Je n’ai rien publié la semaine passée. Je pourrais faire semblant que si, que ce n’est pas moi, c’est vous. Sûrement que vous n’avez pas regardé, voilà tout. Mais je préfère vous dire la vérité : la semaine dernière était celle de la préparation des vacances, entre maillots de bains à retrouver, vêtements d’été à trier, masques et tubas à acheter. La semaine écoulée était celle qui annonçait la suivante, celle de la relâche, vacances scolaires uniques et méritées. Mais pas les miennes.
Voyez-vous, les maillots ont trouvé leur usage et la crème de solaire s’amenuise à mesure que les jours passent. Mais au dessus de ma tête, le ciel est gris et le blouson de printemps que j’ai déjà ressorti peine à faire barrage au froid. C’est que, mes enfants et moi marchons sous des ciels différents et si j’en crois leurs manches courtes et leurs mines réjouies, il fait plus chaud où elles sont.
Cette année est particulière. Pour des raisons de a) travaux, b) renouvellement de prêts divers, c) budget flanchant – aucune mention inutile – nous avons décidé de limiter nos voyages. Exit l’avion (la planète nous remercie) et place aux petits voyages, ceux qui sont accessibles en auto et en gardant ses reins. À l’exception de celui-ci donc, un présent très spécial de leurs grands-parents qui ont permis à mes filles de s’envoler ailleurs, au milieu des aras. On s’en reparlera.
Ca ne veut pas dire que l’on ne prévoit pas voyager plus tard. Plus j’observe le monde et plus je suis avide d’en découvrir le moindre recoin. Je fais des listes et je corne des pages en mettant à jour ma bucket list. Mais partir en voyage coûte cher en temps et en argent, surtout lorsque tu es un immigrant. Il y a quelques semaines, une amie de ma fille s’extasiait du nombre de fois où elle avait pris l’avion. “Oui mais c’est toujours pour aller au même endroit” s’est-elle plainte. Et avec raison : tous les 18 mois, tel un pèlerinage, nous prenons le chemin de la terre qui nous a vu grandir. Force est de constater qu’il est difficile de cumuler retours aux pays et découvertes.
Il y a quelque temps, j’ai lu un article français – si quelqu’un le retrouve, je suis preneuse – qui relatait comment les vacances d’hiver ne sont désormais réservées qu’à une poignée de personnes. Un très faible pourcentage de Français profiterait des vacances d’hiver pour partir. Sur l’ensemble des vacances annuelles, le chiffre n’était qu’à peine plus glorieux, les voyages semblant désormais réservés à des privilégiés.
Doit-on pour autant cesser de voyager, se demandait l’auteur, répondant du même fait que non. Non, nous ne devons pas rester au cœur de nos régions, indifférents au monde qui nous entoure. Nous devons découvrir, pour nous confronter, pour apprendre ce qui existe en dehors de nous. Et si la vie rend difficile les voyages, alors nous devons les repenser, voyager moins mais mieux. Nul besoin d’aller loin pour se sentir ailleurs.
À notre échelle, les voyages seront donc moindres cette année, mais probablement tout aussi jolis. Quelques jours à New York (par la grâce des points cumulés sur notre carte Visa), quelques jours en camping (avec une tente en dur, toilettes incluses, on commence doucement). Pour le reste, on se laisse porter.
Quand nos filles avaient 3 et 5 ans, nous avons pris la route pour ce qui fut l’un de nos plus jolis voyages à date, destination : le Nouveau-Brunswick. Nous avions alors roulé, entre falaises, océans et vastes plaines.
Cinq ans plus tard, l’aventure a recommencé. Cette fois-ci, dans la voiture, il y avait deux habitants de plus : le chien et le lapin, et la destination choisie était voisine de la première. Après six heures de route, nous avons fait étape dans un motel aux portes de la Gaspésie, à Rimouski. J’adore les motels, ces petites chambres devant lesquelles on se stationne sans avoir à emprunter mille couloirs avec sa valise. L’inconvénient, c’est qu’au total de ceux auxquels nous nous sommes arrêtés dans nos différents périples, le ménage était presque toujours minimal et la localisation laissait souvent à désirer. Mon meilleur souvenir ? Un motel rénové à l’ouest de la région de Boston, proche du musée Norman Rockwell.
