Changer de carrière : le bilan

Vous êtes passé à travers la volonté ardente de changer de métier, par les étapes cruciales de la formation, puis vous avez enfilé les mocassins (ou escarpins) de votre nouvelle carrière. Depuis, le temps a passé, parfois seulement quelques mois, d’autres fois cela fait des années, mais les interrogations vont et viennent quant à la réalité de ce nouveau métier.

Pour certains, c’est la réalisation d’un rêve. Enfin, ils se lèvent le matin pour faire le métier qui leur correspond. Pour d’autres, cependant, c’est la douche froide. La réalité est bien loin de ce à quoi ils s’étaient attendus.

Lorsque les reconversions ont commencé à avoir le vent en poupe, le miroir renvoyait une image toujours plus dorée, reluisante, comme s’il avait suffi de changer pour s’inventer enfin un futur à sa mesure. Et puis, peu à peu, d’autres voix se sont élevées, décriant une image volontairement déformante, dévoilant en arrière-plan un contrecoup plus amer : celui du projet de reconversion qui ne fonctionne pas, du rêve d’indépendance qui se heurte à la difficulté de s’établir, de cette fausse idée – même – de liberté, véhiculée par une décennie qui a vu croître les métiers digitaux et le nomadisme professionnel, en parallèle d’un retour à l’essentiel.

Nouvelle réalité

Pour Alexandre, barbier depuis 6 ans et propriétaire de son propre salon dans le quartier de Verdun, à Montréal, le constat est positif. Son salon est selon lui un endroit simple, où il y a du partage et où il peut laisser libre court à son souci du détail. Il commence sa deuxième année comme propriétaire, dans le contexte pandémique que l’on sait. Pour le moment, il « préfère être sécuritaire et être encore un petit salon à caractère privé (seul avec mon client) mais il serait intéressant d’avoir un partenaire et pourquoi pas un jour un espace plus grand pour accueillir une équipe ».

Guilhem, désormais massothérapeute à temps plein, est dans la même démarche. S’il teste encore sa résistance physique pour évaluer le nombre de massages qu’il est susceptible de réaliser par semaine, il envisage également de s’établir dans une pratique plus privée, à son compte. À titre personnel, son bilan est également positif. Faisant mention des courbatures qu’il ressent parfois après des journées plus chargées, il estime que celles-ci « sont pour moi bien plus agréables que les maux de cervicales/têtes ou de haut de dos qui finissent quand même par nous rattraper quand on passe trop de temps en tension devant un ordi! » Sa capacité à décrocher de ses préoccupations professionnelles a également été impactée. « Mentalement, je trouve ça beaucoup plus facile, on fait sa journée en faisant au mieux à chaque soin, mais une fois le pied dehors, il est vraiment beaucoup plus facile de fermer la page mentale qui – dans mon ancienne vie – finissait souvent par trotter en boucle dans un coin de ma tête, fin de semaine comprise. »

Violette est également convaincue d’avoir fait le bon choix. Venue d’un milieu difficile, où la pression était forte et la reconnaissance rare, elle profite aujourd’hui de son métier de bibliothécaire qui lui offre à la fois la sérénité d’un salaire mensuel, mais surtout un rôle à responsabilités dans lequel elle obtient rétroactions et remerciements. « Je m’éclate sur plein de trucs; j’ai à la fois beaucoup à apprendre et beaucoup à apporter », estime-elle

Julie, pour sa part, a choisi de se laisser encore quelques mois pour réellement faire le bilan de sa reconversion. « Je ne suis pas sure d’occuper ce métier pendant de nombreuses années, souligne-t-elle. Je le vois plus comme une transition ». Un autre projet a d’ailleurs déjà germé dans sa tête.

Et si c’était à refaire ?

