Cette semaine, cela fait dix ans que ma fille et moi avons posé le pied sur le sol canadien. Si vous vous souvenez bien, mon conjoint était arrivé quelques jours avant pour trouver une voiture et aménager l’appartement prêté par un ami. C’est donc seule avec ma fille de six mois et mon chien de 40 kilos que j’ai pris l’avion. C’était déjà une aventure.
Rien ne me faisait vraiment peur. Ni le fait de mettre l’ensemble de nos vies dans deux grosses valises et quelques malles. Ni celui d’emmener mon bébé de l’autre côté de l’Atlantique. Ni même l’idée de tout recommencer. L’immigration m’a rendue invincible, convaincue que j’étais de faire le bon choix pour le bon endroit, et pour la vie que je voulais vivre.
Quelque temps après mon arrivée revenaient souvent dans les journaux les mots « Eldorado » et « paradis déchu », arguant que les Français repartaient déçus de ce qu’ils avaient cru être la possibilité d’une vie meilleure.
Pourtant aujourd’hui, lorsque ma fille aînée me demande pourquoi nous sommes partis, et pourquoi nous avons immigré ici, au Canada, c’est la raison que nous lui donnons. Pour une vie meilleure. Pour nous, mais pour elles aussi. Celle qui était et celle qui serait. Le monde change vite et ce ne sera peut-être pas vrai toujours. Quel sera l’Eldorado de demain ? Et est-il seulement le même pour tous ?
Mais, à notre échelle, nous nous sommes offerts cette vie meilleure. Nos perspectives de carrière ont bondi, notre niveau de vie aussi et notre quotidien est devenu plus serein. J’ai cessé d’avoir peur quand je sortais la nuit, j’ai croisé des hommes qui ne m’ont pas interpellée et j’ai élevé des filles sans arrière pensée. J’ai vieilli et je me suis mise à arpenter la nature, comme si elle était venue à moi soudainement. J’ai traversé un pays de plus de 5000 km.
Je suis devenue citoyenne de ce pays qui m’avait accueillie et c’est un sentiment incroyable. On ne connaît pas la chance que l’on a d’être citoyen d’un pays tant que l’on n’a pas vécu dans un endroit où l’on n’a pas les mêmes droits que les autres. Aujourd’hui, je suis franco-canadienne, et je trouve ça extraordinaire.
Je me suis imprégnée de la culture québécoise et canadienne, je suis devenue un mélange, un fourre-tout d’expressions, de plats et d’habitudes. Je suis devenue une girouette, ajoutant des heures, mélangeant des expressions et confondant des lieux.
Je suis un puzzle d’enfant. De ceux dont on aurait mélangé les pièces. Je suis deux boites qui n’ont rien à voir, une image de chatons potelés et le pan d’une ville sous la neige. Mon image à moi est de guingois, morcelée, incomplète, mais lorsqu’on recule un peu, on y découvre un autre paysage, une réalité nouvelle, un monde créé en marge des possibles. Je suis une boîte de 1042 pièces, 10 ans et +, et les morceaux gondolent depuis qu’un lapin gris et patachon y a fait ses dents. Je suis une immigrée française, devenue canadienne, dans mon entre-deux mondes depuis dix ans.
Je voulais vivre. Intensément, frivolement. Je voulais fouler les pavés à grande vitesse et parcourir des paradis à ciel ouvert où j’aurais tournoyé avant que demain soit. J’aurais tournoyé vite pour ralentir le monde, pour ralentir le temps et le cueillir comme un fruit juste à point. Je faisais des plans sur la comète et des listes à rallonges, je griffonnais des poèmes pour dessiner le monde, à ma façon. J’étais naïve, de cette naïveté insolente qui croit tout, qui veut tout, qui attend qu’on lui donne parce que pourquoi pas ? Nous avions tant fait, de travail, d’études, de monde refait à la lueur des cigarettes qui ponctuaient nos souffles. Nos respirations profondes et ces lueurs, comme des braseros d’inspiration. Nous débattions de demain, nous établissions des politiques, critiquions l’éducation, jugions à langue amère la motivation perdue de nos professeurs. Nous avions le savoir consumé de ceux qui ne savent encore rien et créént leurs certitudes sur les chimères de leur enfance. Bientôt, bientôt celles-ci seraient réduites en cendres. Nous réaliserions, au miroir de notre propre vie d’adulte, que les leçons apprises n’étaient que la répétition maladroite de croyances vaines. Et alors, il faudrait tout recommencer, tout réapprendre. On oublierait la politique, chérirait l’éducation et aurait une pensée pleine de compassion pour ceux qui nous avaient montré le chemin après s’être perdus eux-mêmes. Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous créions demain comme s’il n’existait pas encore, comme s’il était encore possible, comme s’il suffisait de vouloir pour pouvoir. Nous faisions fi des obstacles, nous faisions nôtres les préoccupations collectives, nous disions « c’est injuste » la bouche pleine de notre cuillère d’argent, en ayant le leurre de croire. On s’aimait pour de bon, pour toujours, jusqu’à ce que des matins de juin annoncent les trèves estivales. On était éperdu, d’amour, de tendresse, de douleur, comme si le corps ne savait être qu’une émotion franche et passagère. Nous n’avions pas de mots comme nous en avions mille, que nous scandions à la vitesse des pouces courant sur un clavier que l’on connaissait par coeur. Nous buvions du vin aromatisé avant l’âge et descendions des avenues le pas décidé, sûrs du chemin. Il n’y avait pas d’erreur de destination possible, seulement des carrefours de possibilités, des projets d’aventure. Il n’y avait que des pavés, des paradis à ciel ouvert et des cigarettes rougeoyantes dans la lueur du soir.
