-vous des enfants? Aurez-vous des animaux?»

J’ai adoré cette question, car je n’avais pas la moindre idée des réponses.

Ma 3 ans (qui répond toujours plus vite que son ombre) : Mon travail ce sera d’aller dans un bureau comme toi et de travailler sur l’ordinateur, ou de faire du soccer. Je vivrais dans une maison à Saint-Bruno (ndla : notre ville) avec (insérer le nom d’un garçon de son groupe), ce sera mon amoureux et on aura des enfants. Et puis j’aurais Loulou avec moi.

Loulou notre chien, ou son arrière-petit-fils, rendu 25 ans plus tard.

Ma 6 ans (qui prend toujours le temps de réfléchir) : Je serai inventeure mécanicienne, et je construirais des voitures et des bateaux. Je vivrais dans un appartement à Montréal avec mon chat, ou peut-être dans la maison là (indiquant d’un geste du bras la maison à côté de la nôtre), pas loin de vous. Je vivrais avec (insérer le nom d’un ami de la classe) et on aura deux bébés, un garçon et une fille. Mais c’est pas moi qui vais porter les bébés, ce sera mon amie (insérer ici le nom de sa meilleure amie).

On est sur une constante ici, ma grande ayant mentionné depuis des années son refus d’être un jour enceinte. L’indication d’un garçon comme amoureux est nouvelle, ma fille ayant par le passé toujours dit vouloir vivre avec une fille. Convention sociale ou évolution naturelle de l’identité? Je l’ignore encore, mais j’ai bien hâte de reposer cette question dans quelques mois.

Et vous, quelles sont les questions qui ont produit les réponses les plus intéressantes?

-Lexie Swing-

Activités sportives : le dilemme du parent spectateur

Avez-vous déjà vu ces amusants petits panneaux, en bord des terrains de sport? Ces doux messages, destinés aux parents, qui rappellent les règles évidentes : ce match n’est qu’un jeu, l’enfant est là pour jouer, l’entraîneur n’est pas un punching-ball… J’en ai pris mille en photos, des affichettes du genre, amusée d’imaginer qu’il était nécessaire de brandir de telles consignes pour garder le parent au calme. Je veux dire…. Quel parent est vraiment du genre à trépigner en se mangeant le poing, au bord du terrain, les bras en moulinette désignant tantôt l’arbitre, tantôt l’enfant, dans un effort désespéré de rétablir de l’ordre dans cette partie dans laquelle personne ne semble mettre du sien? Qui sont ces parents, hein?

Moi. Moi, maintenant.

Je plaide coupable. Je ne prends ni la foule, ni l’entraîneur à témoin – bienséance oblige – mais l’interpellation de mon enfant se fait généralement en haut de l’octave, et sur tous les tons. Je trépigne tant que je laboure le terrain. Mon enfant conte fleurette au poteau du but alors qu’elle était censée jouer attaquant, on l’oublie trois fois de suite parce qu’elle triture sa gourde sur le bord du terrain, elle court droit devant, telle une Eugénie Le Sommer ou une Christine Sinclair, la foule criant déjà son nom… et elle évite soigneusement le but adverse pour continuer tout droit, loin là-bas, en direction des balançoires, entrainant dans sa course deux équipes entremêlées de fillettes fluettes hautement couettées et légèrement enragées.

Si, si… Si vous pensiez que les petites filles de 4 ans étaient toutes de douces créatures chantonnant À la claire fontaine à leurs poupons immaculés, vous n’avez jamais vu un match de soccer un lundi soir d’orage.

Mon enfant, c’est celle qui joue comme une pro. C’est celle aussi qui a inventé l’échelle négative dans le respect des consignes. Elle n’exécute pas, elle réinvente. Demandez-lui de faire une passe, elle vous frappe un but. Suggérez-lui de se laver les mains, elle enfile son manteau. Implorez-la de dormir, elle vous raconte le dernier épisode visionné de Masha et Michka, force grognements et gestes du bras à l’appui. A 23 heures.

C’est un amour. Têtue comme une porte de métal mais libre comme le vent du Sud. Imperturbable dans sa détermination à mener sa vie comme elle l’entend, y compris si cela consiste à s’inviter dans une équipe qui n’est pas la sienne et à participer au match de soccer du terrain d’à côté.  Parfaitement imperméable à tout requête, régulière dans sa volonté propre.

