La reprise

Father and son./ Photo Frank Lindecke
Father and son./ Photo Frank Lindecke

J’ai repris le travail. Ça s’est vu : j’ai brusquement disparu de la blogosphère emportant avec moi mes couches sales et mes nuits trop courtes. Je vous rassure, mes nuits sont toujours courtes. Pour les couches sales, en revanche, j’ai passé la main et les paquets de lingettes au super papa.
Depuis dix jours, nous avons échangé les rôles. Je suis l’homme qui travaille, il est la mère au foyer. Voilà ce que, dans des contrées reculées et des temps anciens, nous aurions pu dire. Mais au Canada, au XXIe siècle, je suis une femme qui travaille et il est père au foyer. Le matin je me lève en premier, déjeune à la va-vite en devisant sur la neige qui fond et la vitesse du camion-poubelles avec Miss Swing, et puis je saute dans mes bottes et je cours jusqu’au bus, direction le centre-ville de Montréal, les grands immeubles, le boulot. Dans mon dos, à Saint-Bruno, la routine s’enclenche. Couche, biberon, déjeuners, vêtements propres et dents brossées. A l’heure dite, l’amoureux glisse le bébé dans sa poussette et Miss Swing dans ses vêtements de neige, et prend cahin-caha le chemin de la garderie.
Souvent, à la fin de la journée, je vais chercher Miss Swing à la garderie. Nous prenons notre temps, heureuses de se retrouver puisque nous nous sommes manquées. J’ai l’esprit et les bras libres. Nous marchons dans l’air froid du soir en chantant des chansons.
Quand nous rentrons, ça sent bon dans la maison. L’aspirateur est passé et les lits faits. Le repas cuit doucement dans le four ou la poêle. La table est mise. Le temps est suspendu.
Je les emmène prendre leur bain, le temps que le repas soit prêt et le papa délivré un instant des petits bras potelés qui l’accompagnent partout. La soirée file, souvent douce, parfois électrique. Alors c’est la nuit, la dernière série, les lignes un peu brouillées dans un bouquin. C’est la cuisine qu’on laisse rangée pour que Mister Swing ne se retrouve pas agressé par une pile d’assiettes sales au réveil. C’est le confort d’une maison habitée, bichonnée. Le confort d’une ampoule réparée, d’une mission exécutée. Le confort de la confiance, de pouvoir partir les yeux fermés et le cœur léger puisque l’autre est là, les manches relevés, tout à son rôle de père au foyer,
Ce n’est qu’un temps. Les photos de mon amoureux vêtu d’un porte-bébé, le four qui tourne à 17h, le confort d’avoir le temps, la liberté. Ce n’est qu’un temps. En mai, mon chéri reprendra le chemin du travail. La petite mandarine celui de la garderie. Nous inventerons autre chose, une autre vie.

 

-Lexie Swing-

12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Mandie_net dit :

    Pouvoir profiter d’eux tranquillement , sans être bousculés, même si ce n’est que pour quelques mois, c’est excellent. Bravo à vous deux d’avoir partagé ce congé.
    (j’aime tellement ça récupérer mon mini le soir à la garderie. On sent tout son amour lorsqu’on se retrouve lui qui n’est pas câlin d’ordinaire)

    1. lexieswing dit :

      (La mienne me passe devant en courant en criant « mon manteau, mon manteau ». lol)

  2. Marie Kléber dit :

    Un nouvel équilibre que vous semblez avoir trouvé. Et le temps pour chacun de profiter de vos petites puces. Je suis certaine que vous organiserez votre nouvelle routine au printemps sans problème.

    1. lexieswing dit :

      Oui ce sera encore de nouveaux défis ;)

  3. Profite! Ici aussi ça commence a fondre :)

    1. lexieswing dit :

      Arf ici aussi, je déteste :)

  4. Steph dit :

    Ah! Tiens donc nous sommes voisine… Contente de te lire à nouveau et surtout bon retour au travail :-) Je file chercher mes filles à la garderie, c’est enfin le week-end!

    1. lexieswing dit :

      ouiii le week end :) On retrouve le plaisir quand on travaille :) Tu es de Saint Bruno?

  5. Steph dit :

    Oui Montarvilloise aussi ;-)

  6. lexieswing dit :

    Est ce que tes filles sont aussi à la garderie à Saint Bruno? Quel âge ont elles ?

  7. Zhu dit :

    C’est sympa cet échange de rôle, et les enfants en profitent aussi, car chaque parent a sa façon de faire les choses. J’ai eu beaucoup de mal (inconsciemment) à laisser la main à Feng, mais avec le recul, j’aurais dû le faire plus tôt. Maintenant ça va!

  8. anne-so dit :

    J’aurais aimé comme toi passer le relais à leur papa mais la vie professionnelle ne laisse quelques fois, trop souvent à mon goût, pas le choix. Je dois reprendre fin avril. Ma motivation n’a pas envie de reprendre ! Je me souviens aussi de ces journées où tu les laisses pour quelques heures à l’école ou chez la nounou. Tu travailles à fond pour que la journée passe plus vite. Tu les retrouves. Ravie. Et à la question fatidique « Vous avez fait quoi aujourd’hui ? », réponses « Je ne me souviens plus ! » « Rien ». Mais j’ai de la chance, ils sont très bavards donc j’ai rarement eu cette dernière :)

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