Choisir de se reconvertir, c’est aussi accepter que l’on a besoin d’évoluer, ou pire : que l’on s’est peut-être trompé au départ. En cause : une mauvaise orientation après le secondaire ou le lycée, couplée à une relative méconnaissance de soi-même à un âge où tout est encore à construire. Pour autant, le constat est sans appel et rares sont les reconvertis qui considèrent qu’ils auraient pu accomplir ce même métier dix ans auparavant. Plus encore, ils considèrent généralement que leurs premiers emplois ont été décisifs dans leur construction professionnelle, les amenant à cheminer, à développer des compétences transversales mais aussi à mieux se connaître, tout simplement.

Julie l’assure sans hésitation : elle ne regrette pas son parcours professionnel. Chargée de recouvrement durant plusieurs années, son souhait de rupture avec son ancienne profession lui a permis de « tout quitter », et sans regrets. « Je pense que si j’avais mieux réussi, professionnellement parlant, après mes études, je n’aurais peut-être pas eu la chance de prendre une année sabbatique par exemple ou que je serais encore dans une relation amoureuse dans laquelle je n’étais pas vraiment heureuse. » Un parcours qui n’est pas sans rappeler d’autres personnes qu’elle a côtoyées dans son cheminement. Lors d’un coaching business en 2021, elle avait effectivement rencontré « beaucoup de femmes qui ont démarré leur activité comme moi, et la majorité ont exercé pendant des années un métier qui ne leur convenait pas et ont fini par sauter le pas. Donc je me sens moins seule. Mon parcours m’a appris à relativiser et je pense que je serai aussi plus indulgente avec mes enfants quant à leur choix d’études. Ils feront comme ils veulent car rien ne garantit que leurs envies n’évoluent pas avec le temps. »

Ce questionnement relatif aux études, Guilhem l’a abordé également. Lorsqu’il a pris la décision de se reconvertir, il a eu l’impression pour la première fois de prendre le contrôle. « J’ai choisi d’aller en massothérapie, et j’insiste sur le mot choisi parce que pour la première fois de ma vie j’avais l’impression de choisir vraiment quelque chose professionnellement parlant! » Reste que pour lui, son expérience antérieure et les années de maturité gagnées depuis ses premières études lui ont permis de réellement s’accomplir dans son nouveau métier. Il n’a « absolument aucun regret, ni d’avoir changé de carrière, ni de ne la commencer que maintenant car si j’avais été masso à 20 ans, je n’aurais jamais eu la même écoute ou compréhension de la réalité de ce que les gens me racontent tout au fil de la journée ».

Alexandre aurait quant à lui apprécier commencer le métier de barbier un peu plus tôt. Mais il voit également ses précédentes expériences comme un cheminement positif. « Je suis heureux d’avoir eu la possibilité et l’audace de faire un changement total de carrière dans la trentaine. J’aurais aimé faire ce métier avant mais je ne regrette pas mon cheminement professionnel. Chaque emploi ou expérience acquise m’a amené là où j’en suis maintenant, je pense que toute expérience est bonne à prendre ».

Violette a pour sa part une approche plus philosophique. Si elle est persuadée qu’elle aurait pu s’épanouir dès le début de son cheminement si elle avait connu le métier de bibliothécaire plus tôt, elle reste consciente que son parcours professionnel est intrinsèquement lié à sa vie privée. « Dans mes études et dans mes boulots, j’ai rencontré plein de gens qui sont mes amis aujourd’hui, se remémore-t-elle J’ai rencontré mon conjoint par ce cercle-là. C’est quelque part ma vie complète qui serait différente. »

Un dernier conseil ?

Des conseils à donner, Alexandre n’en manque pas. Lui qui a appris le métier de barbier sur le tas, à la base, en offrant des coupes gratuites aux gens de son quartier, est aujourd’hui plus que réaliste quant au chemin parcouru depuis 6 ans et la création récente de son propre salon. « Crois-en toi et en tes compétences » argue-t-il. « Sois patient même si c’est correct d’être avide de reconnaissance » ou encore « Donne-toi les moyens d’arriver à tes fins ». Julie renchérit, en rappelant qu’il faut toujours garder en tête son « pourquoi », se souvenir de ce qui nous a poussé à changer, des raisons à l’origine de la reconversion. Elle insiste, également, sur l’importance de s’entourer « des bonnes personnes, celles qui vous encouragent », et de ne pas trop prêter l’oreille aux pessimistes. « Garder un mindset positif et déterminé est essentiel pour une reconversion réussie ».