Mais revenons à la Gaspésie. Dès le lendemain, nous avons repris la route, direction Gaspé, une ville côtière plein Est. Nous avons traversé la région en empruntant la 132 au Nord, le long de l’eau. Une route magnifique ! Arrivés à bon port dans la soirée, nous avons établi notre camp dans notre chalet et trinqué à nos vacances avec une bière locale. Océan et bière blonde, le meilleur des mondes.
Les vacances se sont enchaînées au rythme de la pluie. Si la première journée sur place nous a permis de partir à la découverte des phoques en kayak et d’aller “au bout du monde”, en traversant le parc Forillon, le reste de la semaine n’a pas été aussi clément. Entre la pluie battante du mercredi qui a triplé les visites du musée de la Gaspésie (très chouette musée par ailleurs!), les vents forts du jeudi annulant toute possibilité de visiter l’Ile Bonaventure et la pluie orageuse du vendredi nous conduisant à rebrousser chemin avant d’arriver à la tour d’observation (l’endroit parfait pour être pris pour cible par l’orage), le mauvais temps ne nous a guère laissé de répit. Heureusement, la Colombie-Britannique d’avril et ses huit jours de pluie nous avait préparés psychologiquement et nous avons été capables de tirer le meilleur de notre séjour. Les enfants ont découvert que le vent fort était le meilleur partenaire des vagues et que le soleil après la pluie apportait son inévitable arc-en-ciel. La dernière journée était ensoleillée et nous a permis d’aller profiter de l’océan mais aussi d’observer les étoiles filantes, en pleine nuit sur une plage déserte – un moment magique.
Nous avons repris la route de la maison après une semaine passée en Gaspésie. Nous avions prévu une étape supplémentaire plus au nord afin de randonner dans le parc national de la Gaspésie mais la pluie annoncée nous a conduit à changer nos plans. Il y a mille choses que nous n’avons pas pu faire, soit par manque de temps, soit en raison de la météo, alors c’est certain que nous reviendrons. Même endroit, mêmes personnes, mais avec une météo plus clémente, si possible.
Parmi ce qui nous a plu et que nous recommanderions :
– La sortie kayak avec Cap-Aventure, à Gaspé. J’ai pu avancer d’une journée notre sortie en kayak et j’ai eu du flair : nous avons eu un temps magnifique ce jour-là et de la pluie tous les jours après ça ! J’ai trouvé le kayak de mer assez physique mais la sortie est belle et permet d’apercevoir des phoques d’assez près. Notre guide de Cap-Aventure était très respectueuse des phoques et nous a même conduit un peu plus loin lorsqu’elle a distingué des signes de stress des animaux qui commençaient à retourner à l’eau pour s’éloigner de nous.
– Le musée de la Gaspésie. On y a rejoint l’ensemble des vacanciers des environs le mercredi, en plein cœur des 30h d’une pluie battante et sans interruption qui s’est abattue sur nous. Le musée est vraiment riche et bien fait : une grande exposition interactive sur la découverte de la Gaspésie, le peuple Micmac et le développement de la région, plusieurs expositions temporaires et une session en réalité virtuelle pour découvrir la vie à bord d’un morutier.
– L’accès Nord du Parc Forillon via Rivière-au-Renard. Pour accéder à l’entrée nord depuis le centre de Gaspé, le plus court est de longer par l’Ouest puis de tourner un peu après Penouille. M’étant trompée à un embranchement, je nous ai rajouté 20 km au compteur mais aussi un paysage incroyable en rejoignant l’entrée Nord par Rivière-au-Renard. La côte est encore plus majestueuse et sauvage, et l’eau s’y scinde entre différentes teintes de bleu. C’est à cet endroit que nous avons découvert la plage de Cap-des-Rosiers depuis laquelle nous avons observé les Perséides.
