Un petit tour avec moi dans le Vieux-Montréal

Pour mon travail, je pointe parfois le nez hors de mon bureau et parcourt la ville. Ma destination la plus fréquente reste à ce jour le palais de justice et ses environs. J’ai décidé de vous emmener avec moi. Vous êtes prêts? Tenez-moi bien la main et méfiez-vous, j’ai tendance à marcher sur la route…

Il est 11h45, je reviens du boulevard Saint-Laurent, angle Rue Notre-Dame Est. Je passe non loin du palais de justice dont je connais bien la façade. Un gars me croise, il dit à son chum que les menottes qu’il portait aux poignets lui ont fait mal. Des types en costume les dépassent, la robe d’avocat de l’un d’eux glissée sous un bras.

Devant le palais de justice de Montréal./ Photo DR Lexie Swing

Devant le palais de justice de Montréal./ Photo DR Lexie Swing

Je repasse devant le Starbucks dont j’aime la façade. J’y suis entrée il y a une demi-heure pour reprendre quelques notes coincées dans ma mémoire et que je craignais d’oublier.

Le joli Starbucks./ Photo DR Lexie Swing

Le joli Starbucks./ Photo DR Lexie Swing

Je remonte Saint-Laurent vers le nord. Je m’arrête un instant devant un café. Des articles en devanture annoncent que c’est un incontournable, bien connu des juristes. Je glisse le nez à l’intérieur et les odeurs de sandwichs chauds me happent alors qu’il est l’heure de luncher.

Le café des avocats./ Photo DR Lexie Swing

Bistro Mon plaisir, le café des avocats./ Photo DR Lexie Swing

A l’angle de la Rue Saint-Jacques, je fais face aux gens qui s’apprêtent à traverser et à l’horloge du journal La Presse. Il est 11h54.

L'horloge du journal La presse./ Photo DR Lexie Swing

L’horloge du journal La presse./ Photo DR Lexie Swing

Pour les journalistes montréalais, La Presse est une belle place. Lorsque j’étais encore en France, l’un des chefs de la rédaction était venu témoigner de leur fonctionnement. Le web y tenait une place importante, il avait la primauté sur l’actualité, le journal papier jouant le rôle de suiveur. En France, la tendance a longtemps été inversée, le web se ramassant les clopinettes et les textes trop longs pour le print. Ce n’est que de trop longues années après, pour certains journaux en tout cas, que l’on a pris conscience que le web nécessitait des investissements importants et des techniques de rédaction particulières.

Les bureaux de La Presse./ Photo DR Lexie Swing

Les bureaux de La Presse./ Photo DR Lexie Swing

Ensuite j’ai croisé un poulet sur un mur, un coq pardon mais j’aime bien le mot poulet, et j’ai eu la chanson une poule sur un mur pendant une partie du trajet.

Stationnement sur Saint-Jacques./ Photo DR Lexie Swing

Stationnement sur Saint-Jacques./ Photo DR Lexie Swing

J’aime toujours me retrouver dans le Vieux-Montréal à cause des bâtiments qui me rappellent l’Europe. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est simplement que j’aime les vieilles pierres qui semblent abriter sous leur surface effritée une histoire.

Rue Saint-Jacques./ Photo DR Lexie Swing

Rue Saint-Jacques./ Photo DR Lexie Swing

De l’autre côté de la rue, derrière le coq, il y avait ce bâtiment plus petit, attirant, unique et qui abritait des cours de yoga et un restaurant. J’aurais eu le goût de m’asseoir sur la terrasse et de regarder le flot des voitures qui passaient.

Resto et yoga./ Photo DR Lexie Swing

Resto et yoga./ Photo DR Lexie Swing

J’ai traversé au milieu de la route comme une poule abandonnée parce que j’avais vu le soleil apparaître au dessus des immeubles et que je voulais le photographier. Bien sûr, une fois que mon mètre 20 et moi nous sommes retrouvés sous le bâtiment, je n’ai plus rien vu, mais comme j’aimais la façade et son arbre devant, j’ai sorti l’appareil.

Belles façades./ Photo DR Lexie Swing

Belles façades./ Photo DR Lexie Swing

Quelques dizaines de mètres plus loin, les cloches sonnaient et les touristes affluaient devant la Basilique Notre-Dame. Je n’ai pas d’attirance particulière pour l’intérieur des bâtiments religieux alors je suis restée à distance, tentant d’embrasser du regard et de l’objectif toute la Place d’Armes. Je n’ai pas réussi.

