Maladie infantile vs obligations professionnelles : le casse-tête parental

Je sors de deux semaines intenses professionnellement. Les dates étaient notées dans le calendrier familial, le rythme orchestré et les arrangements prévus. Tout était en ordre pour un déroulement parfait des choses. C’était sans compter la maladie soudaine de la petite dernière.

Car ta vie personnelle se fout de tes obligations professionnelles (et c’est là chose bien connue).

Alors que se profilait le repos bien mérité de la première mi-temps – aka, le week-end entre les deux semaines très chargées – Tempête a déclaré une fièvre aussi forte que soudaine. 40.3 au compteur et les yeux aussi vitreux qu’une bille Agathe abandonnée à l’ombre de la cour de récré. L’amoureux a pris en charge le petit pyjama frissonnant pendant que je fuyais vers le centre-ville et la journée s’est déroulée sans encombres (mais à grands renforts de Tylenol).

La nuit de vendredi à samedi défiant de nouveau la chaleur des tropiques, nous avons demandé un rendez-vous à notre médecin de famille de toute urgence – magie de la technologie – pour le lendemain matin même. Déjà, se profilait dans nos têtes la perspective du lundi. Ce lundi sacré. Celui-là même qui devait voir partir l’amoureux pour un déplacement avant de prendre le premier train de l’après-midi pour récupérer les filles, leur mère étant astreinte à résidence professionnelle par la tenue d’un événement de première importance.

Le lundi est arrivé et – oh miracle! – point de fièvre à l’horizon.

Le parent coupable est un parent prévoyant. Nous avons croisé les doigts et répété des prières à Mère Nature, sacrifiant quelques tomates sur l’autel du compost. Fatiguée mais non fiévreuse, Tempête est allée rejoindre les rangs de ses pairs à la garderie. Elle a tenu bon jusqu’à 17h, heure à laquelle son père l’a récupérée, somnolente mais toujours blagueuse.

La fièvre est revenue tel un boomerang durant la nuit – à croire que Mère Nature n’avait guère été convaincue par nos prières. Le lendemain matin, ce fut donc mon tour de prendre en charge l’enfant malade (l’égalité des sexes, toussa…). Ma boite courriels ne dérougissait pas, mais l’ensemble des manœuvres restait possible à distance. Babysittée par les PJ Masks, tenue en haleine par Masha et Mishka, Tempête a absorbé plus d’heures de télévision en 24h que durant l’année écoulée (#parenting101). Le soir même, nous étions de retour chez le médecin où l’enfant a piqué du nez dès la salle d’attente, peu émue de ma lecture enjouée de Maman Ours. Le diagnostic s’orienta cette fois du côté de l’otite. L’enfant fut mis sous antibiotiques avant de reprendre le chemin de son lit, sa mère filant à 21h faire le pied de grue dans une pharmacie aussi bondée qu’un Tim Hortons un soir de match.

Retour à la garderie le lendemain (l’inconscience et la perséverance font parfois bon ménage) de l’enfant sans fièvre et sous antibiotiques. Jusqu’à 11h et l’appel de l’éducatrice plaidant l’importance de rester à la maison pour l’enfant fatigué. L’amoureux annula donc son rendez-vous du midi pour aller chercher notre Tempête, devenue le temps d’une maladie une simple brise marine sur le port de Cassis.

Retour à la case départ. Le lit donc. Jusqu’au réveil de la sieste, à 16h. Sieste qui sonna le glas de la maladie, le retour du diable de Tasmanie et la fin de l’errance parentale. Si jeudi fut un point d’interrogation – la sieste emportera-t-elle un épisode fiévreux dans ses bagages? – vendredi fut un retour aux sources. C’était soccer et journée des jouets de maison. Il y avait des joggings à enfiler, une poupée à emmener, une moto à retrouver, et une grande sœur à embêter. La vie, en somme.

Questionnement mathématique

Depuis la maladie de Tempête, je m’interroge. Quid de l’équation enfant malade + obligations professionnelles? (Condition : si et seulement si aucune famille n’habite à proximité pour garder l’enfant).

Enfant A, Père B, Mère C

Si A est malade. Considérant que B et C ont des obligations qui nécessitent leur presence physique à un endroit L.

En admettant que B et C ont chacun pris une journée pour garder l’enfant.

Ajoutant à l’équation l’exaspération des collègues, d’une part, et les inquietudes des éducatrices, d’autre part.

N’oubliant pas, cela va sans dire, une culpabilité, parentale, pour commencer, et professionnelle bien évidemment.

Quel résultat?

