La première année de garderie, niveau maladies vous êtes vernis. Votre tendre protégé revient – au choix – criblé de boutons, les oreilles rouge saignant, le nez cascadesque, le dos courbaturé, ou même tout à la fois. Mère Nature a parfois l’humour un peu lourd.
Mais il y a en réalité deux types d’enfants : le récepteur et le transmetteur de virus. Le premier a passé plus de temps dans son lit, son parent éploré lui épongeant le front, qu’à la garderie, et chaque fois qu’une épidémie se déclare vous réservez votre place en ligne chez le médecin. Il attrape tout, à se demander s’il n’y met pas du sien, traînant sa langue sur tous les jouets que contient sa pouponnière. Devant votre désarroi, le médecin vous a rappelé cette croyance ancienne : les enfants qui sont tout le temps malades ne le sont presque jamais adultes; et vous vous accrochez à cette illusion tel un capitaine cerné par une déferlante de pleurs et de morve gardant les yeux sur son phare.
Et puis il y a le deuxième modèle : l’enfant transmetteur. Ce bambin-là est d’une générosité sans égale. La maladie coule sur lui comme un canard bien emplumé. A peine remarquez-vous de temps en temps une petite éruption cutanée annonciatrice d’un virus à proximité. Il vous délivre alors, avec joie et bonne humeur, son cadeau secret: la grippe, la gastro ou tout autre charmant plaisir que compte la bible du médecin. Vous n’êtes pas malade, vous êtes mourant. Et quoi de plus charmant qu’une poupée qui dit non branchée sur 10 000 volts tentant de vider la cuisine tandis que ses parents – oui ses DEUX parents – peinent à garder les deux yeux symétriquement ouverts?
– Lexie Swing- (40 de fièvre)