Violette a une vision plus pratique. Elle conseille à ceux qui le peuvent de ne pas hésiter à faire un « bilan de compétences. Ça m’a vraiment été super utile (…) ça a légitimé l’envie que j’avais depuis quelques années de travailler en bibliothèque ou en librairie. » Sur un autre plan, qu’elle mentionne dans le cadre du questionnement identitaire qu’elle a ressenti lorsqu’elle a réalisé que le métier auquel elle se dévouait depuis de nombreuses années ne lui correspondait guère, Violette souligne l’accompagnement indispensable qu’a été pour elle le suivi en psychologie.  » (Se reconvertir) suscite beaucoup d’interrogations, c’est un gros bouleversement et mine de rien le travail occupe une grande place. » Elle en tient pour preuve cette question fréquente avec laquelle on accueille souvent les nouveaux venus : « et toi, tu fais quoi dans la vie ? » Le travail finit donc par nous définir, et vouloir en changer revient à questionner aussi son identité.

Apportant une pierre supplémentaire à la nécessité de bien s’entourer lors de sa reconversion, Violette mentionne qu’il est important de se détacher de l’avis de ses proches, qui peuvent voir dans la volonté de reconversion un changement de personnalité. La coach qui l’a accompagnée lors de son bilan lui a d’ailleurs conseillé de s’ouvrir d’abord à des gens hors du contexte familial ou amical, la famille ayant souvent un avis subjectif, orienté et somme toute limité des capacités professionnelles de la personne en reconversion.

Confrontés à la question de savoir s’ils pensent évoluer encore vers autre chose, Guilhem, Violette et Julie ne se ferment pas la porte. « On verra bien », « peut-être changerai-je de nouveau, qui sait ? » et « on peut avoir plusieurs vies dans une vie, la preuve », sont désormais leur leitmotiv. Conscients qu’une vie professionnelle est longue et riche en possibilités, ils ont choisi désormais de se laisser la chance de suivre leur intuition.

Je remercie mille fois mes amis de s’être prêtés au jeu de ce « bilan de reconversion ». Pour plus d’infos, vous pouvez retrouver Alexandre, dans son salon Parallèle Barbier Barbershop, à Verdun. Pour entrer en contact avec Julie, rendez-vous sur la page JA Créatrice de Contenu. Guilhem exerce quant à lui sur la Rive-Sud de Montréal, n’hésitez pas à m’écrire pour ses coordonnées ! Quant à Violette, je garde sa véritable identité secrète mais qui sait… peut-être la croiserez-vous un jour dans une bibliothèque !

-Lexie Swing-

Photo : Rawpixel pour Burst

Changer de carrière : le carrefour

Le souhait est là, l’envie pressante, impérative parfois : qu’on ait longuement réfléchi à sa reconversion ou qu’elle se profile presque comme une urgence vitale, tous les travailleurs concernés passent par une phase de réflexion quant à la suite à donner à son cheminement professionnel. À l’image d’une relation amoureuse qui se termine, on retient de la carrière que l’on met derrière soi la liste des aspects que l’on souhaite voir absents de son futur emploi. Il peut s’agir d’une relation hiérarchique, du fait de dépendre d’une entreprise, d’horaires ou de déplacements trop fréquents. En revanche, la liste des choses que l’on aimerait trouver, outre l’épanouissement personnel, est plus dur à envisager. Entre désirs fous – 8 semaines de vacances ! – et humilité – « je ne peux pas prétendre à un salaire annuel à 6 chiffres avec si peu d’expérience ! » – les contours de nos nouveaux projets sont souvent flous.