Je suis toujours surprise de réaliser que la pandémie nous est tombée dessus il y a trois ans. Trois ans seulement ou trois ans déjà, dépendamment de la façon dont on se place et de ce à quoi on se réfère. Je relis parfois des écrits de cette période chaotique intervenue juste après la fermeture massive des emplois, écoles et autres services en mars 2020, et je me rends compte à quel point j’ai oublié ce sentiment, cette perception et surtout ce quotidien qui fut le nôtre pendant quelques mois. Les horaires journaliers créés pour les filles pour ne pas qu’elles passent leurs journées devant la télé, les leçons qu’on improvisait, les cours de sport diffusés à la télé, les pâtisseries du goûter, les premières réunions en Teams, les tentatives de créer une synergie d’équipe et les déséquilibres nés des conditions si différentes entre les employés d’une même entreprise.
On se réfère à la pandémie comme à une année 0, un avant et un après, un point de bascule. Cette vie particulière sur quelques mois, ce condensé de vie même, a comme créé une discordance dans le vortex du temps. Ce qui nous paraissait hier se trouve à des années lumières et les cheveux blanchissants des amis éloignés nous font réaliser que les mois écoulés se trouvent être des années. Je dis souvent « on l’a vu(e) il y un an à peine » ou « nous y sommes allés l’été dernier », et puis on calcule et on se souvient, et l’un de nous dit « ça fait plus de temps que ça, c’était avant la pandémie », alors ça veut dire que ça fait au moins 3 ans, et peut-être 4, et tout à coup ce n’est plus un bébé joufflu mais un enfant qui a bientôt fini la garderie, et alors ce n’est plus du tout la même histoire.
C’est avec la pandémie qu’a commencé pour moi le télétravail. J’ai changé deux fois d’emploi depuis mais j’ai gardé cette nouvelle composante qui – on ne va pas se mentir – m’arrange bien : je télétravaille plusieurs jours par semaine. J’en profite pour mélanger allégramment vie professionnelle et obligations personnelles, créant des bulles de temps dans un agenda rempli pour pouvoir mener mes enfants à leurs activités ou assurer ma présence à un rendez-vous médical, travaillant toujours plus tard pour rattraper les heures perdues. Mais ce tango n’a pas toujours eu la synchronicité qu’il mérite et plus d’une fois la pression a eu raison de mon esprit. Les demandes s’ammoncellaient, les clients vitupéraient, les courriels rentraient tardivement, les enfants arrivaient en criant, le goûter n’était pas prêt, la préparation du repas attendait et au milieu de ce chaos, je me liquéfiais.
Lorsque j’ai dû me retrouver un emploi, le télétravail était une obligation mais la possibilité de retourner en présentiel était une requête, un besoin devenu vital. J’avais besoin d’un échappatoire, d’un bureau tangible hors de mes murs, d’une vie professionnelle que l’on cloisonne et que l’on laisse derrière soi, l’heure venue. J’avais besoin de distinction pour retrouver mon discernement, je voulais que la voix de mes enfants ne soit plus un écho de celle de mes collègues, et que les appels de candidats n’interrompent plus un rendez-vous médical. Je voulais une île et puis la paix surtout.
Aujourd’hui, je mène ma vie différemment. J’ai créé des parois aussi étanches que possibles. Mes enfants sont redevenus des photos sur un fond d’écran et non des figures mouvantes d’une réunion virtuelle tardive. Mon téléphone professionnel est éteint lorsque je referme mon ordinateur. Mes rendez-vous personnels ne sont pas l’occasion de rédiger des notes d’entrevues ou de mettre à jour des documents. Je me suis rendue la liberté.