Basilique Notre-Dame./ Photo DR Lexie Swing

Basilique Notre-Dame./ Photo DR Lexie Swing

A côté de moi il y avait le musée de la Banque de Montréal et des employés qui sortaient pour le lunch. Dans leur dos, le drapeau du mouvement LGBT était en berne.

Musée de la Banque de Montréal./ Photo DR Lexie Swing

Musée de la Banque de Montréal./ Photo DR Lexie Swing

Je suis descendue sur la rue Saint François-Xavier puis j’ai traversé Saint-Antoine Ouest, à l’endroit où le Vieux cède la place à la modernité. Je me suis arrêtée au milieu du passage pour prendre la photo.

Rue Saint-Antoine Ouest./ Photo DR Lexie Swing

Rue Saint-Antoine Ouest./ Photo DR Lexie Swing

J’étais bien sûre allée trop loin, perdue dans mes pérégrinations alors j’ai fait demi-tour. Remontant Saint-Antoine, j’ai débouché à l’angle de la rue Saint-Urbain. Dans mon dos, la Côte Place d’Armes affichait sa pente, caractéristique du Vieux-Montréal. J’ai regardé un instant l’eau couler dans la fontaine et j’ai tourné les talons. Le métro se dressait devant moi.

Côte Place d'Armes./ Photo DR Lexie Swing

Côte Place d’Armes./ Photo DR Lexie Swing

Avez-vous apprécié la balade? On repart bientôt?

-Lexie Swing-

Québec, on-dit et découvertes

Erable et Audi./ Photo Clément Belleudy

Erable et Audi./ Photo Clément Belleudy

Moi, Française, mi Haute-Loiraise mi-Andalouse (ok j’ai fait un léger raccourci au niveau de mes origines mais je trouve le mélange exotique), il y a des choses que je ne connaissais pas sur le Québec. Je précise ma provenance pour justifier mon inculture. Génisse française élevée aux grains bios (merci maman), j’ai débarqué avec très peu de certitudes, zéro doute (je suis 100% free doubt comme animal, la fée Inconscience s’est penchée sur mon berceau à la naissance et elle a dégommé ses copines Raison et Réflexion) et les yeux grands ouverts. Voici ce que j’ai noté, en deux ans et bientôt huit mois de présence sur le sol québécois.

1) Le souterrain n’est jamais le chemin le plus court. La première des on-ne-les-compte-plus fois où Papa est venu à Montréal, il avait hâte de découvrir lesdits souterrains de la zone commerciale du centre-ville, ceux-là même mentionnés dans les guides comme des « jonctions souterraines entre deux zones commerciales fortement achalandées ». Ça goûte un peu l’aventure à dire comme ça. En fait non, pas du tout. Ce sont juste des magasins de chaînes écrasés les uns contre les autres. Je travaille à proximité de la fameuse zone et, si ceux-ci peuvent se révéler fort pratiques en cas de cyclone, ils sont définitivement une perte de temps. Quand il faut 10 minutes pour faire Peel – magasin Gap (notez mes priorités), il en faut 20 par les souterrains, avec nausées en cadeau pour avoir dû traverser la foule compacte de travailleurs qui zonent dans les centres commerciaux à l’heure du lunch. Résultat, après deux ans et demi, il me faudrait la menace d’une attaque nucléaire pour que je préfère l’agression des néons aux pots d’échappement qui éructent sur la rue Sainte-Catherine.

2) Il y a mieux que Starbucks. L’Amérique du Nord, c’est Starbucks. Si. Ne mentez pas. C’est la première chose que mes chums de France instagramment quand ils arrivent à NY ou Montréal. Un copain m’a déjà dit que j’étais la plus chanceuse du monde parce que j’ai deux Starbucks à moins de 100 mètres du bureau. La plus chanceuse du monde! Halte là. J’aime les Americano de Starbucks, et pour ceux qui aiment, il paraît que le latte est bon. Est bon. On a pas dit qu’il était à se cogner le pompon sur le trottoir non plus! Des cafés-thé-gourmandisescochonneset/ouvegan, il y en a partout dans Montréal. Plonge le nez dans ton guide, tu verras, ils parlent pas de Starbucks.