Sans compter que notre première carrière nous permet souvent de déterminer ce pour quoi nous ne sommes pas – ou plus – faits, sans pour autant nous permettre de voir quel métier nous correspondrait. Est-ce que le plaisir relatif que l’on trouve dans l’organisation ferait de nous un(e) adjoint(e) accompli(e)? Ce goût pour la mise en place de petits événements festifs à l’échelle familiale est-il la preuve que l’événementiel est notre force ? Ou cette psychologie et cette empathie que l’on témoigne même aux personnes tout à fait étrangères à notre cercle pourraient-elles être le fondement d’une carrière future ?

Lorsque ni nos premiers emplois, ni une réflexion objective quant à nos aspirations, ne permettent d’ébaucher un projet professionnel sensé, le meilleur réflexe reste le bilan de compétences. En France, près de 60 000 salariés y auraient recours chaque année pour faire le point sur leur évolution professionnelle. C’est d’ailleurs par ce biais que mon amie Violette, 33 ans et ancienne journaliste, a trouvé vers quoi évoluer. En France, le bilan de compétences est éligible au compte personnel de formation. Les demandeurs d’emploi peuvent, pour leur part, faire la demande directement à Pôle Emploi. Au Québec, les services d’aide à l’emploi peuvent également faciliter l’accès à ce bilan, qui est peut être gratuit pour les demandeurs d’emploi.

Une fois la suite du cheminement professionnel identifié intervient la partie la plus cruciale et – potentiellement – la plus difficile : se former. Pour Alexandre, 38 ans, cette formation s’est faite en autodidacte. Alors au chômage, il avait pensé se tourner vers un coiffeur-barbier déjà installé pour se former à ses côtés en tant qu’apprenti et apprendre ainsi les ficelles du métier. Malheureusement, personne n’avait le temps de jouer ce rôle. « J’ai donc décidé d’apprendre à couper les cheveux et trimer des barbes par moi même en offrant des prestations gratuites aux habitants de Verdun », son quartier.

La question de la formation s’est également posée pour Violette. Après avoir identifié le métier de bibliothécaire comme profession pertinente pour la suite de son cheminement, elle a postulé à un DUT formant aux métiers du livre. Mais en s’informant davantage sur la profession, elle s’est aperçue qu’un certain nombre de personnes l’exerçaient à titre de contractuelles. Une possibilité qu’il l’a séduite. « Je n’avais pas envie de reprendre les études, les devoirs, les travaux collectifs, d’être notée, je préférais apprendre sur le tas.  » Car c’est un peu là, la difficulté de la reconversion et ce qui devient souvent un frein à certains projets professionnels : recommencer des études lorsque l’on a quitté les bancs de l’école depuis déjà plusieurs années. Mais les chemins de traverse ne sont pas à négliger pour autant. « Je me rends compte qu’il y a des choses, d’un point de vue théorique, qui me manquent. (Suivre une formation) m’aurait permis d’avoir un peu de recul sur le métier plutôt que d’être le nez dans le guidon, assume Violette. Mais l’avantage c’est que j’ai une façon de voir les choses un peu extérieure (…) et que je n’ai pas été formatée. »

Le cheminement de Julie, 38 ans, l’a poussée à s’interroger sur les métiers qui pouvaient lui permettre de mener de front sa vie de professionnelle, de conjointe et de mère, dans un contexte de mutation géographique à La Réunion, et en pleine pandémie. « J’ai décidé d’orienter ma recherche de travail vers un métier que je pourrais exercer depuis chez moi, seule et à mon compte, explique-t-elle. La distance avec la famille, le fait de n’avoir aucune aide sur place, la circulation très compliquée sur l’île et la garderie de l’école et la crèche du petit fermant leurs portes de bonne heure ont été autant de raisons que de sources de motivation pour trouver un métier qui me permettrait de concilier vie pro et vie perso. » Parmi les différents métiers qu’elle envisage, celui de Community Manager lui paraît le plus attractif. Les publicités qu’elle voit régulièrement apparaître sur les réseaux sociaux louent par ailleurs la possibilité de mener de front vie professionnelle et vie de famille. Julie pèse le pour et le contre, et choisit finalement de se lancer dans la formation proposée par Mamans Digitales. « J’ai suivi une formation sur 12 semaines pendant lesquelles je devais mettre en pratique ce que j’apprenais. J’ai donc dû trouver une entreprise qui acceptait que je gère leurs réseaux sociaux à 100% pendant cette durée. » Alors nouvellement maman pour la deuxième fois, Julie cumule les rôles. « Avec un bébé qui ne faisait pas encore ses nuits et allait seulement 2 jours par semaine en crèche, une formation à distance en continu et un cas pratique, j’ai trouvé cette période de 3 mois dense, fatigante mais aussi très enrichissante. « 

