Les 6 questions à se poser quand on veut changer de carrière

Il y a un peu plus de deux ans, je poussais la porte de ma nouvelle entreprise, pour ce qui était un changement de carrière complet. Alors journaliste, métier dans lequel je cumulais déjà plusieurs années d’expériences diverses, je devenais un hybride de coordination événementiel et de recrutement, travail pour lequel je n’avais aucune expérience mais plusieurs compétences transférables et transversales, ainsi que la conviction féroce d’avoir trouvé le bon chemin de carrière.

Avant de pousser cette porte-ci, il y a eu plusieurs mois d’errance et de désillusion. Un chemin de croix et d’introspection nécessaire pour aller du point A «Je ne veux plus exercer mon métier actuel» au point B «j’ai trouvé mon nouveau plan de match». Pour accélérer le processus, voici quelques questions que vous pouvez vous poser.

Qu’est-ce qui me déplait dans mon travail actuel?

Le désintérêt face à un travail, voire le désamour, peut venir graduellement ou d’emblée. Il peut être une question d’ambiance, une question de tâches, une question de lieu. Il peut réunir plusieurs aspects, ou un seul, sur lequel on se focalise. Si elle est mauvaise, l’ambiance aura tendance à ternir l’ensemble de la vision que l’on a de son travail, même si le poste est prometteur. Et qu’importe la bonne ambiance, des tâches monotones et/ou rébarbatives, en deçà ou trop éloignées de ses compétences réelles peuvent nuire à l’intérêt porté à son travail. Il faut alors se demander pourquoi on n’apprécie pas, ou plus, ce que l’on fait; pour ensuite se demander si cet aspect négatif est une raison suffisante de quitter son emploi et/ou s’il s’agit d’un aspect temporaire ou de longue durée. On peut, par exemple, détester le fait que l’on travaille en open-space/ dans un lieu à aire ouverte, mais savoir qu’un déménagement se profile ou qu’une année d’expérience supplémentaire pourrait conduire à avoir son propre bureau. Il est possible, également, que l’on déteste travailler avec une certaine personne, mais qu’évoquer ce problème puisse permettre une réorganisation des équipes de travail, et ainsi des contacts limités. Souvent, lorsque l’on connaît un désintérêt, parfois en raison de la monotonie des tâches, il est utile de rencontrer son supérieur direct pour évoquer le problème et voir de quelle façon son poste pourrait évoluer.

Parfois, cependant, l’idée même de rester plus longtemps dans une entreprise nous colle des aigreurs à l’estomac. L’étape logique est donc de répondre à la question suivante :

Quelles tâches ai-je envie d’accomplir au quotidien ?

Parfois, ce qu’on s’imagine faire n’a rien à voir – ou presque – avec ses tâches actuelles. C’est signe que l’on ait passé à autre chose dans sa vie. De manière générale, les études actuelles semblent s’accorder sur le fait que les jeunes générations d’aujourd’hui pratiquent plus facilement ce que les Anglo-saxons qualifient de «job-hopping », soit sauter d’un emploi à un autre. Parfois dans le même domaine, mais pas seulement.

Il arrive fréquemment que des changements familiaux nous propulsent vers d’autres besoins : besoins de flexibilité, d’horaires plus stables, d’une plus grande reconnaissance conciliation travail-famille. Besoin d’une réalité familiale comprise et acceptée de ses collègues. Besoin de politiques spécifiques sur la conciliation.

Il peut s’agir, aussi, d’une erreur de départ. Difficile de savoir ce que l’on veut vraiment faire, à 18 ans. On choisit un plan de match sur des circulaires bien marketées, on imagine un quotidien calqué sur des séries télés. Les stages découvertes sont rares et les opportunités de découvrir ses compétences professionnelles assez inexistantes avant le choix d’études, même si elles sont plus fréquentes ici, en Amérique du Nord. Lorsqu’on commence à travailler, la différence de perception entre ce qu’on imaginait et la réalité est parfois difficile à avaler.

Quel poste correspondrait à ces tâches?