Ses rapports journaliers de la garderie sont ponctués de rappels à l’ordre. Les cours de karaté résonnent de son nom, avec la constance des «Ne fais pas…» accordée aux trouble-fête. Le soccer est son exutoire. Sa grande scène où elle mêle jeu de pieds habilement maîtrisés et désintérêt soudain pour la partie en cours.

Mais il n’y a pas de rôle de spectateur enviable n’est-ce pas? Le parent de l’enfant qui ne veut même pas jouer n’est pas mieux loti. Ni celui qui doit contrôler son enfant un peu trop vigoureux, celui-là même qu’on a rabattu sur le soccer faute d’avoir trouvé une place à la lutte. Ni même la mère de la joueuse star, lorsqu’elle devra faire face à sa propre déconvenue, alors que sa toute jeune championne préférera finalement aller sauter sur une (un) trampoline que de s’entraîner des jours durant.

Car ce sont des enfants. Juste des enfants. Jouant pour s’enthousiasmer, participant pour s’oxygéner. Des enfants qui se moquent de l’enjeu et font souvent fi des règles. Des enfants qui ne partagent qu’un but ultime : partager une crème glacée en famille une fois le match fini.

Certains entraîneurs l’ont mieux compris, finalement. Ils interdisent les présences parentales, ils ferment la porte derrière nos progénitures. Ils font taire les espoirs insensés, les ambitions démesurées. Ils nous laissent l’heur de penser que notre enfant participe servilement à l’exercice imposé, quand il rebondit sur le tapis au fond de la salle. Ils nous taisent les rappels à l’ordre, ils nient les impertinences, ils minimisent les pleurs. Ils privilégient l’enfance, probablement. Et nous devrions en faire autant.

Mais au prix qu’on paie, quand même…*

-Lexie Swing-

*Expression désabusée de la mère impuissante à déloger son enfant du poteau droit du but, malgré des moulinets des bras vigoureux indiquant avec précision un message clair «toi pas sur le terrain dans 10 secondes, toi pas de glace ce soir». 

L’intrépide

Une seconde et elle a disparu. Je suis debout dans un rayon, les bras chargés. J’entends ma grande fille chantonner dans le rayon d’à côté, celui des céréales. Mais de Tempête, plus une trace. Je marche vite, à sa recherche. Pas le temps d’imaginer le pire, j’œuvre méthodiquement. Un rayon après l’autre, un coup à droite, un coup à gauche, ondulant dans l’allée centrale. Le temps s’étire, mais je la retrouve enfin, les bras chargés de gourdes de compotes et le nez levé, détaillant les sucettes pour bébé, qu’elle devra bientôt laisser – c’est la dentiste qui l’a dit. Je lui demande de revenir, ne pense même pas à la gronder. Ce serait les battements de mon cœur qui rythmeraient mes mots, mais il n’a pas battu plus vite, et il n’a pas battu plus fort. Il n’a pas eu peur, pas encore. Alors je lui demande de se coller à moi, et je lui adjoins sa grande sœur, qui pépie toujours, à quelques mètres à peine. Un pas de côté, et elle est repartie. Vers les caisses automatiques cette fois, où à genoux sur la tablette, elle s’escrime à marteler l’écran tactile pour lancer le processus et scanner ses articles. Sa grande sœur, avec toute l’autorité que lui confère son droit d’aînesse, la ramène en la traînant par le manteau. « T’as pas le droit », lui rappelle-t-elle sans ciller, avant de quémander des pâtes à lettres pour le repas du soir. Passage en caisse, tentative maternelle pour accélérer la cadence. Je détourne le regard vers le lecteur de carte bancaire. Trois secondes. La mèche que je relève de mes yeux me révèle Tempête, debout sur un marchepied, pianotant sur l’ordinateur à la caisse dédiée aux retours d’articles. La vie est une aventure. Surtout avec elle.

Je n’ai pas eu peur quand elle a disparu. C’est plus tard, bien plus tard, en la revoyant traverser le magasin de son pas assuré, que j’ai mesuré son absence. Elle serait partie. Ne me trouvant pas, elle aurait passé la caisse et serait probablement retournée à la voiture, sur le stationnement enneigé, à la nuit tombée.

Elle est mon intrépide. Celle qui enfonce les portes et réclame ses dûs. Il n’y a pas de situation dont elle ressorte les yeux mouillés et les lèvres tremblantes. Elle met le monde à sa hauteur, c’est à dire à genoux. Elle prend, insiste, quémande, revient, rassure, et argumente. 