Parfois, le métier envisagé nécessite un retour aux études ou une formation plus longue et qui se cumule mal avec un autre emploi, même à temps partiel. La question financière se pose alors. En France, un certain nombre d’aides existent pour financer sa formation lorsque l’on est salarié. On pourra par exemple bénéficier d’un Projet de Transition Professionnelle (PTP), d’un Compte Personnel de Formation (CPF) ou encore d’un Transco. Pour les demandeurs d’emploi, des subventions existent également, à l’image de la RFPE ou Rémunération de Formation Pôle Emploi, ou encore de l’Aide au Retour à l’Emploi Formation (AREF). Au Québec, on trouve aussi des ressources, selon les métiers envisagés. En juillet 2021, le Programme pour la requalification et l’accompagnement en technologies de l’information et des communications (PRATIC) a ainsi été lancé. Destiné aux personnes sans emploi, ce programme vise à les encourager à entreprendre une formation dans les Technologies de l’information en leur fournissant une aide financière durant celle-ci. Le programme de formation de la main d’oeuvre vise pour sa part à venir en aide aux personnes ayant besoin d’une formation supplémentaire pour trouver un emploi ou conserver le leur. Pour ceux qui sont demandeurs d’emplois et souhaitent lancer une activité de manière autonome, un programme de soutien a également été mis en place.

Le métier vers lequel Guilhem, 38 ans, souhaitait se reconvertir ne lui laissait guère le choix. En effet, la massothérapie ne s’improvise guère ! Pour devenir un massothérapeute certifié, il a dû suivre une formation de base de 450 heures, le minimum pour pouvoir émettre des reçus d’assurance et pouvoir être embauché par des cliniques de soin ou des centres de spa. Censée durer 5 mois, sa formation s’est étirée, pandémie oblige, sur près d’un an et demi. Afin de subvenir à une partie des besoins familiaux, Guilhem a donc continué à prendre quelques mandats ponctuels en acoustique et s’est fait engagé pour tenir la réception 10 heures par semaine dans une clinique locale proposant des services de physiothérapie, massothérapie ou encore osthéopathie. Cela lui a permis de « voir comment fonctionne une clinique, travailler les aspects relations clients », et de nouer les liens qui allaient peut-être lui permettre d’y travailler un jour comme massothérapeute. À l’issue des premières 450 heures de formation, Guilhem a finalement choisi d’en faire 250 de plus pour explorer davantage la kinésithérapie orientée massage thérapeutique ainsi que le sujet des blessures et pathologies. « Honnêtement, la somme de travail que j’ai fourni était bien au-delà de ce que je pensais avoir à faire en m’inscrivant, reconnait-il. Et cumulée aux mandats d’acoustique et à la réception, il y a eu des semaines un peu plus difficiles mais je prenais un réel bonheur à être sur les bancs de l’école. » Son salut, il l’a tiré du soutien indéfectible de sa conjointe, à la fois soutien moral et appui financier. « Elle n’a jamais remis en question mes choix et a énormément facilité le projet. »

Le soutien de l’entourage, de la famille ou du conjoint joue certainement un rôle fondamental. Reste qu’une fois les études ou la formation réalisées se pose alors la question de la nouvelle carrière et de son quotidien. Nos choix, que l’on ne peut plus imputer à une mauvaise orientation scolaire ou à un manque de maturité, sont-ils toujours viables dans le temps ? Et résistent-ils toujours à l’épreuve de la routine familiale, des exigences financières ou de ce que l’on avait espéré, tout simplement ?