3) Les hommes ne vous regardent pas comme si vos yeux criaient braguette. Passer le long d’un chantier, doubler le camion d’un routier, être le seul passager d’un wagon dont l’hormone principale n’est pas la testostérone… Ces expériences autrefois pénibles voire risquées sont devenus des moments comme les autres. Une récente étude montre cependant que le nombre de femmes quotidiennement importunées, dans le métro par exemple, est notable. Mais cela fera bientôt 3 ans, vacances en France mises à part – les bonnes habitudes ne disparaissent pas pendant votre absence – que personne ne s’est permis de fracasser ma bulle personnelle à coups de « t’es charmante » et du tout aussi réconfortant « t’es bonne ».

4) On peut patiner à l’arena gratuitement. Je patine très mal. Lorsque je suis sur la glace j’ai la grâce d’une girafe à qui on aurait chaussé des patins trop petits, à ceci près que j’ai la taille de Simplet.  Lorsque notre ami S. a eu la gentillesse d’apprendre à Miss Swing à patiner, nous avons découvert l’arena de notre ville. Ouverte le soir, gratuite. Il n’y avait pas de patins à louer et il a fallu se mettre à la recherche du responsable pour dégoter un casque. Ce principe d’une patinoire intérieure en libre service sur laquelle s’ébattent les familles soirs et week-ends c’est juste… awesome.

5) Un café après le dessert, vous êtes sûre ? Exit le « petit noir » en fin de repas, le café classique se déguste pendant le repas. Servi façon brunch, avant même le plat, il est glissé dans une énorme tasse et « refillé » (re-rempli) jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et il est pas mal dégueulasse (selon mon goût à moi). Thanks lord, on est à Montréal, et la ville regorge de petits cafés à l’européenne (je me répète) – au hasard, des Italiens, et il est tout à fait possible de déguster un très bon café, en entrée, comme en dessert !

-Lexie Swing-, découvre la vie.

Sur les pas d’Agatha

L'exposition A. Christie./ Affiche Pointe-à-Callière museum

L’exposition A. Christie./ Affiche Pointe-à-Callière museum

Agatha, c’est l’un des auteurs que j’ai le plus lus. Chaque semaine, je retire l’un de ses ouvrages de la bibliothèque, religieusement. Parfois, c’est une relecture. Je ne me souviens pas du titre mais réalise qui est le coupable à mi-parcours. Et le plaisir n’en est pas moins présent.

Découvrir qui elle était et d’où elle tenait son inspiration était forcément un de mes vœux. Alors quand ses photos, ses objets personnels et ses bons mots ont pris possession de la salle des expositions temporaires du musée de Pointe-à-Callière, j’ai aussitôt trépigné pour y aller.

Au commencement, ce sont des photos de bébés, des photos d’enfants, des premiers livres, des premiers sourires. Et puis au fil de nos pas, Agatha prend son envol. Bientôt elle est majeure, elle épouse la vie et un aviateur, sa sœur lui lance le défi d’écrire un premier roman policier. Et la plume prend son essor. On parcourt sa vie au rythme de ses publications, retrouvant ses inspirations dans ses rencontres et surtout ses voyages.

Pourquoi y aller ?

– Pour savoir qui était Éric.

– Parce que l’on découvre tout autant l’aspect professionnel de sa vie – ses livres – que personnel, grâce à une biographie dûment nourrie par l’auteure elle-même.

– Pour les photos qu’elle a prises elle-même dans la deuxième partie de sa vie, avec un œil exercé et un intérêt certain pour les gens, qu’importe leur catégorie sociale.

– Pour comprendre d’où lui sont venues certaines de ses idées.

– Pour profiter d’une exposition conséquente et passionnante.

L’exposition Agatha Christie de Pointe-à-Callière est à l’image de ce que propose habituellement le musée : riche, fournie, intelligemment orchestrée. Qu’on soit un lecteur averti de cette auteure ou qu’on la découvre tout juste, l’exposition reste particulièrement intéressante. Un incontournable donc, à découvrir jusqu’au 17 avril.

– Lexie Swing –

On a adopté Culiniste

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, c’est le gars qui te prépare ton épicerie et te dit quoi en faire. En gros. Sauf qu’ils sont probablement plusieurs gars. Et filles. Et que c’est un peu plus fancy que ça.