– Le Café de la Traverse. Ce petit café, qui fait aussi auberge, était situé tout proche de notre chalet. Entièrement faite maison, la nourriture y est absolument délicieuse et les propriétaires ultra sympathiques.
– Les chalets de la Bernache. Au nombre de deux, les chalets sont situés entre le centre-ville de Gaspé et le Parc Forillon. La propriétaire est prévenante, disponible et les chalets sont magnifiques. Leur gros plus, selon moi, c’est la présence d’une laveuse et d’une sécheuse, un indispensable quand tu as réduit le nombre de tes vêtements et que tu randonnes tous les jours sous la pluie.
Nous avons eu notre premier chien en janvier 2010. Nous vivions alors en France et durant les rares congés que nous nous offrions, Eleven était gardé par notre famille, au vert. Lorsque nous avons émigré au Canada, le faire garder est devenu plus difficile. Les logements acceptant les chiens étaient rares et nombre de nos amis ne pouvaient offrir leur aide, sans compter le fait qu’Eleven était un chien très anxieux, difficile à promener et donc à garder en ville. À quelques reprises, l’aide est venue de gardiens individuels – notre préférence – et de pensions canines, au sein desquelles il manquait de la présence humaine dont il avait (trop) besoin mais qui présentaient l’avantage du professionnalisme et des qualifications.
En 2021, nous avions désormais deux chiens. Le coût de la pension canine pour un mois ? 1000 dollars, soit autant qu’un billet pour l’Europe. Nous avons soupesé les possibilités et finalement regardé du côté du gardiennage à la maison. Notre salut est venu d’un site : TrustedHouseSitters.
Le principe du site
TrustedHouseSitters est un site d’échange : un logement contre des services. Ici, des personnes se présentant comme des amoureux des animaux proposent leur service de gardiennage à des individus prêts à leur laisser leur domicile en échange de bons soins envers leurs compagnons à quatre pattes. L’accès à la plateforme se fait par l’intermédiaire d’un abonnement, autant pour les gardiens que pour les propriétaires d’animaux. Les gardiens peuvent avoir des références ainsi que des avis des propriétaires précédents, qui décrivent les services rendus. Chaque gardien fait mention des animaux dont il a déjà eu la responsabilité, ainsi que du type d’animaux dont il est prêt à s’occuper.
L’échange en pratique
En début d’année 2021, nous avons donc souscrit un abonnement annuel afin de proposer notre maison, et nos animaux, en gardiennage. Nous avons rangé notre maison, pris des photos qu’on estimait prometteuses, et mis de l’avant nos chiens, notre domicile ainsi que la ville et les environs. Une fois le tout en place, nous avons rentré nos dates de vacances et publié l’annonce. Rapidement, quelques candidatures ont fleuri. Des gens venant d’Europe et des Etats-Unis se proposaient pour garder nos animaux et notre maison afin de pouvoir, du même fait, visiter le Québec. Un problème se posait cependant : l’incertitude quant aux vols et à la venue de touristes en général, en pleine deuxième année de pandémie. Inquiets de voir nos gardiens annuler leur voyage à la dernière minute faute d’avoir pu embarquer dans un avion, nous avons pris l’initiative de solliciter nous-mêmes des candidats potentiels ici, au Canada. Croyez-le ou non mais des férus d’animaux qui se cherchent un domicile pour un mois afin d’économiser sur le coût d’un logement, il en existe plein ! En peu de temps, nous avons ainsi établi un contact fructueux avec une jeune femme venue de l’Ontario. Après une première rencontre virtuelle, elle est venue à la maison pour un premier contact avec les animaux alors qu’elle se trouvait de passage au Québec. Au matin de notre départ, elle est arrivée directement d’Ottawa, avec sa voiture pleine à craquer. De notre côté, nous avions rangé et briqué la maison de fond en comble afin de lui offrir le meilleur logement possible. Nous sommes partis en France, rassérénés de la savoir présente au quotidien avec nos animaux. Coût de l’opération pour un mois : 169 dollars (l’abonnement annuel).
Est-ce qu’on le referait ?