Ma nièce m’appelle, elle veut me montrer quelque chose sur son téléphone. Je suis dans le couloir et je m’approche. « Viens, allez… » insiste ma fille à ses côtés. Il est 20h, je suis entre le bain et le repas, pas tout à fait là. Je jette un oeil distrait sur l’écran. Tiens, c’est marrant, je me dis, j’ai vraiment l’air fatigué. Je m’approche encore. Je ne savais pas que j’avais tant de rides. Un pas de plus. Le choc. J’ai 85 ans, peut-être plus. Mon visage est un parchemin et le trésor est bien caché. Je mets un millième de seconde de trop à réaliser et ma nièce est hilare. Derrière ce voyage dans le futur, la nouvelle application de son téléphone et son option de vieillissement instantané.
La vérité, c’est qu’on ne se voit pas vieillir. Je me suis souvent demandé si un jour on se réveillait adulte. La vérité est qu’on dépasse peu le stade adolescent ou jeune adulte. Notre sagesse s’installe avec l’expérience, tout comme notre capacité à prendre des responsabilités. Mais on ne se voit guère vieillir, on a longtemps la prétention de penser que l’on fait encore partie des jeunes de la gang.
L’autre jour, je passe à la caisse avec en main une salade (pour Chester), du gruau (pour Tempête) et une caisse de bières (pour beau-papa) (si si). La caissière scanne la bière, me dévisage, inspire et s’apprête à formuler sa question. La main sur mon portefeuille, je suis prête à dégainer. J’ai mon permis, ma carte d’assurance maladie, ma carte d’hôpital, et toutes trois l’attestent : je suis majeure. Elle exhale. « Visa ou Mastercard? » Je soupire, vaguement insultée. Bien sûr que j’ai passé l’âge. À mes yeux pourtant, je suis encore la fille un peu plus jeune que les autres, qui attendait que ses copains fassent la queue avec les bouteilles faute de pouvoir prétendre à la majorité désinhibée. Mais pour le regard extérieur, il n’y a plus de doute désormais.
On ne se voit pas vieillir. On vit comme un choc le premier « Pardon, Madame » pourtant prononcé par une jeune voix bien intentionnée. On a 25 ans, 30 peut-être si l’on a réussi à prétendre assez longtemps. On a toute la vie devant nous mais ces quelques mots nous propulsent déjà dans un sérieux que l’on éviterait volontiers.
Les années passent, on pense à des moments vécus il y a 30 ans et dont on se rappelle. On débat des nouvelles modalités du bac, on dit « ça a tellement changé en peu de temps » et puis on réalise que c’était il y a 20 ans. Nos enfants disent « à votre époque » comme ils diraient « jadis » et les coins tordus des photos jaunis sont autant de preuve que le temps a filé. Comme une persécution suprême, l’un d’eux ouvre un album de notre enfance et au hasard d’une page demande si l’on vivait en demi-teinte.
Je monte à cheval – première fois depuis douze ans. J’enjambe souplement. Ma fille me demande gentiment si je vais me souvenir. C’est comme le vélo, je clame, même si elle ne voit pas le rapport. Ma position est belle, ma confiance intact. On prend le galop et je me mets en suspension. Et puis ma cheville se dérobe. Juste là, sous moi. Une patte folle qui m’oblige à m’asseoir. J’ai monté 15 ans sans le moindre questionnement, sans la moindre faiblesse d’un corps dont je ne faisais pourtant pas grand cas. En silence, je le vis comme une trahison. Je passerais la balade entière sans étriers, faute de pouvoir y laisser mes pieds. Vous avez une sacrée assiette, sourit la monitrice au bout du quatrième temps de galop au milieu des bois.
J’avais oublié à quoi ressemblait ma ville en été. Les gens qui s’entassent devant la crèmerie, le Mont pris d’assaut dès les petites heures du jour, la piscine municipale qui ne désemplit pas. J’avais oublié cet air de vacances, cette insolence des minutes qui s’égrènent à reculons, faisant fi des impératifs professionnels. Le monde appartient à ceux qui se promènent, à ceux qui s’installent sur les terrasses des deux petits cafés qui ponctuent la grand’rue. La place du village accueille le marché du samedi, les spectacles estivaux et les rires des enfants, tandis que les familles soupent à l’abri des parasols de fortune.
Ce soir, on s’est retrouvé sur une passerelle de bois, proche du lac. Un promontoir avait été construit pour l’occasion. Le micro bien ajusté et le bandeau serré derrière les oreilles, les filles de la zumba ont pris place. Devant elles, une foule dense. Que des femmes, quelques fillettes, trois hommes incertains et un chien accroché à l’ombre d’un arbre. Les animatrices ont rythmé la cadence, sourire aux lèvres, indifférentes à nos mouvements désordonnés. Dans l’herbe alentour, une troupe d’enfants – dont Tempête – avait abandonné la piste et faisait la course dans les derniers rayons de soleil. Lorsqu’une brise a soufflé à mi-session, les corps se sont redressés pour profiter de la fraicheur passagère et c’est toute la spontanéité de l’été qui s’est engouffré dans cet instant.