-Lexie Swing-

Les 6 questions à se poser quand on veut changer de carrière

Il y a un peu plus de deux ans, je poussais la porte de ma nouvelle entreprise, pour ce qui était un changement de carrière complet. Alors journaliste, métier dans lequel je cumulais déjà plusieurs années d’expériences diverses, je devenais un hybride de coordination événementiel et de recrutement, travail pour lequel je n’avais aucune expérience mais plusieurs compétences transférables et transversales, ainsi que la conviction féroce d’avoir trouvé le bon chemin de carrière.

Avant de pousser cette porte-ci, il y a eu plusieurs mois d’errance et de désillusion. Un chemin de croix et d’introspection nécessaire pour aller du point A «Je ne veux plus exercer mon métier actuel» au point B «j’ai trouvé mon nouveau plan de match». Pour accélérer le processus, voici quelques questions que vous pouvez vous poser.

Qu’est-ce qui me déplait dans mon travail actuel?

Le désintérêt face à un travail, voire le désamour, peut venir graduellement ou d’emblée. Il peut être une question d’ambiance, une question de tâches, une question de lieu. Il peut réunir plusieurs aspects, ou un seul, sur lequel on se focalise. Si elle est mauvaise, l’ambiance aura tendance à ternir l’ensemble de la vision que l’on a de son travail, même si le poste est prometteur. Et qu’importe la bonne ambiance, des tâches monotones et/ou rébarbatives, en deçà ou trop éloignées de ses compétences réelles peuvent nuire à l’intérêt porté à son travail. Il faut alors se demander pourquoi on n’apprécie pas, ou plus, ce que l’on fait; pour ensuite se demander si cet aspect négatif est une raison suffisante de quitter son emploi et/ou s’il s’agit d’un aspect temporaire ou de longue durée. On peut, par exemple, détester le fait que l’on travaille en open-space/ dans un lieu à aire ouverte, mais savoir qu’un déménagement se profile ou qu’une année d’expérience supplémentaire pourrait conduire à avoir son propre bureau. Il est possible, également, que l’on déteste travailler avec une certaine personne, mais qu’évoquer ce problème puisse permettre une réorganisation des équipes de travail, et ainsi des contacts limités. Souvent, lorsque l’on connaît un désintérêt, parfois en raison de la monotonie des tâches, il est utile de rencontrer son supérieur direct pour évoquer le problème et voir de quelle façon son poste pourrait évoluer.

Parfois, cependant, l’idée même de rester plus longtemps dans une entreprise nous colle des aigreurs à l’estomac. L’étape logique est donc de répondre à la question suivante :

Quelles tâches ai-je envie d’accomplir au quotidien ?

Parfois, ce qu’on s’imagine faire n’a rien à voir – ou presque – avec ses tâches actuelles. C’est signe que l’on ait passé à autre chose dans sa vie. De manière générale, les études actuelles semblent s’accorder sur le fait que les jeunes générations d’aujourd’hui pratiquent plus facilement ce que les Anglo-saxons qualifient de «job-hopping », soit sauter d’un emploi à un autre. Parfois dans le même domaine, mais pas seulement.

Il arrive fréquemment que des changements familiaux nous propulsent vers d’autres besoins : besoins de flexibilité, d’horaires plus stables, d’une plus grande reconnaissance conciliation travail-famille. Besoin d’une réalité familiale comprise et acceptée de ses collègues. Besoin de politiques spécifiques sur la conciliation.

Il peut s’agir, aussi, d’une erreur de départ. Difficile de savoir ce que l’on veut vraiment faire, à 18 ans. On choisit un plan de match sur des circulaires bien marketées, on imagine un quotidien calqué sur des séries télés. Les stages découvertes sont rares et les opportunités de découvrir ses compétences professionnelles assez inexistantes avant le choix d’études, même si elles sont plus fréquentes ici, en Amérique du Nord. Lorsqu’on commence à travailler, la différence de perception entre ce qu’on imaginait et la réalité est parfois difficile à avaler.