Oui ! Et c’est même pour ça que je vous en parle ! En 2022, rebelotte, avec cinq semaines de vacances cette fois et un animal de plus : Chester le lapin. Quelques mois avant notre départ, nous réactivons simplement l’annonce avec nos nouvelles dates. De nouvelles candidatures se présentent et cette fois-ci nous prêtons un oeil plus attentif à ceux qui souhaitent venir pour le tourisme. Parmi eux, un couple sort du lot. Ils sont avenants, s’intéressent d’entrée de jeu à nos animaux, ont déjà plusieurs expériences notables et tout un projet de vacances au Québec dans lequel le gardiennage s’inscrirait. Nos échanges virtuels sont chaleureux et nos discussions s’enchainent rapidement via Whatsapp. Arrivés plusieurs semaines avant, ils visitent le Québec en stop avant d’arriver la veille de notre départ. Ils logent alors dans un motel alentour mais passent prendre un verre afin de faire connaissance avec la maison et les animaux. Le jour J, ils se présentent à la maison, s’installent dans la chambre puis proposent de nous emmener à l’aéroport puisque nous leur laissons, cette fois-ci, notre voiture. Durant cinq semaines, nous avons des conversations journalières, des photos, des vidéos, des questions éventuelles et surtout le coeur léger de savoir nos animaux si bien entourés.
À savoir sur TrustedHouseSitters
Le site propose des gardiennages et des gardiens dans le monde entier. Celui-ci est donc principalement en anglais, même si selon les pays, certaines annonces peuvent être écrites dans la langue locale (en France, j’ai vu un bon nombre d’annonces en français). Le coût d’abonnement annuel de base est de 169 dollars CAD et me permet d’avoir accès à tous les gardiens inscrits. Il existe deux autres formes d’abonnement plus avancées, qui permettent notamment l’accès à un soutien vétérinaire téléphonique et à une couverture en cas d’accident. J’ai personnellement l’abonnement standard, celui « du milieu », qui propose certaines protections. L’abonnement est à l’année, alors si vous partez à plusieurs reprises à l’intérieur de douze mois, le gardiennage ne représentera pas pour vous de coûts supplémentaires. Notre projet futur est de devenir à la fois propriétaires et gardiens et le coût de l’abonnement « du milieu » passerait alors à 299 dollars.
Attention, si nos échanges et nos expériences ont toujours été bons, il n’en a pas été de même pour mes parents qui ont eu affaire à une personne au comportement chaotique, erratique et s’est ultimement révélée peu fiable. Soyez vigilants quant aux avis, mais surtout aux échanges que vous avez. Avant d’accepter définitivement une candidature, proposez toujours un ou plusieurs échanges virtuels afin de valider le « fit », comme lors d’un recrutement ! Vous avez des doutes? Rien ne vous oblige à accepter le deal. Vous pouvez repartir à la recherche d’un autre gardien.
Lors de ma première inscription, j’avais bénéficié d’un rabais grâce à des bloggers dont j’avais lu l’avis. Je vous partage à mon tour mon code de référence, qui vous permet d’obtenir un rabais de 25% sur l’inscription, ainsi que deux mois gratuits sur mon propre abonnement. Pour l’obtenir, suivez simplement ce lien.
Alors convaincus ? Est-ce que de votre côté, vous utilisez des services différents pour vos animaux ? Partagez-moi vos bons plans !
Vous connaissez la Légende de Bagger Vance? Matt Damon en ex-prodige du golf ayant perdu son swing après avoir connu l’horreur de la première guerre. Et Will Smith, en héros discret, mi-ange, mi-Jiminy Cricket, qui lui murmure à l’oreille ce que son corps savait déjà mais que sa tête avait oublié. Des parcours de golfs magnifiques, de belles phrases philosophiques et en toile de fond : Savannah, Géorgie. J’ai vu ce film plusieurs fois. Je ne pouvais pas ne pas m’arrêter à Savannah. Et vous savez quoi? J’y reviendrai.
Ces maisons victoriennes, ces rues chargées d’histoire, sa grande avenue qui me rappelle Grafton Street, à Dublin.
