Dormir 6 heures par nuit (et survivre)

Veille sur toiL’application censée me tenir en forme est formelle : je dors trop peu la nuit. Aujourd’hui, elle m’a carrément fait la leçon : il faut dormir 7 à 10h par nuit sans quoi les batteries s’épuisent plus vite. Je schématise mais c’était le propos. Elle me fait même perdre des points, parce que jour après jour, je m’entête à rentrer le chiffre 6 dans mon compte d’heures dormies.

Eteignez votre cellulaire. Gardez votre chambre fraîche. Réservez votre lit au sommeil et au sexe. Couchez-vous à heures fixes. Elle égrénait les conseils. « Vendez vos enfants ». Voilà ce qu’elle n’a pas dit. Mes enfants sont le meilleur Redbull au monde. A peine l’oeil fermé (le mien), elles se mettent à geindre. Avec une ponctualité confondante. Pas tous les soirs à 11 heures, non. Tous les soirs, 11 minutes précises après que j’ai fermé les yeux.

C’est un art, de la virtuosité à l’état pur. Mieux : c’est une représentation collective. Point de solo, point de violon de tête. Un duo parfait, l’accord piano-voix en démesure majeure. La petite, d’abord. Puis la grande, une heure plus tard. Puis le duo, l’explosion finale. L’apothéose. A 3 heures du matin. Pour une couette mal mise ou une sucette tombée. J’applaudirais si mes mains parvenaient à se rencontrer à cette heure, mais mes yeux clos m’en empêchent.

C’est ainsi que, il y a deux nuits de ça, j’ai désigné la salle de bains à ma fille qui voulait faire pipi à deux heures du matin. « Vas-y chérie ». Sa voix trahissait son doute. « Dans le salon maman? » J’avais les deux yeux encore bien fermés, malgré mon esprit parfaitement clair. Pipi il fallait faire, essuyer l’enfant même j’allais.

Cependant, une nuit sur trois environ, les nuits sont bonnes, complètes, parfaites. Pas de cauchemar, pas d’envie pressante, pas de sucette chue sur le parquet de la chambre. Je coche alors « nuit de qualité » et mon application ronronne de contentement.

Le chiffre 6, lui, reste immuable. Et j’ai longtemps stressé de ce 6 à venir. Rangeant l’épicerie après les courses du soir, jetant assiettes et couverts (ustensiles) dans le lave-vaisselle, pliant le linge familial, l’oeil sur l’horloge et le coeur se serrant. Je n’atteindrais pas le chiffre 7. Pas encore cette fois, pas encore cette nuit.

Et puis je me suis rendue compte. A force d’entendre « je ne sais pas comment vous faites vous les parents qui dormez si peu », à force de prétendre que j’allais dormir debout et d’assurer au boulot, à force de sentir l’adrénaline coulée dans mes veines la douche du matin à peine terminée, j’ai compris que oui, ça allait aller. 6 c’est peu, mais pour le moment c’est assez. J’ai arrêté de stresser et de culpabiliser devant l’heure qui tournait. On peut fonctionner ainsi, on peut avancer, on peut assurer.

Pas pour longtemps, pas pour toujours, même si ça prend quelques nuits ponctuelles de rattrapage où l’on confie cauchemars et pipis nocturnes au bon soin de l’autre parent pour se carapater sur le canapé du salon.

On est capable.

On dormira quand ils seront partis de la maison.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing. Veilleuse : Veille sur toi

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Dès qu’ils s’approchent de l’adolescence, ils commencent à dormir tard le matin et tu pourras t’offrir quelques grasses matinées… enfin, si tu arrives à ne pas sauter du lit pour profiter du calme extraordinaire de la maison !

    1. lexieswing dit :

      Mmmh j’imagine déjà ;)

  2. J’avoue que si un jour on a un bout de chou c’est ce qui me fait peur…. Mr est ronchon quand il ne dort pas, et je finis vite en loque sans mes 7h minimum… Mais comme tu le dis si bien, je suis sure qu’on s’y fait et puis c’est temporaire :)

    1. lexieswing dit :

      10 ans tout au plus ;)

  3. J’ai fonctionné longtemps à 6 h de sommeil ou moins ces deux ou trois dernières années. Je ne parle même pas des nuits qui n’en sont pas avec un nouveau-né… parce que franchement, je ne me souviens plus de cette période. Elle a été finalement courte, et j’étais trop au radar.

    Je n’ai pas besoin de tant de sommeil que ça. Sept heures, ça me va. À moins, ça va aussi… pour quelques temps. En fait, chez moi, les effets du manque de sommeil sont vicieux : j’angoisse, je deviens anxieuse. Enfin, je suppose que c’est le manque de sommeil, le lien m’est apparu clair il y a quelques temps. Et puis le manque de patience, cette capacité à se prendre la tête… Mouais, vaut mieux dormir un peu plus, quand on peut.

    Mais on ne peut pas toujours, je sais. Ça ira mieux dès que la plus jeune le sera moins!

    1. lexieswing dit :

      J’ai bon espoir ! Mark ne dort pas beaucoup toujours ?

  4. cathnounourse dit :

    Tu ne dormiras pas davantage la nuit quand ton petit sera devenu ado car tu t’inquièteras de l’heure tardive à laquelle il rentre…Tu l’attendras éveillée jusqu’à son retour et là tu t’endormiras tranquillement!!
    Je serai à Montréal chez mon Fiston du 19 juillet au 4 août : je suis ravie de découvrir enfin ton beau pays :)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s