Quel poste correspondrait à ces tâches?

Cette réponse est parfois difficile à donner, et pour bien y réfléchir, deux têtes valent mieux qu’une. Montrez votre liste de tâches idéales à un proche qui pourra vous aider à identifier le bon métier. Si la personne a des connaissances générales en Ressources Humaines, c’est double bonus : ces personnes savent lire au-delà des titres de postes et connaissent souvent les tâches qui y sont reliées. Dans tous les cas, fuyez comme la peste les pros du jugement – il y en a toujours. Vous n’avez pas besoin d’une leçon sur votre souhait de changer, ni de rires moqueurs face aux tâches que vous avez identifiées.

Dans quel domaine ai-je envie de l’exercer?

Imaginez : vous avez identifié une préférence pour l’organisation d’événements. Savez-vous déjà de quelle manière vous aimeriez exercer cette fonction? Pour des événements caritatifs? En interne, dans une entreprise? De façon ponctuelle, dans le cadre de fonction plus vaste? À titre indépendant, pour des célébrations privées?

Cette question, c’est celle des valeurs. Lorsque j’ai suivi le cours de Management responsable de l’Université Laval (MOOC – je vous le conseille!), cet aspect était abordé. Aujourd’hui, pour s’inscrire à moyen terme dans une entreprise, nos valeurs ont besoin d’être mises de l’avant. Une personne pourvue d’une fibre sociale importante sera désormais incapable de rester sur le long terme dans une entreprise dont le leitmotiv n’a trait qu’à la business et au profit. C’est une raison à part entière, sinon un bullet point sur la liste, de changer d’entreprise aujourd’hui.

Quels sont les aspects du travail qui sont importants pour moi?

Conciliation travail-famille, télétravail, salaire, assurance maladie (ou mutuelle), possibilités d’évolution, distance de trajet… Il y a de multiples aspects qui peuvent nous donner envie de choisir un travail plutôt qu’un autre. Une fois vos priorités identifiées, il vous sera plus facile d’identifier les entreprises ou lieux où vous aimeriez travailler.

Est-ce que je dois reprendre des études ou faire valider des compétences?

On n’est pas tous prêts à reprendre des études à 30 ou 40 ans, loin s’en faut! Si la nouvelle carrière choisie demande de repasser par le stade études, c’est le moment de réfléchir à la faisabilité du projet. Pouvez-vous suivre des cours du soir ou à distance? Avez-vous une épargne qui vous permettrait de vivre le temps d’aller au bout de ces études? Pour moi, il s’agissait d’un big nooo, autant en termes d’envie que de capacité financière. Il a donc fallu se concentrer sur des carrières accessibles seulement avec des compétences transversales (à savoir des compétences générales applicables à plusieurs carrières ou postes) et transférables.

Voilà, si vous êtes passé à travers ces 6 questions, vous avez fait le plus gros du chemin. Le reste relève de la patience. Difficile, lorsqu’on est prêt à changer, d’être freiné dans son élan par le manque d’opportunités et les candidatures laissées sans réponse. Un changement de carrière est une décision qui nécessite plus que jamais de se créer des opportunités : faites jouer votre réseau, décrocher votre téléphone, aller à la rencontre des employeurs potentiels.

Sachez aussi vous entourer. Encore une fois, nul n’a besoin, dans ce moment d’incertitudes, du poids lourds des exigences parentales ou du sourire mesquin d’un collègue envieux. Ne dévoilez votre projet qu’aux proches bien intentionnés, ceux qui sauront vous conseiller («tu devrais rajouter ça comme tâche dans ta liste, tu dis toujours que tu adores faire ça») et vous épauler.

Avez-vous d’autres conseils pour les personnes qui voudraient changer de carrière?

-Lexie Swing-

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce cher Paul

Me voilà de retour sur le blog. Pur hasard? Pas vraiment non… Cela correspond parfaitement à la période de chômage que je viens d’entamer. Et qui dit chômage dit… temps libre. Certes, il faut envoyer des propositions de piges et parcourir quotidiennement les offres d’emploi, mais comme, en journalisme, ces dernières sont aussi nombreuses que les feuilles sur mon ficus après un été sans soleil (et sans eau, il a besoin d’eau apparemment) je n’ai pas grand chose à regarder.