Nous nous y sommes rendus le 1er janvier, convaincus que nous trouverions les boutiques fermées et la ville endormie, mais c’est une joyeuse agitation qui nous a accueillis. Les gens fêtaient ce premier matin de l’année, qui en brunchant, qui en s’offrant un sandwich café en terrasse. Car il faisait 20 degrés ce premier janvier là, à Savannah. De quoi commencer 2017 dans un autre monde.
Ensuite, on a filé vers Washington. C’était notre plan de match. Jour 1- Savannah, jour 2 – Washington. Deux visages de l’Amérique parmi les milliers qu’elle abrite. Mais si Washington est belle, elle est aussi pluvieuse et froide en cette saison. C’est donc transis de froid et trempés que nous nous sommes rendus jusqu’à la Maison Blanche. Elle est plus petite que j’imaginais, plus serrée entre les bâtiments. Et je ressens un pincement au cœur en songeant aux cartons qui doivent déjà joncher le sol, annonciateurs de la prochaine passation entre présidents.
Une balade serpente entre les édifices mais la pluie qui nous accable nous fait renoncer à l’emprunter. Alors nous l’ajoutons à la liste des visites qu’il faudra refaire, dans quelques années. Pour découvrir vraiment cette ville qui semble si paisible.
Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie, Floride. La suite du voyage s’est passée ainsi. Et alors que je n’avais de cesse de répéter à mon amoureux que « les paysages de la Caroline du Nord étaient somptueux » (j’avais revu The Longest Ride quelques jours avant, mais je crois que Scott Eastwood a illuminé le paysage) on a vu pas mal de moche (et pas Scott). Des baraques abandonnées, des vieux magasins à la devanture douteuse, des pubs pour les armes (enfants, armes roses pour femmes, gros calibres pour gros bras… On voit de tout!), des pubs pour Jésus. Jésus is everywhere. D’ailleurs nous l’avons bien vu lorsque nous avons déboulé dans un motel de Caroline du Sud. Lorsque j’ai vu le panneau pour le logement trônant sous la plus grande croix des environs, j’ai dit à Mr Swing qu’ils avaient profité de l’espace. Quand j’ai vu inscrit « Jésus est avec nous » sous la bannière du motel, j’ai compris qu’on était mal engagé. J’ai gardé mon enthousiasme, rangé la bible dans le tiroir de la commode et allumé le chauffage manuel. J’ai fait semblant de ne pas voir la brochure sur je ne sais quel saint et me suis raccrochée au petit déjeuner continental fièrement annoncé. En fait de déjeuner, nous avons eu droit à trois petits beignets et du mauvais café entreposés dans un coin de la réception. Le coup de grâce! Nous avons jeté les sacs dans la voiture et sommes partis sans demander notre reste au creux du matin.
Au Starbucks du coin, la journée a pris une autre tournure. Devant moi, une fille de ces filles dont les buns négligés paraissent toujours savamment travaillés. Ce genre de filles me fascine. Alors je l’observe, je la regarde se concentrer sur les tasses de Noël en rabais post-fêtes, complimenter la serveuse sur son joli tatouage, je m’imprègne un peu de sa bonne humeur. Et puis elle se retourne et m’invite à passer ma commande. Crédit restant sur sa carte Starbucks ou simple geste altruiste guidé par la Noël qui s’achève, la fille au bun m’a payé ce matin là les cafés, et est repartie en souriant après avoir échangé quelques mots sur Paris qu’on dit si belle, et Montréal où elle s’est rendue quelques fois.
La file des toilettes – Miss Swing veut toujours faire pipi à peine monté en voiture – est longue mais on me propose de passer devant, enfant pressée oblige. C’est un peu ça, les Etats du Sud que j’ai vus, un conservatisme qui m’effraie mêlé à une incroyable amabilité.
10h de route annoncées pour rejoindre Venice, 12h en réalité, au gré du trafic qui ne cesse jamais, même à une heure du matin, quand nous rejoignons enfin la côte qui borde le Golfe du Mexique.
