À deux…

La main de son père, le visage de sa mère./  Photo Alex Barth
La main de son père, le visage de sa mère./ Photo Alex Barth

Tu donnes les pâtes, je m’occupe du yaourt; je donne le bain, tu l’attends avec sa serviette… Toute notre histoire de parents n’a été qu’un pas de deux pour s’occuper au mieux de Miss Swing. On avait pensé les choses ainsi : on l’a fait à deux, on s’en occupe à deux. La danse a commencé dès les premières nuits, à coup de “c’est ton tour”.

Curieusement, à 3h du matin, ce n’est jamais le concerné qui se lève d’un bond en s’exclamant “bouge pas, c’est à moi”, mais bien toujours l’autre qui est contraint de le pousser violemment hors du lit pour booster sa motivation! Les biberons ont été un allié de taille, car malgré toute la bonne volonté du monde, Mr Swing n’aurait jamais pu donner le sein à ma place, même si je me rappelle avec bonheur de l’aventure de ma copine C., si fatiguée une nuit, que son conjoint l’a assise dans le lit avant de maintenir le petit affamé contre son sein. Si ça, ce n’est pas une belle équipe!

Car c’est ce qu’on est, une équipe. On se relaie, on s’épaule, on se questionne : “tu ferais quoi, toi”. Pas une rougeur dont le traitement ne soit une décision à deux, pas une tenue qui n’ait été brandie sous le nez de l’autre “ça ira bien ça aujourd’hui non?”

On est des alliés, incroyablement chanceux d’avoir toujours été deux, du tout premier jour de sa vie, parce que les pères pouvaient rester à la maternité, à ses premières semaines, comme Mr Swing suivait des cours depuis la maison, à notre arrivée ici, puisque nous avons repris le travail quasiment en même temps.

Il n’y a pas une seule bonne façon, il y a des mères qui reprennent le travail tôt, et des pères qui travaillent trop; il y a des parents au foyer, qui passent volontiers le relais une fois l’autre rentré; il y a des familles monoparentales, où l’on ne peut compter que sur soi, même les soirs où ça ne va pas.

Il y a de multiples façons, mais il y a une seule conception : si l’on décide d’être deux, alors on est vraiment deux. On est pas un et demi : l’un qui s’enfile tous les soirs l’infernal bain-repas-brossage-de-dents-une histoire-et-au-lit tandis que l’autre fait du zapping sur ses 48 chaînes. On est deux, pour pouvoir dire : “là, tel que tu me vois, je suis comme court-circuité de l’intérieur, alors je vais dormir 30 minutes et je te passe la main”. Et on passe la main, sans arrière pensée, sans “y arrivera-t-il”, sans “elle va oublier de lui mettre son bavoir”… On était deux à savoir le concevoir, on devrait être deux à savoir l’élever.


-Lexie Swing-

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. ifeelblue dit :

    je partage ta vision des choses et j’aime beaucoup la façon dont tu écris tout ça. :) j’ai une amie qui se plaint toujours de son mari qui ne s’occupe jamais de leur fille, et ça doit pas être évident du tout à gérer au quotidien, ce genre de situation…

    1. lexieswing dit :

      J’ai une amie dans le même cas, et en même temps, j’ai l’impression qu’elle court-circuite toute tentative d’aide de son mari en lui disant « non on ne fait pas comme ça » à chaque fois qu’il fait qq chose. C’est dur d’accepter que l’autre fasse d’une façon différente, notamment avec les enfants. Et vous, quel genre de parents serez-vous tu penses avec ton chum?

      1. ifeelblue dit :

        ah c’est exactement ça pour mon amie aussi… et résultat son mari ne sait pas comment faire pour plein de trucs, parce qu’elle ne l’a jamais laissé faire… :/

        avec mon copain… ahah faut déjà se décider si on fait des enfants ou pas! ;)

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