Les bureaux de Pôle Emploi./ Photo DR PierrO

Vous êtes un chômeur tout neuf? Un tour par Pôle Emploi s’impose. Inutile de vous rendre dans un centre, on vous désignerait aussitôt un ordinateur. Le plus facile (et le moins fatiguant), c’est de se connecter sur le site de Pôle Emploi. Bon ça, ça ne fonctionne que lorsque vous êtes ordonné, néo-inscrit et/ou chanceux. Vous avez été inscrit deux mois par désoeuvrement à la sortie de vos études? Malheureux! Vous avez sûrement utilisé un pseudo du style « jesuisbac+18etchomeur » assorti du mot de passe « mavieestuneruine », le genre de truc improbable que vous ne retrouverez jamais, ni dans votre agenda de l’époque, ni dans un coin de votre mémoire. Impossible de vous inscrire donc. Le numéro magique, c’est le 3949. On peut même vous rappeler si vous le souhaitez (ou si votre crédit de téléphone est proportionnel au solde de votre compte en banque). Là, si vous n’avez pas de chance, vous vous faites engueuler pour avoir perdu vos identifiants. Mais si vous êtes aimable, gentil et évitez les « vous êtes tous des incapables » (d’autant que, rappelons-le, à ce stade, l’incapable, c’est vous), la personne au bout du fil devrait gracieusement vous pré-inscrire et vous donnez un rendez-vous. Ne pas oublier d’emmener: une carte d’identité, une carte vitale, un RIB, l’attestation de votre employeur remise, généralement, avec votre dernier bulletin de paie, vos bulletins de salaire (si vous avez reçu des primes certains mois par exemple), et votre CV.
A bon entendeur…

 
-Lexie Swing-

Un job sur twitter

Ce qui est bien, avec Twitter, c’est qu’on sait tout. On sait combien de manifestants il y a au Canada, qui est primé à Cannes, quel temps il fera demain. Dans les minutes qui suivent la manifestation, la remise de prix ou le premier coup de tonnerre. On sait aussi quel job se libère. Exit Pôle Emploi, le recrutement se fait maintenant sur le web, notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter. Présentation du job, compétences demandées, nom et compte twitter du recruteur. Le tout en 140 signes. L’efficacité même. Depuis deux ans que ce réseau monopolise l’information courte sur le web, certains postes ont reçu leurs propres abréviations. Ainsi les community manager, le type même d’employables qui se trouvent sur Twitter, voient désormais leurs offres d’emplois hashtagué (le fameux # à la fin d’un tweet) d’un #CM.

Attention cependant, si l’on en croit Amélie Broutin, ce type de recrutement serait surtout une manière efficace, pour les entreprises, de se faire connaître. Les community manager étant solidaires, l’offre d’emploi devient virale, retweeté de compte en compte.

Dans l’ensemble, il est plus facile de trouver un emploi dans la communication via Twitter qu’un boulot dans un restaurant par exemple. L’Etudiant a bien résumé la situation via des témoignages de jeunes recrutés via le réseau ou qui l’utilise dans ce but.

Il y a aussi ceux qui utilisent Twitter pour se faire connaître à l’image de deux designers hollandais qui ont repris le concept du réseau dans une vidéo au poil… le tout pour obtenir un poste. Un CV des plus originals.

L’important reste avant tout d’entretenir un réseau, pour avoir accès à un maximum d’offres. Il est possible aussi de renvoyer son compte twitter vers Linkedin par exemple, pour que les gens qui consultent  votre CV voient aussi ce que vous twitter. Et n’oubliez pas que moi aussi vous pouvez me suivre: @lexieswing

-Lexie Swing-

PS Si vous êtes intéressé, vous pouvez aussi postuler à l’offre d’emploi de France 24 et RFI