Fête d’enfants, le sous-sol est envahi par les plus grands. Elle est là, au milieu. Trois ans de vie, des années d’expérience. On l’entend qui insiste “donne moi la manette, s’il te plaît”. La politesse, toujours. On lui refuse l’objet convoité. Elle revient à la charge. Encore. Elle attend. Les autres ont cinq ans de plus. Elle ne se démonte pas. La manette est délaissée, faute de batterie. On la met sur son socle. La lumière passe au vert. Elle est prête, elle est là, elle saisit l’objet avant que les grands ne s’y opposent. “Maintenant, c’est à moi”.

Elle n’aura pas besoin de nous pour lui ouvrir les portes. Je gage qu’elle aura trouvé ses propres marchepieds. Il nous faut simplement l’y conduire. Lui tenir la main en lui rappelant les règles. Assurer ses arrières, pour qu’elle puisse courir loin devant. Elle nous essouffle, nous étourdit, nous rend aphones à force de l’appeler. Mais dans mon lit, ma tête répond aux battements de mon cœur: il faut sécuriser le chemin, la course sera la sienne. 

-Lexie Swing-

Une simple histoire de compote

Je suis à ma table de dîner, épluchant des pommes, comme presque tous les soirs. C’est long d’éplucher 6 ou 7 pommes, chaque soir. C’est long considérant le faible rendement. De la compote pour trois personnes, pour un seul repas. Cette compote est notre dessert du midi, et la collation du matin de ma fille aînée, que je glisse dans sa petite gourde réutilisable. Parfois je m’arrête à 4 pommes, et je décide que l’un de nous se contentera de croquer dans le fruit directement. Plus de vitamines et moins de trouble.

Je fais de même pour tous les desserts, pour la plupart des plats. Je prépare des flans, des crèmes soja caramel ou chocolat, des mousses au chocolat. Je fais des gâteaux, du pain et des brioches pour le matin, et la collation de l’après-midi de ma fille. M’avez-vous croisée dans ma cuisine à 5h30? C’est l’heure à laquelle je mélange une dernière fois ma préparation avant de l’enfourner. Souvent, je l’ai préparée la veille au soir et réfrigérée. Parfois, et notamment lorsqu’elle est végane, je me contente de mélanger les éléments secs, ajoutant le lait, l’huile, les fruits ou le chocolat au saut du lit.

Hier soir, ma main était molle sur l’éplucheur et je me suis ouvert un doigt. Mon amoureux m’a dit «va passer ton doigt sous l’eau froide un bon moment», et j’ai automatiquement répondu «je n’ai pas le temps». Avant la compote, j’avais fait la pâte de mon saucisson brioché du lendemain et mon mélange de tofu pour mes sandwichs aux œufs (sans œufs). Il restait encore à mélanger les ingrédients secs de mes muffins à la banane du petit déjeuner.

Je n’ai jamais de regret de faire ainsi. Je ne me sens pas lasse, je ne me sens pas frustrée du temps que j’y consacre. Cuisiner est un plaisir infini pour moi, et bien manger, au sens goûteux du terme, l’est tout autant.

Mais je voudrais que l’on arrête de jeter à la figure des gens qu’ils devraient privilégier le fait-maison. Comme si c’était une affaire qui s’achetait au supermarché. Le fait-maison, c’est le fait par soi. C’est du temps, beaucoup de temps, consacré à la préparation, mais aussi à la planification. Êtes-vous de ceux qui planifient leur menu pour la semaine à venir? Vous voyez de quoi je parle. C’est le poids de «charge mentale». Le reste, c’est du temps consacré à découper, mesurer, soupeser, cuire et mélanger. Dans la vie d’une personne qui travaille, d’une personne qui a potentiellement des enfants et/ou des implications hebdomadaires, c’est un temps qui ne peut s’acheter.

Le fait-maison a bien des qualités. On contrôle mieux ce que l’on mange, la provenance et la qualité des ingrédients que l’on utilise, et on économise, aussi! Mais il n’est, et ne sera, jamais accessible à tous. C’est la raison pour laquelle de belles initiatives se développent : pots mason traiteurs consignés, plats traiteurs dans des plats en verre à rapporter, etc.

C’est un luxe, le fait-maison. Un luxe de temps plus qu’un luxe d’argent. Le fait-maison, c’est une femme qui enfile son tablier tous les soirs quand les enfants sont couchés, c’est un homme qui découpe les légumes en aidant aux devoirs, c’est un couple qui fait la liste des menus hebdomadaires le vendredi soir, c’est un groupe d’amis qui cuisinent ensemble le week-end et se répartit les plats pour la semaine. C’est moi, qui épluche mes fruits tous les soirs, pendant que le repas du lendemain cuit.