Pour la première fois depuis des lunes, nous passons l’été chez nous. À l’exception d’une dizaine de jours en road-trip en Gaspésie tous les six, les filles expérimentent leurs premières vacances d’été à la maison, de celles qui étirent les secondes et réduisent les attentes. Il n’y a presque plus d’horaire, beaucoup moins d’obligations. Les levers se font de plus en plus tardifs, à mesure que les journées s’allongent. Sur la table, les légumes sont colorés. J’aime l’été pour la ferveur de ses marchés et la douceur de ses promenades au crépuscule. J’aime la chaleur qui ne s’en va jamais tout à fait et cet air de vacances même si les miennes sont plus tard. Je les vois hésiter entre deux activités, entre deux films, trainant sans fin en bas de pyjama sur le canapé du salon. Je me rappelle de l’indolence de ces étés, ceux dont on ne voit pas vraiment la fin, parce que le temps semble suspendu, et je mesure la chance qu’elles ont de passer leurs vacances ainsi. À l’heure où nos semainiers sont divisés en dix-huit couleurs numérotées, je suis heureuse que nous puissions leur offrir une page blanche, et la place pour l’imaginer.
Récemment, j’écoutais un podcast que j’aime bien : ReThinking, par Adam Grant. L’auteur du podcast, un psychologue organisationnel (je n’avais jamais entendu ce terme avant) réfléchit, avec ses invités, aux façons dont nous percevons le quotidien, les événements et le passé, pour leur apporter une lumière nouvelle. Dans son plus récent épisode, Grant rencontrait Margot Lee Shetterly, l’autrice de Hidden Figures. Vous ne connaissez pas ? Mais si, j’en suis certaine. Le livre (un bijou) a été adapté à l’écran. Il évoque l’histoire de ces femmes scientifiques noires qui ont contribué à plusieurs avancées de la Nasa. Taraji Henson, Janelle Monaé et la très connue Octavia Spencer y tiennent les rôles principaux.
Dans son livre, Margot Lee Shetterly dépeint le quotidien de ces femmes. Elle raconte à Grant deux choses que j’ai trouvées profondément intéressantes. La première est que, son père étant lui-même un homme noir, travaillant à la Nasa, elle a toujours eu connaissance de ce récit (multiple), cela faisait partie de l’histoire locale, dirais-je, et elle croisait fréquemment avec son père des femmes qui y avaient travaillé à cette époque-là. Jusqu’à quelque temps avant la rédaction de son livre, Shetterly ne s’était jamais interrogée sur cette histoire. C’est en la contant un jour à son mari et en réalisant sa surprise que Shetterly en a réalisé le contexte et l’impact sociétal. Le psychologue Karl Weick appelle ça le « vujá de moment », soit l’inverse du déjà-vu. C’est une histoire que l’on connait par coeur, que l’on raconte mille fois, et un puis un jour, parce que quelqu’un nous en souligne le caractère extraordinaire, incohérent, malaisant ou simplement différent, notre regard change sur ce récit.
Cela m’a fait m’interroger sur le contexte des faits que l’on nous rapporte, sur ce qui entoure les histoires que l’on lit. Ainsi, dans une émission ancienne d’un autre podcast que j’écoutais aujourd’hui, le fameux « C’est plus compliqué que ça » de Jean-Christophe Piot, qui décrypte certains mythes historiques pour en souligner les incohérences, l’auteur évoquait le cas connu d’Orson Welles adaptant La Guerre des Mondes d’HG Wells, dans une oeuvre fictionnelle diffusée à la radio. L’histoire a retenu que cette diffusion aurait terrifié les Américains. Ceux qui auraient pris l’émission en route auraient alors penser entendre de véritables nouvelles et se seraient imaginés que la Terre était cernée par des envahisseurs venus de l’espace. L’incrédulité aurait rapidement laissé la place à la panique, les auditeurs quittant leur maison pour fuir une mort certaine, prenant d’assaut les hôpitaux, les gares, etc. Welles a été accusé par les journaux de l’époque d’avoir été irresponsable, et deux ans plus tard, une étude scientifique estimait que près d’un million d’Américains avaient paniqué en entendant le récit. Piot va à l’encontre de cette histoire, qui a pourtant continué à être rapportée jusqu’à nos jours comme un fait avéré, en expliquant par exemple qu’aucun chroniqueur ou observateur de l’époque n’a rapporté de mouvements de foule ce soir-là ou les jours qui ont suivi; que Welles a effectivement été critiqué par une partie des Américains, mais majoritairement à la suite des articles de journaux rapportant les propos tenus durant l’émission, et non à l’écoute de l’émission elle-même, et que les hôpitaux, pourtant interrogés dans le cadre de l’étude, ont dit avoir connu un achalandage similaire aux autres jours. Plus intéressant encore : un sondage téléphonique réalisé à l’époque par une entité ayant pour but de relever les tendances d’écoute a montré que l’émission était plutôt un flop, les auditeurs ayant privilégié d’autres émissions, notamment un rendez-vous humoristique diffusé sur une autre station. L’impact n’a donc pu qu’être dérisoire. Alors pourquoi les journaux se sont-ils attaqués dès le lendemain à l’émission de Welles ? Aujourd’hui, les historiens pensent que la méfiance forte que ressentaient les journaux à l’égard de la radio (nous sommes en 1936) et la crainte de voir les stations détourner les clients friands d’informations de la presse écrite, conduisaient ceux-ci à dénigrer fréquemment les émissions radiophoniques pour les discréditer.