Nous voilà donc en Floride, c’est la moitié du voyage. Il fait 25 degrés et les filles découvrent enfin la plage, la vraie, et les drôles de palmiers… Retour prévu samedi. Belle fin de semaine !
Cette année, nous sommes partis en vacances au Québec. Une évidence? Pas forcément! Depuis notre arrivée, nous étions plutôt abonnés aux vacances en France (un classique) et aux Etats-Unis. Avec nos amis fraîchement débarqués de l’Hexagone, nous avons donc pris quelques jours pour visiter la belle Province. Les photos ont été prises par l’amoureux.
Après leur journée de visite à Québec, nous avons rejoint nos amis pour deux jours jours entre île d’Orléans (nous cherchions encore une carte SD) et chute Montmorency.
Pique-Nique sur l’Ile d’Orléans./ Photo DR Lexie Swing
Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing
Chute Montmorency et vue sur le pont de l’Ile d’Orléans./ Photo DR Lexie Swing
Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing
Chute Montmorency./ Photo DR Lexie Swing
Après une traversée rapide du parc de la Jacques-Cartier, nous avons passé la nuit à Saguenay. Le lendemain, après s’être équipés de blousons imperméables au Parc National des Monts-Valin (la boutique est super, à découvrir!), nous avons fait une petite randonnée dans un cadre magnifique. L’heure de la sieste a été l’occasion de découvrir Sainte-Rose-du-Nord, et à la faveur d’un arrêt d’urgence sur un stationnement pour retrouver mon cellulaire perdu sous le siège, nos amis, partis en exploration de la ferme toute proche, ont découvert la splendide Ferme Cinq Etoiles avec tous ses animaux rescapés : ratons-laveurs, loups, lynx, daim, cerf du Canada, poules, lapins… Un passage de ferry plus tard, nous rejoignions Baie-Sainte-Catherine où nous avons passé la nuit.
Equipés de jumelles pour enfant dénichés par mon amie à la boutique./ Photo DR Lexie Swing
Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing
Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing
Parc National des Monts-Valins./ Photo DR Lexie Swing
Sur la route de Tadoussac./ Photo DR Lexie Swing
Sainte-Rose-du-Nord./ Photo DR Lexie Swing
Depuis le ferry./ Photo DR Lexie Swing
Après une superbe nuit au Gite de la Chute et un incroyable petit déjeuner, nous avons rejoint l’embarcadère AML pour l’incontournable croisière aux baleines. Jeunes enfants obligent, nous avions opté pour le grand bateau. Des grilled-cheese et une soupe de la Bête à lunch sur le domaine Sagnah, que nous avons digérés sur l’itinéraire découverte avoisinant avant de s’arrêter à l’incroyable Baie des Rochers.
Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing
Gite de la Chute./ Photo DR Lexie Swing
Croisière aux baleines avec AML./ Photo Dr Lexie Swing
./ Photo Dr Lexie Swing
Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing
Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing
Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing
Baie des rochers./ Photo Dr Lexie Swing
Pour notre avant dernier jour, nous avons pris notre temps : plage près de notre maison de Saint-Irénée, spa privé et visite de Baie-Saint-Paul. Quelques heures dans la région de Charlevoix qui nous ont convaincus de revenir très vite…
Ce week-end incluait un jour férié au Canada : la fête de la Reine. Comme de nombreux Québécois, nous avons donc pris la route et traversé la frontière avec les USA. Direction : les Adirondacks. Mon père étant encore dans un état critique (rapport à la gastro qui a sévi chez nous!) nous ne sommes partis que vers 13h le samedi. Résultat : personne à la frontière! Du jamais vu!
Nous résidions à trente minutes de Lake Placid. Un bien joli coin avec de nombreuses balades et une végétation incroyable, à quelque 2h15 de Montréal.
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
./ Photo DR Lexie Swing
Un lieu sympa : Lake Placid, avec ses restos, ses boutiques (dont des librairies) et ses lacs.