Il y a quelques mois, mes blogs québécois préférés se relayaient pour annoncer la bonne nouvelle : une nouvelle tendance venait de voir le jour, celle de proposer à messieurs-dames tout le monde de devenir d’excellents cuisiniers d’un jour, à domicile, dans sa propre cuisine. Grâce à mon amie A., j’ai bénéficié d’une offre pour tester l’un d’entre eux : Culiniste. J’aurais pu vous en parler d’entrée de jeu. Donner ma première impression. J’ai voulu faire un peu plus que ça : vous annoncer que ça y’est, nous étions conquis! Car nous avons déjà commandé de nouveau, par deux fois. C’est une preuve non?

Comment ça marche?

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, pour notre famille, c’est trois repas pour deux-trois personnes par semaine, pour 59 dollars. La livraison se fait le mardi, directement sur notre perron. Les aliments sont emballés par recette, avec un sac particulier pour les viandes et poissons, dans un grand carton réfrigéré prévu pour conserver ainsi les produits pendant 24h. Ceci dit, avec le temps qu’il fait depuis lundi, un trou dans le jardin aurait suffi.

Chaque semaine, avant le mercredi, un choix de six recettes est proposé sur le site. Trois sont présélectionnées, en fonction du profil que vous aurez enregistré au moment de votre inscription (viande, poisson, végétarien, envie de tester des recettes exotiques, etc.). Mais vous pouvez les changer comme bon vous semble.

Attention, il faut penser à « sauter la semaine » si vous ne souhaitez pas en bénéficier, sinon vous serez prélevés et recevrez les trois repas présélectionnés.

Chacune des recettes est présentée sur une fiche de papier cartonné, avec les étapes à suivre et des photos pour les accompagner. Il n’y a plus qu’à retrousser ses manches et à s’y mettre.

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Est-ce que c’est cool?

C’est awesome! Si le carton arrive suffisamment tôt le mardi, on remonte nos manches et c’est parti! Miss Swing sort méticuleusement chaque ingrédient tandis que son père et moi découpons. Elle a le droit de mélanger et d’ajouter les épices. Une vraie team!

On aime particulièrement le fait que chaque ingrédient soit dans une quantité précise, tout comme les épices ou encore les crèmes. Aucune perte! Autre point intéressant : on a pu tester quelques recettes d’ailleurs, qui nécessitent des ingrédients que l’on trouve parfois difficilement. Pas de gros sac d’épices que l’on ne réutilisera pas, pas de temps perdu à arpenter Montréal à la recherche de l’ingrédient magique : il est dans le carton, dans son mini-sac, pesé au gramme près.

Depuis qu’on utilise Culiniste, je me rends compte que notre façon de cuisinier a un peu évolué. On pense au fond de viande pour faire une sauce, on réutilise la même poêle entre nos préparations pour un même plat, on met plus d’échalotes et d’oignons, et aussi plus de moutarde. On a découvert des aliments, ou de nouvelles façons de les préparer, et on refait maintenant certaines des recettes qui nous ont vraiment plu.

Des points négatifs?

Il n’est pas noté l’origine des produits sur les contenants. Je voulais leur poser la question mais j’oublie à chaque fois. Est-ce de la viande issue de l’élevage du coin ou est-elle importée d’ailleurs? J’avoue que j’aimerais savoir. En tout cas, les produits sont frais.

Autre petit défaut : selon le secteur où l’on se trouve, le livreur (mais cela ne dépend pas de Culiniste en vérité) ne peut passer qu’en toute fin d’après-midi. Pas facile de préparer une des recettes le soir même lorsque le carton est livré à 18h30.

Le principe du site fait que, si l’on oublie de « sauter la semaine », il n’est plus possible de faire marche arrière et les recettes sont alors livrées, et notre compte débité. Parfois, cela tombe bien. D’autres fois, les recettes qui débarquent ainsi ne sont pas du tout à notre palais et tendent à nous dégoûter un peu du système (mais c’est le jeu ma pauvre Lucette!).

Dans l’ensemble, sur trois commandes, nous avons été conquis! A tester donc

-Lexie Swing-

Et de deux!

Aéroport de Montréal./ Photo abdallahh

Aéroport de Montréal./ Photo abdallahh

Deux ans. Le 25 août 2013, chargée comme une mule de trois bagages, d’un bébé et d’un chien, je passais les portes de l’aéroport de Montréal. Derrière celles-ci m’attendait mon amoureux, prêt à commencer cette nouvelle vie ensemble, de l’autre côté de l’Atlantique.