Un autre exemple ? Un récent épisode du bien connu podcast Transfert donne la parole à une jeune femme qui, alors qu’elle vit à Berlin depuis quelques mois, a soudain l’impression que quelqu’un, et peut-être plusieurs personnes, cherche à lui faire du mal. Sans vouloir trop vous spolier, elle évoque entre autres que la lecture d’un livre sur la psychologie l’a conduite à appréhender le monde d’une certaine manière, en lui donnant l’impression que les gens comme elles (hypersensibles ou super-efficients, dans son cas) étaient des victimes faciles qui manquaient de jugement et devaient se méfier des autres personnes. Au terme de l’épisode, elle explique qu’un ami l’a aidé à remettre en cause sa lecture, en lui démontrant notamment qu’avec quelques recherches, elle se serait rendue compte que l’ouvrage n’avait pas de fondement scientifique, que l’étude n’avait pas la rigueur demandée et que l’autrice ne possédait aucun diplôme en lien avec la psychologie. C’est un peu le mal de notre siècle, toutes ces théories et idées sans fondement, avancées par des gens sans bagage autre que leur seul vécu et s’appuyant sur celui-ci pour faire de leur expérience propre une vérité universelle.
Connaître le contexte, s’interroger sur les sources, se demander toujours à qui l’on donne la parole et quelle est l’histoire de cette personne, permet toujours de nuancer un propos. Sans sombrer dans la paranoïa, ou pire, le complotisme, garder en tête qu’il n’y a pas de neutralité parfaite est déjà une façon ouverte de se positionner face aux informations que l’on reçoit.
Et quelle était, finalement, la deuxième chose que l’autrice d’Hidden Figures racontait et qui m’a fait m’interroger ? Adam Grant lui demande « Mais pourquoi n’avait-on jamais entendu cette histoire avant ? », et Margot Lee Shatterley lui explique qu’une des femmes concernées a répondu à cette question en déclarant qu’elles n’avaient pas conscience que c’était « une histoire » : « Nous n’avions pas conscience que nous étions cachées », du moins dans l’impact réel qu’elles avaient au niveau des avancées scientifiques. Parce qu’elles faisaient un travail remarquable, dont elles étaient fières, mais aussi parce qu’elles vivaient avec leur temps, et étaient déjà victimes de ségrégation, la séparation physique était quelque chose d’ordinaire pour elles, malgré le travail extraordinaire qu’elles accomplissaient. Cette idée m’a fait longuement réfléchir sur les petites et grandes histoires, sur notre cheminement individuel au sein du cheminement collectif, et sur le contexte qui nous accompagne, surtout.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Pour retrouver le transcript (en anglais) de l’émission d’Adam Grant, rendez-vous sur ted.com.
En ce moment, nous avons plusieurs membres de notre famille qui nous rendent visite. Nos filles s’accrochent à leur cousine comme des bigorneaux à leur rocher, échafaudent mille plans pour l’été et nous demandent plus souvent qu’à l’accoutumée « mais pourquoi donc avez-vous choisi de vivre dans un autre pays ». Ma grande entrevoit volontiers les balades à cheval qu’elle ferait en compagnie de sa famille, la petite table sur les sorties entre cousines, tandis que nous réfléchissons à la meilleure façon de faire venir la famille au grand complet pour les Fêtes. L’immense majorité des immigrés et expatriés vous le diront : le nerf de la guerre, ce sont les proches et la famille que l’on a laissés dans notre patrie d’origine.
Émigrer, c’est laisser bien plus qu’un pays derrière soi. Ce sont des habitudes, des repères, que l’on laisse. Et avec eux, l’instantanéité de liens créés avec nos proches. J’ai souvent dit à mon amoureux que le plus dur, dans cet éloignement, est la disparition des moments spontanés. Tous ces instants créés sur un coup de tête, ces visites imprévues, ces moments aussi brefs qu’intenses. La vérité est que lorsque l’on vit dans la proximité, on en ignore le bénéfice, on n’a guère conscience des liens invisibles qui se tissent par delà les relations même.