Un resto : le diner de Keene Valley, celui de la dernière photo. Du bio, du fait-maison, du sans-gluten à l’occasion, le tout façon « diner » typique, c’est-à-dire sans aucune prétention! Je n’ai pas l’adresse, mais vous ne pouvez pas le louper, il est sur la grand’rue.
Le soir je rentre par le train. Dans la gare, je prends toujours le même chemin. Tout droit devant la chocolaterie, à gauche devant la boulangerie, puis je dépasse les différentes places de lunch pour déboucher dans le grand hall central. Je m’assieds quelques minutes devant le tableau d’affichage, attendant que l’heure tourne et que mon départ approche, histoire d’obtenir de la 3g jusque dans les dernières secondes, sans être coupée du monde trop longtemps dans les profondeurs où mon train attend.
Les gares comme les aéroports semblent toujours exister dans leur espace temps propre. Vous sortez du travail pour vous trouver parachutée au milieu d’écoliers en tenues de ski, partant pour la semaine profiter des dernières neiges. Vous partez commercer dans le pays voisin, et croisez sur le chemin des familles entières de touristes, guide et espoirs en main, prêtes à perdre leur souffle dans des grandes villes étrangères. Ce sont deux mondes opposés qui se frôlent sans cesse.
Et si je doute que les gamins piailleurs ou le touriste perdu basculent un instant dans la routine tranquille du métro-boulot-dodo en m’apercevant, les croiser provoque chez moi ce sentiment unique de pause. J’aurais rêvé de travailler dans un aéroport et observer sans cesse des gens en partance, en transit. Avoir la douce impression d’être hors du temps, d’avoir mis la vie en attente, entre un Replay et un vendeur de sandwichs bios.
Faute de mieux, je m’octroie ce petit détour sous le grand tableau. Les destinations ne sont jamais très lointaines, mais pour moi la Française de naissance, NY et Boston restent des lieux de voyage au bout du monde. Désormais à quelques heures de route, à peine.
« Dans quel pays aurais-tu rêvé de de vivre? » C’est une question typique, un bouche-trou facile entre le fromage et le dessert quand les blancs sont plus nombreux que les miettes sur la table. Pas toujours facile d’y répondre. On pense à la Nouvelle-Zélande et à ses aventures sauvages, à New-York dont le coeur bat si vite qu’on y perd la notion du temps, au Cambodge et à son dépaysement, et puis à la neige de la Patagonie. On pense même à l’Islande, ses citoyennes si impliquées, ses maisons colorées et ses chevaux aux yeux tendres qui galopent en totale liberté. On en citerait mille sans en choisir un seul, parce qu’il est si dur de choisir un endroit, lorsqu’on voudrait tous les connaître.
Un matin d’août, je suis arrivée en Irlande. La fin de l’été faisait scintiller le ciel, de cette lumière si particulière, qui ne semble exister que dans cet endroit du monde. Les gouttelettes de la pluie, qui se termine et reviendra bientôt, habillent le bleu infini de vagues plus sombres. Le meilleur impressionniste n’en saisirait jamais toutes les nuances. On dit qu’il pleut beaucoup en Irlande, plusieurs fois par jour. On oublie de dire que le soleil revient aussi, plusieurs fois par jour. Et parce qu’il a plu, c’est à chaque fois le coeur plus léger que l’on écarte son parapluie pour laisser le soleil nous caresser le visage.
Lorsque j’ai traversé pour la première fois la rue qui borde la Liffey, à la hauteur de Temple Bar, je n’ai même pas marqué un temps d’arrêt. Mes pieds foulaient l’habitude. J’ai été Dublinoise dans une vie oubliée, j’ai déjà arpenté ces pavés, je me sens chez moi entre le ha’penny et Saint Stephen’s Green, résolument amoureuse du Sud où j’ai étudié. Mon coeur s’emballe quand je longe les quais vers l’Est, saluant au passage les personnages du Famine Memorial. Les bourrasques du vent provenant du port sont autant de souffles d’air supplémentaires dans mon corps.