Cette réponse est parfois difficile à donner, et pour bien y réfléchir, deux têtes valent mieux qu’une. Montrez votre liste de tâches idéales à un proche qui pourra vous aider à identifier le bon métier. Si la personne a des connaissances générales en Ressources Humaines, c’est double bonus : ces personnes savent lire au-delà des titres de postes et connaissent souvent les tâches qui y sont reliées. Dans tous les cas, fuyez comme la peste les pros du jugement – il y en a toujours. Vous n’avez pas besoin d’une leçon sur votre souhait de changer, ni de rires moqueurs face aux tâches que vous avez identifiées.

Dans quel domaine ai-je envie de l’exercer?

Imaginez : vous avez identifié une préférence pour l’organisation d’événements. Savez-vous déjà de quelle manière vous aimeriez exercer cette fonction? Pour des événements caritatifs? En interne, dans une entreprise? De façon ponctuelle, dans le cadre de fonction plus vaste? À titre indépendant, pour des célébrations privées?

Cette question, c’est celle des valeurs. Lorsque j’ai suivi le cours de Management responsable de l’Université Laval (MOOC – je vous le conseille!), cet aspect était abordé. Aujourd’hui, pour s’inscrire à moyen terme dans une entreprise, nos valeurs ont besoin d’être mises de l’avant. Une personne pourvue d’une fibre sociale importante sera désormais incapable de rester sur le long terme dans une entreprise dont le leitmotiv n’a trait qu’à la business et au profit. C’est une raison à part entière, sinon un bullet point sur la liste, de changer d’entreprise aujourd’hui.

Quels sont les aspects du travail qui sont importants pour moi?

Conciliation travail-famille, télétravail, salaire, assurance maladie (ou mutuelle), possibilités d’évolution, distance de trajet… Il y a de multiples aspects qui peuvent nous donner envie de choisir un travail plutôt qu’un autre. Une fois vos priorités identifiées, il vous sera plus facile d’identifier les entreprises ou lieux où vous aimeriez travailler.

Est-ce que je dois reprendre des études ou faire valider des compétences?

On n’est pas tous prêts à reprendre des études à 30 ou 40 ans, loin s’en faut! Si la nouvelle carrière choisie demande de repasser par le stade études, c’est le moment de réfléchir à la faisabilité du projet. Pouvez-vous suivre des cours du soir ou à distance? Avez-vous une épargne qui vous permettrait de vivre le temps d’aller au bout de ces études? Pour moi, il s’agissait d’un big nooo, autant en termes d’envie que de capacité financière. Il a donc fallu se concentrer sur des carrières accessibles seulement avec des compétences transversales (à savoir des compétences générales applicables à plusieurs carrières ou postes) et transférables.

Voilà, si vous êtes passé à travers ces 6 questions, vous avez fait le plus gros du chemin. Le reste relève de la patience. Difficile, lorsqu’on est prêt à changer, d’être freiné dans son élan par le manque d’opportunités et les candidatures laissées sans réponse. Un changement de carrière est une décision qui nécessite plus que jamais de se créer des opportunités : faites jouer votre réseau, décrocher votre téléphone, aller à la rencontre des employeurs potentiels.

Sachez aussi vous entourer. Encore une fois, nul n’a besoin, dans ce moment d’incertitudes, du poids lourds des exigences parentales ou du sourire mesquin d’un collègue envieux. Ne dévoilez votre projet qu’aux proches bien intentionnés, ceux qui sauront vous conseiller («tu devrais rajouter ça comme tâche dans ta liste, tu dis toujours que tu adores faire ça») et vous épauler.

Avez-vous d’autres conseils pour les personnes qui voudraient changer de carrière?

-Lexie Swing-

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce cher Paul

Me voilà de retour sur le blog. Pur hasard? Pas vraiment non… Cela correspond parfaitement à la période de chômage que je viens d’entamer. Et qui dit chômage dit… temps libre. Certes, il faut envoyer des propositions de piges et parcourir quotidiennement les offres d’emploi, mais comme, en journalisme, ces dernières sont aussi nombreuses que les feuilles sur mon ficus après un été sans soleil (et sans eau, il a besoin d’eau apparemment) je n’ai pas grand chose à regarder.