Mais l’immigration est, pour certains d’entre nous, une porte qui se referme à demi. J’ai vu l’herbe ailleurs et je l’ai trouvée bien plus verte. Comment pourrais-je revenir ? Mon monde est voué à s’épancher en demi-teinte, telle une photo jaunie par le temps. L’immigration a inventé la nostalgie d’un temps futur, quand la construction d’un avenir se joue entre l’espoir de devenir et le regret de ce qui ne sera jamais. Malgré tous mes efforts, il n’y aura pas de conjugaison plurielle de mon avenir québécois. En déplaçant ma petite famille dans un autre espace géographique, j’ai choisi une vie à laquelle j’ai soustrait certains membres. Choisir, c’est renoncer dit-on. Et en choisissant, j’ai renoncé à ces relations de proximité que j’aimais tant.
Et régulièrement, mes enfants prennent le pouls : « Pourquoi est-on parti, déjà? ». Mais déjà, elles se confrontent au choix impossible : renoncer à leur école adorée, à leurs amis chéris, à la ville qui les a vues grandir, pour se rapprocher des leurs. Elles soupèsent, elles disent : « on pourrait tous les faire venir ! » et puis « Pourquoi ils ne vivent pas ici avec nous ? ». Elle se demandent si elles pourraient aimer la France, s’exclament qu’elles ne changeraient de ville pour rien au monde, anticipent leur prochain retour estival mais s’inquiètent de ne pas pouvoir partir ailleurs en vacances.
Elles sont déjà dans cet entre-deux, dans ce demi-soi, enfants d’une traversée océanique, s’interrogeant sans cesse de l’heure qu’il est ailleurs. Ma grande parle parfois d’un futur où, adulte, elle s’installerait en France. « Viendras-tu avec moi ? », me demande-t-elle. Alors je lui souris, et je la nourris de ma seule certitude : notre épanouissement se joue par-delà nos racines, par-delà nos familles, et elle sera là où son coeur la guidera, avec nous, mais surtout, malgré nous.
Combien de fois peut-on écrire ça dans une vie ? Qu’est-on susceptible de commencer, encore une fois ? On change d’appart, de chum, de job, mais le renouveau se situe parfois dans des détails, dans un sentiment, dans une vie dont on reprend le contrôle ou une maladie qu’on laisse derrière soi. L’un des mots que je préfère dans la vie, avec « singulière », c’est « filigrane ». J’aime le discret, l’intangible, l’insoupçonnable, l’indéchiffrable, les jeux d’ombre et de lumière et puis les vérités nouvelles.
Mais ce n’est pas du tout ce que je voulais dire. Le titre est juste : j’attaque un nouveau chapitre de ma vie, bien tangible celui-ci : j’ai changé de job ! Je continue mon cheminement dans le milieu du recrutement en rejoignant à titre de conseillère en acquisition de talents une entreprise très implantée au Québec. Nous sommes d’ailleurs implantées au même endroit, dans ma ville, et pour la première fois, je travaille donc à quelques minutes de chez moi.
Lorsque j’ai réfléchi à rejoindre un nouvel emploi et que j’ai établi mes priorités, le fait de travailler à proximité de mon domicile arrivait dans le trio de tête. Après trois ans à travailler presqu’exclusivement à distance, j’ai réalisé à quel point le monde réel, au sens physique du terme, me manquait, et avec lui les conversations spontanées, les échanges instinctifs, où il n’est plus question de lever – virtuellement – la main pour prendre la parole.
Ayant joué un rôle de facilitatrice entre des entreprises et des candidats, j’avais envie d’agir désormais de l’intérieur, recruter pour « un seul », faire remonter aux entités dirigeantes la lenteur des processus, les incohérences des procédures, les manquements des systèmes, et surtout vanter les mérites d’une entreprise que je connais, que je côtoie et que je vis de l’intérieur.
J’ai dit à mes filles que j’avais été recrutée pour faire de l’acquisition de talents, la première a dit « quoi, tu changes encore ? », et la deuxième a demandé « félicitations, mais c’est quoi ton talent à toi ? Parce que moi, c’est la danse, tu veux voir ? ». Et après ça, la grande a voulu que je vérifie si l’entreprise était équipée d’une plastifieuse, et la petite a demandé à voir la salle de sports, alors je pense que ça y’est, elles sont prêtes pour ce nouveau chapitre elles aussi.
Bref, nous sommes le 26 juin, et j’ai commencé une nouvelle job.
« Fais de ta passion ton métier et tu ne travailleras pas un seul jour dans ta vie ». Je suis certaine que vous avez déjà lu ces mots, probablement sur une publication de réseau social, avec en fond un pré de fleurs sauvages estivales. Les textes d’inspiration sont ainsi, ils se font le reflet du printemps, de l’été, du renouveau, de la sérénité des corps alanguis sous le soleil de juin, de la liberté surtout. Et j’en reviens ainsi à mes moutons, ceux qui paissent au milieu des prés en fleurs : est-ce que pour être comblé dans sa profession, il faut avoir choisi de faire de sa passion son métier ?