J’ai souri sur tous les ponts, prenant des images qu’on ne qualifiait pas de « selfish » à l’époque. J’ai donné des rendez-vous sous la Spire, admiré les décorations de Noël sur Grafton Street. J’ai couru rencontrer Oscar Wilde, en statue, avant de parcourir la National Gallery. J’ai attendu l’aventure à Connolly Station. Et regretté mon départ au Dublin Airport.
Je suis partie. Je suis revenue. Et puis encore. J’ai aimé chaque rencontre, ri de tous les jeux de mots que je ne comprenais pas. J’ai commandé du cidre en pression, dépensé des milliers chez Avoca, lu tous les Marian Keyes que mon anglais me permettait. Je suis montée à la place du chauffeur, plusieurs fois. Même dans les taxis. J’ai pris le bus de nuit, ignorant l’étage et ses grabuges pour tenir le bras du conducteur, avec mon habituelle frousse des mauvaises rencontres. J’ai aidé à se relever des filles éméchées dont la taille des vêtements étaient inversement proportionnelle à la température extérieure. Et j’ai appris à commander au comptoir.
J’ai aimé démesurément ce pays aux chemins tortueux, dont l’exploration a eu raison de mon mal des transports. Et je cherche depuis cette lumière si particulière, qui baigne les champs vallonnés à l’heure où le coq songe à se coucher. J’ai eu la chance de connaître cet amour indicible pour un endroit et pour ses gens, un endroit refuge, un endroit souvenir, un endroit référence, un endroit au coeur duquel mon propre coeur, s’il s’affolait, retrouverait sa candeur.
J’aurais rêvé de vivre en Irlande, mais je me suis trouvée une autre maison, plus réaliste, plus accessible, plus accueillante sous bien des aspects. Aucun regret, juste de doux souvenirs.
New York, concrete jungle where dreams are made of
There’s nothing you can’t do
Now you’re in New York
These streets will make you feel brand new
Big lights will inspire you
Hear it for New York, New York, New York
Voilà ce que je me chantonnais samedi dernier tandis que la voiture filait vers la Grosse Pomme. Je suis persuadée que la vie serait plus épatante si elle était vécue en musique, et l’occasion s’y prêtait parfaitement. Il n’y avait rien de potable à la radio et je m’étais déjà époumonée sur toutes les chansons de Goldman que je connaissais.
New York est une jungle certes, mais une jungle un peu anxiogène pour qui apprécie ces espaces où l’autre ne juge pas que tes pieds constituent un bout de trottoir appréciable pour y poser les siens. C’est aussi une ville définitivement bruyante, où les immeubles tutoient le soleil, couvrant d’ombre les plus larges avenues. Quant au New-Yorkais des zones touristiques, s’il semble avoir définitivement perdu son amabilité dans les secousses du métro, il n’a malheureusement rien perdu de sa gouaille, et t’en abreuve pour te refiler tout ce que sa ville a de meilleur à offrir: tickets de l’Empire State Building, bouteilles d’eau fraîche et photos souvenirs photoshoppées.
Je n’ai pas détesté New York. J’ai aimé le sud de Manhattan: Soho et le Greenwich Village, le Financial District, Nolita et même Chinatown. J’ai été étonnée devant Central Park et ses arbres touffus, qui chatouillent le nez des grands immeubles, juste derrière. J’ai suffoqué dans Times Square, Times Square et ses écrans géants. Times Square et ses hordes de touristes. Times Square et ses vendeurs à la sauvette, qui vous prennent par le cou en réclamant une photo, s’énervent lorsque vous voulez vous dégager, pour aussitôt vous réclamer de l’argent à peine l’objectif refermé. Je n’ai pas détesté New York, mais son ambiance oui.
Il y a sûrement des tas de rêves réalisables à New-York, mais les miens se heurtent aux façades vitrées et aux sourires fermés. J’irais chercher le plaisir ailleurs, et puis je reviendrai à New-York, pour la voir autrement, oublier les touristes, arpenter les ruelles, côtoyer les costumes de Wall Street et les hipsters de Soho, découvrir les marques locales et les endroits insolites. Finalement, ce week-end, c’était du défrichage: j’ai joué à la touriste, peut-on commencer les choses sérieuses à présent?