Les bureaux de Pôle Emploi./ Photo DR PierrO

Vous êtes un chômeur tout neuf? Un tour par Pôle Emploi s’impose. Inutile de vous rendre dans un centre, on vous désignerait aussitôt un ordinateur. Le plus facile (et le moins fatiguant), c’est de se connecter sur le site de Pôle Emploi. Bon ça, ça ne fonctionne que lorsque vous êtes ordonné, néo-inscrit et/ou chanceux. Vous avez été inscrit deux mois par désoeuvrement à la sortie de vos études? Malheureux! Vous avez sûrement utilisé un pseudo du style « jesuisbac+18etchomeur » assorti du mot de passe « mavieestuneruine », le genre de truc improbable que vous ne retrouverez jamais, ni dans votre agenda de l’époque, ni dans un coin de votre mémoire. Impossible de vous inscrire donc. Le numéro magique, c’est le 3949. On peut même vous rappeler si vous le souhaitez (ou si votre crédit de téléphone est proportionnel au solde de votre compte en banque). Là, si vous n’avez pas de chance, vous vous faites engueuler pour avoir perdu vos identifiants. Mais si vous êtes aimable, gentil et évitez les « vous êtes tous des incapables » (d’autant que, rappelons-le, à ce stade, l’incapable, c’est vous), la personne au bout du fil devrait gracieusement vous pré-inscrire et vous donnez un rendez-vous. Ne pas oublier d’emmener: une carte d’identité, une carte vitale, un RIB, l’attestation de votre employeur remise, généralement, avec votre dernier bulletin de paie, vos bulletins de salaire (si vous avez reçu des primes certains mois par exemple), et votre CV.
A bon entendeur…

 
-Lexie Swing-

Un job sur twitter

Ce qui est bien, avec Twitter, c’est qu’on sait tout. On sait combien de manifestants il y a au Canada, qui est primé à Cannes, quel temps il fera demain. Dans les minutes qui suivent la manifestation, la remise de prix ou le premier coup de tonnerre. On sait aussi quel job se libère. Exit Pôle Emploi, le recrutement se fait maintenant sur le web, notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter. Présentation du job, compétences demandées, nom et compte twitter du recruteur. Le tout en 140 signes. L’efficacité même. Depuis deux ans que ce réseau monopolise l’information courte sur le web, certains postes ont reçu leurs propres abréviations. Ainsi les community manager, le type même d’employables qui se trouvent sur Twitter, voient désormais leurs offres d’emplois hashtagué (le fameux # à la fin d’un tweet) d’un #CM.

Attention cependant, si l’on en croit Amélie Broutin, ce type de recrutement serait surtout une manière efficace, pour les entreprises, de se faire connaître. Les community manager étant solidaires, l’offre d’emploi devient virale, retweeté de compte en compte.

Dans l’ensemble, il est plus facile de trouver un emploi dans la communication via Twitter qu’un boulot dans un restaurant par exemple. L’Etudiant a bien résumé la situation via des témoignages de jeunes recrutés via le réseau ou qui l’utilise dans ce but.

Il y a aussi ceux qui utilisent Twitter pour se faire connaître à l’image de deux designers hollandais qui ont repris le concept du réseau dans une vidéo au poil… le tout pour obtenir un poste. Un CV des plus originals.

L’important reste avant tout d’entretenir un réseau, pour avoir accès à un maximum d’offres. Il est possible aussi de renvoyer son compte twitter vers Linkedin par exemple, pour que les gens qui consultent  votre CV voient aussi ce que vous twitter. Et n’oubliez pas que moi aussi vous pouvez me suivre: @lexieswing

-Lexie Swing-

PS Si vous êtes intéressé, vous pouvez aussi postuler à l’offre d’emploi de France 24 et RFI