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai eu quelques envies de futurs métiers, enfant. Je me voyais monitrice d’équitation, cavalière professionnelle. Pour construire le futur, je bâtissais sur mes fondations les plus solides : ma passion pour l’équitation. Étais-je trop lucide, ou pas assez naïve ? Ai-je simplement été le témoin auditif d’une conversation d’adultes ? Toujours est-il que rapidement, j’ai abandonné ce projet, en disant à une amie – et je m’en souviens encore – que si je faisais de ma passion mon métier, que ferais-je alors durant mes loisirs ?
Cette certitude m’a accompagnée durant toutes les années suivantes, ces années déterminantes qui nous mènent à choisir un métier, un premier métier au moins, celui pour lequel on chemine dans des études légèrement assommantes, selon le domaine. Autour de moi, les esprits étaient pratiques : certains voulaient l’argent, d’autres la sécurité, parfois les voyages, une certaine liberté, ou beaucoup d’avantages. Mais presque personne, autour de moi, n’a finalement choisi de faire de sa passion son métier (sauf un).
Pourtant nous en avions tous : il y avait les sportifs, les musiciens, les artistes peintres, les férus de théâtre. On traînait nos guêtres dans des compétitions dominicales, dans des représentations tardives, dans des concerts hésitants. On apprenait avec enthousiasme des nouveaux mouvements, de meilleures stratégies et des partitions toujours plus poussées. À nos corps défendants, nous reprenions la route des études ou du travail le lundi matin venu, impatients de voir revenir les soirs et les week-ends consacrés au loisir.
Aurions-nous dû faire d’autres choix ? Je me le suis parfois demandée, quand ma seule parenthèse dans des études de droit chaotiques était mon cours d’équitation du vendredi soir, qui s’étirait dans la nuit entre apéro généreux et fromages auvergnats. Que serait-il advenu de nous, si nos partitions, nos textes, nos baskets et nos pinceaux avaient été nos instruments du lundi matin. Aurions-nous été plus enjoués de voir la semaine recommencer ?
Plus tard dans ma vie, grâce à l’accès privilégié que m’a offert le fait d’être journaliste, j’ai rencontré des gens qui avaient fait de leur passion leur métier, souvent dans les arts ou les sports. Ils avaient autant de similarités que de dissemblances, mais tous avaient un point commun : une passion très forte alliée à une exigence de soi qui flirtait avec l’anxiété. Un comédien de théâtre a évoqué avec enthousiasme la pièce dans laquelle il jouait, avant de déclarer qu’il n’était plus capable d’être seulement spectateur. Un skateboarder semi-professionnel m’a raconté avec les yeux brillants l’endroit où il rêvait de compétitionner, en ajoutant à voix basse qu’il regrettait le temps où il roulait pour le seul plaisir de la sensation de liberté. Une ancienne artiste-peintre m’a dit qu’elle avait rangé ses pinceaux quelques années auparavant, alors qu’elle peignait depuis l’enfance, lorsqu’un galériste renommé dans le secteur lui avait passé le commentaire qu’elle n’était pas assez bonne pour prétendre vivre de son art.
Je suis effectivement persuadée que, pour bien vivre, certains d’entre nous ont besoin que l’emploi qu’ils occupent les passionnent. C’est ce qui a poussé, ces dernières années, un nombre assez notable de personnes à démissionner, pour se tourner vers un métier qui faisait davantage de sens pour eux. Cette grande démission a eu un résultat mitigé selon les articles qui fleurissent dans les pages lifestyle et emploi des magazines ces derniers temps, une partie des concernés regrettant, a posteriori, ce changement.
La vérité est qu’il faut toujours s’interroger sur ce que l’on attend d’un travail : qu’est-ce qui est primordial ? Sur quoi est-on prêt à faire des concessions ? Quelles sont les forces que l’on a et que l’on veut mettre en avant ? Et surtout, quelles valeurs veut-on retrouver ? Car, au delà du métier, et peut-être de la passion, il y a les valeurs, et lorsque l’on fait de sa passion son métier, on n’est d’autant plus à risque de devoir s’asseoir sur certaines valeurs, pour rester compétitif et financièrement stable, entre autres. On finira peut-être par produire des oeuvres pour répondre à une demande précise, on acceptera des conditions de travail discutables pour se faire connaître, on écartera le cheval qu’on a vu naître car il n’est pas assez bon.