Écologiquement, c’est le mieux (je pense). Pour notre santé, également. Doit-on accuser ce qui ne le font pas? Certainement pas. Ou alors, allez cuisiner maison pour eux, tiens.

-Lexie Swing-

Le défi de saison : ranger les vêtements d’été

Au changement de saison s’est imposée l’urgence du tri des commodes. Si je fais fi du ménage de printemps et des vide-greniers estivaux, je ne peux décemment pas ignorer les piles de pulls qui débordent des commodes l’hiver fini, ni les mains bleuies de mes enfants une fois l’automne installé. Ayant affronté avec commisération la vision des enfants dûment gantés et chapeautés dans la cour d’école il y a quelques jours – tandis que ma propre fille tentait tant bien que mal de retenir sa capuche tout en gardant ses mains au chaud dans les poches de son imperméable – je suis passée à la vitesse supérieure et ait attaqué le rangement des placards à vêtements.

Je déteste trier les commodes. Je ne sais que faire des vêtements trop petits, j’en ai trop pour tous les stocker et oublie fréquemment de les porter à un repreneur quelconque. Je fais des sacs de jolies choses pour les enfants plus petits de mes amis, que j’oublie de leur donner. L’hiver est à l’horizon et les sacs abritent encore des shorts souples et des t-shirts manches courtes. Tempête étant plus grande que sa grande sœur au même âge, et les filles ayant seulement deux ans et demi de différence, je transvase désormais avec une joie non feinte les vêtements d’une commode à l’autre. Restent les affaires hors-saison et tout le trop-petit.

Les piles, finalement, s’ordonnent. Jeans et leggings en deux tas alignés, t-shirts manches longues, jouxtant les t-shirts manches courtes, jupes et robes suspendues dans la penderie et pulls maladroitement pliés. Je savoure un instant ce tableau cubique.

Il ne durera qu’un instant, justement.

Mon tableau cubique est devenu une peinture baroque. Il s’en est suffi d’une journée, et d’un habillage matinal pour que les piles soient retournées. Je suis toujours fascinée par cette facilité déconcertante qu’ont les enfants de jeter un vêtement froissé au milieu d’un tiroir, sans un atermoiement sur l’impossibilité subséquente à trouver un vêtement à porter. «J’ai rien à me mettre», se plaint l’adolescente accro au shopping en lorgnant sur votre porte-monnaie. «Commence par ranger ta commode», ai-je envie de rétorquer.

Cela fait quelques jours à peine, et les tas sont sens dessus dessous. Les culottes prises dans les cols des chandails, les gilets dissimulés sous les pantalons. Le tiroir des chaussettes est une masse informe de cœurs solitaires et ma fille porte avec bonheur des couples dépareillés (mais unanimement rayés, parce que j’achète des amoureux en série).

Le placard de sa petite sœur, pourtant plus récemment trié, n’est d’aucun secours. Si seules les cases les plus basses – pyjamas et sous-vêtements – lui étaient initialement accessibles, son penchant pour les hauteurs, et l’escalade des meubles en tout genre, a eu raison des cases «t-shirts» et «pantalons», qui tombent dans la panière de linge sale en fonction de ses dédains.

Et sinon, est-ce nécessaire d’épiloguer sur les 90% de vêtements de leur garde-robe qu’elles ne porteront jamais parce que «c’est moche», «ça gratte» et «c’est trop serré»?

Bref, je me retiens de tout brûler. Mais je sais qu’il y a parmi vous des ordonnés compulsifs. Alors dites-moi tout : quel est votre secret?

-Lexie Swing-

Ma tête en l’air

Hier, j’avais pensé au sac à lunch mais j’avais oublié les couverts. Vendredi dernier, j’avais zappé la casquette par journée de grand soleil et forte chaleur. Et le mardi d’avant, j’avais carrément laissé le sac dans la voiture, avec la collation fromagère dedans. Je suis cette mère-là, cette personne-là. Je cuisine tout, j’achète des produits biologiques, j’œuvre chaque soir à préparer les repas de ma fille avec elle afin qu’elle ait la conscience et la responsabilité de ce qu’elle mange – et ça marche, elle dévore! – mais j’oublie tout.