Deux ans plus tard, nous avons encore migré. De l’ouest de l’île de Montréal, où nous louions notre premier condo, nous avons déménagé sur la rive-sud, et sommes devenus du même fait propriétaires. En même temps que l’immigration, c’est notre vie d’adultes que nous avons entamée. Nous avons laissé derrière nous les études, les jobines, les appartements croches de la région toulousaine, les cautions parentales, l’insouciance de la vie à deux; pour entrer à toute allure dans le tunnel  des responsabilités parentales, des vrais boulots qualifiés, des prêts avec intérêts modérés et des soucis de propriétaires.

En deux ans, nous avons…

  • Changé de voiture, deux fois, toujours pour une Subaru Forester.
  • Loué un condo
  • Acheté une maison
  • Eté trois fois aux USA
  • Fait l’aller retour une fois pour la France
  • Trouvé trois garderies pour Miss Swing
  • Trouvé un boulot, pour moi
  • Trouvé un boulot, puis un autre, pour mon amoureux
  • Eu un deuxième enfant, in extremis pour être comptabilisé dans nos deux années de vie canadienne.

Et encore, ce n’est rien quand on pense à toute cette vie que l’on reconstruit, aux mille démarches administratives, aux aller-retours chez Ikea car on n’a rien de rien, pas même une cuillère pour manger son yogourt, aux amitiés à reconstruire, aux jobs à trouver, aux enfants à confier, à la routine à réinventer, aux produits que l’on cherche désespérément dans les rayons des supermarchés, aux habitudes locales que l’on ne comprend pas toujours, au coeur que l’on met à défendre sa nouvelle patrie, qui n’est pas si américaine, pas si « pleine d’obèses », pas si en retard, pas si libérale, pas si pro-OGM, pas si dévastatrice de l’écologie. On en vante les mérites, on en reprend les expressions, on dit « nous » en parlant d’ici, et souvent « nous » aussi, en parlant de là-bas, on se félicite de notre choix d’être partis, même s’il est parfois difficile d’accepter la distance. On se reconstruit, on s’impressionne nous-mêmes du chemin parcouru, de cette incroyable capacité à tout recommencer.

Deux ans donc, et certainement de nombreuses années encore.

-Lexie Swing-

Crêpanita et le Marché Saint-Jacques

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Depuis quelque temps, nous n’avons plus de poêle à crêpes. Notre cuisinière électrique a été remplacée par une autre, induction cette fois-ci, avec les accessoires coûteux que l’on connaît. Au vu du prix des casseroles, nous avons donc fait l’impasse sur ladite poêle. Mais cela faisait plusieurs semaines que je me languissais d’en manger. En attendant l’investissement, je me suis abonnée au fil Instagram du restaurant breton-montréalais Crêpanita, histoire de saliver à défaut de dévorer.

Et puis hier, à la faveur d’un post, j’ai découvert que les propriétaires lançaient « L’Oiseau matinal », une formule à 10$ proposée les fins de semaines de 9h à 11h et qui comprend une crêpe sucrée, une boisson froide et une boisson chaude. Nous n’avions rien de prévu le lendemain matin, c’était encore un peu les vacances dans notre tête (nous rentrons d’une semaine aux USA), nous avons donc jugé le moment opportun (enfin j’ai jugé, et vu mon débordant enthousiasme n’admettant aucun refus, Mr Swing s’est incliné) pour tester la petite enseigne, tenue par un couple de Bretons, dont nous avions déjà plusieurs fois entendu parler.

Voici le menu tel qu’il était inscrit sur Instagram et Facebook :

– 1 crêpe beurre-sucre OU 1 crêpe sucre-citron OU 1 hermine (au sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes torréfiées OU au froment, caramel au beurre salé et amandes effilées) – 1 boisson froide (jus d’orange ou de pamplemousse fraîchement pressé, limonade à l’eau de rose, jus d’hibiscus, jus de pomme) – 1 boisson chaude (thé, café, jus de pomme chaud à la cannelle, chocolat chaud).

Nous sommes arrivés à 9h30, nous étions les seuls et avons donc pu profiter pleinement de l’endroit, assis autour d’une jolie table en bois, tandis qu’Erwan le propriétaire expliquait à voix basse à son second les rudiments de – je pense – la confection du Kouign Amann (à en juger par le fait qu’ils touraient la pâte, mais je m’avance peut-être lol, c’est parce que je rêve désormais de tester le Kouign Amann, j’y ai vu un signe!!).