(La fatigue, les amis, la fatigue)

-Lexie Swing-

14 réflexions sur « Maladie infantile vs obligations professionnelles : le casse-tête parental »

  1. Parfait texte sur cette difficile réalité!

    1. Merci ! Comment est on censé faire honnêtement ? A chaque épisode de maladie, on en revient à s’inquiéter autant pour la bonne santé de notre enfant (ou la nôtre) que pour le devenir de nos tâches pros

  2. Franchement, je me suis souvent demandée comment faisaient les parents qui devaient pointer au bureau, surtout ceux qui ne peuvent pas « travailler de la maison » (ce qui, en Canadien, est souvent synonyme de « écoute, je serais pas vraiment dispo, mais ça compte pas comme des vacances, okay? ») et dont les heures sont vraiment comptées.

    On a la chance de pouvoir en général s’arranger entre nous, vu qu’on bosse tous les deux de la maison. J’avoue que 9 fois sur 10, c’est Feng qui prend Mark en charge (ahem, avec l’aide de la télé et de la tablette, si la maladie donne des forces insoupçonnées). L’inconvénient évidemment, c’est que si on ne travaille pas, on n’est pas payés. Mais, au moins, on s’épargne les remarques désagréables des collègues ou du chef, genre « ENCORE absent?! »

    C’est clair que les premières années, les petits sont beaucoup malades :-/

    1. A une époque, j’avais découvert que j’avais une collègue qui notait mes absences dans son calendrier 😱 mais oui, au moins tu t’évites ça ! Faut juste pas que ça tombe un jour de remise de mandat pour toi

  3. Et il y a aussi la galère pour avoir un rdv chez le médecin quand tu vis dans un désert médical… heureusement qu’on a les grands-parents pas loin et des jours « enfant malade » car franchement parfois ça donne envie de déménager…

    1. Oui! Quand on était à Auch c’était difficile également, les rares médecins étaient pris d’assaut

  4. J’ai parfait exprès de sortir un article sur ce thème le même jour que toi, promis ;). Tu sais que je partage entièrement ton opinion la dessus. Mon employeur m’a une fois sorti avec aplomb: mais faites intervenir une garde à domicile ! Bien sur, à 25€ de l’heure, c’est tout à fait faisable hein …

    1. Tout à fait faisable, c’est le mot ! Et puis contrairement à un jour de fermeture de l’école inopinée par exemple, pour une maladie tu ne peux décemment pas refiler ton enfant malade à une amie (sans quoi tu es à peu près sûre de contaminer sa propre maisonnée)

  5. Haha ! Tout en humour cet article, j’ai adoré !
    Quelle galère pour réussir à gérer les besoins et demandes en cas d’enfant malade…

    1. Oui lol, ce n’est pourtant pas mentionné dans le contrat, quand tu décides d’avoir des enfants (ou alors en très, très petits caractères)

  6. Ahah ! Je revois clairement nos semaines du mois de janvier, celles du mois de février et même la semaine dernière ! Quelle galère !
    Ici, j’avoue que j’ai réclamé l’aide des parents et beaux-parents, qui, habitant respectivement à 3h de TGV et 4h de route, ont donc squatté à la maison en se relayant jusqu’à…. ce matin ! Ô joie ! ;-)

    1. Ma pauvre ! Quelle galère ça représente quand les deux travaillent à temps plein comme ça

  7. Justement j’en parlais hier….fiston a eu la gastro et j’ai dis sur Instagram que les jours enfant malade n’existaient pas dans ma boite. ce à quoi on m’a rétorqué que je pouvais faire valoir le code du travail pour avoir des jours non rémunérés. Parce que oui, les grands-parents travaillent encore. Moi je suis en boutique donc télétravail impossible…alors oui une journée sans solde ok. Mais au SMIC on imagine si l’enfant est malade 3 jours ? et même si ça me gênais pas, les gens croient vraiment qu’une boîte t’accorde des jours comme ça au pied levé alors qu’on est que deux personnes en boutique (une d’ouverture et une de fermeture). On me répétera tant qu’on veut que c’est la loi, n’empêche que la plupart des entreprises s’en tapent de la loi parce qu’ils savent que si tu la fais appliquer (avocat et compagnie…) tu vas t’en prendre plein la gueule, donc que tu vas te barrer.
    Donc le chéri a posé des récup, parce qu’au moins dans son boulot ils sont parfois conciliants. Avant dans mes anciens taff il y avait 3 et 6 jours enfants malade payés par an. Alors déjà à l’époque j’avais pas d’enfants, et quand bien même c’était hyper mal vu que tu les pose le matin même (genre ton enfant aurait dû te prévenir 2 mois à l’avance maman je vais tomber malade mardi en 8). bref, c’est toujours pareil sur tous les points, la parentalité et l’entreprise en France c’est pourri dans la majorité des cas, rien n’est fait pour. Alors oui il doit y avoir des exception mais perso en 12 ans de vie pro, encore jamais vu.

    1. Honnêtement quand tu n’as pas des personnes à disposition pour garder tes enfants au pied levé, c’est un vrai casse-tête! Et désolée, ton commentaire était parti dans les indésirables.

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