Seule une poignée de personnes, finalement, feront véritablement de leur passion leur métier. Et une portion encore plus infime trouvera cela pleinement gratifiant. Pour les autres, dont je fais partie, je pense que l’important est de trouver un emploi qui met nos forces en valeur, et une entreprise où nos valeurs sont renforcées. Autant que faire se peut, nous devrions occuper des rôles pour lesquels nous avons un sentiment d’accomplissement, une impression – même fugace – de contribuer à quelque chose de plus grand que nous, et une reconnaissance véritable, par nos pairs, du travail que l’on accomplit. Le reste, pour moi, se joue en dehors de ces heures-là, sur un sentier de course, dans un cahier de notes, derrière les pages d’un roman. Mes passions s’intercalent, font de moi qui je suis sans être ce que je fais. Elles sont une respiration, parfois une échappatoire, toujours une nécessité, mais elles sont l’annexe A d’un dossier déjà bien rempli. Et c’est très bien ainsi.
Il est midi 30 mais chez lui le repas est passé. Je m’excuse de mâcher en l’écoutant, il me répond qu’il faudra que je parle, quand même. Il discourt sur le temps qu’il fait, en plein coeur du Brésil. Me loue les mérites de la paçoca – une friandise locale qu’il ingurgite au lever avant de partir courir. Parfois, son accent écossais reprend le dessus et ma compréhension s’effrite. Ensemble, nous débattons sur les fake news, la société occidentale, l’écologie. Nous partageons nos constatations d’immigrés, comparons nos vécus et protégeons la sphère de l’intime. Nos fonds d’écran sont neutres, nos familles anonymes, nos statuts implicites. Seul reste l’échange.
Cet interlocuteur, c’est mon prof. Un Écossais émigré au Brésil qui m’enseigne l’anglais à moi, une Française émigrée au Canada.
Il y a quelques mois, mon employeur nous a proposé de prendre en charge, à notre bénéfice, des cours d’anglais. Celles qui le souhaitaient pouvaient ainsi prétendre à se former hebdomadairement via une plateforme virtuelle. L’une de nous a testé plusieurs services pour ne retenir que celui qui cochait le plus de cases : complet, facile d’accès, individualisé. C’est la plateforme Preply qui a raflé la mise.
À mes débuts, j’ai eu la possibilité de tester différents profs. Je pouvais ainsi acheter un cours d’essai, le planifier, échanger durant une heure avec le professeur et passer au suivant. Certaines de mes collègues en ont essayé cinq ou six. L’avantage : cela permet de payer à l’unité quelques cours. L’inconvénient : il n’y a pas de continuité dans l’apprentissage, chaque prof tentant d’établir un début de collaboration.
Avant de tester le cours de mon professeur, j’ai commencé par remplir un test en ligne, assez détaillé, afin que la plateforme puisse établir mon niveau et ainsi transmettre au prof des activités et exercices en lien avec mes attentes, mes intérêts et mes capacités. Dans mon cas, j’étudie ainsi l’anglais des affaires et certains sujets plus généralistes, comme le fonctionnement neurologique ou l’évolution climatique.
Pour choisir mon prof, j’ai pu visionner des tas de biographies des professeurs proposés, écouter un enregistrement vidéo les mettant en scène, lire les commentaires (même si c’est subjectif, n’est-ce pas ?) rédigés par leurs étudiants, consulter leur tarif et voir d’où ils venaient. C’est finalement une collègue qui m’a recommandé l’un de ceux qu’elle avait testés, arguant qu’il avait « le même humour que moi ».
Depuis quelques mois, j’ai donc rendez-vous hebdomadairement avec ce professeur. J’ai choisi la formule la moins dispendieuse, soit un abonnement de 4 cours, renouvelable chaque mois. En tout, cela me coûte 60$ US. Certains profs sont moins chers, d’autres le sont beaucoup plus, dépendamment de leur expérience et de leurs études.
Les exercices sont fournis par la plateforme et servent de support à la leçon. Ils se divisent, pour ma part, entre la partie introductive d’un sujet, comme un texte à lire ou une vidéo à regarder, suivi d’une phase d’échange sur des points spécifiques du thème, avant de réaliser de courts exercices écrits, puis de clore par une discussion plus large sur une question ouverte. Pour moi, c’est une formule très gagnante : je peux dialoguer, confirmer la prononciation de certains mots, me faire expliquer des expressions ou des difficultés grammaticales et réviser des points précis. Selon certaines études, deux cours par semaine seraient nécessaires pour atteindre une certaine progression dans un délai raisonnable. Pour ma part, le ratio coût-bénéfice est suffisant ainsi. Et l’échange avec une personne d’une autre nationalité, vivant dans une autre réalité, habitée par son propre passé, mais avec lequel j’ai donc « un humour commun » (le sarcasme), ce n’est que du bonus.
Si jamais vous avez envie de tester Preply, sachez que la plateforme permet de partager des codes de parrainage offrant un rabais. C’est de cette façon que j’ai obtenu gratuitement mes premiers cours d’essai, alors ne vous privez pas, vous avez juste à suivre ce lien Preply. Si vous testez, donnez m’en des nouvelles ! Et notez que beaucoup d’autres cours de langues sont disponibles sur la plateforme.