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

Nous avons choisi des crêpes (citron et sucre), mais n’avons pas résisté à l’envie de goûter une hermine (un petit gâteau en forme d’étoile filante – superbe… et impossible à photographier puisqu’il a été dévoré sitôt posé sur la table – non non, pas par l’enfant…) à la farine de sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes). Les crêpes sont fines et goûteuses, les jus de fruits pressés servis dans de jolies bouteilles à l’ancienne et le café est bon. Je recommande, notamment si vous avez la chance de vous asseoir à la table du fond que Miss Swing a nettoyée en long, en large et en travers durant toute la fin du repas (c’est son plaisir du moment).

Je ne vous referais pas le topo sur tout ce que le resto propose de fameux, notamment la pâte à tartiner et le caramel au beurre salé maison mais vous pourrez en savoir plus en lisant l’article de ma copine Marie (et puis elle, elle a mis des photos des plats ;)).

Avant de rentrer, nous avons voulu voir le marché Saint-Jacques juste à côté, inconnu au bataillon pour nous. Et c’est une sacrée découverte! Le marché – intérieur – est très mignon. Petit mais bien achalandé. Nous avons testé le primeur (et les légumes et fruits goûtés ce midi y sont bons), ainsi que le saucissier allemand qui vend également du Milka (je trépignais) et le boulanger. J’y ai vu aussi un frigo de fromages estampillé « 3 pour 14 dollars ». Une affaire quand on voit le prix du fromage au Québec! Un peu plus loin, un café turc et une très jolie pâtisserie ferment la marche. Vous laisserez vous tenter?

-Lexie Swing-

 

OH, les p’tits produits écolos

J’ai été élevée par des parents écolos, amoureux des animaux, et qui se sont volontiers tournés vers le bio lorsque celui-ci s’est démocratisé. Cependant, devenue adulte, ma conscience écolo a été proportionnelle à mon budget courses : faible! J’ai perpétué ce qu’on m’avait enseigné : le tri du papier, les emballages réduits, les petits producteurs, sans pour autant y consacrer beaucoup de réflexion.

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

J’ai connu OH de Baleco lorsque j’ai voulu, non pas réduire mon empreinte écolo, mais réduire mon budget à l’épicerie. Marre des notes sans fin avec un chiffre équivalent à un abonnement au gym. Alors on a fait le tri dans nos impératifs et on s’est naturellement tournés vers certaines solutions plus économiques. C’est ici que OH fait son apparition.

Dans mon IGA, il est apparu un samedi, trônant entre les Monsieur Propre et les mouchoirs. Quatre bonbonnes pleines de liquide, voisinant des savons pour les mains, des liquides vaisselle ou encore des détergents affublés du même logo. Samedi, après avoir comparé les prix avec nos bonnes vieilles marques, nous nous sommes décidés à tester un savon pour les mains. Un dollar de moins que les autres marques, lorsque nous remplirons notre précieux flacon à ces bonbonnes.

Au passage en caisse, le flacon s’est retrouvé orné d’un autocollant, qui nous permettra désormais de payer le prix faible, le prix du savon pour les mains à la pompe, lorsqu’on le remplira de nouveau. Mention spéciale à l’hôtesse de caisse, à qui j’ai demandé « Et comment ça marche? » (le concept) : « Ben, vous mettez le flacon en dessous de la pompe pis… vous appuyez, comme sur les bonbonnes d’eau… vous voyez? » Je vois…

Le concept est prometteur : écolo (réutilisation des flacons), contenants sans BPA, produits sans paraben, sans parfum, non testés sur les animaux, biodégradables en 28 jours, entre autres. Mieux encore : l’achat est local car OH est une entreprise québécoise.

J’ai lu un test sur ces produits : l’auteur, un habitué des tests de produits sanitaires et ménagers, s’attendait à l’inefficacité habituelle de certains produits écolos, mais il s’est dit agréablement surpris par le liquide vaisselle et la lessive, même si l’absence d’odeur peut-être déconcertante.

À voir sur le long terme donc, mais l’initiative méritait, grandement, d’être saluée. Gamme complète sur le site de Baleco.

-Lexie Swing-

PS Oui j’ai payé de mes piastres propres mon flacon, pas de sponsoring dissimulé ici!