Mes proches ajouteraient même volontiers j’en suis sûre : «Et elle ne trouve rien». J’ai l’art de chercher ce qui se trouve littéralement sous mon nez. Un défaut entre mes yeux et ma raison peut-être. Comme si, tant que je cherche, mes yeux n’envoyaient pas le signal que ce que je cherche se trouve justement là. C’est drôle car c’est une caractéristique que l’on attribue volontiers aux hommes. Sur les dessins humoristiques, dans les blagues de couples, on entend souvent cette scène typique : l’homme qui fouille dans les placards, criant que le sel n’y est pas, et la femme qui déboule et se saisit de l’objet convoité, se trouvant bien entendu juste là, sous son nez. Dans mon couple, dans ma famille, je suis celle qui cherche. Ce matin je ne voyais pas mon téléphone, posé près de mon clavier d’ordinateur. Samedi, je cherchais en vain l’ouvre-bouteille, suspendu sur le mur. Deux fois de suite, je l’ai cherché. Alors que je l’avais reposé strictement au même endroit. Ma seule issue est de mettre les choses à un endroit précis, et de m’y tenir. Comme si mes mains avaient plus de mémoire que mes yeux. Malheureusement le rangement n’est pas non plus mon affaire.

Comme mère, je me repose sur mes filles, leur enseignant ce vide que je ne parviens pas à combler. J’énumère à voix haute les choses que l’on doit prendre, pour être certaine de ne rien oublier. Mon aînée me tance : «Pourquoi répètes-tu ça chaque matin maman?». Alors je lui dis la vérité. Je la lui ai dit ce matin, quand elle m’a reproché de lui mentionner de prendre son sac comme chaque matin. «Ce n’est pas pour toi que je le dis chérie, c’est pour moi. Je sais que toi tu y penses, mais moi je n’y pense pas toujours. En te le disant, je me le remémore.» Elle a compris, elle savait déjà. Elle a remarqué, je sais. Et ça l’agace, comme bien d’autres avant elle. Mais je veux qu’elle sache que nous vivons tous avec des faiblesses et que les accepter est déjà faire un pas pour les combler.

Je sais aujourd’hui que ce n’est pas un défaut de concentration, ou un désintérêt de ma part. Ni même que je «ne sais pas chercher» comme je l’entends depuis 25 ans. Tout au plus est-ce augmenté par la fatigue que je ressens depuis quelques années à cause des nuits hachées. Je suis convaincue, à l’image de la maladresse, à l’image de la plupart des incapacités, qu’il s’agit d’une question physique, peut-être dans mon cas d’une souplesse du cerveau. Et nous avons beau nous agacer de voir notre fille renverser encore et encore son jus de fruit ou son pot de yogourt, tous les «mais fais donc attention, concentre-toi» du monde n’y changeront sûrement rien. Concentrée sur autre chose – la conversation, le morceau de chocolat en arrière-plan qu’elle souhaite attraper, le dessin qu’elle a gardé près d’elle  en mangeant même si elle n’a pas le droit – elle renverse immanquablement. Peut-être que son cerveau calcule mal les distances ou fait fi des obstacles. Pourquoi certains ont-ils les mains comme des savonnettes et ont déjà brisé la moitié de l’argenterie familiale? Difficile à dire.

J’ai cessé de croire qu’on pouvait se changer ou changer les autres en matière d’oubli et de maladresse, surtout à coup de reproches et de phrases impulsives. Au même titre qu’on admet qu’une personne est plutôt forte en maths ou mémorise toutes les dates historiques, nous devrions être capables d’admettre que nous sommes fabriqués différemment et capables de choses variées. On devrait apprendre à pallier nos incapacités plutôt que de vouloir systématiquement les changer. Alors nous enseignons de nouvelles habitudes : poser son verre plus loin, garder son yogourt dans l’assiette. Et nous appliquons les nôtres : afficher la liste des choses à prendre, ranger toujours au même endroit. Et puis s’appuyer sur les autres. Il y aura toujours ceux qui se souviennent de tout, ceux qui trouveraient une aiguille dans une botte de foin serrée, ceux qui ont su jongler de façon innée. Il y a ceux qui se souviennent systématiquement des dates, et ceux qui mémorisent toutes les anecdotes. Il y a ceux qui peuvent décrire n’importe quelle scène et n’importe quelle tenue, et ceux qui sont capables de reproduire les intonations et les phrases prononcées avec exactitude.

Au lieu de se demander sans cesse pourquoi nos proches sont si maladroits, nous pourrions commencer par nous demander en quoi ils sont bons. Et nous appuyer sur eux, comme ils s’appuient sur nous. Pour ensemble avancer. On dit souvent que ça prend un village, pour éduquer un enfant. Moi je pense que ça prend un village pour vivre, tout simplement.

Et vous, à quoi êtes-vous bons?

-Lexie Swing-